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 Louis Pergaud

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Sigismond
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MessageSujet: Louis Pergaud   Jeu 8 Mai 2014 - 21:53


Né le 22 janvier 1882 à Belmont (Doubs) et mort le 8 avril 1915 au front, du côté de Marchéville en Woëvre (NB: Les Eparges, qu'évoque si bien Giono).
Wikipedia a écrit:
Le 8 avril 1915, son régiment lance, dans le secteur des Éparges près de Verdun, une attaque contre les lignes allemandes (attaque contre Marchéville-en-Woëvre - Cote 233) il est porté disparu.

On croit maintenant qu'il aurait été piégé dans les barbelés et blessé par balles, plusieurs heures plus tard, les soldats allemands seraient venus à son secours, et l'auraient emmené avec quelques-uns de ses camarades dans un hôpital provisoire. Ce bâtiment, situé à Fresnes-en-Woëvre, serait détruit par un tir de barrage de l'armée française le 8 avril. Louis Pergaud, et de nombreux compatriotes, ont été au nombre des victimes. Son corps n'a jamais été retrouvé.

Le 4 août 1921, Louis Pergaud est déclaré « mort pour la France ». Ce jugement fera l'objet de deux transcriptions, les 3 et 5 septembre 1921, car en tant qu'officier il est établi deux fiches de transcription.

Instituteur, fils d'un instituteur et d'une mère paysanne, il est le cadet d'une fratrie composée de trois frères, qui se retrouvent orphelins en 1900, les deux parents décédant à un mois d'intervalle. Il finit ses études en 1901, après avoir été major du concours d'entrée de l'Ecole Normale du Doubs puis troisième au classement de sortie. Il obtient un poste à Durnes (Doubs) et épouse en 1903 une institutrice d'un village voisin, Marthe Caffot.
Wikipedia a écrit:
En 1907, il abandonne sa femme. Il monte à Paris où sa maîtresse Delphine Duboz, le rejoindra peu après. Il travaille comme clerc puis obtient un poste d'instituteur à l'école communale d'Arcueil puis à Maison-Alfort, consacrant tout le temps qu'il peut à sa plus grande passion : l'écriture. Pergaud, l'écrivain, puisera aux souvenirs de sa terre natale, la Franche-Comté, pour composer la quasi-totalité de ses œuvres. La prose de Pergaud est souvent assimilée soit au mouvement réaliste, parfois même naturaliste, soit au mouvement moderniste.

Dès septembre 1907, il demande à Léon Bocquet, directeur du "Beffroi", le moyen de publier son deuxième recueil de poésies qui paraîtra au printemps 1908 sous le titre "L’Herbe d’Avril".
En juillet 1910, il épouse Delphine. En août, le "Mercure de France" sort "De Goupil à Margot", gros succès de librairie.
En 1911, il publie "La Revanche du Corbeau" qui connaît un succès moindre.
1912 est l'année de son roman-phare, qui éclipse tout le reste de son oeuvre, "La guerre des boutons"; ouvrage catégorie "jeunesse", jubilatoire et auquel des générations d'adolescents demeurent attachés pour un succès qui demeure encore aujourd'hui, un siècle plus tard, complètement intact, du moins si j'en crois le personnel de la librairie que je fréquente le plus.
1913 : "Le Roman de Miraut" lui procure une assise dans le monde littéraire. Louis a affûté son style, trouvé son rythme. Sa sève, c’est son terroir de Franche-Comté, présent dans toutes ces parutions de littérateur (pré-guerre, autrement dit).
Un dernier recueil de nouvelles intitulé "Les rustiques" paraît durant l'été 1914, puis c'est l'appel sous les drapeaux, dont il ne reviendra pas, laissant un "Carnet de guerre" qui débute le 3 août 1914 et prend fin le 6 avril 1915, soit deux jours avant qu'il ne soit tué, ce carnet n'a été publié en version intégrale qu'en 2011 seulement. A titre posthume toujours "Lettres à Delphine. Correspondance (1907-1915)", n'est sorti que cette année au "Mercure de France" (2014). Il faut enfin signaler des "Nouvelles villageoises posthumes", un roman inachevé "Lebrac bûcheron" et quelques fragments et poèmes.

On peut, sans problème, considérer Pergaud comme un auteur fauché sur le champ d'honneur alors qu'il était encore en devenir, mais toutefois avec les fondations de son oeuvre posées; ce qui fait une différence, par exemple par rapport à un Alain-Fournier, pour lequel on ne fait que supputer qu'un écrivain de tout premier plan est mort au moment même où sa carrière pouvait prendre son envol. Puis-je me permettre de terminer en disant que "La guerre des boutons", énorme et très durable succès, succès au reste fort justifié, laisse dans l'ombre quelques pépites qui ne sont pas à dédaigner ?
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Sigismond
Agilité postale
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MessageSujet: Re: Louis Pergaud   Jeu 8 Mai 2014 - 22:41

De Goupil à Margot

Vous trouverez le texte, a priori intégral, ici.
Pergaud a été consacré par ce recueil de nouvelles de 180 pages environ avec le Goncourt 1910, c'était la huitième édition du Goncourt seulement, avec du très beau monde en lice pourtant (pas un Goncourt de bas étage, quoi), puisque rien moins que Colette et Guillaume Apolinaire figuraient au choix du jury !

