Le musée des poissons morts
traduit de l'américain par France Camus-Pichon
Editions Terres d'Amérique Albin Michel
Moi beaucoup d'émotion... Bien sûr, c'est très retenu, et c'est peut être pour cela que tu parles de "terne". Pas vraiment noir, mais gris foncé...Pas de winners dans ce monde américain ( le vrai, que l'on découvre très vite dès que l'on s'éloigne un peu des grandes villes et des quartiers chics), mais des quidams qui cherchent vaille que vaille , même pas à vivre. A survivre. Orphelins, schizophrènes , ados suicidaires, marginaux de toutes sortes. Tous des personnages légèrement "en porte-à-faux",plus ou moins exclusd'un système qui ne fait aucun cadeau.
Ce n'est même pas triste, c'est glaçant, c'est la réalité.
De temps en temps , au milieu du marasme, des phrases fulgurantes, une langue qui donne vie à des personnages comme ces cantinières bénévoles " avec des cheveux de science-fiction, des nuages de gaz bleuté, des vapeurs de fusées chauffées à blanc, des explosions de frisottis atomiques"
Et puis quelques lueurs.
" L'opposé de l'amour est le désespoir" dit une soeur dans Passage des eaux.
Amour d'une soeur pour son frère, d'un père pour son fils schizophrène..
Mais quand même, tout de suite la note discordante dans ce pays richissime, celle du bébé qui crie tout le temps parce que sa mère rajoute beaucoup d'eau dans le lait, pour que les boites durent plus longtemps...
Bienvenue aux Etats-Unis.