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 Douglas Glover

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Chatperlipopette
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MessageSujet: Douglas Glover   Lun 13 Aoû 2007 - 10:57

Entrevue à pas feutrés
France-Isabelle LANGLOIS – 22 octobre 2003


Photo : © Laura Vonrosk

Auteur méconnu au Québec - comme nombre de ses compatriotes -, Douglas Glover est pourtant un romancier très respecté au Canada anglais. Ses œuvres sont traduites en plusieurs langues et ont été couronnées de récompenses littéraires.

L’auteur est reconnu pour ses histoires farfelues, ses personnages bizarroïdes. Son dernier roman, Le pas de l’ourse (Elle, en anglais), ne fait pas exception. Celui qui dit avoir été profondément marqué par les écrits de Jacques Godbout et d’Hubert Aquin, dit aussi écrire « comme il écrit. Je ne joue pas de jeu commercial. » Douglas Glover est originaire de l’Ontario, mais vit depuis plusieurs années dans l’État de New York.

Lorsqu’il écrit, le Canada se rappelle à lui. Cette fois, c’est la part francophone, voire française, de ce pays incongru qui a attiré l’imaginaire de Glover. « J’ai essayé de revisiter l’histoire du Canada, à travers un prisme qui nous la montre beaucoup plus complexe que la simple dualité qui nous a été enseignée à l’école. »

Marguerite de Roberval, nièce du sieur de Roberval, grand explorateur du Canada au XVIe siècle, est abandonnée sur une île à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent, en raison de sa sexualité débridée. Elle survivra. Cette histoire aux allures de légende est pourtant tout ce qu’il y a de plus vraie. Voilà le point de départ du roman de Douglas qui ne nommera jamais son personnage, « parce qu’elle n’a pas de nom. D’une certaine façon, elle est une marginale, d’abord simplement parce qu’elle est femme. Elle lit beaucoup, alors elle est ouverte au monde. Elle est au commencement du Canada, mais ne sera jamais vraiment à l’intérieur [ni géographiquement ni historiquement]. Le Canada et une femme sont au commencement d’un nouveau roman. »

Le pas de l’ourse présente un univers enneigé, irréel et suspendu, troublant aussi, sans trop que l’on sache pourquoi, dont il faut s’imprégner. « Je me sens très impertinent d’avoir osé écrire sur l’histoire française du Canada », laisse échapper, en guise de conclusion, Douglas Glover.

LE PAS DE L’OURSE, Douglas Glover, traduit de l’anglais par Paul Gagné et Lori Saint-Martin, Montréal, Éditions du Boréal, 2003, 240 pages.

Vous ne trouvez pas qu'il a des airs à la Bruce Willis Wink ?
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MessageSujet: Re: Douglas Glover   Lun 13 Aoû 2007 - 10:59

Vous avez un aperçu du roman que j'ai lu dernièrement "Le Pas de l'ourse" absolument prenant et drôle tout en ayant un côté tragique poignant!
Je n'ai pas encore rédiger mes ressentis...Je ne tarderai pas trop Wink
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MessageSujet: Re: Douglas Glover   Lun 13 Aoû 2007 - 11:24

Source Festival Frye:

"Douglas Glover est un itinérant canadien. Né en 1948, il a grandi sur une ferme de production de tabac dans le sud-ouest de l'Ontario, étudié la philosophie à York University et University of Edinburgh, puis il a travaillé pour de nombreux journaux au Nouveau-Brunswick, en Ontario, au Québec et en Saskatchewan. Il est l'auteur de quatre recueils de nouvelles, de quatre nouvelles et d'un ouvrage d'essais. Son recueil de nouvelles, 16 Categories of Desire, a été désigné l'un de meilleurs livres de l'an 2000 par le Toronto Star et était en final pour le Rogers Writers' Trust Fiction Prize. Ses histoires ont été publiées dans des anthologies, et de façon notoire dans The Best American Short Stories, Best Canadian Stories et The New Oxford Book of Canadian Stories. Ses plus récentes publications comprennent un roman, Le pas de l'ourse, et un livre d'histoires choisies appelé Bad News of the Heart, tous deux publiés en 2003. L'ouvrage, Le pas de l'ourse, a gagné le Prix du Gouverneur général de la fiction en 2003."

