Parfum de livres… parfum d’ailleurs

Littérature, forum littéraire : passion, imaginaire, partage et liberté. Ce forum livre l’émotion littéraire. Parlez d’écrivains, du plaisir livres, de littérature : romans, poèmes…ou d’arts…
 
AccueilRechercherS'enregistrerMembresConnexion

Partagez | 
 

 LC Bolaño

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant
AuteurMessage
tom léo
Sage de la littérature
avatar

Messages : 2698
Inscription le : 06/08/2008
Age : 54
Localisation : Bourgogne

MessageSujet: Tentative d’explication de mes « problèmes » de lectures latinos   Mer 7 Mai 2014 - 17:38

Tentative d’explication de mes « problèmes » de certaines lectures latinos... ?!

Animal m’invite à une vraie réflexion. Peut-être n’étais-je pas assez compéhensible... Eclaircir encore un peu ? Je vais essayer...

Il y a dans ce sens-là un « leitmotiv » que je veux relever encore une fois : ils sont nombreux les fois où Bolano laisse planer l’incertain : il suppose, il propose des pistes différentes possibles, mais néglige pas de bien parler des falsifications, des légendes construites etc. Bref : on trouvera un certain flou. Bien sûr (à mon avis) ce flou est inhérent aux incertitudes de l’époque et peut-être de beaucoup d’époques dictatoriales (et évidemment aussi dans notre vie...). Néanmoins il me semble qu’en Amérique latine, où on a connu des decennies de diverses régimes de droite, cela était particulièrement le cas. Est-ce qu’on arrive, ou justement on n’arrive plus, de NOMMER les choses ? Est-ce que le flou, l’incertitude, voir même l’absence de jugements sûrs deviennent des attitudes assez propres à ces pays ? Je ne connais pas in extenso la littérature latino, mais mes réticences, ou disons : mes difficultés de lecture peuvent éventuellement être liées à cela ? Je me suis posé la question juste aujourd’hui, car animal me pousse, me poussait plus loin dans la réflexion.

Certes, je suis heureux quand une lecture n’impose pas un sens unique et sans autre explication possible. Il y a un flou bienfaisant qui exprime la possibilité de se former une opinion, une propre lecture. Est-ce qu’ici je ressens autre chose ??? La difficulté de prononcer plus clairement un jugement « morale », même si je n’aime pas ce terme ? Donc, je pose ici des questions à moi-même et à vous, futurs ou présents lecteurs de Bolano...

Puis, au-délà ces explications approximatives, il faut tout simplement accepter peut-être qu’il y a des approches littéraires qui nous conviennent moins ? J’ai pratiquemment toujours eu des difficultés avec la littérature latino... avec des petites exceptions de Liscano et de Cortazar. Ces littératures (et en d’autres lieux on aurait pu accuser la production littéraire des mêmes tendances) étaient tellement impregnées par les circonstances politiques dans lesquelles elles se sont développées... Bien sûr : sur le papier je souscris à des témoignages très engagés, mais comme lecteur : est-ce que je m’attendais à plus ou autre chose ?

Phénomène bizarre : je trouve que souvent l’écriture, face à des sujets pouvant suscité de telles émotions, reste distanciée, voir même « neutre ou froide » (je trouve pas d’autres mots). D’accord : s’il s’agit de livres historiques c’est attendu et néccessaire, mais dans le contexte de livres demi-fictionnels ? Est-ce qu’il y a encore une peur secrète de livrer toutes ses idées ? De livrer ses messages dans une forme cryptique, symbolique à décoder ? Cette distanciation par le choix du langage et du style m’intrigue.

Encore une fois je dis mon ignorance et je vous prie de prendre ces reflexions telles quelles, sans aucune prétention. Ce sont des interrogations.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
animal
Tête de Peluche
avatar

Messages : 31549
Inscription le : 12/05/2007
Age : 36
Localisation : Tours

MessageSujet: Re: LC Bolaño   Jeu 8 Mai 2014 - 0:42

merci !

je manque de repères mais ça mérite réflexion (et j'espère que les lecteurs plus familiers de cette littérature vont intervenir... ).

