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 Le Minotaure dans la Littérature

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Comus
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MessageSujet: Le Minotaure dans la Littérature   Sam 8 Fév 2014 - 17:20

Je souffre en ce moment de Minotauro-manie  affraid .
En clair, je m'intéresse à la légende du Minotaure dans la littérature, et je recherche des auteurs et des livres traitant du sujet.
J'ai déjà le tour des textes les plus connus, mais si quelqu'un en connait d'autres, je suis preneur.

Voilà un aperçu de ce que j'ai pu glaner jusqu'à maintenant:

Dans les textes fondateurs on trouve:


APOLLODORE
Citation :
Bibliothèque
Livre III, 1, 3
Entre-temps, Astérion était mort sans laisser de descendants. Minos se proposa pour être roi, mais le trône lui fut refusé. Il soutenait que les dieux eux-mêmes lui avaient confié le royaume ; et, pour le prouver, il déclara qu'il obtiendrait d'eux tout ce qu'il leur demanderait. C'est pourquoi il fit un sacrifice à Poséidon, et pria que des flots de la mer apparaisse un taureau, en promettant qu'il le sacrifierait aussitôt. Et voilà que Poséidon lui envoie un très beau taureau : Minos obtint le règne, mais il conserva ce taureau parmi ses bêtes, et en immola un autre. Ayant obtenu le contrôle des mers, Minos se rendit très vite maître de presque toutes les îles. Poséidon, furieux que Minos ne lui ait pas sacrifié le taureau, fit en sorte que Pasiphaé tombe amoureuse de l'animal. La jeune femme, donc, amoureuse du taureau, trouva un allié en Dédale, l'architecte qui avait été banni d'Athènes pour homicide. Il construisit une vache de bois montée sur des roulettes ; l'intérieur était creux, et elle était recouverte d'une peau de bovidé ; il la mit dans le pré où le taureau avait l'habitude de paître, et Pasiphaé y entra. Quand le taureau s'en approcha, il la monta, comme s'il s'agissait d'une vraie vache. Ainsi la jeune femme mit au monde Astérion, dit le Minotaure : il avait la tête d'un taureau et le corps d'un homme. Minos, suivant les conseils de certains oracles, le tint reclus dans le labyrinthe, construit par Dédale ; avec son grouillement de méandres, il était impossible de trouver la sortie. Nous reparlerons du Minotaure, d'Androgée, de Phèdre et d'Ariane, quand nous raconterons l'histoire de Thésée.
trad. Ugo Bratelli, 2002


OVIDE
Citation :
LES MÉTAMORPHOSES, LIVRE VIII

Minos s'acquitta de son voeu à Jupiter par un sacrifice de cent taureaux,
lorsque sa flotte aborda et débarqua sur la terre des Curètes ;
on décora le palais royal en y fixant les dépouilles ennemies.

L'opprobre de la famille avait grandi, et un monstre étrange,
à double forme, rendait évident l'adultère honteux de sa mère.
Minos décide d'écarter de sa demeure cet être infamant
et de l'enfermer dans un lieu aux recoins multiples, sous un toit aveugle.

Dédale, très célèbre par son génie dans l'art de construire,
réalise l'ouvrage, brouille les repères, et par les courbes,
les sinuosités des différents chemins, il induit en erreur les regards.
Comme dans les champs joue le limpide Méandre de Phrygie,
qui reflue et dévale en cascades indécises,
se rencontrant lui-même, voyant les ondes venir à lui,
tourné tantôt vers sa source, tantôt vers la mer et le large,
et agitant ses eaux hésitantes, ainsi Dédale emplit de risques d'erreur
des routes innombrables. À peine put-il lui-même retrouver
le seuil de son ouvrage, tant il était truffé de pièges.
On y enferma l'être à double figure, taurine et humaine.
 
Et après que le monstre se fut repu à deux reprises de sang d'Acté,
il fut vaincu lors du troisième tirage au sort, répété tous les neuf ans.
Avec l'aide d'une jeune fille, grâce au fil qu'il enroula à nouveau,
le fils d'Égée retrouva difficilement la porte que nul avant lui
n'avait refranchie. Aussitôt il enleva la fille de Minos, fit voile vers Dia,
et, cruel, abandonna sa compagne sur le rivage de l'île.

