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 Ignazio Silone [Italie]

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shanidar
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MessageSujet: Re: Ignazio Silone [Italie]   Ignazio Silone [Italie] - Page 2 Icon_minitimeJeu 8 Mai 2014 - 10:07

silou a écrit:
shanidar a écrit:


(Seul bémol à cette très belle lecture : le style de Silone manque un peu de personnalité et de force, il est très lisse, comme un refus au confort bourgeois du bien dire, mais ce n'est qu'un très léger regret).

et merci Bédou pour la rencontre avec cet auteur particulièrement attachant. Tous les amoureux de l'Italie trouveront sans doute leur bonheur à la lecture de ce roman !!

Je pense que Silone utilise un langage simple par respect pour les paysans dont ils parlent. Son style s'adapte au sujet, les personnes qui ont une autre position sociale peuvent utiliser des expressions plus recherchées ou en latin (il faudrait que je retrouve des exemples). Un "avantage" est que Silone est un auteur qui se lit sans trop de difficultés avec quelques bribes d'italien.

c'est exactement comme ça que je l'avais compris (mais ce n'est pas demain, hélas, que j'aurai quelques bribes d'italien  jypeurien ).
merci pour les infos silou et je vais essayer de me procurer le livre de Lévi.

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Ignazio Silone [Italie]   Ignazio Silone [Italie] - Page 2 Icon_minitimeJeu 26 Juin 2014 - 19:03


Fontamara

Cette histoire est toujours celle des Cafoni, du ruisseau qui alimente leurs terres ; une histoire d’eau , son cheminement, son détournement, son vol.

Les Fontamarais acceptent avec fatalisme, par habitude tous les coups qui leur sont portés. Auparavant par les Seigneurs aujourd’hui par le gouvernement qu’accompagnent les « chemises noires ».

Un seul homme Bérardo ose se rebeller, pour les jeunes gens du village, il est un Dieu. Mais la plupart des habitants craignent ses paroles et ses actions et essaient souvent de le tenir à l’écart quand ils ont affaire avec, l’administration, les ecclésiastiques, les riches propriétaires pour ne pas envenimer les relations. Leur manque d’instruction les réduisent à accepter ce qui s’apparente à de l’esclavage, à être spolier en permanence, raillés par ceux de la vallée et en arrive, c’est triste, à baiser la main qui profite de l’ « Ami du Peuple », un avocat corrompu.

Or quand Berardo décide qu’il est temps pour lui de fonder un foyer et reste sourd aux appels des Fontamarais à qui l’eau, l’eau qui leur est vitale, leur est supprimée, ceux-ci se sentent abandonnés.

Que faire ? cette interrogation est le leitmotiv des Fontamarais face à toutes les exactions, et c’est aussi leur seule réponse.

A Rome où Berardo accompagné de son neveu, cherche à travailler, truanderie, abus etc… règnent. Après sa rencontre avec un partisan anti-fasciste actif Berardo emprisonné, dans un dernier sursaut, lui le révolté, décide de ne pas le trahir et d’offrir sa vie pour les Fontamarais ; d’être le cafone qui ne mourra pas pour lui-même.

L’avènement du gouvernement fasciste ayant aggravé leur situation, alors qu’ils apprennent la mort de Berardo, certains ont l’envie de « faire quelque chose », le premier journal des Cafoni, cette « rebellion » se terminera dans un bain de sang.



C’est un récit amer, l’auteur ne nous cache pas que les habitants de cette ville des Abruzzes, qui sont majoritairement des « cafoni » les paysans pauvres, sont arriérés, qu’ ils souffrent d’un manque crucial d’instruction, qu’ils sont la risée des profiteurs (lesquels usaient de ruses ignobles) et des gens de la ville. Leur pauvreté qui selon les évènements devient misère les rend procéduriers. Même la tentative de solidarité des femmes pour réclamer le droit n’est pas accomplie. Le dur labeur des cafoni ne les sortent pas de cette pauvreté dont ils ont hérité. Le secours de la religion leur est refusé puisque le village n’a pas de prêtre.
Devant cet état de misères : physique, matérielle, intellectuelle et spirituelle effectivement « Que faire ? »
La guerre génèrera bien d’autres questions, et après l’installation d’un nouveau régime qu’adviendra-t-il des Cafoni ? c’est une autre histoire

Nota : satisfecit pour les réponses des Fontamarais à l’examen d’ un « avorton » fasciste.

