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 LC Henri Bosco : L'âne culotte

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MessageSujet: Re: LC Henri Bosco : L'âne culotte   LC Henri Bosco : L'âne culotte - Page 7 Icon_minitimeDim 6 Juil 2014 - 22:20

Marko a écrit:
Régale toi Pia. la façon magique dont il nous fait basculer à chaque fois insidieusement dans une fantasmagorie onirique. Il nous immerge dans un monde de sensations archaïques qui construisent  une véritable mythologie avec ses divinités, ses épreuves, sa quête mystique. Il y a aussi de très beaux personnages.

Merci Marko. Je crois que je suis au moment où tout va basculer dans la fantasmagorie onirique dont tu parles. j'en suis au moment où il voit le serpent et va poursuivre sa quête. Et il y a un mystère dans la maison de Monsieur Cyprien...C'est vrai que les personnages sont aussi beaux que la nature qu'il décrit.


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MessageSujet: Re: LC Henri Bosco : L'âne culotte   LC Henri Bosco : L'âne culotte - Page 7 Icon_minitimeJeu 10 Juil 2014 - 16:13

Je continue à mettre impressions et puisque j'en suis à la fin, je vais pouvoir enfin lire vos commentaires...

Monsieur Cyprien qui a fait un pacte avec la terre. Il la charme par ses mots et ses sons qui remonte….heu à la genèse ? Mais est-ce que Bosco ne veut pas nous faire nous poser les questions suivantes. Est-ce bien de vouloir dompter ou contrôler la nature ? N’est-ce pas un peu contre-nature ? Ne doit-on pas la laisser libre ? Cette terre qui donne, mais qui peut être terrifiante parfois quand elle se rebelle, parce qu'incontrôlable. Est-ce que le renard ne représente pas cette résistance de la nature et se fait tuer pour cette raison ? Et ce Monsieur Cyprien doit avoir sa part de diablerie pour se prendre pour Dieu… Est-ce que monsieur Cyprien a créé son jardin du paradis pour ne plus souffrir ? Pour ne plus vieillir ? Une question de pouvoir ? Constantin prend une branche dans le jardin du paradis, un peu comme Eve qui s’est fait tentée par le serpent, a pris la pomme et s’est fait chasser du paradis. Parce qu’elle voulait plus ou autre chose ? Elle a perdu l’immortalité et a commencé à souffrir. Donc le serpent comme dit Bosco, représente la mort. Donc la perte d’immortalité. Je me demande si Bosco ne veut pas nous faire comprendre dans sa façon de bâtir son roman comme un rêve si ce n’est pas le monde des adultes face au monde de l’enfance. L’enfance qui veut se libérer de l’emprise des adultes et les adultes qui les maintiennent dans le cadre. Est-ce que Bosco ne bâtit pas la fin de son roman comme si c’était le monde vu à travers les yeux d’un enfant. Le monde des adultes si mystérieux et qu’il essaye de comprendre ? N’est-ce pas lui l’enfant, le paradis ?


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MessageSujet: Re: LC Henri Bosco : L'âne culotte   LC Henri Bosco : L'âne culotte - Page 7 Icon_minitimeJeu 10 Juil 2014 - 16:53

Bédoulène a écrit:
C'est bien un parcours initiatique, et  le "viol" de ce jardin paradisiaque commis  par Constantin va déchainer les passions maléfiques, car si M. Cyprien dans sa folie se prend pour Dieu, il n' a pas évidemment ni ses pouvoirs ni sa sagesse ; il est simplement humain et cède à l'orgueil en tuant le renard qu'il ne peut envoûter.


L'âne doit certainement porter un symbole outre ses pantalons, (après recherche, il y a bien des mythes et aussi l'arrivée de Jésus sur un âne le jour des Rameaux ; Mahomet a aussi admis l'âne dans son paradis)   mais dès qu'il est délivré de l'emprise de la flute, il redevient un âne comme les autres.