Une interview (en anglais Sad ) de l'auteur
http://www.danforthreview.com/features/interviews/douglas_glover.htm

J'ai fait traduire la page en question par le moteur spécial traduction...c'est mieux que rien du tout mais je ne garantis pas l'exactitude de la terminologie Wink

ICI


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MessageSujet: Re: Douglas Glover   Lun 13 Aoû 2007 - 22:02

"Le pas de l'ourse"




Quatrième de couverture:

« Jésus Marie Joseph, je suis excitée en diable, comme jamais auparavant, dans la cabine d'un navire sur un golfe écumeux, quelque part à l'ouest de Terre-Neuve, le soi-diasant comte d'Epirgny, mauvais garnement sacré champion de tennis d'Orléans il y a cinq ans, coincé entre mes cuisses. »

Le personnage principal, Marguerite de Roberval, possède d'emblée, à la lecture de cette quatrième de couverture, toute la saveur d'une héroïne hors norme: jouisseuse, un esprit d'aventure, amoureuse de l'amour, un tantinet iconoclaste et politiquement incorrecte en ce 16è siècle, celui de la Renaissance.
Elle embarque sur le navire de son oncle pour Québec, pour le Nouveau Monde, pour fuir les rigueurs de l'Ancien où elle est considérée comme une fille indomptable, têtue et lubrique dont son père ne sait que faire. Avec elle son amant du moment, Richard d'Epirgny, grand joueur de jeu de paume (ou tennis: d'ailleurs, j'ai un peu tiqué en lisant ce terme qui m'est apparu mal approprié vu l'époque où se déroule l'action, le 16è siècle qui ne devait pas connaître ce terme moderne! Traduire par « jeu de paume » alourdissait-il les phrases? A mes yeux, « tennis » dans ce récit est un néologisme gênant...mais foin de la polémique...!) dont elle attend un enfant. Le tempérament ardent et impulsif de la demoiselle provoque un incident en fin de voyage: ayant mal à une dent, elle noue celle-ci avec un fil autour de la balle en cuir de Léon, le dogue de Roberval. Elle la lance, la balle après rebond passe par-dessus bord, et Léon l'ayant attrapée tombe à l'eau. Est-ce la goutte qui a fait déborder le vase? Marguerite est condamnée à être débarquée sur une île, l'île des démons, déserte avec sa vieille nourrice, son amant et quelques vivres...l'île se trouve à l'embouchure du St-Laurent, autant dire que le trio est condamné à mourir de faim et de froid quand arrivera l'hiver!
La vie de Marguerite, Bastienne et Richard s'écoule lentement au rythme des cris d'oiseaux: Richard s'obstine à tracer un terrain de jeu de paume à marée basse, Marguerite chasse les oiseaux pour améliorer l'ordinaire tandis que Bastienne s'affaire à amasser les plumes en prévision des froidures futures. L'espoir de voir Roberval venir les rechercher s'amenuise pour disparaître tout à fait et laisser place à un certain désespoir: le Nouveau Monde sera leur tombe à ciel ouvert! La traversée ayant été pénible, le navire une puanteur au fil de l'océan, les miasmes affaiblissent les naufragés. Richard, l'amant à la raquette, s'étiole pour disparaître, Bastienne, à son tour est vaincue par les rigueurs climatiques. Seule Marguerite, et son enfant à venir, demeure. Les conditions de vie deviennent de plus en plus infernales, la solitude mène Marguerite au bord de la folie, les repères n'existent plus, les souvenirs des lectures, des livres de lointaines images: Marguerite est en compagnie d'elle-même, de la Bible et du lexique de Jacques Cartier pour entrer en contact avec les sauvages, des étoiles aussi, la Grande et la Petite Ourse. Des rêves étranges peuplent des nuits et ses jours: une ourse blanche, un enfant poisson, farandole d'une âme qui ne supporte plus d'être seule!
