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 LC Koestler / Hiéroglyphes

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shanidar
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MessageSujet: Re: LC Koestler / Hiéroglyphes   LC Koestler / Hiéroglyphes - Page 3 Icon_minitimeLun 7 Avr 2014 - 15:32

ok Bédou, je vais finir la partie Utopie et profiter de ton interruption pour lire Le Dieu des ténèbres que tu as déjà lu (tu l'as peut-être à la fin de ton volume, pia ?). De mon côté, je n'ai pas la même édition que vous donc je ne sais pas à quel moment intervient la coupure. Bédoulène nous dira et nous redonnera le top départ une fois que son ordi sera ok.

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MessageSujet: Re: LC Koestler / Hiéroglyphes   LC Koestler / Hiéroglyphes - Page 3 Icon_minitimeMar 8 Avr 2014 - 9:14

Shanidar, nous pouvons continuer après ta lecture du Dieu des ténèbres ou avant ; le premier Tome se termine à la fin de son voyage en russie
et Pia nous rejoindra. Tu nous dis quand tu souhaite continuer.


Une remarque : même si "journées rouges" a été amputé, ce récit au plus proche de son voyage, puisqu'il l'a écrit alors qu'il avait rejoint Kharkov doit restituer plus précisément l'"euphorie".

Comme le terme "arriéré" est souvent repris dans ce récit, je pense (et j'espère) que l'emploi est dans son premier sens "Qui est en retard sur son époque, appartient à des temps révolus"  On peut alors reconnaître que le régime soviétique a instruit des millions d'illettrés.

La "Brigade des écrivains" est en route dans la Russie d'Asie . Koestler insiste souvent pour obtenir ce qu'il souhaite par exemple lorsqu'il pénètre dans la salle d'audience et où il va être invité à monter sur l'estrade, c à d à côté de ceux qui jugent,  lors d'un procès. Il s'étonne de la passivité des accusés, se rend compte du malaise qui s'empare de lui, il est du côté des "forts" alors qu'il devrait être de celui des faibles  car la devise du Parti est "Là où il y a des plus forts, nous sommes du côté des plus faibles"

La région de Merv dans la steppe parait moins étouffante.

Koestler a un humour  bienfaisant : "Le rituel de la fête était à peu près celui des pays arabes. La cuillère remplie de sauce fit trois fois le tour, de bouche à bouche, sous le regard ironique des bacilles représentés sur les affiches."

Arrivée au village de Permetyab : "Le village était fait d'un éparpillement de tentes noires entremêlées de huttes de terre. Nous n'y vîmes pas, d'abord, d'autres signes de vie que quelques chiens errants qui entouraient la voiture, à distance, comme des hyènes."  
(une pensée pour Jean Rolin  sourire )
Koestler note qu'il n'a jamais vu, tant d'ignorance, de saleté et d'état aussi primitif. De simples  objets de la civilisation comme une montre, un stylo leur sont inconnus et provoquent leur admiration. Ce n'est qu' à la chaine de traduction  du Kultprop à l'un des écrivains de la Brigade, et à K. et K au poète Américain  Hugh Langston que leur sont délivrées les réponses de ses habitants, réponses qui se terminent invariablement (d'après le Kultprop) par Dieu merci, exprimant leur satisfaction.

Le Kultprop demande à la Brigade si le village leur avait plu, à quoi ils répondirent, non sans ironie, "qu'il nous avait beaucoup plu, Dieu merci."

Dans cette région, la mortalité infantile s'élève à 50 %, la syphilis est endémique, une Docteresse les soigne. Le kolkhoze de Permetyab est lui formé d'immigrés arrivés de leur propre gré à la révolution, chassés par la famine de l'autre côté de la frontière et attiré par la russie où une nouvelle "religion" s'était installée : "...on nous dit qu'en russie Lénine était en train de chasser les bys et donnait les moutons aux bergers, et les terres aux pauvres ; et que le sol se labourait tout seul avec des machines."

Boukhara et Samarkande qui avaient été de nobles villes de la russie d'Asie avaient plus ou moins étaient détruites dans la logique communiste (du passé faisant table rase)

Je ne comprends pas  la phrase suivante : "La désolation de Samarkande brisait le coeur. Non pas la destruction de Boukhara." malgré son explication quant au passé cauchemardesque de Boukhara.
A ce que j'ai lu dans les notes Tamerlan était plus connu pour ses destructions et ses pillages que pour sa culture.
Il me semble tout de même que K. devrait en tant qu'homme cultivé regretter aussi la disparition de tout le passé culturel (monuments, livres...) de Boukhara.