 

Il pêche en tuant le renard...En effet. J'avais pensé à l'âne qui porte Jésus le jour des rameaux, mais je ne le place pas. Certain de vous disaient qu'il avait un rôle de passeur...Bien possible.

Sigismond a écrit:
 Que dire de cette complicité qui ne s'est jamais trouvée, mais qui n'est pas un réel fiasco non plus, entre Constantin et Hyacinthe, si ce n'est qu'elle fascine ?

La fin est abrupte, Bosco pousse au paroxysme le furtif dans les apparitions et les actes des personnages. D'ailleurs, si même Anselme et le grand-père s'en mêlent...!

 L'auteur nous plante un peu là, on a envie de continuer à savoir -en particulier ce que deviennent Hyacinthe,
 
 
 Dans le mini-jardin d'Eden de M. Cyprien, seuls deux animaux lui sont attachés "par des liens", si j'ose écrire, sans pourtant qu'on puisse les qualifier de domestiqués, en somme, le serpent et l'âne

En face des animaux, il y a La Bête, le renard, inapprochable, réfractaire à toute séduction, qui sème le trépas violent dans la petite communauté animale et édénique.
Le renard symbolise l'échec du projet de M. Cyprien. Ce renard vire à l'obsession et tente M. Cyprien dans ses instincts les plus bas (à ses yeux) ceux qu'il a toujours combattus en lui: la violence, le meurtre.

 

Cette amitié entre les deux me fascine aussi. C'est l'amitié d'un enfant qui ne sait pas qu'il aime quand il croit détester et qui doit apprendre cette leçon par la perte.

J'ai trouvé que ce livre se compose de plusieurs éléments très différents. Le début où la nature est présente et nous enchante, le milieu qui chancelle dans une fantasmagorie onirique, comme me disait Marko, qui m'a dit d'autres choses que j'ai comprises mais que je serai incapable de retranscrire ici, lisez son com de réponse au mien, et le journal de Monsieur Cyprien. En effet c'est une sorte de rêve qui part dans tous les sens et qui a une signification plus profonde si on prend le temps de l'analiser.

On a envie de savoir ce que devient Hyacinthe mais elle est comme immatérielle, comme faisant partie d'un rêve et se défaisant comme une apparition. Existe-t-elle?

Je sais que ce qui m'a plu dans le personnage du petit âne, est que c'est l'animal que Cyprien n'a pas dompté mais qu'il a convaincu de se lier d'amitié avec lui. Il ne l'a pas forcé.

Moi aussi Eglantine, Bosco est une belle découverte et j'ai envie de continuer à le lire!!  sourire 

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MessageSujet: Re: LC Henri Bosco : L'âne culotte   LC Henri Bosco : L'âne culotte - Page 7 Icon_minitimeJeu 10 Juil 2014 - 18:34

Hyacinthe tu la retrouveras immatérielle dans "Hyacinthe" et matérielle dans "Le jardin d'Hyacinthe". Mais avec Bosco ces femmes mystérieuses ne sont jamais tout à fait de ce monde. Elles ont quelque chose de Melisande dont Golaud dit: "Je ne sais ni son âge, ni qui elle est, ni d'où elle vient..."

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
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MessageSujet: Re: LC Henri Bosco : L'âne culotte   LC Henri Bosco : L'âne culotte - Page 7 Icon_minitimeVen 11 Juil 2014 - 0:52

Sigismond a écrit:
Je suis sous le charme !

