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 Bernhard Schlink [Allemagne]

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Marie
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MessageSujet: Bernhard Schlink [Allemagne]   Jeu 9 Aoû 2007 - 0:26


J'ai grandi à Heidelberg, dans une famille typiquement allemande et protestante. Mon père était pasteur et professeur d'université, il enseignait la «théologie systématique et œcuménique». Sous le IIIe Reich, il a été relevé de ses fonctions. Il a retrouvé sa chaire après la guerre. Ma mère, qui vit encore, est originaire de Suisse alémanique. C'était une étudiante de mon père. Il fallait qu'elle eût un certain courage pour épouser un Allemand en 1938.

Je me suis toujours intéressé à l'histoire, et aux problèmes d'éthique, de morale. Et j'ai aussi toujours aimé lire. Je ne voulais pas être professeur d'histoire, ni de lettres, et j'ai donc fait des études de droit pour me donner la possibilité de faire autre chose.

Je siège en qualité de juge à la Cour constitutionnelle du land de Rhénanie-Westphalie, et je suis professeur d'histoire du droit public.

J'ai toujours écrit. Aussi bien enfant qu'étudiant.

Un beau jour, j'ai cessé d'écrire sur un peu tout, et je me suis mis à rédiger méthodiquement des travaux universitaires. Sur des questions de droit. Je pensais m'épanouir de cette façon. Mais il me manquait quelque chose.

J'ai essayé toutes sortes de choses, dans les années 80: j'ai confectionné des bijoux, j'ai suivi une formation de kiné en Californie... Jusqu'au jour où je me suis rendu compte que ce que je voulais, c'était écrire.

Dans un roman policier, il s'agit de poser un problème et de le résoudre, à travers un récit qui doit être précis et cohérent, et qui n'implique aucune considération personnelle


"Si le bien et le mal étaient clairement dissociables, si les nazis avaient été des monstres, il n'y aurait pas de problème. Le monde serait intelligible. C'est précisément parce qu'ils n'étaient pas que des monstres que ce qui s'est passé reste pour nous opaque et angoissant." Bernhard Schlink pour Le Monde


Copié sur le site Mondalire.

Entretien de Bernhard Schlink avec le magazine Lire

ici

Citation :
Bibliographie/Index (Cliquez sur les chiffres pour accéder directement aux pages)

Traductions en français
1996 : Le Liseur Pages 1, 2, 3, 4, 5, 6
1997 : Brouillard sur Mannheim (avec Walter Popp)
2000 : Un hiver à Mannheim
2001 : Amours en fuite,
2001 : Le Nœud gordien Série noire
2003 : La Fin de Selb, Série noire
2003 : La Circoncision, (nouvelle tirée de Amours en fuite)
2007 : Le Retour Pages 2, 5
Le week-end : Pages 4
2008 : Le Week-end
2012 : Mensonges d'été

Citation :
mise à jour à la page 6 le 15/01/2013
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Marie
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MessageSujet: Re: Bernhard Schlink [Allemagne]   Jeu 9 Aoû 2007 - 1:50



Le liseur
traduit de l'allemand par Bernard Lortholary
Editions Folio Gallimard


Il m'apparait difficile de parler de ce livre sans en dévoiler l'intrigue, et sans reprendre du texte même quelques thèmes de réflexion.
C'est un roman sous forme de récit à la première personne, divisé en trois parties.

Dans la première partie, dans l'Allemagne des années 60, Mikaël, 15 ans, rencontre par hasard Hanna, qui a vingt ans de plus que lui. Ce sera avec elle que se fera son initiation à la sexualité , au plaisir, et même à la passion, puisque cet amour ne le quittera jamais. Pendant cette période va débuter aussi pour Mikaël sa "carrière" de "liseur", et il va passer des heures à lire à haute voix pour Hanna. Et puis, un jour, celle ci disparait sans explication.

Deuxième partie de ce récit: Mikaël est étudiant en droit.
" J'ai revu Hanna en cour d'assises. Ce n'était pas le premier de procès sur les camps de concentration, ni l'un des plus grands.."
Hanna est accusée, avec d'autres, d'avoir laissé mourir des prisonnières d'un camp de concentration dans laquelle elle était gardienne, dans l'incendie d'une église, après les y avoir enfermées.
En fait, Hanna a réellement des circonstances atténuantes , mais elle se défend bien mal, car non seulement elle n'osera jamais les avouer, mais en plus elle se permet de mettre sans arrêt ses juges devant la vraie question: " qu'auriez vous fait à ma place?"