8 nouvelles au total ainsi intitulées:
   La Tragique Aventure de Goupil
   Le Viol Souterrain
   L'Horrible Délivrance
   La Fin de Fuseline
   La Conspiration du Murger
   Le Fatal Étonnement de Guerriot
   L'Évasion de la mort
   La Captivité de Margot

Une seule s'achève (enfin, à peu près... innocent ) sur un happy-ending, sans pour autant que le recueil soit classable "noir".

Il s'agit d'animaux sauvages de nos contrées, aux comportements très joliment dépeints de l'intérieur (ce n'est pas un-homme-qui-parle-des-bêtes), animaux figurant parmi ce qu'on appelait naguère la sauvagine. L'écriture n'a rien à voir, mais rien du tout, avec celle de "La guerre des boutons". Il s'est passé quelques pages avant que je ne m'y fasse. Elliptique, avec un rythme épousant très bien celui de l'animal décrit dans la situation donnée (il y a, sûrement, un très gros travail de plume pour parvenir à un tel rendu).

Quelques termes régionalisants je crois, à moins qu'ils ne soient communs alors mais tombés en désuétude (je n'ai pas vérifié) parsèment de ça, de là les pages, contribuant à typer l'ensemble.

La narration de la bestialité, comme il y a l'humanité, est à mettre en exergue, vraiment. D'autant que la bestialité de l'humain, quand celui-ci fait quelque apparition dans ces nouvelles, est pire encore, parce que non dictée par l'instinct et la lutte animale pour la survie au quotidien, mais par la gratuité totale, incompréhensible et, partant, complètement absurde.

Une forme de poésie qui serait à la fois naturaliste, réaliste et violente affleure sans cesse dans ces nouvelles, au fond crues et non cruelles - interventions d'humains exceptées.

Je recommande tout à fait; ouvrage de petit maître certes (non, pas d'école, je vous vois venir  Laughing ), à l'aune de la trace bizarroïde qu'il a laissée dans nos Lettres, mais de très grande maîtrise pour ces huit nouvelles-là.
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Max
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MessageSujet: Re: Louis Pergaud   Jeu 8 Mai 2014 - 22:47

Eh bien je dois avouer que La guerre des boutons n'est pas trop ma tasse de thé. Je l'ai lu il y a trois ans (ouais, j'ai des lacunes énormes pour certains trucs, je reviens de loin...) et j'ai trouvé ça terriblement vieillot, même désagréable à lire par moments. Pourtant, rien ne me charme plus que les souvenirs d'enfance ou bien les récits qui ont pour cadre les cours de récré... Si en plus c'est féerique, je croque. Mais là, grosse désillusion. C'est, je crois, un des livres qui a le plus mal vieilli de tous ceux que j'ai lus à ce jour. C'est rare mais je crois que je préfère le film.
Mais je n'étais peut-être pas dans une bonne période ? Peut-être que je me trompe. J'avoue, le fait d'avoir décroché un peu trop rapidement a bousillé ma lecture : je l'ai terminé comme une fusée pour vite passer à autre chose. Et c'était sans doute pas mérité.

En revanche, ses nouvelles "animalières" me tentent assez. Je les lirai un jour.
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eXPie
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MessageSujet: Re: Louis Pergaud   Jeu 8 Mai 2014 - 22:53

Sigismond a écrit:
le Goncourt 1910, c'était la huitième édition du Goncourt seulement, avec du très beau monde en lice pourtant (pas un Goncourt de bas étage, quoi), puisque rien moins que Colette et Guillaume Apolinaire figuraient au choix du jury !
C'est vrai que c'est impressionnant...
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Louis Pergaud   Ven 9 Mai 2014 - 8:55

merci pour ton commentaire Sigismond, le livre dont tu parles me tente bien, je le note. (et j'aime aussi les termes désués)

_________________
Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour soi est un esclave. » Friedrich Nietzsche
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darkanny
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MessageSujet: Re: Louis Pergaud   Ven 9 Mai 2014 - 18:58

Contente de voir ce fil ouvert, j'avais adoré De Goupil à Margot et je pense que je vais rapidement le relire.

Et comme Louis Pergaud est natif de Besançon (une statue à son effigie dans le parc Micaud), ça me réjouit d'autant plus.
Mort sur le champ d'honneur comme l'a mentionné Sigismond, on n'a jamais retrouvé son corps malgré les recherches.
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