églantine a écrit:

Et je veux TOUT lire !  cheers

pia a écrit:

Moi aussi Eglantine, Bosco est une belle découverte et j'ai envie de continuer à le lire!!  sourire 

 cheers

Comme je suis heureuse de lire vos enthousiasmes à propos de cette lecture commune! Qu'elle vous ait fait rencontrer et aimer Henri Bosco!...Son fil va s'étoffer encore et j'y reviendrai moi aussi bientôt. Very Happy
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MessageSujet: Re: LC Henri Bosco : L'âne culotte   LC Henri Bosco : L'âne culotte - Page 7 Icon_minitimeVen 11 Juil 2014 - 23:38

Marko a écrit:
Hyacinthe tu la retrouveras immatérielle dans "Hyacinthe" et matérielle dans "Le jardin d'Hyacinthe". Mais avec Bosco ces femmes mystérieuses ne sont jamais tout à fait de ce monde. Elles ont quelque chose de Melisande dont Golaud dit: "Je ne sais ni son âge, ni qui elle est, ni d'où elle vient..."  

Ah tiens, Bosco n'a pas continué avec Constantin mais s'est vraiment attaché au personnage de Hyacinthe donc.

coline a écrit:


Comme je suis heureuse de lire vos enthousiasmes à propos de cette lecture commune! Qu'elle vous ait fait rencontrer et aimer Henri Bosco!

Tout à fait!  sourire 

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MessageSujet: Re: LC Henri Bosco : L'âne culotte   LC Henri Bosco : L'âne culotte - Page 7 Icon_minitimeDim 13 Juil 2014 - 20:06

Quelques élucubrations et remarques sur l'Ane-Culotte sans ordre particulier, je l’ai fini depuis un moment mais j’avais bien du mal à en parler :

Jusqu'à ce jour j'ai toujours évité Henri Bosco et en particulier l'âne culotte car j'avais une camarade d'école un peu geignarde et à l'air malheureux qui disait que chez elle on la battait, on l’enfermait et qu'on l'obligeait à lire l'Ane Culotte !

On entre dans ce livre au premier abord rafraichissant, par la vie d'un village provençal qui semble bien réglée entre les travaux de la terre et les messes, seul fait intriguant, cet âne très particulier, qui fait seul les courses de son maître. Dès son apparition filtre un parfum de mystère, à qui est donc cet âne presque humain que tout le monde respecte, même les garnements du village.

Il est difficile de relever et de faire sens de toutes les références bibliques et mythologiques auxquelles Bosco fait appel dans son roman.

Notre narrateur, Constantin transgressera tous les interdits pour en savoir plus et découvrir qui est le maître de l’âne. Tout de suite, le fantastique intervient et au fur et à mesure de sa course vers l’interdit, la nature le transporte presque jusqu’au domaine de M. Cyprien. Ce dernier est un ancien marin, inquiétant et charmeur, une sorte de Méphistophélès. L’apparition presque épiphanique de l’âne sur le chemin de Constantin donne à penser qu'il se dirige vers une révélation divine. Bosco décrit l’âne comme parfait, en particulier son regard, qui est plus qu’humain, presque surnaturel.

M. Cyprien révèle à Constantin un paradis, un jardin parfait qu’il a créé sur des terres arides et surtout un verger où poussent des amandiers. Il parvient à charmer le garçon comme il a charmé tous les animaux alentours, seul le renard résiste et ne sera pas dénaturé par l’envoûtement et les forces mystérieuses que M. Cyprien utilise, il le paiera de sa vie. Constantin surprend un mystère alors qu’il est chez M. Cyprien, une cache dans sa petite maison où il voit deux yeux jaunes, probablement les yeux du serpent monstrueux que M. Cyprien à ‘dompté’ grâce à la flûte de roseaux magique des gitans, une flûte qui ressemble à une flûte de pan. C’est cette flûte qui lui sert à charmer les bêtes et peut-être bien aussi les enfants.

Pan, mi-homme mi-bête lubrique qui enlevait les nymphes et qui au moment de saisir la nymphe Syrinx la vit se transformer en une touffe de roseaux dont il se fit ensuite une flûte. C’est d’ailleurs cette flûte de roseaux que Hyacinthe emportera avant son rapt, encore un geste symbolique.