Marguerite met au monde son enfant, un fils, sans bras ni pieds, un bébé-poisson qu'elle appelle Emmanuel, qui ne vivra que le temps de quelques soupirs. Douglas Glover livre alors des passages d'une sensibilité extrême: Marguerite décide d'être la meilleure des mères et raconte à son fils sa vie, son âme, les histoires, les légendes, les espoirs, les peines, les peurs, tout ce qui l'a construite et tout ce qu'elle lui offre en héritage, au fil de sa mélopée elle le conduit jusqu'au Passage vers l'autre vie...des moments d'une intense et infinie tendresse au bout desquels les larmes dansent dans les yeux et nouent la gorge du lecteur.
Le désespoir est à son comble, la haine envers son oncle est à son apogée: elle ne vit que pour se venger! L'ombre de l'ourse est de plus en plus présente... Un jour, une ourse blanche, blessée, arrive sur l'île encerclée par les glaces, tente de s'en prendre au tombeau de Richard: Marguerite l'abat, lui ouvre les entrailles et se glisse à l'intérieur du ventre chaud. Lorsqu'arrive Itslk, l'autochtone, elle sort du ventre de l'ourse et impressionne ce dernier: cette femme étrange et laide est un esprit doué de pouvoirs magiques!
Commence alors pour Marguerite un long voyage initiatique auprès des indiens du Grand Nord, voyage où son totem sera l'ourse. Elle parviendra à acquérir, mais non à totalement maîtriser, les rêves magiques lors dequels elle se transformera en ourse. L'espace d'une saison, elle vivra aux côtés de ces sauvages qui n'en sont pas, suivra les rites de passage pour trouver sa véritable âme. Le Canada l'emplit peu à peu de sa magie, de sa majesté, de son savoir et de son essence....lorsqu'elle repartira pour accomplir son destin, elle y laissera beaucoup d'elle-même comme la plupart des européens qui y ont un peu vécu.
Le Nouveau et l'Ancien Monde se rencontrent sans jamais se comprendre, sans accepter la part d'humanité de l'autre: le Canada, cette terra incognita, dont Cartier ne fut pas le premier découvreur, est le monde où se confondent les cultures, les langues, les habitudes sexuelles (Marguerite est une femme qui aiment les hommes, mais surtout l'amour, plus que de raison). Marguerite est le point de rencontre, hors des chemins balisés de l'Histoire, des deux continents. Ses tribulations sont truculentes, à la fois drôles et émouvantes, aux accents picaresques et où le frisson n'est guère éloigné.
Douglas Glover, auteur que je ne connaissais absolument pas, dresse un portrait plein d'humour et de verve de la conquête du Nouveau Monde où les vrais ours et les ours imaginaires scandent les parcours initiatiques d'une pionnière confrontée à la réalité de l'Amérique, aux regards des siens mais aussi aux regards des autochtones, une incompréhension mutuelle tragique.
Le début du roman est un peu déconcertant: le lecteur se demande où l'auteur veut l'emmener puis très vite, le rythme trépidant des mémoires de Marguerite le laisse voguer au gré des mots. La cerise sur le gâteau: les références littéraires et culturelles importantes ainsi que le clin d'oeil à un auteur du 16è siècle, jouisseur devant l'Eternel, auteur de cinq livres qui marqueront l'histoire littéraire,auprès duquel Marguerite vivra à son retour du Canada: F. Rabelais, moine, médecin, écrivain, mis à l'index et promis aux pires tortures par le pouvoir! Un charmant régal!!!