_________________
Je suis snob, j'ai lu un Mickey Spillane.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
topocl
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 11706
Inscription le : 12/02/2011

MessageSujet: Re: LC Bolaño   Jeu 8 Mai 2014 - 9:30

Comme je ne suis pas du tout familière de cette littérature et que le fait d'avoir lu 2 Bolano ne me donne aucune "autorité" sur le sujet, je me contente de trouver cette piste de réflexion : qu'est ce que les dictatures laissent aux écrivains?
Plus qu'à lancer une LC Amérique latine pour voir si ce que tu dis se confirme, Tom leo.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://topocleries.wordpress.com/
Bédoulène
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 17271
Inscription le : 06/07/2007
Age : 72
Localisation : Provence

MessageSujet: Re: LC Bolaño   Jeu 8 Mai 2014 - 10:27

pas encore lu Bolano, mais j'ai lu Carlos Fuentès (Christophe et son oeuf), Mario vargas Llosa (Histoire de Mayta), Antonio Callado (Sempreviva)
João Guimarães Rosa (Diadorim) Bernardo Carvhalo (Le soleil se couche à São Paulo)

j'ai apprécié ces lectures.

tu veux dire que tu trouves pas les auteurs Latino n'exposent pas assez leur sentiments quand ils écrivent une fiction sur une dictature ?

pour ce qui est du livre d'Antonio Callado Sempreviva même si le héros se voile, on mesure très bien le poids de la dictacture sur le passé et sur le présent.

de même pour l'Histoire de Mayta de Mario vargas Llosa

mais ce sont des fictions même si elles s'appuient bien sur sur des réalités.

Si tu veux un engagement personnel d'un auteur faut peut-être chercher dans une autobiographie.


_________________
Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour soi est un esclave. » Friedrich Nietzsche
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
shanidar
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 10518
Inscription le : 31/03/2010

MessageSujet: Re: LC Bolaño   Jeu 8 Mai 2014 - 10:49

Je comprends parfaitement ton sentiment tom léo, je crois d'ailleurs avoir parlé de ma propre difficulté à lire certains auteurs hispanophones (l'Espagne ayant elle aussi eu son dictateur et sa loi du silence) sur le fil de Vila-Matas. J'ai parfois l'impression (contrairement aux auteurs de l'ancien bloc communiste dont le caractère fantastique de leurs écrits ne m'est pas étranger) que je ne comprends pas ce que veut dire l'auteur. C'est plus ou moins le cas d'ailleurs avec Un roman lumpen de Bolaño, je ne vois pas ce que l'auteur cherche à dire, je ne suis même pas sûre qu'il veut dire quelque chose (mais alors pourquoi écrire) ?

J'ai également eu cette sensation en lisant Les Dénonciateurs de Juan Gabriel Vasquez, l'impression de comprendre chaque mot pris séparément mais de ne pas comprendre la phrase entière, de ne pas savoir ce qui empêche ou retient l'auteur de parler clairement (de son père) plutôt que d'avoir recours à un tas de narrateurs pour s'exprimer. (Je me rends compte cependant que j'ai exprimé le même sentiment à propos de Dostoïevski).

Les auteurs latinos ont aussi beaucoup de références culturelles qui m'échappent et surtout ils sont les maîtres incontestable de la 'forme' (Borges en est bien sur le symbole absolu) mais il y a des auteurs qui font exception et qui se laissent plus facilement cerner (peut-être parce qu'ils ont longtemps vécu en Europe ??), tel Alejo Carpentier, Fuentes ou Vargas Llosa.

et je suis d'accord pour lancer une LC Latino (pour l'été ??)

_________________
le mot silence est encore un bruit G. Bataille
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
topocl
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 11706
Inscription le : 12/02/2011

MessageSujet: Re: LC Bolaño   Jeu 8 Mai 2014 - 11:06

shanidar a écrit:

et je suis d'accord pour lancer une LC Latino (pour l'été ??)

J'en suis (n'importe quand!)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://topocleries.wordpress.com/
Bédoulène
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 17271
Inscription le : 06/07/2007
Age : 72
Localisation : Provence

MessageSujet: Re: LC Bolaño   Jeu 8 Mai 2014 - 12:04

peut-être selon mes dispos (juillet si la pitchoune ne m'occupe de trop  sourire ) aout (si chiens et chats n'apportent pas trop de soucis  sourire )

un auteur au choix si j'ai bien compris ?