Tandis que, laissée seule, elle se répandait en plaintes infinies,
Liber la prit dans ses bras et lui porta secours ; et, pour la célébrer
par un astre éternel, il prit la couronne posée sur son front
et la lança dans le ciel. La couronne s'envole dans l'air léger
et, durant le vol, les pierres précieuses deviennent des feux éclatants
et s'arrêtent à leur place, en conservant l'aspect d'une couronne,
placée entre l'Homme agenouillé et celui qui tient le Serpent.

Trad. A.-M. Boxus et J. Poucet, 2007  

VIRGILE
Citation :
L'ÉNÉIDE, LIVRE VI

LA DESCENTE AUX ENFERS
Prélude : Rencontre avec la Sibylle
Extrait concernant le Minotaure (6,13-6,41)

Déjà, ils pénètrent dans le bois sacré de Trivia, sous les toits dorés.
Selon la tradition, Dédale, fuyant le royaume de Minos,
a eu l'audace de se confier à des ailes rapides pour gagner le ciel
et a vogué par une route insolite en direction des Ourses glacées,
pour enfin se poser avec légèreté sur la citadelle chalcidienne.
Revenu  ici sur terre, en tout premier lieu  il t'a consacré, Phébus,
l'appareillage de ses ailes, puis a construit un immense temple.

Sur les portes est représentée la mort d'Androgée : à l'époque,  
les Cécropides, contraints de payer cette mort, par le sacrifice annuel,
quel malheur !, de sept de leurs enfants ; là se trouve l'urne du tirage au sort.
En face, fait pendant à cette scène, la terre de Gnosse, émergée de la mer :
ici figure la passion cruelle pour un taureau, la furtive substitution
de Pasiphaé et, espèce mixte, rejeton  difforme,  le Minotaure,
monument souvenir d'une abominable passion amoureuse.

HYGIN
Citation :
Fables, XLI-XLIV
XLI. MINOS
Minos, fils de Jupiter et d'Europe, fit la guerre aux Athéniens ; son fils Androgée fut tué au combat ; lorsque Minos eut vaincu les Athéniens, ceux-ci lui versèrent désormais un impôt. II exigea même que, chaque année, ils envoient aussi sept de leurs enfants pour nourrir le Minotaure. Thésée, quand il fut arrivé de Trézène et qu'il apprit quelle calamité frappait la cité, s’engagea de lui-même à aller auprès du Minotaure. Au moment du départ, il promit à son père, s'il revenait vainqueur, de mettre des voiles blanches au navire : ceux que l'on envoyait auprès du Minotaure naviguaient avec des voiles noires.
XLII. THÉSÉE CHEZ LE MINOTAURE
Thésée, une fois parvenu en Crète, fut aimé d'Ariane, fille de Minos, au point qu'elle trahit son frère et sauva son hôte ; elle montra en effet à Thésée la sortie du Labyrinthe. Après qu’il s’y fut introduit et qu'il eut tué le Minotaure, il ressortit en rembobinant un fil, selon le conseil d'Ariane ; il emmena celle-ci avec lui pour l'épouser, comme il s'y était engagé.
XLIII. ARIANE
Retenu dans l'île de Dia par une tempête, Thésée réfléchit que ce serait pour lui un extrême déshonneur s'il amenait Ariane dans sa patrie, aussi l’abandonna-t-il, endormie, dans l'île de Dia ; amoureux d'elle, Liber l'emmena de là pour l'épouser. Or Thésée, tandis qu’il naviguait, oublia de changer les voiles noires : c’est pourquoi Égée, son père, croyant que Thésée avait été dévoré par le Minotaure, se précipita dans la mer qui fut désormais nommée mer Égée. Thésée épousa par ailleurs la soeur d'Ariane, Phèdre.