Cette deuxième partie est cruciale pour le sujet même de ce livre, la réflexion de l'auteur, allemand né en 1945 ,sur la génération qui l'a précédé.:

Elucidation! L'élucidation du passé! Nous considérions qu'en participant à ce séminaire, nous étions à l'avant-garde dans ce nécessaire travail. Ouvrant toutes grandes les fenêtres, nous faisions entrer l'air , le vent qui balaierait enfin la poussière que la société avait laissée recouvrir les horreurs du passé. Nous faisions en sorte qu'on respire et qu'on voie. Nous non plus, nous ne misions pas sur la science juridique. Il était clair à nos yeux qu'il fallait condamner. Et tout aussi clair que la condamnation de tel ou tel gardien ou bourreau des camps n'était que l'aspect extérieur du problème. Sur le banc des accusés, nous mettions la génération qui s'était servie de ces gardiens et de ces bourreaux, ou qui ne les avait pas empêchés d'agir , ou qui ne les avait pas rejetés, au moins , quan elle l'avait dû, après 1945: c'est elle que nous condamnions, par une procédure d'élucidation du passé, à la honte....
Nous, les étudiants de ce séminaire, nous développâmes une forte conscience de groupe. Nous du "séminaire sur les camps": ce fut d'abord les autres étudiants qui nous appelèrent ainsi, puis nous-mêmes. Car ce que nous faisions n'intéressait pas les autres; beaucoup trouvaient cela étrange, et plus d'un carrément odieux. Je pense aujourd'hui que le zèle que nous mettions à découvrir l'horreur et à la faire connaître aux autres avait effectivement quelque chose d'odieux........

....En même temps, je me demande, et je commençais déjà à me demander à l'époque, ce que devait, ce que doit faire en vérité ma génération , celle de gens vivant à une époque ultérieure, des informations sur les atrocités de l'extermination des Juifs.
Nous ne devons pas nous imaginer comprendre ce qui est inconcevable; nous n'avons pas le droit de comparer ce qui échappe à toute comparaison; nous n'avons pas le droit de questionner, car celui qui le fait, même s'il ne met pas les atrocités en doute, en fait néanmoins un objet de communication, au lieu de le prendre comme une chose devant laquelle on ne peut que s'imposer le silence de l'horreur, de la honte et de la culpabilité. Est ce que nous n'avons qu'à nous imposer le silence de l'horreur, de la honte et de la culpabilité? A quelle fin et jusqu'à quel terme? Non que le zèle qui m'ait poussé à participer à ce séminaire, pour affronter et élucider le passé, se soit tout simplement perdu au cours du procès. Mais enfin l'on condamnait et châtiait quelques rares individus, tandis que nous, la génération suivante, nous nous renfermions dans le silence de l'horreur, de la honte et de la culpabilité: et voilà, c'était tout?


Juger des étrangers est déjà bien difficile. Mais juger quelqu'un que l'on aime toujours...
" Je voulais à la fois comprendre et condamner le crime d'Hanna. Mais il était trop horrible pour cela. Lorsque je tentais de le comprendre, j'avais le sentiment de ne plus le condamner comme il méritait effectivement de l'être. Lorsque je le condamnais comme il le méritait, il n'y avait plus de place pour la compréhension. Mais en même temps, je voulais comprendre Hanna; ne pas la comprendre signifiait a trahir une fois de plus. Je ne m'en suis pas sorti. Je voulais assumer les deux, la compréhension et la condamnation. Mais les deux ensemble, ça n'allait pas.


La troisième partie du livre suit le parcours de Mikaël qui a compris une chose, son impossibilité d'être juge.
Hanna, il ne peut l'oublier. Il ne va pas la voir en prison, il ne lui écrit pas , mais il a compris ce qui a été à l'origine de ses actes, ce qui lui a, en quelque sorte, imposé un tel destin. Et il lui envoie, tout au long de ces années de prison, des cassettes de lectures enregistrées.Jusqu'au jour où ils se reverront une dernière fois.

Ce livre est il vraiment un roman ( ce n'est pas indiqué au début...)? Quelle est la part du vécu dans cette tragique histoire?
Peu importe, en fait, c'est une très intelligente façon de faire réfléchir à la culpabilité et à ses limites au fil du temps, à l'expiation, la rédemption toujours possible, à la justice et à ses limites.
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Marie
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MessageSujet: Re: Bernhard Schlink [Allemagne]   Jeu 9 Aoû 2007 - 1:58

Je profite du thème de ce fil pour saluer la mémoire de Raul Hilberg, auteur de l'énorme travail " La destruction des Juifs d'Europe" disparu il y a quelques jours. Je l'avais entendu discuter avec Jonathan Littell après la parution du livre Les Bienveillantes .
Un lien