Je suis aussi stupéfaite par les "recommandations" (ordres) hurlés par les haut-parleurs !

Alors que son voyage se termine K. apprend l'accession au pouvoir d'Hitler. Il rejoint ses amis à Karkhov, où il rédige son mnuscrit "journées rouges", le parti lui demande de rejoindre à Paris les intellectuels communistes Allemands. Il part donc, avec un certain soulagement, le poids de ce voyage est sensible, l'austérité, l'aridité l'avait atteint plus qu'il ne pensait.

Le Trust de Moscou a refusé ses écrits, malgré la déception, K. se rassure : "mais du moins n'avais-je pas été accusé de déviation politique, et mon dossier au Parti demeurait sans tâche".

Koestler relativise sa déception "C'est cette conviction que "nous nous y prendrions mieux" qui garda vivante ma foi.

Je crois que la conclusion de K. est résumée dans ce passage  (il parle d'une certaine catégorie d'hommes qu'il a rencontrés)

"Ces hommes droits, dévoués, énergiques et sans peur, furent et sont l'armature d'un régime qui nie toutes les valeurs qu'ils représentent."
"Aujourd'hui, je me rends compte que leur existence est presque un miracle ; qu'ils sont devenus ce qu'ils étaient, non à cause de cette d' éducation, mais malgré elle, et qu'ils représentent le triomphe de la substance humaine indestructible sur un milieu déshumanisant."

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Dernière édition par Bédoulène le Mar 8 Avr 2014 - 15:43, édité 2 fois
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shanidar
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MessageSujet: Re: LC Koestler / Hiéroglyphes   LC Koestler / Hiéroglyphes - Page 3 Icon_minitimeMar 8 Avr 2014 - 9:40

Je pense qu'il faut en effet lire le terme 'arriéré' par 'en retard sur l'époque', plus Koestler s'enfonce dans les steppes d'Asie, proche de la frontière afghane et plus il découvre les villages et les kolkhozes qui vivent bien loin de toute forme de civilisation, mais (comme une dernière marque de croyance dans le communisme) Koestler souligne que les villageois n'ont pas d'espoir alors que les habitants du kolkhozes sont venus en Union Soviétique avec l'espoir d'y vivre mieux. Encore une fois il faut bien se rendre à l'évidence que ce n'est pas le cas, mais encore une fois, le chef aveugle du kolkhoze explique que le pays est dans une phase de transition et qu'une fois celle-ci achevée (avec la réussite du plan quinquennal) alors un nouveau monde s'ouvrira pour les paysans.

Pour revenir au petit Werner alias le petit Loewy du Zéro et l'infini, je crois que la manière dont Koestler en parle dans son roman efface tous les jugements de valeurs possibles, il en fait un anti-héros tragique, désespéré de trouver en ce monde, sa place. Dans Hiéroglyphes, Koestler en fait bien malgré lui son allié contre Nadeshda, la femme aimée, parce que Werner représente ce prolétariat inaccessible et dont il envie le statut au sein du Parti. Les deux hommes souffrent du même symptôme : un complexe d'infériorité sociale, l'un (Werner) parce qu'il rêve d'accéder à la culture et l'autre (Koestler) parce qu'il cherche à effacer son origine bourgeoise dans un monde marxiste suspicieux à son égard et auquel il ne pourra jamais appartenir totalement. Je vois donc dans le discours de Koestler à l'égard du prolétaire Werner, non pas un jugement dévalorisant mais au contraire de l'envie, une envie perverse parce que castratrice de s'amputer de sa culture, de son passé, de son origine, pour atteindre la pureté d'esprit du prolétaire (mais en disant cela on voit bien l'ambiguïté du propos, puisque cette élévation vers la pureté peut être comprise comme une chute, un dénigrement, un nivellement par le bas...).

J'ai presque fini Le Dieu des ténèbres, nous pouvons donc entamer L'Exil, avec pia !!

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MessageSujet: Re: LC Koestler / Hiéroglyphes   LC Koestler / Hiéroglyphes - Page 3 Icon_minitimeMar 8 Avr 2014 - 15:54

Plus on lit Koestler plus on découvre l'étendue de sa culture recueillie dans les pays qu'il a visité ; c'est un nomade, parfois par obligation mais aussi par choix.

Tu as tout à fait raison en ce qui concerne Werner et K. chacun cherche à atteindre l'inaccessible.

les premières lignes de l'exil 1er chapitre du tome 2 sont une délivrance, pour K. et aussi pour le lecteur ! mais pour la lectrice que je suis aussi beaucoup de tristesse pour abandonner ce peuple dans cet état.

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MessageSujet: Re: LC Koestler / Hiéroglyphes   LC Koestler / Hiéroglyphes - Page 3 Icon_minitimeMar 8 Avr 2014 - 19:25

En effet le Tome 2 commence avec l´exil. Espérons que le retard ne m'empêchera pas de comprendre. Je me joins à vous!

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MessageSujet: Re: LC Koestler / Hiéroglyphes   LC Koestler / Hiéroglyphes - Page 3 Icon_minitimeMar 8 Avr 2014 - 20:21

Chouette pia ! je ne pense pas que tu éprouves des problèmes, il s'agit globalement de l'itinéraire chronologique d'une vie et Koestler n'hésite pas à faire de fréquents rappels à ses autres livres... mais n'hésite pas à nous solliciter en cas de besoin !

Tout comme Bédou, je quitte à regret les peuples d'Asie centrale côtoyés par Koestler. Mais le retour à Budapest (via Vienne) me permet de découvrir les racines intellectuelles d'un homme qui ne se laisse pas si facilement décrire. La Hongrie des cafés et des discussions à n'en plus dormir me fait rêver...

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MessageSujet: Re: LC Koestler / Hiéroglyphes   LC Koestler / Hiéroglyphes - Page 3 Icon_minitimeMar 8 Avr 2014 - 21:47

Vous êtes un peu plus loin que moi donc..Je vais peut-être vous rattrapper, sinon je vais à mon rythme.

Son écriture me plait bien! Et il a beaucoup d'humour. Je met un petit extrait qui m'a fait sourire.

Perdre son foyer, ses espoirs et ses biens tous les sept ans, c'est une habitude assez monotone. Les compagnies d'assurance appellent les individus présentant ce genre de répétitions "prédisposés à l'accident" et les considèrent avec raison comme des indésirables. Les corconstances atténuantes, dans mon cas, sont que, lorsque Hitler prit le pouvoir en 1933 et, sept ans plus tard, conquit l'Europe, la majorité des Européens se mirent à présenter une prédisposition à l'accident.

Donc il est à Vienne et il parle de l'université où il a fait ses études, qui a changé, et qui commence à grouiller de jeunes adeptes de la cause hitlérienne. Cela ressemble fortement aux prémices des futurs jeunesses Hitlériennes. C'est juste un an avant l'assassinat de Dollfuss par les partisans de Hitler je pense....

Dans leurs ridicules accoutrements montagnard qui découvrait leurs genoux poilus, lançant autour d'eux des regards stupides et provocants.
La Gretchen lourdaude et suante sous ses nattes. Des nattes, des nattes à l'université de Sigmund Freud.

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MessageSujet: Re: LC Koestler / Hiéroglyphes   LC Koestler / Hiéroglyphes - Page 3 Icon_minitimeMar 8 Avr 2014 - 22:52

c'est vrai que Koestler est souvent à la fois drôle et grinçant, plein d'humour et d'ironie et qu'il utilise le second degré ou les répétitions pour donner à son texte un double fond qui le rend plus accessible mais aussi plus inquiétant.

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MessageSujet: Re: LC Koestler / Hiéroglyphes   LC Koestler / Hiéroglyphes - Page 3 Icon_minitimeMer 9 Avr 2014 - 17:43

L´humour est une bonne défense si je peux m'exprimer si simplement. D'ailleurs je me permets de sourire parce qu'ayant vécu tout ça, il fait un trait d'humour. Bien sûr on sait tout à fait de quoi il parle quand il dit que, "la majorité des Européens se mirent à présenter une prédisposition à l'accident". Je crois qu'il reprend un peu plus tard son trait d'humour en parlant de sa cousine, ses enfants qui sont morts à Auschwitz.
J'en suis quand il est à Budapest et qu'il rencontre tous ces écrivains, poêtes. Comme il dit, certains ne sont pas traduits mais certains le sont et je vais peut-être à l'occasion chercher de ce côté là. Le bouquin de Aladár Kuncz qui a été interné dans un monastère à Noirmoutier (j'y allais quand j'étais petite et je ne le savais pas) et qui a raconté son expérience par exemple m'intéresserait bien. Comme son copain Németh n'a jamais fini le sien...Je ne vais pas pouvoir le lire. jypeurien 
Je suis contente que Google existe!

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MessageSujet: Re: LC Koestler / Hiéroglyphes   LC Koestler / Hiéroglyphes - Page 3 Icon_minitimeMer 9 Avr 2014 - 20:38

c'est vrai que Koestler nous fait voir le monde différemment et nous intéresser à des coins de la planète jusqu'alors inconnus ou méconnus, j'ai plutôt de mon côté flashé sur Attila Jozsef et pour le fils de Frigyes Karinthy, Ferenc (qui n'est pas évoqué mais dont je voudrais découvrir les œuvres depuis longtemps)... Je n'en dis pas plus pour te laisser poursuivre sereinement, pia mais j'ai fait deux découvertes très importantes (liées à l'incendie du Reichstag et aux attentats de Sofia) qui bouleversent littéralement ma vision des évènements...

Bédou, tu es toujours avec nous ?

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MessageSujet: Re: LC Koestler / Hiéroglyphes   LC Koestler / Hiéroglyphes - Page 3 Icon_minitimeJeu 10 Avr 2014 - 7:53

Ne vous empêchez pas de faire des commentaires pur m'attendre (si c'est le cas). Je prend en cours et vous êtes plus loin. Je vais à mon rythme et je pourrais toujours relire vos commentaires et réagir plus tard.  sourire

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MessageSujet: Re: LC Koestler / Hiéroglyphes   LC Koestler / Hiéroglyphes - Page 3 Icon_minitimeJeu 10 Avr 2014 - 9:47

Pia, je n'ai pas eu le temps de lire, hier comme tous les mercredis  sourire 

et je suis en train de vérifier les programmes sur mon ordi car hier m'a été installé windows 7, faut que je m'adapte  sourire 

j'espère pouvoir lire un peu auj

bonne lecture à vous

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MessageSujet: Re: LC Koestler / Hiéroglyphes   LC Koestler / Hiéroglyphes - Page 3 Icon_minitimeJeu 10 Avr 2014 - 22:14

Ah bien sûr les mercredis! Je n'y avais pas pensé!  sourire Je n'ai pas eu le temps de lire non plus aujourd'huii. Je me rattraperai ce weekend.

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MessageSujet: Re: LC Koestler / Hiéroglyphes   LC Koestler / Hiéroglyphes - Page 3 Icon_minitimeVen 11 Avr 2014 - 10:13

coucou

pas évident de tout réinstaller les logiciels (qui fonctionnaient avant et qui pour certains me font des misères) je me sens larguée chaque fois qu'un tel changement se passe !

je reprends l'Exil, Koestler est complètement démuni de tout ce qui permet de vivre (argent, logememnt etc...) mais c'est presque pour lui une renaissance  ; il résume ainsi son attitude pendant cette période :

"Si je m'abandonne souvent à des accès d'abattement, les véritables catastrophes me remplissent en général d'une espèce d'exaltation. Et, bien que, je sois jalousement attaché ç ce que je possède et qu'une perte partielle - une chemise volée, une tache sur un meuble - m'irrite et m'attriste, la perte totale de tous mes biens fit naître en moi, les trois fois où la chose se produisit, un sentiment de libération, l'excitatiion d'un nouveau départ. Cela fait partie, j'imagine, du tempérament apocalyptique, du type de mentalité qui aspire à tout ou rien, tempérament qui manque de force dans les crises mineures mais s'épanouit dans les catastrophes."

A Vienne (déjà sous la coupe du dictateur Dolfuss) son ami Heilig lui fait remarquer son changement qu'il suppose du à son voyae en Russie ; Koestler chuchote alors qu'avant il exultait.

A Budapest

La description faite par K. du milieu bourgeois et de sa mère est très révélatrice et lucide. Une mère complètement étrangère à la vie de son fils car tout ce qu'il a pu subir, faire, dire pour elle c'est inimaginable "De pareilles choses n'arrivent pas à "un jeune homme de bonne famille" comme je suis toujours supposé l'être et le rester jusqu'à ma mort."

Son père lui apparait irréaliste, ruiné, comme d'habitude, sujet à s'illusionner, il espère toujours trouver fortune.

Koestler retrouve son ami Andor Nemeth  à qui il confie sa pièce "le bar du soleil", laquelle est achetée par un théatre et il reçoit donc une avance qui lui permettra de vivre. Andor est doué mais atteint d'une incurable paresse et de plus distrait. Aux souvenirs et anecdotes évoqués par K. nous découvrons une amitié profonde entre eux.

La Hongrie est en crise économique, là bas aussi les paysans ne sont pas instruits. Nous suivons les 2 amis dans les cliques littéraires, K. nous informe sur les difficultés des écrivains Hongrois pour lesquels, les cafés étaient les lieux de travail où ils recevaient leurs visiteurs.