Traduction V.D


Dans l'Enfer de Dante, on trouve cette description du Minotaure, gardien peu commode du septième cercle :

Citation :
« Et sur le bord de la roche effondrée
l’infamie de Crète était vautrée,
celle qui fut conçue dans la fausse vache ;
quand il nous vit, il se mordit lui-même,
comme quelqu’un qui est rongé par la colère.
Mon maître lui cria : "Tu crois peut-être
qu’ici se trouve le roi d’Athènes,
qui te donna la mort sur terre ?
Va-t’en, bête, cet homme-ci ne vient pas
avec les leçons de ta sœur,
mais il s’en va pour voir vos peines."
Tel le taureau qui rompt ses liens
quand il a déjà reçu le coup mortel,
et ne sait plus marcher, mais sautille çà et là,
ainsi je vis sauter le Minotaure ;
et mon maître avisé s’écria : "Cours à la brèche ;
pendant qu’il rage, il est bon de descendre." » (Inf., XII, 11-27)




Plus proche de nous Jorge Luis borges dans le livre des êtres imaginaires nous donne sa vision du Minotaure

Citation :
Le Minotaure
L'idée d'une maison faite pour que les gens se perdent est peut-être plus étrange que celle d'un homme avec tête de taureau, mais les deux s'ajoutent et l'image du labyrinthe convient à l'image du Minotaure. Il est satisfaisant qu'au centre d'une maison monstrueuse soit un habitant monstrueux.
Le Minotaure, moitié taureau et moitié homme, est né des amours de Pasiphaé, reine de Crète, avec un taureau blanc que Poséïdon fit sortir de la mer. Dédale, auteur de l'artifice qui permit la réalisation de telles amours, construisit le labyrinthe destiné à enfermer et à cacher le fils monstrueux. Celui-ci mangeait de la viande humaine; pour le nourrir, le roi de Crète exigea annuellement d'Athènes un tribut de sept jeunes hommes et de sept jeunes filles. Thésée décida d'exempter sa patrie de ce tribut et il s'offrit volontairement. Ariane, fille du roi, lui donna un fil pour qu'il ne se perdît pas dans les couloirs ; le héros tua le Minotaure et put sortir du labyrinthe.
Ovide, dans un pentamètre qui essaie d'être ingénieux, parle de l'homme moitié-taureau et taureau-moitié homme; Dante, qui connaissait les paroles des anciens
mais non leurs monnaies et monuments, imagina le Minotaure avec tête d'homme et corps de taureau (Enfer, XII, I-30).
Le culte du taureau et de la double hache (dont le nom était labrys, qui ensuite put donner labyrinthe) était typique des religions préhelléniques, qui célébraient des tauromachies sacrées. Des formes humaines à tête de taureau ont figuré, si l'on juge d'après les peintures murales, dans la démonologie crétoise. Probablement, la fable grecque du Minotaure est une tardive et maladroite version de mythes très anciens, l'ombre d'autres songes encore plus effroyables.



Dans l'Aleph toujours de Borges, on peut trouver le texte "La demeure d'Astérion" (Autre nom du Minotaure)