Extraits :
« Puis vint l’époque où la mort des hommes de Fontamara en âge de voter ne fut plus notifiée à la municipalité mais à don Circonstanza, qui s’entendait, fort habilement, à les conserver vivants sur le papier et, à chaque élection, à les faire voter selon ses désirs. Chaque fois, en guise de compensation, la famille du mort-vivant recevait cinq lires. »

« ….. c’était en outre la seule occasion où, au lieu de débourser de l’argent, nous en recevions. »
Ce système avantageux s’appelait, ainsi que nous le répétait l’Ami du Peuple, la démocratie. »

« Un jour ledit Baldissera était revenu tout excité à Fontamara, en prétendant que l’époque des morts-viants était revenue, ainsi qu’il avait pu en juger au chef-lieu où il avait assisté à un défilé d’hommes en chemises noires, rangés derrière un fanion également noir, des ossements et des têtes de mort ornant aussi bien la poitrine de ces hommes que leurs drapeaux. « Et si c’étaient nos morts ? » avait dit Marietta qui songeait à ses trépassés et aux cinq lires de consolation. »

« Seul était vraiment beau le tableau de l’Eucharistie, sur l’autel : Jésus tenait un morceau de pain blanc à la main et il disait : Ceci est mon corps. Le pain blanc est mon corps. Le pain blanc est fils de Dieu. Le pain blanc est vérité et vie. Jésus ne faisait pas la moindre allusion au pain de maïs que mangent les paysans, ni à cet insipide succédané du pain qu’est l’hostie des Prêtres. «

« Comment dit-on déjà ? continua Berardo, têtu. On dit tu gagneras ton pain. On ne dit pas ainsi qu’il advient pourtant dans la réalité : tu gagneras les spaghettis, le café et les liqueurs de l’Entrepreneur. »

« « - L’accord est très clair, dit-il. Trois quarts de l’eau iront dans le nouveau lit tracé par la commune et les trois quarts de l’eau qui reste continueront à couler dans le vieux fossé. »











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shanidar
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MessageSujet: Re: Ignazio Silone [Italie]   Ignazio Silone [Italie] - Page 2 Icon_minitimeJeu 26 Juin 2014 - 19:13

merci pour ce commentaire Bédou, qui semble montrer une grande continuité dans les thématiques abordées par Silone. Je le lirais si je le trouve en bouquinerie !

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MessageSujet: Re: Ignazio Silone [Italie]   Ignazio Silone [Italie] - Page 2 Icon_minitimeJeu 26 Juin 2014 - 23:31

tout à fait Shanidar, mais je les ai senti encore plus démunis, beaucoup plus soumis que dans ma lecture précédente de l'auteur ; il y avait dans "une poignée de mûres" le poids de l'amitié que je ne retrouve pas dans ce livre, de ce manque les Fontamarais se découvrent plus égoïstes, plus individualistes.

je continuerai mes rencontres avec Silone.

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MessageSujet: Re: Ignazio Silone [Italie]   Ignazio Silone [Italie] - Page 2 Icon_minitimeMar 6 Oct 2015 - 16:57

L'école des dictateurs


Ouvrage théorique, quasi-essai politique, que j'ai trouvé absolument essentiel, même incontournable, pour la thèmatique du pouvoir et de ses "méthodes".

Le tout est présenté sous forme d'échanges entre un apprenti dictateur, qui monte un plan pour accéder au pouvoir et et Thomas Le Cynique, sorte de philosophe tranquille et érudit.

Et tout y passe : les pseudo-coups d'état, la propagande, les faux complots, les agitateurs et/ou mercenaires payés, bref, tous les coups foireux imaginables pour l'accession au pouvoir suprême.

Les exemples concernent Hitler et Mussolini en un parallèlisme éloquent. Avec les différences et les points communs. Mais on voyage aussi dans le temps, avec les exemples de Naopléon ou d'autres.

Ce livre n'a pas pris une ride. Les considérations sur la "démocratie" sont d'actualité.

Toute une mécanique bien huilée, une façon d'asservir le troupeau et ses passions.
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MessageSujet: Re: Ignazio Silone [Italie]   Ignazio Silone [Italie] - Page 2 Icon_minitimeMar 6 Oct 2015 - 17:33

merci Tina pour ce commentaire, je vais noter le livre ce que tu en dis m'intérêsse.

As-tu lu "sortie de secours " ? cela devrait te plaire aussi !

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MessageSujet: Re: Ignazio Silone [Italie]   Ignazio Silone [Italie] - Page 2 Icon_minitimeMer 7 Oct 2015 - 8:41

Non, mais je sais que Silone est un classique pour les Italiens.

Il est très fort dans son analyse même des profils psychologiques des puissants, où certaines constantes se retrouvent.
Définitivement, et en dehors de toute considération morale, l'animal politique possède une autre intelligence. Qui n'a rien à voir avec la culture, les connaissances ou les sentiments.
C'est valable pour n'importe quel leader actuel ou passé, des régimes les plus "doux" aux plus effroyables, comme en Corée du Nord.
La terreur d'ailleurs s'exerce sous différentes formes.

C'est vraiment passionnant pour tout amateur de la vie publique.

Et encore une fois, tellement actuel.

Tous les passages sur l'idéal démocrate (qui ne fait que déguiser une autre réalité) sont époustouflants de vérité.

Idem sur la psychologie des masses.



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MessageSujet: Re: Ignazio Silone [Italie]   Ignazio Silone [Italie] - Page 2 Icon_minitimeMer 7 Oct 2015 - 13:39

merci Tina je vais me procurer le livre !

et d'accord avec ce que tu dis de "l'animal politique" sourire

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