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 Cicéron

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colimasson
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MessageSujet: Cicéron   Cicéron Icon_minitimeMer 12 Mar 2014 - 14:13

Cicéron (108 av. J-C, -43 av. J-C)


Cicéron Cicero10

Biographie

Citation :
CICERON (Marcus Tullius), homme politique, orateur et écrivain latin, né à Arpinum en 108 avant notre ère, mort à Formies en 43, naquit d'une famille d'ordre équestre, mais obscure. Après de brillantes études faites sous la direction du grand orateur Crassus et du jurisconsulte M. Scaevola, il prit part à la guerre sociale, et, sous Sylla, à une campagne contre les Marses. Puis, à Rome, il suivit les leçons du rhéteur Molon et de l'académicien Philon. A vingt- six ans, il débuta au Forum en plaidant contre un favori de Sylla (Pro Quinctio). L'année suivante, il se chargea de la défense périlleuse de Roscius d'Amérie (80), accusé de parricide par Chrysogonus, favori de Sylla. Le succès fut éclatant ; mais, au bout d'un an, afin de se faire oublier du terrible dictateur, Cicéron quitta Rome pour Athènes, Rhodes et l'Asie ; il y compléta son éducation oratoire (79-77). Revenu à Rome, il plaida pour le comédien Roscius, et à trente ans aborda la carrière des honneurs. La questure lui ouvrit le sénat (75). Il remplit sa charge en Sicile pendant une disette qui compromettait l'approvisionnement de Rome, et s'acquitta de sa tâche avec habileté, tout en méritant l'affection des Siciliens. Aussi ce malheureux peuple, accablé par Verres, se tourna-t-il vers lui pour demander justice (70). (Verrines). Cicéron obtint gain de cause. Ce succès lui avait concilié la faveur de Pompée, César et Crassus.

Edile en 72, Cicéron se rendit populaire ; mais il recherchait particulièrement l'amitié de Pompée, et, devenu prê- teur (66), il contribuait à faire donner au chef du parti sénatorial la conduite de la guerre contre Mithridate. D'abord lié avec Catilina, il brigua bientôt contre lui le consulat. La crainte du conspirateur et l'appui de Pompée le lui firent accorder par acclamation (63).

Il se sépare alors des démagogues, conduits par Catilina (Catilinaires) qu'il contraint de quitter Rome, et met à mort ses complices sans en référer au peuple. On le proclama Père de la Patrie; mais son excessive vanité, ses railleries à l'adresse de ses adversaires et même de ses amis commencèrent à le discréditer. Pompée, César et Crassus, le redoutant, le minèrent sourdement, et il trouva dans le tribun Clodius un ennemi acharné. Clodius obligea Cicéron à s'exiler (avr. 58). Rappelé au bout de dix-huit mois (août 57) et devenu prudent, Cicéron, parmi les troubles qu'excitait la rivalité de Clodius et de Milon, s'attacha étroitement à Pompée et, durant quelques années, se consacra à des travaux littéraires, sans qu'il cessât entièrement de plaider. A cinquante-quatre ans, il fut reçu dans le collège des augures (53). Milon, en tuant Clodius, le débarrassa de son pire ennemi, et Cicéron défendit le meurtrier; mais la présence des soldats et le tumulte de la foule le troublèrent, et Milon fut condamné. Nommé gouverneur de Cilicie, Cicéron administra bien sa province, et une petite expédition contre les Parthes lui valut le titre de imperator (51-50).

A son retour, la rupture entre César et Pompée avait livré Rome à la guerre civile. Après bien des hésitations, il se décida pour Pompée. Lorsque celui-ci eut été défait à Pharsale (48), Cicéron obtint le pardon de César mais se retira de la vie politique pour écrire presque tous ses traités de rhétorique et de philosophie. C'est alors qu'il répudia Térentia pour épouser une jeune fille fort riche, et qu'il composa l'Eloge de Caton, auquel César répondit par l'Anti-Caton. Le pardon accordé à Marcellus décida son ralliement, marqué par la harangue Pro Marcello. La perte de sa fille Tullia le désespéra ; mais la mort du dictateur (44) le rejeta dans la mêlée, et on le vit applaudir au meurtre de celui qu'il venait d'exalter.