Citation :
Je sais qu'on m'accuse d'orgueil, peut-être de misanthropie, peut-être de démence. Ces accusations (que je punirai le moment venu) sont ridicules. Il est exact que je ne sors pas de ma maison ; mais il est moins exact que les portes de celle-ci, dont le nombre est infini (1), sont ouvertes jour et nuit aux hommes et aussi aux bêtes. Entre qui veut. Il ne trouvera pas de vains ornements féminins, ni l'étrange faste des palais, mais la tranquillité et la solitude. Il trouvera aussi une demeure comme il n'en existe aucune autre sur la surface de la terre. (Ceux qui prétendent qu'il y en a une semblable en Égypte sont des menteurs.) Jusqu'à mes calomniateurs reconnaissent qu'il n'y a pas un seul meuble dans la maison. Selon une autre fable grotesque, je serais, moi, Astérion, un prisonnier. Dois-je répéter qu'aucune porte n'est fermée ? Dois-je ajouter qu'il n'y a pas une seule serrure ? Du reste, il m'est arrivé, au crépuscule, de sortir dans la rue. Si je suis rentré avant la nuit, c'est à cause de la peur qu'ont provoquée en moi les visages des gens de la foule, visages sans relief ni couleur, comme la paume de la main. Le soleil était déjà couché. Mais le gémissement abandonné d'un enfant et les supplications stupides de la multitude m'avertirent que j'étais reconnu. Les gens priaient, fuyaient, s'agenouillaient. Certains montaient sur le perron du temple des Haches. D'autres ramassaient les pierres. L'un des passants, je crois, se cacha dans la mer. Ce n'est pas pour rien que ma mère est une reine. Je ne peux pas être confondu avec le vulgaire, comme ma modestie le désire.
Je suis unique; c'est un fait. Ce qu'un homme peut communiquer à d'autres hommes ne m'intéresse pas. Comme le philosophe, je pense que l'art d'écrire ne peut rien transmettre. Tout détail importun et banal n'a pas place dans mon esprit, lequel est à la mesure du grand. Jamais je n'ai retenu la différence entre une lettre et une autre. Je ne sais quelle généreuse impatience m'a interdit d'apprendre à lire. Quelquefois, je le regrette, car les nuits et les jours sont longs.
Il est clair que je ne manque pas de distractions. Semblable au mouton qui fonce, je me précipite dans les galeries de pierre jusqu'à tomber sur le sol, pris de vertige. Je me cache dans l'ombre d'une citerne ou au détour d'un couloir et j'imagine qu'on me poursuit. Il ya des terrasses d'où je me laisse tomber jusqu'à en rester ensanglanté. À toute heure, je joue à être endormi, fermant les yeux et respirant puissamment. (Parfois, j'ai dormi réellement, parfois la couleur du jour était changée quand j'ai ouvert les yeux.) Mais, de tant de jeux, je préfère le jeu de l'autre Astérion. Je me figure qu'il vient me rendre visite et que je lui montre la demeure. Avec de grandes marques de politesse, je lui dis: « Maintenant, nous débouchons dans une autre cour », ou : « Je te disais bien que cette conduite d'eau te plairait », ou : « Maintenant, tu vas voir une citerne que le sable a rempli », ou : « Tu vas voir comme bifurque la cave. » Quelquefois, je me trompe et nous rions tous deux de bon coeur.
Je ne me suis pas contenté d'inventer ce jeu. Je méditais sur ma demeure. Toutes les parties de celle-ci sont répétées plusieurs fois. Chaque endroit est un autre endroit. Il n'y a pas un puits, une cour, un abreuvoir, une mangeoire ; les mangeoires, les abreuvoirs, les cours, les puits sont quatorze [sont en nombre infini]. la demeure a l'échelle du monde ou plutôt, elle est le monde. Cependant, à force de lasser les cours avec un puits et les galeries poussiéreuses de pierre grise, je me suis risqué dans la rue, j'ai vu le temple des Haches et la mer. Ceci,je ne l'ai pas compris, jusqu'à ce qu'une vision nocturne me révèle que les mers et les temples sont aussi quatorze [sont en nombre infini] .Tout est plusieurs fois, quatorze fois. Mais il y a deux choses au monde qui paraissent n'exister qu'une seule fois : là-haut le soleil enchaîné ; ici-bas Astérion. Peut-être ai-je créé les étoiles, le soleil et l'immense demeure, mais je ne m'en souviens plus.
Tous les neuf ans, neuf êtres humains pénètrent dans la maison pour que je les délivre de toute souffrance. J'entends leurs pas et leurs voix au fond des galeries de pierre, et je cours joyeusement à leur rencontre. Ils tombent l'un après l'autre, sans même que mes mains soient tachées de sang. Ils restent où ils sont tombés. Et leurs cadavres m'aident à distinguer des autres telle ou telle galerie. J'ignore qui ils sont. Mais je sais que l'un d'eux, au moment de mourir, annonça qu'un jour viendrait mon rédempteur. Depuis lors, la solitude ne me fait plus souffrir, parce que je sais que mon rédempteur existe et qu'à la fin il se lèvera sur la poussière. Si je pouvais entendre toutes les rumeurs du monde, je percevrais le bruit de ses pas. Pourvu qu'il me conduise dans un lieu où il y aura moins de galeries et moins de portes. Comment sera mon rédempteur ? Je me le demande. Sera-t-il un taureau ou un homme ? Sera-t-il un taureau à tête d'homme ? Ou Sera-t-il comme moi ?
Le soleil du matin resplendissait sur l'épée de bronze, où il n'y avait déjà plus trace de sang.
« Le croiras-tu, Ariane ? dit Thésée, le Minotaure s'est à peine défendu. »