Les transgressions successives de Constantin sont punies par son bannissement et celles de Hyacinthe par son ravissement. Constantin et Hyacinthe, des doubles inversés : Constantin, un enfant de la lumière, et l’Hyacinthe de l’ombre. Hyacinthe que Constantin nous donne à percevoir comme une ombre dans la maison, quelqu’un qu’on entrevoit. D’ailleurs, elle se réfugie dans la sombre cabane à chiens. Encore un personnage très ambigu la petite Hyacinthe.

Facile encore d’apparier l’abbé Chichambre et M. Cyprien : l’un au service du bien et l’autre dépendant de forces obscures qu’il utilise pour jouer à Dieu. Que penser de l’offrande de la branche d’amandier que fait Cyprien à Chichambre pour la fête des rameaux ? Ce n’est certainement pas un geste d’humilité, plutôt un trait d’arrogance pour montrer sa puissance, sa domination de la nature. Drôle de choix aussi que celui de l’amandier, arbre si symbolique du monde judéo-chrétien.

J’arrête ici mes élucubrations sur ce roman fascinant qu’on peut lire comme une fable un peu étrange ou comme un livre à tiroirs, vraiment magique. Je continuerai avec Bosco en tous les cas, c’est certain.

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MessageSujet: Re: LC Henri Bosco : L'âne culotte   LC Henri Bosco : L'âne culotte - Page 7 Icon_minitimeDim 13 Juil 2014 - 20:23

domreader a écrit:


Jusqu'à ce jour j'ai toujours évité Henri Bosco et en particulier l'âne culotte car j'avais une camarade d'école un peu geignarde et à l'air malheureux qui disait que chez elle on la battait, on l’enfermait et qu'on l'obligeait à lire l'Ane Culotte !



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Grands dieux , est-ce possible !
Merci Dom pour ton commentaire ! J'espère que tu m'accompagneras donc dans la découverte de cet écrivain exceptionnel ! J'ai une amie qui est venue me parler cet après-midi de son engouement pour Le mas théotime , quelle joie !  cheers

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MessageSujet: Re: LC Henri Bosco : L'âne culotte   LC Henri Bosco : L'âne culotte - Page 7 Icon_minitimeLun 14 Juil 2014 - 0:13

merci Dom pour ton commentaire très interessant qui ajoute à mes connaissances.

et merci de t'être jointe à nous pour cette LC

à tantôt

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MessageSujet: Re: LC Henri Bosco : L'âne culotte   LC Henri Bosco : L'âne culotte - Page 7 Icon_minitimeLun 14 Juil 2014 - 10:09

domreader a écrit:
Quelques élucubrations et remarques sur l'Ane-Culotte sans ordre particulier, je l’ai fini depuis un moment mais j’avais bien du mal à en parler :

Jusqu'à ce jour j'ai toujours évité Henri Bosco et en particulier l'âne culotte car j'avais une camarade d'école un peu geignarde et à l'air malheureux qui disait que chez elle on la battait, on l’enfermait et qu'on l'obligeait à lire l'Ane Culotte !


Pan, mi-homme mi-bête lubrique qui enlevait les nymphes et qui au moment de saisir la nymphe Syrinx la vit se transformer en une touffe de roseaux dont il se fit ensuite une flûte. C’est d’ailleurs cette flûte de roseaux que Hyacinthe emportera avant son rapt, encore un geste symbolique.


On la battait et on l´obligeait à lire l'âne culotte? Quel drôle de choix des parents comme brimade. C'est vrai que ça ne doit pas être facile à lire pour les enfants mais...

En tout cas tu m'en apprends sur Pan. Je ne connaissais ce mythe que très vaguement.