« Son* côté ourse me fait penser à la passion du tennis de Richard: elle comme lui semblent déplacés, romantiques dans leur attachement à un mode de vie qui ne répond plus aux circonstances.
Et je me souviens des longues nuits qu'elle passait, anxieuse, à faire les cent pas dans l'obscurité (il y a dans la forêt un sentier creusé par son passage). Par quoi était-elle troublée? Par ma propre présence d'abord. De cela, je suis certaine. Pour les habitants du Nouveau Monde, je suis le hérault de la nouveauté, d'un monde neuf, aussi troublant pour eux qu'ils le sont pour nous. Je crois qu'elle a consulté l'avenir et entrevu la fin de tout ce qui avait un sens pour elle: elle 'aurait plus sa place dans un monde sans explication, où il faudrait tout traduire, un peu comme, dans mon Ancien Monde, les bouleversements qui s'amorcent balaieront les antiques hiérachies, courtoisies et protocoles. Car leur monde me semble réfuter le nôtre aussi sûrement que celui-ci réfute le leur. Notre capacité de vivre, de lutter et de détruire malgré le doute sera l'un de nos atouts. Mais le doute nous dévorera peu à peu. Voilà ce que je crois. »
(p 181 et 182)
*Marguerite parle de la vieille guérisseuse indienne qui l'a initiée.

« Un soir, je me perce le lobe des oreilles à l'aide de tiges en os, à la mode des sauvages. Avec une aiguille et de la suie, je me tatoue, imitant le dessin des étoiles, celui de la Grande Ourse, qui est facile à reproduire (...). Dans le noir, je touche mes blessures toutes neuves et, au profit de Léon, designe leurs modèles dans le ciel en prononçant leurs noms. Comment les désigne-t-on en Canada? Je n'en ai ps la moindre dée.
Quand j'en ai assez, je drape la peau d'ourse sur ma tête et mes épaules, je me dandine jusqu'à l'embouchuer du ruisseau en suivant le rivage et je fais peur aux sauvages dans leur campement, sans y causer de véritables dommages, sauf chiper quelques poissons te renverser leurs plans de cuisson. Ils sont sensibles à l'humour de la situation, me semble-t-il, puisqu'ils ne tirent pas sur moi, se contentant de crier et d'agiter leurs mantes. »
(p 187 et 188)

« Il m'est arrivé de temps à autre de rêver qu'on me sauvait – par habitude. Si je vivais encore en France, je me ferais peur à moi-même. L'altérité m'a infectée. Que faire d'une fille à la tête dure? Question superflue. » (p 202)

« Le temps est venu de filer, me dis-je, mais pour aller où?
Le chien montre les dents, aboie un avertissement. Le garçon jette un coup d'oeil par-dessus son épaule, au supplice à la pensée de l'orgie de cupidité en cours sur la rive, de tout le plaisir dont il se prive. Le soleil se couche. Des lanternes fumantes s'embrasent à bord du bateau, qui se découpe comme un nuage sombre ou une île d'ensorceleur. Tout juste derrière, une baleine fait surface et replonge tête la première dans la mer. Un cormoran, serpent noir ailé, rase l'eau en silence. Des eiders montent et descendent sur des vagues invisibles. Je songe à la mystérieuse beauté du Canada, à la paix qui échappe de justesse à la misère humaine, au silence que déchire le cri d'un oiseau ou le hurlement d'un loup, à la blancheur aseptisée et spectrale de l'hiver. Déjà, le pays me manque.
Il m'arrive à l'occasion de penser à ce moine qui a demandé à saint Brandan de le laisser en Canada ou, comme on disait alors, aux îles Fortunées. Quelle pulsion explique cet acte de téméraire abandon? Je l'imagine, tonsuré et en soutane, priant à genoux sur les galets luisants tandis que le navire à la curieuse forme ronde s'estompe à l'est dans les brumes océanes. Quand le bateau a disparu, il se lève et se retourne, les bras ouverts pour embrasser l'île, le vaste continent déployé devant lui, tout neuf, avec sa vie à faire, tandis que des flocons commencent à tomber, Dieu dans le vent. »
(p 202 et 203)
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MessageSujet: Re: Douglas Glover   Mer 15 Aoû 2007 - 20:14

A mon avis, on comprend mieux en anglais qu'en français traduit sur le net
Douglas Glover a été soutenue et augmentée à une ferme de tabac dans Ontario du sud-ouest et vit maintenant les ressorts de Saratoga extérieurs justes, New York. Il est l'auteur de trois romans, quatre collections courtes d'histoire, y compris 16 catégories du désir, et un livre des essais, notes à la maison d'un fils prodigue
Ah... Shocked Le mieux est encore de retraduire le français en n'importe quelle autre langue, puis de redemander une traduction française...Vous avez déjà essayé? C'est hilarant, quelquefois.

Chatperlipopette, comment choisis tu les livres que tu lis?
J'ai l'impression que je l'aimerais bien, ce bouquin, et jamais je n'aurais découvert ça!
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MessageSujet: Re: Douglas Glover   Mer 15 Aoû 2007 - 20:19

dis Chaperlipopette est ce que tu pourrais éditer le lien de la traduction ? (le mettre en "lien propre", je lutte avec la page élargie par le lien Embarassed

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MessageSujet: Re: Douglas Glover   Mer 15 Aoû 2007 - 20:55

Marie:
Citation :
Chatperlipopette, comment choisis tu les livres que tu lis?
J'ai l'impression que je l'aimerais bien, ce bouquin, et jamais je n'aurais découvert ça!

C'est grâce au fonds itinérant de la Bibilothèque des Côtes d'Armor: ce livre se trouvait sur les étagères de ma petite bibliothèque de St-Agathon Very Happy La couverture m'intriguait et la quatrième de couverture m'a incitée à l'emprunter....et je ne le regrette en aucune façon sunny


Citation :
A mon avis, on comprend mieux en anglais qu'en français traduit sur le net
Douglas Glover a été soutenue et augmentée à une ferme de tabac dans Ontario du sud-ouest et vit maintenant les ressorts de Saratoga extérieurs justes, New York. Il est l'auteur de trois romans, quatre collections courtes d'histoire, y compris 16 catégories du désir, et un livre des essais, notes à la maison d'un fils prodigue
Ah... Le mieux est encore de retraduire le français en n'importe quelle autre langue, puis de redemander une traduction française...Vous avez déjà essayé? C'est hilarant, quelquefois.

Je n'ai lu qu'en diagonale la traduction qui m'a beaucoup surprise il faut l'avouer alien
Mais comme je suis plus que limite en anglais...je préfère ce type de solution d'urgence Wink


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MessageSujet: Re: Douglas Glover   Mer 15 Aoû 2007 - 20:56

Animal:
Citation :
dis Chaperlipopette est ce que tu pourrais éditer le lien de la traduction ? (le mettre en "lien propre", je lutte avec la page élargie par le lien

Ben euh, justement...je n'y suis pas parvenue Embarassed C'est pour cette raison que c'est si peu pratique Crying or Very sad Je suis nulle en informatique rendeer

J'ai réussi à bidouiller correctement cheers RDV au précedent post Very Happy
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MessageSujet: Re: Douglas Glover   Mer 15 Aoû 2007 - 21:12

Merci ! chat aurait été dommage de ne pas en profiter comme il faut cat

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MessageSujet: Re: Douglas Glover   Mar 15 Juil 2008 - 9:28

"Le pas de l'Ourse"

Avec « Le pas de l'ourse », Douglas Glover mêle adroitement mythe et réalité historique pour nous faire partager une page de l'histoire de la colonisation du Canada au XVIe siècle.
Les faits que Douglas Glover relate ici s'inspirent d'une anecdote historique – réelle ou supposée – dont le protagoniste principal serait une certaine Marguerite de Roberval, abandonnée en 1542 sur une île déserte du golfe du Saint-Laurent.