On peut également citer le Poéme de Robert Desnos:

Citation :
le Minotaure

A manger son propre sang
En tartine sur du pain
A boire l'eau de l'étang
Où les morts prennent leur bain
A prononcer des paroles
Nées de cœurs empoisonnés
A fréquenter les écoles
Des esprits emprisonnés
A marcher sur le chemin
Où l'on marche avec les mains
Le Minotaure a vieilli
Loin des siens et du pays
Il va retrouver les sphinx
Les licornes et les lynx
Qui lui disent il est tard
Déjà l'on ferme l'enceinte
L'homme salera ton lard
Dans un coin du labyrinthe
Mugis encore si tu peux
Minotaure de rien,
Minotaure de peu



Il y a bien sûr le classique conte pour enfant "Le Minotaure" de Nathaniel Hawthorne qui reste très proche de la légende.

Le roman d'Anaïs Nin "La Séduction du Minotaure" dans lequel l'auteur se sert de l'image du minotaure pour évoquer ce qui la terrifiait dans la rédaction de son "Journal".




sans oublier la chanson avec:

Barbara    
Citation :
Le minotaure
     
Paroles: Barbara. Musique: François Wertheimer

Dans le grand labyrinthe où je cherchais ma vie,
Volant de feu en flamme comme un grand oiseau ivre,
Parmi les dieux déchus et les pauvres amis,
J'ai cherché le vertige en apprenant à vivre.

J'ai cheminé souvent, les genoux sur la terre,
Le regard égaré, embrouillé par les larmes,
Souvent par lassitude, quelquefois par prière,
Comme un enfant malade, envoûté par un charme.

Dans ce grand labyrinthe, allant de salle en salle,
De saison en saison, et de guerre en aubade,
J'ai fait cent fois mon lit, j'ai fait cent fois mes malles,
J'ai fait cent fois la valse, et cent fois la chamade.

Je cheminais toujours, les genoux sur la terre,
Le regard égaré, embrouillé par les larmes,
Souvent par lassitude, quelquefois par prière,
Comme un enfant rebelle qui dépose les armes.

Mais un matin tranquille, j'ai vu le minotaure
Qui me jette un regard comme l'on jette un sort.

Dans le grand labyrinthe où il charchait sa vie,
Volant de feu en flamme, comme un grand oiseau ivre,
Parmi les dieux déchus et les pauvres amis,
Il cherchait le vertige en apprenant à vivre.

Il avait cheminé, les genoux sur la terre,
Le regard égaré, embrouillé par les larmes,
Souvent par lassitude, quelquefois par prière,
Comme un enfant rebelle qui dépose les armes.

Dans ce grand labyrinthe, de soleil en soleil,
De printemps en printemps, de caresse en aubaine,
Il a refait mon lit pour de nouveaux sommeils,
Il a rendu mes rires et mes rêves de reine.

Dans le grand labyrinthe, de soleil en soleil,
Volant dans la lumière, comme deux oiseaux ivres,
Parmi les dieux nouveaux et les nouveaux amis,
On a mêlé nos vies et réappris à vivre...



et celle du groupe Niagara

Citation :
Le minotaure

Il passait son temps à tirer des plans sur la comète et à retomber sur sa tête
C'était un sculpteur délicat qui aurait voulu voir la vie comme une statuette
Il plongeait ses mains dans la matière et donnait une âme à ses rêves
Ses doigts glissaient sur des formes d'ébène dont il révélait la sève

Tout le monde l'appelait le minotaure, c'était un ermite
Une légende descendue de l'Olympe, un homme de granit

Il fondait des guerriers de bronze tout droit sortis d'un récit d'une tragédie antique
De son esprit jaillissaient des images folles et dantesques, des scènes de combat épique
Il carressait des colosses de terre, des géants de fer

Tout le monde l'appelait le minotaure, c'était un ermite
Une légende descendue de l'Olympe, un homme de granit

Il plongeait ses mains dans la matière et donnait une âme à ses rêves
Ses doigts glissaient sur des formes d'ébène dont il révélait la sève