Quand Antoine se posa en successeur de César, il écrivit contre lui ses immortelles Philippiques, et éleva en face de lui le jeune Octave, qu'il ne craignait pas encore. Mais quand Antoine, Octave et Lépide eurent formé le triumvirat, la tête de Cicéron fut le gage qu'Antoine exigea d'Octave. Repoussé par les vents, Cicéron ne put quitter l'Italie, et se retira dans sa villa de Formies. C'est là que les soldats des triumvirs le surprirent, et qu'il mourut avec la plus admirable fermeté (7 déc. 43). Sa tête fut, par l'ordre d'Antoine, exposée sur la tribune aux harangues.

La fécondité littéraire de Cicéron égale son activité politique. Sans parler de ses ouvrages poétiques, nous avons conservé de lui des discours, des travaux de rhétorique, des traités de philosophie et des lettres.

Ses discours politiques et judiciaires manquent souvent de solidité et de précision. Mais dans les harangues politiques il rachète la faiblesse des raisons par le mouvement et la variété du style, par la vigueur ou la finesse des portraits, enfin par le pathétique. Dans les plaidoiries, il excelle aussi à émouvoir les juges, ses narrations sont souvent admirables de clarté, de mouvement et d'esprit ; enfin, il élève les questions, il les élargit jusqu'à de grands problèmes moraux ou politiques. On cite principalement les Verrines, les Catilinaires, le Pro Milone, le Pro Murena, et surtout les Philippiques, son chef-d'œuvre.

Maître de son art, il en donna la théorie, ce qui était à Rome une originalité, dans le De oratore (55), le Brutus et l'Orator (46). Comme lui-même, il veut que l'orateur développe son talent par une vaste culture embrassant la science, l'histoire, le droit et surtout la philosophie ; il attaque ceux dont l'idéal est contraire au sien.

Sur la philosophie, il est aussi le premier Romain qui en ait écrit. Il a composé des ouvrages de théorie politique (Sur la République, Sur les lois), de morale, en particulier sur les devoirs (De officiis), ou traitant de questions religieuses, presque tous composés après Pharsale ; Cicéron a trouvé en eux la consolation et quelque énergie morale. Comme philosophe, Cicéron, qui se rattache plutôt à la nouvelle Académie, n'a aucune originalité ; mais il nous aide à bien connaître les doctrines anciennes, particulièrement le stoïcisme ; enfin, il y a dans son œuvre un intéressant effort pour adapter les pures spéculations aux besoins de la vie et spécialement de la vie romaine.

Ses lettres, enfin, très nombreuses, très variées et très vivantes, offrent un triple intérêt : elles nous font bien connaître Cicéron, peignent la société de l'époque, et offrent à l'historien les documents les plus sûrs et les plus précis.

Par l'étendue, la variété et l'originalité de son œuvre, comme par la variété et les qualités du style, Cicéron est, sans contredit, le plus grand des prosateurs romains.
Lien

Pour son oeuvre, je vous renvoie sur le lien : Wikipédia

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MessageSujet: Re: Cicéron   Cicéron Icon_minitimeMer 12 Mar 2014 - 14:27

De l'Orateur - Livre 1 (-55)


Cicéron 415mt810

Crassus et ses disciples, assis sous un platane, perpétuent la tradition d’un Platon et d’un Phèdre qui avaient déjà choisi pareil cadre, au bord de l’Ilissos, pour causer de beauté et d’amour, de dialectique et de rhétorique. Crassus, moins volage quant aux sujets de son éloquence, se concentrera uniquement sur l’art de la rhétorique.  


« Qu’y a-t-il […] de plus sot que de parler sur la manière de parler, puisqu’en lui-même, le fait de parler est toujours une sottise, à moins que ce ne soit une nécessité ? »


Il n’empêche, lorsque Cicéron écrit son dialogue, l’éloquence se compte au nombre de ce que tout romain considère comme les maximae artes, égalant l’importance de la politique et de la guerre, et dépassant celle des mediocres artes : la philosophie, les mathématiques, la musique, la grammaire et la poésie. Comme tout bon orateur, Cicéron accorde l’originalité de la forme à la densité du propos. Le dialogue constitue alors un bon moyen de faire s’enchaîner des idées contradictoires ou complémentaires sur cette modalité de l’éloquence qu’est la rhétorique. Crassus domine la joute oratoire mais ses interlocuteurs lui donnent du fil à retordre. Chacun présente un rapport particulier à l’éloquence, qu’il s’agisse de M. Antonius, modèle de l’orateur habile « toujours prêt à se contredire lui-même, ne publiant aucun de ses discours, afin de ne pas se voir opposer quelque jour ses propres paroles et de pouvoir nier des opinions précédemment exprimées », de C. Aurelius Cotta, représentant du genus dicendi mais « d’une santé médiocre, ne pouvant à cause de la faiblesse de ses poumons se permettre les grands mouvements d’éloquence », Catulus l’helléniste, «  au goût délicat et à la culture érudite, passionné pour les choses de la Grèce, parlant et écrivant le grec en perfection », ou le piquant Vopiscus qui savait l’art de  « traiter les sujets sérieux avec enjouement, les sujets tragiques avec le piquant de la comédie, répandre sur toutes les choses ordinaires de la vie l’agrément et la gaîté ».