« Que faire d'une fille à la tête dure ? Question toujours épineuse.
La tuer, la mutiler, lui amputer des membres, lui jeter de l'acide au visage, lui arracher les yeux, lui raser le crâne, la mettre dans un bordel ou au couvent, ou simplement l'engrosser et l'épouser. Mieux encore, l'abandonner sur une île déserte, de crainte que son mécontentement ne se propage aux autres filles ou même aux hommes, lesquels sont généralement imperméables. La tenir éloignée des boutiques et des livres et des miroirs et des amis et des amants. L'oublier. »



C'est parce qu'elle est « une fille à la tête dure » que Marguerite de Roberval est confiée à son oncle ( en fait il est le cousin de son père) : « Le général, sieur de Roberval, Jean-François de la Roque, noble de Picardie, que le roi a nommé vice-roi et lieutenant-général en Canada, Hochelaga, Saguenay, Terre-Neuve, Belle-Isle, Carpont, Labrador, la Grande Baie et Baccalaos... »

C'est parce qu'elle est « une fille à la tête dure » (elle lit et possède des livres, elle adore assister aux éxécutions capitales et elle s'adonne sans retenue au libertinage, ne comptant plus ses amants) qu'elle décide , au grand soulagement de son père, qui ne sait plus que faire de cette fille, de traverser l'océan vers le Nouveau-Monde pour y satisfaire sa soif de curiosités :

« Je possédais quarante-trois livres, y compris deux d 'Erasme, l'Adolescence clémentine de Clément Marot, le recueil de vers pieux publié à titre anonyme par marguerite de Navarre, Le Miroir de l'âme pécheresse, que les dominicains avaient interdit pour cause de blasphème jusqu'au jour où le roi les avait informés que sa soeur en était l'auteur, trois autres ouvrages encore à l'Index et un traité de médecine qui renfermait des planches reproduisant des cadavres. J'avais lu les Voyages de Jehan de Mandeville, surtout pour sa description de la terre de Sumatra, dont les habitants se promènent tout nus, où les femmes se donnent librement aux hommes et où les adultes mangent les enfants, moyen ingénieux de lutter contre l'explosion démographique. Je connaissais le compte rendu par Dicuil (dans De mensura orbis terrae) du voyage de saint Brandan aux îles Fortunées, des moines irlandais montés dans leurs curieuses embarcations de forme circulaire lestées de livres, de cloches et de crosses. J'avais rêvé de la Thulé des Normands, de l'Atlantide des anciens, d'Antilla, de Saluaga et de l'île des Sept Cités, Satanazes. A Paris, j'avais vu cinq sauvages du Brésil qui, avec leurs tatouages intimidants et leur visage inexpressif, faisaient penser à des Tartares.
A l'arrivée de la lettre, j'ai compris que c'était ma chance, et j'ai supplié mon père de me laisser partir pour le Nouveau Monde, à n'importe quel prix. Que faire d'une fille à la tête dure ? Se demandait-il lui-même. Je crois qu'il était soulagé.[...] Il serait certain de ne plus jamais me revoir. Je serais dévorée par des bêtes sauvages ou piétinée à mort par les célèbres sauvages à un pied des antipodes, ou encore nous allions tout bonnement faire naufrage en cours de route. »



Ayant été surprise en flagrant délit de fornication avec son amant, « le soi-disant comte d'Epirgny », puis dénoncée, le général, sieur de Roberval, calviniste austère, lui inflige un châtiment digne de son rang et de la gravité de ses péchés : elle sera débarquée sur l'Isle des Démons, rocher désert perdu dans le golfe du fleuve Saint-Laurent.

« J'ai suffisamment d'instruction pour avoir eu vent de certains présages, signes, augures, parallèles, pronostics et analogies. La littérature classique regorge d'exemples de méthodes pédagogiques extrêmes : jeunes filles abandonnées sur un rocher ou sur une île déserte, ou encore au fond de tunnels obscurs en guise de châtiment ou de sacrifice ou de tribut ou simplement pour leur valeur nutritive susceptible de satisfaire l'appétit du premier monstre venu, l'eau à la bouche.
Je songe en particulier à la princesse grecque Iphigénie, que son père, Agamemnon, a immolée sur une plage solitaire, sur la foi de l'hypothèse fort douteuse selon laquelle il aurait, de ce fait, beau temps jusqu'à Troie, où il espérait récupérer la femme fugitive de son frère, Hélène (autre femme égarée par son coeur dans un monde d'hommes). Il faut être un homme, je suppose, pour ne pas se laisser dissuader de commettre un meurtre par la menace de représailles, les élans de conscience, la pitié, la justice, l'affection familiale – et je ne dis rien du caractère franchement ascientifique du préjugé voulant qu'il suffise de sacrifier une vierge pour avoir du soleil et de la chaleur, avec une bonne brise de l'ouest. Agamemnon devait bien savoir que cet acte reviendrait le hanter. »



Marguerite ne sera pas seule dans cette épreuve. Pour lui tenir compagnie, on lui adjoindra Bastienne, sa nourrice : « ...prostituée à la retraite, entremetteuse, pornographe et avorteuse que ma famille avait prise à son service sur la plus élogieuse recommandation du prêtre du village qui, inexplicablement, était son obligé. »
Au dernier moment, dans un grand élan romanesque, son amant Richard, « le soi-disant comte d'Epirgny », prétendument champion de Jeu de Paume (il aurait affronté le roi sur terre battue à Paris le jour de la Saint Chrysostome), se jette à l'eau afin de partager le sort de sa maîtresse : « Je ne sais que penser de cet accès de romanesque et de courage chez un joueur de tennis. Je m'avise soudain qu'il va manger force poisson salé et que, par conséquent, il y en aura moins pour moi. »

Voici donc nos trois débarqués livrés à eux-mêmes au sein d'une nature hostile. Très vite, l'hiver approchant, les conditions météorologiques vont se dégrader et le climat, particulièrement rude sous ces latitudes, va devenir une épreuve de chaque instant.
Afin d'assurer sa survie, Marguerite devra compter sur la présence d'habitants – humains et animaux – de ce grand nord qui n'épargnera pas ses deux compagnons d'infortune. Il lui faudra pour cela se dépouiller de ses habitudes d'européenne et endosser la peau de l'ourse pour survivre dans cet univers glacé et inconnu.
Il lui faudra devenir une autre, accomplir le grand voyage chamanique qui la mettra sous la protection de son animal totémique, animal qui fera d'elle une femme-ourse redoutable et qui lui permettra bien des années plus tard, de retour en France, d'exercer sa vengeance.


Baroque, picaresque, surréaliste, irrévérencieux, « Le pas de l'ourse » est un roman foisonnant où se mêlent l'érudition la plus exacte et l'imagination la plus débridée, un récit à la prose colorée et curieusement contemporaine, qui laisse de côté les archaïsmes de langage afin, peut-être, d'éviter d'être catalogué comme « roman historique » et de laisser ainsi à Douglas Glover toute liberté de « triturer et déformer les faits ».
Plein de verve et de drôlerie, ce récit passionnant de bout en bout nous emmène bien au delà des codes habituels de la simple et conventionnelle narration propre à certains romans ayant pour sujet diverses aventures humaines appartenant à notre passé collectif.
Entre roman d'aventures et roman historique, entre fiction et exactitude historique des faits, entre récit d'introspection et réflexion sur le choc des civilisations, « Le pas de l'ourse » nous invite à un formidable voyage dans l'espace et le temps, une épopée littéraire et chamanique, un récit où s'affrontent et se confondent nature et culture, un manifeste en faveur de l'expression du côté sauvage et animal qui réside encore en chacun de nous.
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MessageSujet: Re: Douglas Glover   Mar 15 Juil 2008 - 9:35

Alors comme ça, ce superbe commentaire dormait au fond de ton blog Shocked Et c'est moi qui suis la désordonnée?
Merci Biblio bisous de relancer ce fil.
Si la Bibli des Côtes d'Armor possède ce roman, d'autres biblis l'ont aussi, forcément Cool
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