Si vous en connaissez d'autres, merci de les poster pour soulager ma Minotauro-manie aigüe !!! mdr2
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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: Le Minotaure dans la Littérature   Sam 8 Fév 2014 - 17:25

Sujet intéressant et à développer, comparer ...
 intense reflexion  intense reflexion 
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animal
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MessageSujet: Re: Le Minotaure dans la Littérature   Sam 8 Fév 2014 - 17:51

eXPie était allé voir chez Dürrenmatt

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Je suis snob, j'ai lu un Mickey Spillane.
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Comus
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MessageSujet: Re: Le Minotaure dans la Littérature   Sam 8 Fév 2014 - 18:06

J'allai Oublier de citer la revue "Le Minotaure" qui consacra 11 No de 1933 à 1939 à des articles d'inspiration surréaliste, éditée par Albert Skira et Tériade, assistés d'artistes et d'écrivains tel André Breton, André Masson et Georges Bataille.


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Comus
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MessageSujet: Re: Le Minotaure dans la Littérature   Sam 8 Fév 2014 - 18:24

animal a écrit:
eXPie était allé voir chez Dürrenmatt

Merci pour ce lien, je ne connaissais pas. content
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kenavo
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MessageSujet: Re: Le Minotaure dans la Littérature   Sam 8 Fév 2014 - 19:58

j'ai adoré ce livre


Undine Gruenter, La Cache du Minotaure

Citation :
Au pied de Montmartre, la Cité des Platanes est un univers en soi. Sur le panneau d'affichage, face à la loge de la concierge, surgissent du jour au lendemain de courts placards déguisés en bestiaire fantastique. De qui émanent-ils ? A qui sont-ils destinés ? Ecrivain amoureux, Luis Gonzales s'allie à Julio, fils de la belle Dolorès, et à Émile le chien, pour découvrir le fauteur de troubles, à moins qu'il ne soit lui-même coupable... C'est ce que Monsieur Dupoivre, détective à la retraite, engagé par le Syndicat des copropriétaires, tentera d'éclaircir. Avec ce roman étonnant, Undine Gruenter transpose la légende du Minotaure dans le Paris d'aujourd'hui et au cœur d'un labyrinthe imaginaire aux multiples allusions littéraires - de Rabelais aux surréalistes -, métamorphosant son histoire en farce, divaguant entre humour noir et facétie anarchiste. La Cache du Minotaure pose avec jubilation la question de la littérature comme scandale. Au lecteur de découvrir le fil du récit et de se laisser perdre dans le dédale de ses trames multiples qui font miroiter les innombrables facettes de la réalité par le biais d'une langue joueuse, subtile, délicieuse. " Des miniatures sur un rien, un souffle, une feuille dans le vent, la corne d'un taureau qui perce un trou dans le petit, le minuscule, dans le rien. "

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La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
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Comus
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MessageSujet: Re: Le Minotaure dans la Littérature   Sam 8 Fév 2014 - 21:24

kenavo a écrit:
j'ai adoré ce livre


Undine Gruenter, La Cache du Minotaure

Citation :
Au pied de Montmartre, la Cité des Platanes est un univers en soi. Sur le panneau d'affichage, face à la loge de la concierge, surgissent du jour au lendemain de courts placards déguisés en bestiaire fantastique. De qui émanent-ils ? A qui sont-ils destinés ? Ecrivain amoureux, Luis Gonzales s'allie à Julio, fils de la belle Dolorès, et à Émile le chien, pour découvrir le fauteur de troubles, à moins qu'il ne soit lui-même coupable... C'est ce que Monsieur Dupoivre, détective à la retraite, engagé par le Syndicat des copropriétaires, tentera d'éclaircir. Avec ce roman étonnant, Undine Gruenter transpose la légende du Minotaure dans le Paris d'aujourd'hui et au cœur d'un labyrinthe imaginaire aux multiples allusions littéraires - de Rabelais aux surréalistes -, métamorphosant son histoire en farce, divaguant entre humour noir et facétie anarchiste. La Cache du Minotaure pose avec jubilation la question de la littérature comme scandale. Au lecteur de découvrir le fil du récit et de se laisser perdre dans le dédale de ses trames multiples qui font miroiter les innombrables facettes de la réalité par le biais d'une langue joueuse, subtile, délicieuse. " Des miniatures sur un rien, un souffle, une feuille dans le vent, la corne d'un taureau qui perce un trou dans le petit, le minuscule, dans le rien. "

Merci, encore une de mes lacunes, je l'ajoute à mes lectures à venir. sourire
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Madame B.
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MessageSujet: Re: Le Minotaure dans la Littérature   Sam 8 Fév 2014 - 21:38

L'Enfant bleu de Bauchau.