Et puis...Le chant des marais ( tableaux de Jérôme Bosch):

cliquer

En allemand, "Börgermoorlied", ou "Die Moorsoldaten"
[b]Le Chant des Marais
, hymne européen de la déportation, est une oeuvre collective créée en juillet-août 1933 dans le camp de concentration nazi de Boergermoor.
Il y fut chanté quelques jours plus tard devant près de 1000 détenus, qui en reprirent aussitôt le refrain.
Avant même le déclenchement de la guerre, il était connu, parfois sous des variantes, en Europe entière, chanté dans les prisons et camps d'internement de France créés par le régime de Pétain.
Selon une coutume militaire, les SA, puis les SS, exigeaient que les détenus chantent : sur le chemin conduisant le camp au marais qu'ils devaient assécher, en pelletant, lors des appels. Dans cette communauté de misère soudée par une forte cohésion, germa rapidement l'idée de créer un chant qui serait celui des bagnards du marais, pelletant sans relâche sous la contrainte tout en continuant à espérer... Au lendemain d'une nuit de brimades et de sévices, un ouvrier mineur de Marienburg nommé ESSER, "homme d'un certain âge, calme et réfléchi", qui avait déjà publié des poèmes dans le journal l'Echo de la Ruhr, promit d'y réfléchir. Un autre détenu, Rudy GOGUEL, en composa l'air.


Loin dans l'infini s'étendent
De grands prés marécageux
Pas un seul oiseau ne chante
Sur les arbres secs et creux

Refrain

Oh! Terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher.

II

Dans ce camp morne et sauvage
Entouré d'un mur de fer
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d'un grand désert.

III

Bruit des pas et bruit des armes
Sentinelles jours et nuits
Et du sang, des cris, des larmes
La mort pour celui qui fuit.

IV

Mais un jour dans notre vie
Le printemps refleurira
Liberté, Liberté chérie
Je dirai: Tu es à moi.

Dernier refrain

Oh! Terre enfin libre
Où nous pourrons revivre (bis)
Aimer - Aimer
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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: Bernhard Schlink [Allemagne]   Jeu 9 Aoû 2007 - 9:12

Je suis contente que le livre t'aie plu! Par ailleurs je ne saurais assez te remercier pour toutes ces informations plus éclairantes les unes que les autres sur le sujet bien épineux de la mémoire collective allemande.
Merci beaucoup Very Happy
J'espère que d'autres parfumeurs auront envie de lire "Le liseur" Wink
J'ai beaucoup aimé la video "Le chant des marais": les peintures de Jérôme Bosch sont vraiment bien choisies!
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coline
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MessageSujet: Re: Bernhard Schlink [Allemagne]   Jeu 9 Aoû 2007 - 11:12

Chatperlipopette a écrit:
je ne saurais assez te remercier pour toutes ces informations plus éclairantes les unes que les autres sur le sujet bien épineux de la mémoire collective allemande.
Merci beaucoup Very Happy
J'espère que d'autres parfumeurs auront envie de lire "Le liseur" Wink

Oui, merci Marie!
Le liseur est un livre qui m'a marquée aussi...
Parfumeurs...parfumés...laissez-vous tenter par l'offre de cette lecture dans le cadre de notre Cercle...study
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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: Bernhard Schlink [Allemagne]   Jeu 9 Aoû 2007 - 11:28

Et vous ne le regretterez pas, absolument pas sunny
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Le Bibliomane
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MessageSujet: Re: Bernhard Schlink [Allemagne]   Jeu 9 Aoû 2007 - 11:30

Dis, tu me le prêteras, dis, Chaperlipop' ? Wink
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coline
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MessageSujet: Re: Bernhard Schlink [Allemagne]   Jeu 9 Aoû 2007 - 12:07

Le Bibliomane a écrit:
Dis, tu me le prêteras, dis, Chaperlipop' ? Wink

Laughing Pauvre Biblio...Chaperlipopette le prête aux autres et pas à toi?...
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Sophie
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MessageSujet: Re: Bernhard Schlink [Allemagne]   Lun 13 Aoû 2007 - 22:37

Je pense être passée un peu à côté du Liseur.
Ca ne m'a pas touchée autant que vous,e t que la majorité, malgré le sujet très intéressant et bouleversant.
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Isidore Ducasse
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MessageSujet: Re: Bernhard Schlink [Allemagne]   Dim 19 Aoû 2007 - 13:35

J'ai lu le liseur, et bien que ce soit pour l'école j'en ai été contente...(c'est qu'habituellement ils ne sont pas très fute-fute, j'ai déjà été obligée de lire Marc Lévy pour l'école...que penser?)

L'histoire m'a bien plu, le fait qu'elle soit en plusieurs parties séparées d'un certain laps de temps... le personnage d'Anna (je crois que c'est son nom) est très troublant, on ne sait si on doit la considérer comme quelqu'un de bien, lui trouver des excuses...
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monilet
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MessageSujet: Re: Bernhard Schlink [Allemagne]   Dim 19 Aoû 2007 - 15:46

Pour moi , je l'ai déjà dit, jecrois, la lecture du "Liseur" a été un tremblement de terre, comme celle de L'Empreinte de l'ange (N. Huston) et du Parfum (Süsskind). C'est vieux mais je crois que j'en suis sorti, au moins sur le coup, différent. Je me souviens uniquement de cette impression très forte.
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Aeriale
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MessageSujet: Re: Bernhard Schlink [Allemagne]   Dim 19 Aoû 2007 - 17:18

monilet a écrit:
Pour moi , je l'ai déjà dit, jecrois, la lecture du "Liseur" a été un tremblement de terre, comme celle de L'Empreinte de l'ange (N. Huston) et du Parfum (Süsskind). C'est vieux mais je crois que j'en suis sorti, au moins sur le coup, différent. Je me souviens uniquement de cette impression très forte.

Waouah, tes références font réfléchir ! Je crois que je vais m'inscrire sur la liste des liseurs moi...
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animal
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MessageSujet: Re: Bernhard Schlink [Allemagne]   Dim 26 Aoû 2007 - 20:11

Le Liseur...

que je viens de commencer et de terminer. ce qui reste rare, la lecture d'une traite d'un livre. La lecture très naturelle sans doute, et l'amour pour Anna qui ne se finit pas... c'est un avis un peu écroulé : je comptais lire quelques pages... pour me faire une idée, avoir envie d'y revenir. j'avais besoin de dormir, finalement j'ai lu. un peu hébété l'animal. C'est d'abord l'histoire d'amour que je retiendrai, j'aime bien sa façon de parler d'Anna, sa manière de la regarder... la façon de parler de ses peines sans forcément le faire, de parler de (sa) trahison, de (sa) culpabilité... le fait qu'il ne cesse pas vraiment, qu'il continue. (ça doit m'apparaitre naturel)

la part crime/jugement qui n'est pas complètement séparée de cette histoire (tant mieux), je ne sais pas, j'ai réellement apprécié que ce soit à travers les yeux du narrateur* qu'on assiste à ça : le procès, les tentatives d'imagination...
ensuite, juger, comprendre... les tentatives d'imagination me retiennent plus bien que j'ai l'impression de rater quelque chose d'important dans sa vision de l'opposition entre sa génération et celle des parents qui ont vécus pendant

ce n'est pas un livre que je vais oublier il me semble, ce n'est pas vraiment un bouleversement ou un gros choc... ça ressemble à une parenthèse cette lecture d'un après-midi, c'est loin d'être neutre, c'est émouvant, ça rappelle des images... et puis je n'ai pas fermé le livre lessivé, j'ai une confuse impression d'être lavé, de quoi je ne suis pas sûr... l'idée de continuité, de continuer, de choix, d'acceptation.

et cette réflexion sur l'anesthésie morale.

Merci !

(aussi)

*c'est par ce regard que ça fait mal aussi (indépendamment des faits considérés, cette situation de voir cette femme retrouvée dans cette situation... c'est horrible !)

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MessageSujet: Re: Bernhard Schlink [Allemagne]   Dim 26 Aoû 2007 - 22:12

J'ai lu Le Liseur il y a si longtemps! Merci d'être aussi prompt à chroniquer les titres qui circulent sur le "cercle" animal! Tes impressions semblent proches de celles qui furent les miennes, sauf qu'à l'époque, suite à ma lecture, je me suis trop emportée à penser que seul l'analphabétisme entraînait et entretenait la barbarie. Aujourd'hui je mettrais un gros bémol.
- Je découvre le post de Marie et je suis confuse de ne pas connaître Le Chant du marais. Je l'ai forcément entendu mais sans en connaître l'origine.
L'histoire de la création du texte est aussi présentée sur ce site (incontournable) :
http://www.fndirp.asso.fr/histoire.htm
avec des liens hypertextes apportant autant de précisions qu'il est nécessaire.
Monilet, je ne comprends pas vraiment comment tu peux mettre en parallèle l'émotion que t'a apportée ta lecture du Liseur avec celle apportée par L'Empreinte de l'ange et Le Parfum. Mais ce n'est peut-être qu'une maladresse. ça ne me vient pas toujours à l'esprit de peser le poids de mes impressions d'un auteur à un autre, d'un titre à l'autre, les contextes sont tellement différents! Cependant, si comme toi, les deux titres que tu évoques m'ont marquée profondément, Le liseur, beaucoup moins, dans mon parcours de "lectrice".
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MessageSujet: Re: Bernhard Schlink [Allemagne]   Dim 26 Aoû 2007 - 22:23

tiens c'est rigolo, je n'avais pas envisagé cette vision de l'analphabétisme comme source.

pour ma rapidité, à chaud c'est plus simple... et puis ça compte pour un bouquin : c'est l'instant de la lecture (avec ça de bien que la lecture ça dure un peu, la sensation s'imprime sur nous) et puis les impressions "après" son parfois différentes.

et dans le cerclage c'est sympa si ça attise la curiosité cat

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