Dans le premier volume de L’orateur, le dialogue cherchera uniquement à trouver un accord sur les qualités qui doivent être celles de l’homme éloquent. Cicéron, lassé des rhéteurs à tête vide, refuse de définir l’éloquence comme seul art du parler : elle est aussi art du penser car « tout ce qui se conçoit bien s’énoncé clairement », comme l’écrira plus tard Nicolas Boileau. Redonnant à César ce qui lui appartient, il souligne l’origine de l’éloquence, précédant de longtemps cet ensemble de règles que constitue la rhétorique.


Le bien-penser, pour Cicéron, donne la priorité à la connaissance du droit et de la politique en général. Il ne s’agit donc pas de batifoler et de développer son éloquence pour le seul plaisir de conter fleurette à sa dulcinée. De l’orateur est issu d’une époque lointaine au cours de laquelle l’éloquence et la politique ne reniaient pas leurs affinités.


Finalement, Cicéron nous convainc-il de sa propre éloquence ? Malgré la forme du dialogue, les répliques s’enchaînent selon un ordre très rigoureux. On contemple un mécanisme bien huilé qui laisse peu de place à la fantaisie. Le latin écrit, laissé à la libre traduction de nos contemporains, était-il celui que les orateurs utilisaient lorsqu’ils s’adressaient à leurs pairs ? Il faut reconnaître que ce dialogue ne peut pas nous donner une idée précise de l’éloquence réelle de Cicéron. Peu nombreux furent les orateurs à s’engager sur la voie dégagée par son dialogue. Il faudra attendre l’époque impériale pour voir apparaître Tacite qui reprendra ces théories. On comprend que cet art rigoureux et austère en ait dissuadé plus d’un…


Cicéron Socrat10


Les cinq parties de la rhétorique :

Citation :
« 17. Il faut […] avoir embrassé et posséder une foule de notions, sans lesquelles il n’y a plus qu’un vain et ridicule verbiage. Le style, à son tour, doit recevoir sa forme, non seulement du choix, mais de l’heureux arrangement des mots dans la phrase. Et puis, toutes les passions que la nature a mises au cœur de l’homme, il faut les connaître à fond, car l’éloquence en déployant sa force n’a qu’un but : agir sur les âmes des auditeurs, pour les calmer ou les émouvoir. A tout cela il est nécessaire d’associer une certaine grâce, de l’enjouement, la culture d’un homme bien né, la promptitude et la concision dans la réplique ou l’attaque, unies à un fin sentiment des convenances et à la délicate plaisanterie. »


Distinction des trois genres d'éloquence empruntés à Aristote :

Citation :
« 141. J’ai appris que parmi les causes qui ne rentrent pas dans les questions générales, on distingue deux genres, le judiciaire et le délibératif ; qu’il en existe un troisième, lequel s’occupe de distribuer l’éloge ou le blâme ; que tous les trois ont leurs lieux (ou sources de preuves) : le judiciaire, qui a l’équité pour but ; le délibératif, qui se propose l’utilité de ceux auxquels s’applique le conseil ; le démonstratif, où l’on s’efforce d’exalter le mérite de la personne qui est louée. »


Le bon orateur :

Citation :
« 218. […] Le rôle d’un bon orateur est d’avoir beaucoup entendu, beaucoup vu, beaucoup réfléchi et médité, beaucoup retenu de ses promenades à travers les livres ; et sans doute il ne possédera pas à fond ces objets, comme choses lui appartenant, mais, tout en les regardant comme étrangers à son art, il les aura au moins effleurés. »


peinture : Socrate et Phèdre au bord de l'Ilissos. Moteley, Jules Georges

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