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MessageSujet: Re: LC Henri Bosco : L'âne culotte   LC Henri Bosco : L'âne culotte - Page 7 Icon_minitimeMer 16 Juil 2014 - 19:22

A vous lire, j'ai eu envie de commander L'âne culotte chez mon libraire. Un Bosco que je n'ai pas lu. content 
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MessageSujet: Re: LC Henri Bosco : L'âne culotte   LC Henri Bosco : L'âne culotte - Page 7 Icon_minitimeJeu 17 Juil 2014 - 9:54

Tant mieux! On a bien fait notre boulot alors...  sourire 

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MessageSujet: Re: LC Henri Bosco : L'âne culotte   LC Henri Bosco : L'âne culotte - Page 7 Icon_minitimeJeu 17 Juil 2014 - 11:46

pia a écrit:
Tant mieux! On a bien fait notre boulot alors...  sourire 

Tout à fait!  Very Happy 
(et je suis depuis longtemps grande amatrice de l'oeuvre d'Henri Bosco!)
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MessageSujet: Re: LC Henri Bosco : L'âne culotte   LC Henri Bosco : L'âne culotte - Page 7 Icon_minitimeJeu 17 Juil 2014 - 12:23

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domreader a écrit:
Pan, mi-homme mi-bête lubrique qui enlevait les nymphes et qui au moment de saisir la nymphe Syrinx la vit se transformer en une touffe de roseaux dont il se fit ensuite une flûte. C’est d’ailleurs cette flûte de roseaux que Hyacinthe emportera avant son rapt, encore un geste symbolique.

Marko a écrit:

Puis il y a la rencontre avec la terre aride transformée en Paradis par Cyprien qui m'a parfois fait penser au Kurtz de Conrad dans Au coeur des ténèbres. Cet homme dont le nom évoque les pays lointains, qui a traversé les mers et qui connaît les rituels et les sortilèges les plus anciens. Il est comme un magicien très ambigu qui a la volonté de recréer le paradis terrestre mais s'apprête surtout à faire ressurgir les aspects les plus ténébreux de la nature humaine. Il est un ensorceleur comme le dieu Pan qui charme le serpent des caraques avec sa Syrinx, qui hypnotise les animaux puis les deux enfants. La scène onirique où Constantin est envoûté par le son de la flûte à la pleine lune est magnifique. Comme toutes les scènes avec le serpent. On pense à l'orphisme aussi c'est vrai.