La figure importante du minotaure est convoquée dans une cure psychanalytique.
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kenavo
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MessageSujet: Re: Le Minotaure dans la Littérature   Dim 9 Fév 2014 - 6:45

Comus a écrit:
encore une de mes lacunes, je l'ajoute à mes lectures à venir. sourire
je ne dirais pas que le fait de ne pas avoir lu Undine Gruenter représente une lacune... malheureusement Wink
bien qu'elle aimait la France et vécu de 1987 jusqu'à sa mort en 2002 à Paris, elle est très peu traduit et encore moins connu en France
de sa génération (1952-2002) elle est (pour moi) une des voix les plus extraordinaires de la littérature allemande

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La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


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Comus
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MessageSujet: Re: Le Minotaure dans la Littérature   Dim 9 Fév 2014 - 7:07

Madame B. a écrit:
L'Enfant bleu de Bauchau.

La figure importante du minotaure est convoquée dans une cure psychanalytique.


Tout un programme ! je note. Merci pour cette Référence encore.

ça me rappelle un film de René Manzor sur le même thème: "Dédales" avec Lambert Wilson et Sylvie Testud


Citation :
SYNOPSIS
Le cas de Claude est exceptionnel. Auteur de 27 homicides, la jeune femme souffre d'une maladie appelée "trouble de la personnalité multiple". Sept personnalités se disputent le contrôle de son corps. Afin de percer à jour ce tueur en série hors normes, deux hommes vont devoir plonger dans les dédales de son monde intérieur: Matthias, le flic qui l'a arrêtée, et le docteur Brennac, en charge de son bilan psychiatrique.
René Manzor surprend. Son tueur en série souffre d'une pathologie rare mais reconnue médicalement : le « trouble de la personnalité multiple ». Sept « personnes » se disputent le contrôle du corps qui répond au nom de Claude : Ariane, Thésée, Dédale, Minotaure et d'autres... Claude elle-même (lui-même ?) avoue « ne pas connaître tout le monde »... Ce qui est sûr (?), c'est que Claude a tué sept fois, au hasard d'un jet de dés. Après Matthias, le profiler à l'origine de l'arrestation, le Dr Brennac pénètre à son tour dans le labyrinthe...

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MessageSujet: Re: Le Minotaure dans la Littérature   Dim 9 Fév 2014 - 10:15

La présence du Minotaure hante aussi Cefalû (The Dark Labyrinth), de Laurence Durrell. Excellent roman du reste, qui a donné lieu à une LC dont je me souviens avec plaisir!

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Comus
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MessageSujet: Re: Le Minotaure dans la Littérature   Dim 9 Fév 2014 - 21:09

nezumi a écrit:
La présence du Minotaure hante aussi Cefalû (The Dark Labyrinth), de Laurence Durrell. Excellent roman du reste, qui a donné lieu à une LC dont je me souviens avec plaisir!


Merci pour ce Cefalû, mais qu'est-ce qu'une LC ? scratch 
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MessageSujet: Re: Le Minotaure dans la Littérature   Dim 9 Fév 2014 - 21:11

Une lecture en commun. Quand plusieurs membres du forum décident de lire la même œuvre en même temps et la commenter au fur et à mesure.
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MessageSujet: Re: Le Minotaure dans la Littérature   Dim 9 Fév 2014 - 21:12

Comus a écrit:
nezumi a écrit:
]

Merci pour ce Cefalû, mais qu'est-ce qu'une LC ? scratch 
LC : lecture commune. Wink

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MessageSujet: Re: Le Minotaure dans la Littérature   Dim 9 Fév 2014 - 21:25

Merci  sourire
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MessageSujet: Re: Le Minotaure dans la Littérature   

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Le Minotaure dans la Littérature
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