_________________
Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour soi est un esclave. » Friedrich Nietzsche
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
tom léo
Sage de la littérature
avatar

Messages : 2698
Inscription le : 06/08/2008
Age : 54
Localisation : Bourgogne

MessageSujet: Re: LC Bolaño   Jeu 8 Mai 2014 - 23:03

Peut-être j'ai fait la faute de vouloir trouver un dénominateur commun pour mes apparentes mesaventures avec pratiquemment toute la littérature latino. Ce n'est pas une bonne base et pourrait passer comme me montrant expert, ce que je ne suis pas de tout. J'essayais juste de m'expliquer à moi-même ce que je ressens comme difficultés.

Bédoulène a écrit:
tu veux dire que tu  trouves pas les auteurs Latino n'exposent pas assez leur sentiments quand ils écrivent une fiction sur une dictature ?
...
Si tu veux un engagement personnel d'un auteur faut peut-être chercher dans une autobiographie.

Je ressens un certain jeu de cache-cache avec le lecteur. Des pistes, des symboles etc..., aussi des clés différents qui ne sont pas toujours accessibles. Je ne rencontre pas ces mêmes problèmes (selon mon ressenti) avec d'autres cultures...

Cela peut-être un faible de ma part (un certain moralisme???) de m'attendre que face à certaines données on peut -être plus directe, explicite. Mais je comprends l'approche que ce n'est pas la tâche de la prose...

Merci à shanidar qui exprime bien ce que je pense aussi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
topocl
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 11706
Inscription le : 12/02/2011

MessageSujet: Re: LC Bolaño   Ven 9 Mai 2014 - 8:33

Tom leo , j'ai listé hier mes lectures latino-américains depuis quelques années, et il en ressort assez le même sentiment: ce mystère, cette étrangeté, cette distance. Des codes qui sont différents des nôtres d'une certaine façon.
Et en même temps, je me disais que c'était un peu stupide, j'imaginais un Américain (du Nord ou du Sud, d'ailleurs) listant ses lectures européennes et essayant d'en tirer une ligne directrice; certes il y a une unité (relative) de langue, mais il y a des peuples et des cultures très différents.
En plus il faut se dire que nous ne jugeons pas sur la production latino-américaine, mais ce que les éditeurs veulent bien nous en sélectionner.
Je ne sais pas trop qu'en penser finalement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://topocleries.wordpress.com/
bix229
Parfum livresque
avatar

Messages : 24644
Inscription le : 24/11/2007
Localisation : Lauragais (France)

MessageSujet: Re: LC Bolaño   Dim 11 Mai 2014 - 23:50

Je lis Des putains meurtrières, et comme souvent chez Bolano, ce livre éveille des résonnances
étranges en moi.
Mais je ne suis pas capable de les communiquer et ça n' a pas d' importance, elles ne sont pas originales.
Et de toute façon, on est parfois tellement loin de ce qu' on écrit quand on l' écrit, qu' on se demande pourquoi on l' écrit.

Une sorte d' imposture...

_________________
L' imagination est l' histoire vraie du monde.
Roberto Juarroz
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
topocl
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 11706
Inscription le : 12/02/2011

MessageSujet: Re: LC Bolaño   Lun 12 Mai 2014 - 7:35

bix229 a écrit:

Et de toute façon, on est parfois tellement loin de ce qu' on écrit quand on l' écrit, qu' on se demande pourquoi on l' écrit.[/i]
Une sorte d' imposture...
Tu parles de ce qu'écrit Bolano ou de ce que tu écris sur les livres?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://topocleries.wordpress.com/
Dreep
Sage de la littérature
avatar

Messages : 1435
Inscription le : 14/03/2014
Age : 25

MessageSujet: Re: LC Bolaño   Lun 12 Mai 2014 - 8:26

Oh, ça suffit. Bolaño n'est pas un imposteur.