"S'il exista jamais une société décadente, ce fut là dans les cafés de Budapest. C'était pour moi la parfaite évasion, les vacances - en  même temps que la confirmation de ma croyance que la culture bourgeoise était condamnée.

A propos d'un de ses amis écrivain Hongrois : "Attila Jozsef s'est suicidé à trente-deux ans. Son oeuvre et son destin personnel sont un symbole terrible de notre époque. Il fut un Villon moderne, dont la vie, comme la poésie, gravita autour des deux pôles dangereux de ce temps Marx et Freud. Il mourut leur victime."  (le poète cité fait effectivement penser à Villon)

Koestler n'appréciait-il pas les psychiatres ou seulement Freud  ? Attila était  schizophréne donc il a pu être soigné ou approché par Freud ?

J'ai remarqué que Koestler est souvent affirmatif dans ses raisonnements.

En Hongrie aussi il y eu des procès et l'épuration ; les raisons sont bien faciles à invoquées, elles me font penser à un proverbe "Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage".

Koestler lui été préservé quant à  son appartenance au PC ; en Hongrie il n'était qu'un reporter. Revenant de Russie il a cependant été convoqué par la police, mais vu ses dispositions au dialogue, tout se passa correctement. La dernière question du sous-chef est révélatrice, usines et ouvriers = communisme  :

"La dernière question du sous-chef fut pour me demander sur un ton négligent si j'avais l'intention de visiter les usines et les quartiers ouvriers. Je répondis que non, que j'écrivais une pièce. "Parfait, dit-il. Tant que vous vous en tiendrez aux cafés et ne vous occuperez pas des usines tout ira bien".

L'association avec son ami Nemeth quant à l'écriture de la 2ème pièce ne déboucha sur rien, mais au bout de 20 ans la relecture confirma ce que K. avait déjà dit, Nemeth était supérieur à lui dans l'écriture.

"Mais ces scènes ressortent comme un groupe de visiteurs vivants dans un musée de figures de cire".


à suivre

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MessageSujet: Re: LC Koestler / Hiéroglyphes   LC Koestler / Hiéroglyphes - Page 3 Icon_minitimeVen 11 Avr 2014 - 10:36

ah tiens, de mon côté j'ai compris l'inverse à propos de son ami Nemeth, qui n'a jamais écrit de livre, qui était plutôt un paresseux et qui à la relecture, 20 ans plus tard, de leur pièce commune semble être un mauvais prosateur (rien de vivant pour une pièce de théâtre). D'ailleurs, Koestler lui-même juge son propre théâtre assez mauvais et comprend très bien qu'il soit peu joué.
Il faut rappeler qu'en 1932, Koestler n'a encore rien publié en dehors de ses articles pour des journaux (articles de critique littéraire mais aussi technique puisqu'il a un diplôme d'ingénieur). Il est donc totalement vierge en matière littéraire et porte un regard admirateur sur les poètes qu'il cotoie à Budapest.

Tout comme toi Bédou, je le trouve assez péremptoire dans ces affirmations mais il faut rappeler que l'homme a vécu tous les échecs que les politiques ont fait subir aux peuples (juifs, communistes, étrangers...). Et que grâce à l'adversité dont il parle qui jaillit de lui dans les moments les plus critiques, il a pu échapper au pire.

Venons-en aux deux révélations que j'apprends grâce au livre de Koestler :

1) Tout comme K. j'ai toujours cru que l'incendie du Reichstag avait été fomenté par les nazis. Les notes m'apprennent que ce n'est sans doute pas le cas, même si bien des ombres restent inexpliquées. J'en ai les bras ballants !

On voit bien d'ailleurs comment la propagande communiste, dirigée magistralement par Müzenberg, fonctionne sur Koestler, qui continue 20 ans plus tard à 'minimiser' les mensonges rouges pour vilipender les mensonges nazis. Difficile de prendre le recul nécessaire pour faire œuvre d'historien, mais Koestler se positionne en biographe de sa propre vie et le côté personnel gagne le pas sur la réalité historique. On voit ici à l'œuvre l'esprit même d'une propagande réussie !

2) Je n'avais pour ma part jamais entendu parler des attentats de Sofia (1925) !! Je suis également à nouveau sidérée par la manière dont l'Histoire nous est restituée. Ecrite par les vainqueurs, elle évacue à bon compte les rebellions et les actes (même si il concerne ici l'atrocité du terrorisme) qui ont permis d'ébranler le pouvoir établi (ici la royauté bulgare).

Je continue...

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MessageSujet: Re: LC Koestler / Hiéroglyphes   LC Koestler / Hiéroglyphes - Page 3 Icon_minitime

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