LC Henri Bosco : L'âne culotte - Page 7 Pan_et10

Quand je m'éveillai, la lune était déjà levée, mais depuis peu. Je ne la voyais pas, car j'étais allongé sous un pin, le dos tourné à l'est, où elle venait d'apparaître. Mais devant moi sa clarté calme illuminait une petite clairière. Sans doute m'avait-elle éveillé.
Cependant à peine apparue, elle enchantait déjà les profondeurs de la forêt.Elle n'était pas encore très haute, mais c'est (je l'ai constaté maintes fois), au moment singulier de son aube nocturne, quand elle pointe sur les crêtes, que son attrait trouble le plus profondément la cime des arbres, où dans les rames, dès que les atteint sa lueur, le vent, si ce n'est une âme plus tendre, élève sa plainte et la livre au silence de la nuit.
Je m'éveillai très doucement, à peine touché par ce soupir sylvestre et la première clarté de la vieille planète ; si doucement que je ne repris point de contact matériel avec la vie environnante. Entre mon sommeil et les formes à peine éclairées de ce bois, j'hésitai sans doute longtemps à détacher du monde antérieur où me tenaient encore les puissances obscures, ce monde jeune et frais baigné d'une paisible lumière qui sans secousse m'avait fait simplement changer de rêves. Car je ne me souviens pas de m'être parfaitement éveillé, tant ce qui m'arriva ensuite reste encore aujourd'hui enveloppé d'étrangeté et contredit aux habitudes de ma raison. Je pris sans doute une autre position entre le sommeil et la veille, j'occupai un point de moi-même où me parvenaient à la fois et les mystérieuses féeries de rêve et la simple fraîcheur de la nuit. J'entendis un appel. Non pas un appel imaginaire. Non. Un son. Il venait de l'ouest, de par-delà la clairière. Il arriva sur moi à l'improviste, assez haut, vif. Et je me levai. Je n'eus pas bien longtemps à attendre. La note éleva deux fois son appel, puis elle laissa passer un grand moment de silence.
Il y avait certainement quelqu'un, à cent mètres plus bas, qui, Dieu sait de quel instrument, avait tiré ces trois notes brèves. Je fis quelques pas dans la clairière puis je m'arrêtai. Rien. Alors je gagnai l'autre bord, m'allongeai dans l'herbe et attendis. Il se passa peut-être un quart d'heure. Pas une branche ne bougeait. Il faisait très doux. Il n'y avait plus un chant de grillons dans toute l'étendue.
Tout à coup (mais tout près, cette fois) la note éclata, et aussitôt il en jaillit un tel esprit de violence que j'eus peur. Mais l'élan s'apaisa, le souffle enveloppa je ne sais quel corps aérien et, calme, il en détacha une brève mélodie : quatre ou cinq notes seulement, mais chargées de durées secrètes, coupées de pauses imprévues, quatre notes passionnées qui avaient touché au bois humide de la flûte, qui sentaient l'herbe d'été et le roseau magique. Je m'avançai avec précaution. Maintenant, sans s'écarter du cercle de ses quatre notes, le chant continuait, tantôt sur le registre aigu de l'appel, tantôt sur les tons plus graves de quelque enchantement barbare. La lune pénétrait dans le bois et déjà les ombres fourmillaient de lumière. La forêt s'animait. J'entendais un sourd piétinement. Plus haut que moi, des branches froissées par de mystérieux passages parfois éclataient net, et partout s'élevait comme un crépitement de feuilles. Je me tapis. Une lourde masse fonça, puis des corps plus légers glissèrent dont je ne distinguai que le mouvement furtif et les ombres. Parfois un souffle bref, un ahan, puis une haleine sauvage, et de nouveau cette multitude de pas assourdis. C'était comme une migration de bêtes invisibles ; car (je n'en doutais pas) des bêtes répondant à l'appel étrange, arrivaient de tous les côtés à la fois. Maintenant il devait y en avoir des centaines. Je n'y tins plus ; je rampai sous les basses branches et je parvins jusqu'au talus le long duquel, protégé par un chêne-kermès, je me couchai. Là, j'étais à l'abri. Alors je passai la tête. Et je vis.
Je vis un vallon, sans un arbre, mais entièrement clos par la couronne sombre des chênes.
La lune, encore basse, n'éclairait qu'une petite partie du vallon. Tout le reste plongeait dans l'ombre.

Merci Domreader pour ton chouette commentaire!  ça fait du bien de pouvoir partager un auteur que j'aime tant avec certains d'entre vous. A refaire!

A propos de Syrinx... L'air de flûte tel que Debussy l'a imaginé:


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MessageSujet: Re: LC Henri Bosco : L'âne culotte   LC Henri Bosco : L'âne culotte - Page 7 Icon_minitimeJeu 17 Juil 2014 - 14:42

Merci à toutes et à tous, les commentaires postés sur cette LC enrichissent vraiment !

A propos de Pan, vais-je oser commettre une ignominie, le renvoi vers deux lectures que j'ai maladroitement commentées ?
N'hésitez pas à vous plonger dans Pan et la Cyrinx ou l'invention de la flûte à sept tuyaux, de Jules Laforgue, une de ses six Moralités légendaires.
Et, si ce n'est déjà fait, optez sans la moindre hésitation pour la découverte ou la relecture (même énième relecture !) de  Prélude de Pan de Jean Giono (nouvelle, se trouve dans Solitude de la pitié).

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MessageSujet: Re: LC Henri Bosco : L'âne culotte   LC Henri Bosco : L'âne culotte - Page 7 Icon_minitime

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