Bix229 parle du décalage entre ce qu'on veut dire et ce qu'on écrit, souvent. C'est très clair.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
shanidar
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 10518
Inscription le : 31/03/2010

MessageSujet: Re: LC Bolaño   Lun 12 Mai 2014 - 11:09

Des putains meurtrières : le titre est à lui seul une délectation. Mais j'aimerai bien quand même en savoir un peu plus sur ce qu'il y a dedans...

Pour revenir à la discussion entamée par tom léo (et aussi parce que je viens de commencer Cent ans de solitude de Garcia Marquez) peut-être faut-il voir la littérature latino contemporaine comme 'en réaction' au réalisme magique de ces prédécesseurs ? Réaction que j'imagine comme étant la volonté de certains auteurs de dire la dictature, les tortures, les violences du passées en éliminant tout rapport à l'irrationnel (cet irrationnel qui définit en partie la littérature latino) mais en même temps sans peut-être toujours parvenir à échapper au réalisme magique (parce que finalement, je suppose que tous les auteurs latinos ont été baignés par cette littérature, par cet imaginaire si particulier...). De ce fait, les auteurs contemporains seraient à la fois désireux de 'faire moderne' en s'appliquant à des sujets 'politiques' ou 'historiques' et en même temps garderaient dans leurs écrits (et pourquoi pas leurs mentalités) cette part d'onirisme qui les éloigneraient de l'implication (morale ou pas d'ailleurs) que nous attendons d'un auteur.

Tout cela ne sont que des divagations, bien sur (écrites au fil de ma propre réflexion).

_________________
le mot silence est encore un bruit G. Bataille
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
topocl
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 11706
Inscription le : 12/02/2011

MessageSujet: Re: LC Bolaño   Lun 12 Mai 2014 - 11:11

Dreep a écrit:
Oh, ça suffit. Bolaño n'est pas un imposteur.

Bix229 parle du décalage entre ce qu'on veut dire et ce qu'on écrit, souvent. C'est très clair.

Concluons gentiment que l'évidence n'est pas la même pour tout le monde.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://topocleries.wordpress.com/
Dreep
Sage de la littérature
avatar

Messages : 1435
Inscription le : 14/03/2014
Age : 25

MessageSujet: Re: LC Bolaño   Lun 12 Mai 2014 - 11:20

shanidar a écrit:
Des putains meurtrières : le titre est à lui seul une délectation. Mais j'aimerai bien quand même en savoir un peu plus sur ce qu'il y a dedans...

Pour revenir à la discussion entamée par tom léo (et aussi parce que je viens de commencer Cent ans de solitude de Garcia Marquez) peut-être faut-il voir la littérature latino contemporaine comme 'en réaction' au réalisme magique de ces prédécesseurs ? Réaction que j'imagine comme étant la volonté de certains auteurs de dire la dictature, les tortures, les violences du passées en éliminant tout rapport à l'irrationnel (cet irrationnel qui définit en partie la littérature latino) mais en même temps sans peut-être toujours parvenir à échapper au réalisme magique (parce que finalement, je suppose que tous les auteurs latinos ont été baignés par cette littérature, par cet imaginaire si particulier...). De ce fait, les auteurs contemporains seraient à la fois désireux de 'faire moderne' en s'appliquant à des sujets 'politiques' ou 'historiques' et en même temps garderaient dans leurs écrits (et pourquoi pas leurs mentalités) cette part d'onirisme qui les éloigneraient de l'implication (morale ou pas d'ailleurs) que nous attendons d'un auteur.

Tout cela ne sont que des divagations, bien sur (écrites au fil de ma propre réflexion).

Je crois que c'est plus ou moins le sujet de son essai Entre Parenthèses. Je pourrais développer ça quand je l'aurais lu.

Mais je n'aime pas trop qu'on traite un auteur d'imposteur en ayant lu qu'un nombre limité de ses oeuvres, même si on avait lu toute son oeuvre d'ailleurs. C'est un peu de l'argument ad hominem. C'est tellement facile...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: LC Bolaño   

Revenir en haut Aller en bas
 
LC Bolaño
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 4 sur 6Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Parfum de livres… parfum d’ailleurs :: Café littéraire. :: Nos lectures en commun :: Par titre ou auteur-
Sauter vers: