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 Nicolas Bouvier

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kali
Main aguerrie


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MessageSujet: Nicolas Bouvier   Lun 13 Aoû 2007 - 12:23



Nicolas Bouvier (né le 6 mars 1929 au Grand-Lancy (localité de Lancy) près de Genève, mort le 17 février 1998) était un écrivain et voyageur suisse. Il parcourut le monde toute sa vie, s'imprégnant et s'appropriant des cultures. Il fut également un photographe iconographe.

Fils d'un bibliothécaire, Nicolas Bouvier passa une partie de son enfance à rêver le monde, hypnotisé par les couleurs des atlas de géographie. Des heures de lecture clandestine finirent de donner à l'enfant le goût d'aller voir ailleurs. Encouragé par son père qui voyagea, en quelque sorte, par procuration à travers son fils, Nicolas Bouvier part pour son premier voyage, solitaire, en Norvège, à 17 ans. Il est chargé de rapporter des timbres à son père, pour sa collection.

En 1951, il effectue un premier voyage au long cours, avec Thierry Vernet et Jacques Choisy, de Venise jusqu'à Istanbul. Puis en juin 1953 il repart en Fiat Topolino avec Thierry Vernet de Belgrade à Kaboul à travers la Yougoslavie, la Turquie, l'Iran et le Pakistan. Un an et six mois plus tard, ils se séparent après Kaboul, Nicolas Bouvier continuant seul sa route à travers l'Inde afin de gagner la Chine. La route étant fermée pour des raisons politiques, il gagne Ceylan, où malade et déprimé il reste sept mois. Il décrira ce séjour douloureux dans le Poisson Scorpion publié en 1981 près de vingt-cinq ans plus tard.
En 1958 il épouse Eliane Petitpierre à Neuchâtel et ils s'installent à Cologny. De 1958 à 1963 il effectue des travaux d'iconographe pour l'OMS et la "Nouvelle Bibliothèque Illustrée des Sciences et des Inventions" des Éditions Rencontre. Au fil de ses travaux il constitue d'abondantes archives personnelles constituées notamment d'estampes populaires et de planches techniques. De 1964 à 1965 ils séjourneront au Japon avec leurs deux enfants. D'autres voyages en Asie (Japon, Corée du Sud, Chine,..) ou en Europe (Irlande, Îles d'Aran) suivront. Atteint d'un cancer, Nicolas Bouvier meurt le 17 février 1998.
Source : Wikipédia.


Bibliographie

Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)
Publications (liste non exhaustive)

Oeuvres
1963 L'Usage du monde, Pages 2, 4, 6,
1967 Japon,
1975 Chronique japonaise, Pages 2, 3
1975 Vingt cinq ans ensemble, histoire de la télévision Suisse Romande,
1982 Le Poisson-scorpion, Pages 1
1983 Les Boissonas, une dynastie de photographes,
1990 Journal d'Aran et d'autres lieux, Pages 1
1991 L'Art populaire en Suisse,
1993 Le Hibou et la baleine, Pages 1
1994 Les Chemins du Halla-San,
1996 Comment va l'écriture ce matin ?,
1997 Routes et déroutes, entretiens avec Irène Liechtenstein-Fall, Pages 2
1998 La Chambre rouge et autres textes,
1998 Le Dehors et le dedans, Page 1
1998 Entre errance et éternité,
1998 Une orchidée qu'on appela vanille,
1999 Dans la vapeur blanche du soleil : les photographies de Nicolas Bouvier
1999 La Guerre à huit ans,
2000 L'Échappée belle, éloge de quelques pérégrins,
2001 Histoires d'une image, Pages 1
2001 L'Œil du voyageur, Pages 1
2002 Le Japon de Nicolas Bouvier,
2004 Le Vide et le plein (Carnets du Japon, 1964-1970), Pages 1, 4
2005 Charles-Albert Cingria en roue libre, Pages 1
2006 Poussières et musiques du monde, CD Enregistrement de Zagreb à Tokyo
2010 Correspondance des routes croisées 1945-1964, texte établi, annoté et présenté par Daniel Maggetti et Stéphane Pétermann,  
2012 Il faudra repartir, Voyages inédits, textes réunis et présentés par François Laut, édition établie en collaboration,  

En collaboration
Bleu immortel: Voyages en Afghanistan,  Pages 1


Ouvrages sur Nicolas Bouvier
Les vent des routes: Hommages à Nicolas Bouvier, Pages 1
Nicolas Bouvier, l'Œil qui écrit (biographie),  Pages 35


Entretiens filmés,  Pages 3

Citation :
Mise à jour le 02/10/2013, page 6


Dernière édition par kenavo le Mer 2 Oct 2013 - 16:08, édité 3 fois (Raison : mise à jour)
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kali
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MessageSujet: Re: Nicolas Bouvier   Lun 13 Aoû 2007 - 12:23

Le poisson-scorpion


Citation :
Ce pourrait être le récit d'un séjour exotique, c'est le voyage intérieur d'un homme arrivé à Ceylan après un long périple, pour achever le voyage intérieur au bout de lui-même. Le narrateur fait lentement naufrage, enlisé dans la solitude et la maladie, frôlé par la folie.
Et là, sous l'oeil indifférent des insectes qui se livrent autour de lui à d'effroyables carnages, et des habitants qui marinent dans leur chaleur comme un sombre bestiaire fainéant, l'auteur reconstruit, avec patience et ironie, un monde luxuriant et poétique.
Au fil des chapitres, il observe et nous apprend à voir le spectacle mystérieux de ce monde des ombres d'où émergent d'étonnants portraits. Ainsi le lecteur participe à une sorte d'envoûtement dans ce récit bourré comme un pétard d'humour, de sagesse et d'espoir.

Nicolas Bouvier a un style particulier et intéressant. Il convoque un vocabulaire parfois sorti de son chapeau, ça donne un vrai charme à l’écriture.

Ce roman ne m'a pas captivée ; je crois que je ne suis pas faite pour les "récits de voyage", dans lesquels je n'arrive pas à me plonger. Cela dit, c'est tout autant un récit introspectif, et c'est peut-être grâce à cela que j'ai tout de même bien aimé lire ce livre.

Certains passages sont particulièrement plaisants, comme sa manie d'observer les insectes pendant des heures, ou encore sa rencontre avec certains personnages hauts en couleurs. Je pense à l'aubergiste et à l'épicière, mais aussi et surtout au père Alvaro, dont l'apparition est trop courte!
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MessageSujet: Re: Nicolas Bouvier   Lun 13 Aoû 2007 - 18:10

on me l'a beaucoup recommandé mais je ne l'ai pas lu ce Nicolas Bouvier et allez savoir pourquoi le seul bouquin de lui que j'ai acheté c'est... poésie.

Pas encore mis mon museau dedans cat

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Va trouver le vieil âne, et dis-lui que mon âme est sur les grands chemins, comme lui le matin.
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nezumi
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MessageSujet: Re: Nicolas Bouvier   Mer 15 Aoû 2007 - 19:53

Ahh, enfin un fil Bouvier Very Happy !

Comme Kalistina je vous recommande cette oeuvre, mais aussi les superbes Usage du monde et Chronique Japonaise, qui encadrent chronologiquement le Poisson Scorpion, en une trilogie de ses pérégrinations initiatiques de l'Europe vers l'Asie. J'ai beaucoup aimé les descriptions pleines de vie et profondément humanistes des pays traversés, des peuples rencontrés.
On considère le voyage différemment, après avoir lu Bouvier.

Les fiches que j'en avais fait sur mon blog sont ici et .
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Sahkti
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MessageSujet: Re: Nicolas Bouvier   Ven 23 Nov 2007 - 17:51

Bleu immortel : Unsterbliches Blau : Voyages en Afghanistan : Reisen nach Afghanistan
(de Nicolas Bouvier, Ella Maillart, Annemarie Schwarzenbach)

Sans doute les trois nomades les plus connus en Suisse. Trois aventuriers, écrivains, photographes, passionnés du monde, qui se retrouvent le temps d’un ouvrage. Et quel ouvrage…
Le périple afghan de Ella Maillart et Annemarie Schwarzenbach en 1939, celui de Nicolas Bouvier sur leurs traces en 1953. Un point commun (mais il y en avait plus qu’un) : ce besoin de liberté qu’on ressent en tournant chaque page de cet album bilingue français-allemand. Un album dans le sillage de l’exposition "La voix cruelle, la voix heureuse" montée un peu partout en Suisse et dans le monde pendant quatre ans.
De nombreuses photographies, dont une bonne partie inédites d’Annemarie Schwarzenbach. Le récit de la quête spirituelle des deux femmes en route vers l’Afghanistan, dont elles veulent découvrir l’indépendance et les coutumes, tout en se cherchant elles-mêmes. Un long voyage pas toujours facile oblige à se remettre en question, c’est ce qu’elles feront, c’est ce qu’elles nous livrent dans leurs notes. Tout comme Nicolas Bouvier, pressé de quitter la Suisse et de parcourir le monde, à la recherche d’autres gens, d’autres rencontres.
Deux périples, trois êtres, deux voitures… et un flot de souvenirs.

On constate une différence entre les approches de Ella Maillart/Annemarie Schwarzenbach et Nicolas Bouvier/Thierry Vernet (son ami artiste qui l’accompagne). Pas uniquement parce que ces derniers sont des hommes qui pénètrent une société où la femme est voilée et obéit à des traditions ancestrales qu’ils perçoivent autrement que deux femmes occidentales confrontées à la situation, mais aussi parce que les motivations, les années et les moyens de voyager sont ne sont pas les mêmes.
Roger Perret, le coordinateur de cette édition distingue les expériences respectives de chacun mais aussi leurs croisements, les repères immuables, l’arrivée à Kaboul, la perception de la société afghane…. Commentaires intéressants assortis de nombreuses citations des trois auteurs et de belles photographies. Coup de cœur de ma part pour les clichés inconnus de Annemarie Schwarzenbach, de somptueux paysages ou des scènes de la vie de tous les jours, photographiés avec beaucoup de sensibilité. Pour sa lucidité également face à la société afghane et à la destruction qu’elle estimait inéluctable de ce mode de vie.

"Ni en Turquie, ni en Perse, ni même dans les pays du Caucase russe, l'irruption visible et tangible d'un nouveau style de vie, lié à la technique occidentale, ne m'a paru aussi cruelle et aussi destructrice qu'en Afghanistan."

Un superbe récit de voyage, bien présenté, qui fait rêver et donne l’impression d’entendre les trois voyageurs nous conter leurs aventures.
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MessageSujet: Re: Nicolas Bouvier   Ven 23 Nov 2007 - 17:52

Charles-Albert Cingria en roue libre

On sait que Nicolas Bouvier a souvent évoqué la possibilité d'écrire sur Charles-Albert Cingria. Une rencontre littéraire entre deux Genevois, suscitée par la Fondation Pittard et qui ne verra jamais le jour, les étoiles ayant rappellé Bouvier à elles en 1998.
Nicolas Bouvier avait dans le passé donné des conférences et rédigé quelques textes dédiés à son homologue. Les voici aujourd'hui rassemblés dans ce volume édité par Zoé. Une partie de ces écrits sont inédits, ayant dormi pendant des années dans les tiroirs de Bouvier ou rédigés très peu de temps avant qu'il ne franchisse la dernière douane. D'autres textes sont connus et ont été rendus publics d'une manière ou d'une autre, notamment dans le Journal de Genève ou aux archives de la bibliothèque universitaire de Genève.

Bouvier raconte Cingria tel qu'il l'a vu mais aussi tel qu'il l'imagine, tel qu'il l'apprécie ou idéalise. Des textes courts, correspondant à des facettes de la personnalité cingrienne. Des anecdotes touchantes et en définitive, un bel hommage d'un écrivain à un autre, avec quelques points communs que Bouvier met en avant: le normadisme, l'empathie, le goût de Ramuz, l'ouverture au monde, l'envie de voir plus loin. Outre ces notes de Bouvier sur Cingria, on trouve également les textes chers à l'écrivian-voyageur, ceux qu'il relit sans cesse et dont il s'est longtemps inspiré.
L'écriture de Bouvier est ici efficacement accompagnée de l'appareil critique de Doris Jakubec qui apporte rigueur et complément là où Bouvier dépose une belle lettre d'amour. Un Bouvier encore plus à fleur de peau qu'il a pu l'être dans certains recueils, face à un Cingria dont l'âme planera à jamais sur les lettres romandes. Une belle rencontre, humaine et sensible, à savourer.
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MessageSujet: Re: Nicolas Bouvier   Ven 23 Nov 2007 - 17:53

Histoires d'une image

"Depuis trente ans, je suis chercheur d'images. Ce métier, aussi répandu que celui de charmeur de rats ou de chien truffier, ne s'enseigne nulle part. C'est dire qu'on ne le choisit pas ; il vous choisit, vous attrape au coin du bois. C'est un contrepoint merveilleux à la culture du texte."

Infatigable voyageur, Nicolas Bouvier était aussi iconographe. Pour son plaisir, bien sûr, mais aussi pour gagner sa vie à une époque. Une activité qu’il nommait "un merveilleux contrepoint à la culture du texte". Capteur d’images avec passion et poésie, on ne change pas Nicolas Bouvier. Pendant quatre ans, les lecteurs du "Temps stratégique" ont pu admirer les trouvailles de l’écrivain et les chroniques qu’il rédigeaient pour les accompagner. Tout n’a pas été publié et avant son grand départ, Bouvier a confié une partie de ses travaux aux éditions Zoé qui les a réunis et édités, belle initiative.
Une image, une histoire, une construction, une description, l’écriture éternelle de Bouvier, sa lucidité et sa poésie. Les illustrations sont variées, un brin hétéroclites, c’est un autre monde qui s’ouvre à nous, celui de l’imaginaire. Les diverses recherches de Nicolas Bouvier lui ont ouvert les portes de véritables cavernes au trésor, dans les réserves de prestigieuses bibliothèques ou de riches musées. Un voyage spirituel et intellectuel qui enchante Nicolas Bouvier, cela se voit et se ressent. L’écrivain suisse a voyagé dans les archives et sur terre, les deux modes se marient à merveille sous sa plume. Une simple image, en apparence, peut déclencher chez lui une inspiration sans fin qui lui donne littéralement vie, comme un insecte, un animal ou une fleur. Véritables exercices de style, ces textes sont de petits bijoux de pertinence et d’observation, avec la petite pointe d’ironie que Bouvier maniait si bien. Je suis une fois de plus sous le charme. C’est toute la vie de Nicolas Bouvier qui défile sous nos yeux, à travers ses voyages, ses découvertes et ses affinités.
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MessageSujet: Re: Nicolas Bouvier   Ven 23 Nov 2007 - 17:54

Journal d'aran et autres lieux

Avant un pélerinage irlandais il y a quelques mois, ce texte de Bouvier appartenait déjà à la rubrique "favoris".
Après, c'est... comment dire... une révélation, une appréciation à leur juste valeur des mots de Bouvier, de son talent pour raconter les ambiances et les paysages en quelques mots, par quelques phrases bien pesées qui disent tout dans une subtile économie de langage.

"La route bute contre un mur qu'on escalade: derrière, c'est une infinité de croix de pierre grise, moussues, couchées, dressées, plantées tout de guingois dans une herbe d'un vert indicible. A l'ouest, le pré jonché de tombes descend vers une tour munie d'une seule ouverture à quatre mètres du sol et qui a la forme d'un crayon."

Quelques lignes et tout est dit, admirable résumé de paysages qui composent l'Irlande, de ces vestiges que l'on découvre un peu partout dans le pays (et pas uniquement dans un Glendalough devenu trop touristique).

Tout le texte est de cette richesse d'imagination. Nicolas Bouvier n'a pas besoin d'en faire trop avec les mots, ils parlent d'eux-mêmes comme si sa plume remplaçait les mots par des dessins et des photos.
Ce "Journal d'Aran", journal de bord de quelques jours passés en 1985 à Clon-mac-Noïse pour un reportage est dans ce sens une merveille. On sent le vent, le froid, la chaleur des habitants, la présence des moutons, on devine le désarroi de Bouvier (fiévreux, grelottant, se demandant ce qu'il fabrique dans cet endroit oublié du monde) et son attirance grandissante pour ce coin de terre désolé et séduisant à la fois. Au fur et à mesure des jours passés à Aran, on se laisse conquérir par l'endroit, on le parcourt à pied en compagnie de Bouvier, on y est, on y vit et on finit, comme lui, par tomber amoureux de ce petit bout du monde.
C'est humain, c'est beau, bien plus qu'un simple récit de voyage classique
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MessageSujet: Re: Nicolas Bouvier   Ven 23 Nov 2007 - 17:55

L'Oeil du voyageur

Lors de son voyage de Suisse en Inde, périple qui donnera naissance au superbe "L'Usage du monde", Nicolas Bouvier a pris un nombre considérable de photographies, au fil des pays traversés et des êtres rencontrés. Personnages, paysages, humeurs, lumières et ambiances... avec toujours ce regard si particulier que Bouvier portait sur les choses et les gens.
Accompagnant ces photos, et c'est la deuxième belle surprise de cette édition, un texte inédit de Bouvier retrouvé par son épouse Eliane. Son périple vers l'Inde à travers le Pakistan, devenu indépendant quelques années plus tôt. Une suite, en quelque sorte, de la traversée du Khyber Pass qui clôturait "L'Usage du monde".
L'écriture est belle et intime, comme toujours chez Bouvier. Déchirée aussi, tourmentée, meurtrie. Ecrire lui demandait des efforts, il savait que c'était son âme qu'il couchait sur papier.
Un texte indissociable des dix-huit mois de voyage illustrés par les photographies reprises dans cet ouvrage.
Des images qui ne sont pas inconnues pour la plupart, car ayant été utilisées dans le cadre de l'exposition "Le Vent des Routes" et ont été publiées dans le recueil "Dans la Vapeur blanche du soleil" (Editions Zoé, 1999).
Un bonheur à déguster sans modération aucune!
La pudeur de Bouvier mêlée à son sens aigü de l'observation et à son amour du monde...
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MessageSujet: Re: Nicolas Bouvier   Ven 23 Nov 2007 - 17:56

Le Dehors et le dedans

Dans "Le dehors et le dedans", recueil de poésies du voyage et de l'errance, on retrouve la même magie des mots de Bouvier et cette envie inchangée de partir, de conquérir d'autres horizons. En lisant ces textes, mais aussi les autres, il m'est arrivé plus d'une fois de penser "qu'il a dû trouver Genève minuscule!", réflexion que je formule souvent quand j'erre dans ma ville. Mais Genève, c'est davantage qu'une petite ville aux yeux de Bouvier, c'est sa ville (Cologny en particulier, un de ses lieux de vie) et ce sont ses amis, des êtres si importants à ses yeux. On retrouve ces thèmes forts de l'amitié et des éternels départs à travers ces textes poétiques qui surprennent par leur caractère hétéroclite et rassurent par leur qualité d'écriture. C'est un autre Nicolas Bouvier, tout en étant lui-même.

A propos du poème "La dernière douane" repris en extrait, on trouve dans l'édition Quarto Gallimard des oeuvres de Bouvier une version manuscrite du texte présentée par le sculpteur Henri Presset, un ami de Nicolas Bouvier avec lequel il préparait un livre que l'infatigable voyageur ne put admirer de son vivant et que Presset imprima en un seul exemplaire, offert à Eliane Bouvier.


LA DERNIERE DOUANE

Depuis que le silence
n’est plus le père de la musique,
depuis que la parole a fini d’avouer
qu’elle ne nous conduit qu’au silence,
les gouttières pleurent,
il fait noir et il pleut.
Dans l’oubli des noms et des souvenirs,
il reste quelque chose à dire
entre cette pluie et Celle qu’on attend,
entre le sarcasme et le testament,
entre les trois coups de l’horloge
et les deux battements du sang.
Mais par où commencer
depuis que le midi du pré
refuse de dire pourquoi
nous ne comprenons la simplicité
que quand le cœur se brise.
(Genève, avril 1983)
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MessageSujet: Re: Nicolas Bouvier   Ven 23 Nov 2007 - 17:58

Le Hibou et la baleine

"Le hibou et la baleine sont pour moi des amis tutélaires qui remontent à l'Arche de Noé. Vous me direz que la baleine n'était pas dans l'Arche, c'est vrai; elle batifolait autour avec cette anxiété des mammifères marins qui depuis toujours nous portent et témoignent une affection à laquelle nous ne comprenons goutte parce que nous sommes si cons. Quant au hibou, toujours perché sur la barre du gouvernail, son hululement faisait office de sirène et signalait les sommets à fleur d'eau ou les grosses souches (c'étaient des cèdres du Liban) à la dérive."

Le hibou et la baleine, ce sont deux animaux totems pour Nicolas Bouvier. En 1992, l'auteur suisse en parle dans un film intimiste de Patricia Plattner, où il se livre au sujet de son oeuvre, de sa personnalité, de ses lieux de vie, de ce qu'il aime, des animaux, de l'écriture, de la Suisse, des voyages, etc. Outre les textes récités par Bouvier, le film comporte également des dessins et des photographies. Les éditions Zoé ont regroupé et publié ces textes sous le titre "Le Hibou et la Baleine" (comme le film), divers écrits: " Le Hibou et la baleine, Le Point de non-retour, Les Mots, La Musique, A rire et à mourir, Le Rire et les larmes, Visite d’une image, Les Rêves du corps, Le Nord et D’est en ouest.

Des petits textes courts, simples, accompagnés de dessins, abordant les thèmes délicats de la mort et de la souffrance mais aussi de la musique, de la poésie, de la place des animaux dans la destinée humaine, des souvenirs, de la nostalgie, des voyages, de l'errance. Petites perles enfilées sur un fil que l'on voudrait interminable.
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MessageSujet: Re: Nicolas Bouvier   Ven 23 Nov 2007 - 17:59

Le Vide et le Plein : Carnets du Japon 1964-1970

On sait l’attachement porté au Japon par Nicolas Bouvier, découvert lors d’un premier voyage en 1956 prolongé huit ans plus tard sur un paquebot des Messageries maritimes, avec femme et enfant. Un séjour de deux ans, des petits boulots de rédacteur et de traducteur qui permettent de survivre puis un retour à Genève. Vingt ans plus tard, Chronique japonaise livre les impressions et émotions de l’auteur extraites des carnets soigneusement annotés tout au long du voyage. La plupart de ces carnets étaient restés inédits, Eliane Bouvier a décidé de les rendre publics.
Avec la volonté de ne pas transformer le travail de Nicolas et de laisser ces notes telles quelles, nous offrant ainsi un panorama touchant de fragments, de sensations, de mots.

Le choix du titre (tout un symbole) renvoie à l’ouvrage "Le Dehors et le Dedans" (Editions Zoé) et oppose le Japon urbain et trépidant à la sérénité des temples et des grands espaces. La ville face à la campagne. Allusion, peut-être, aussi, à Nicolas Bouvier affrontant quelques tourments intérieurs qui ressemblent à de la dépression.
Ces carnets sont des parcelles de bonheur à déguster avec beaucoup de précaution tant ils sont fragiles et personnels. Nicolas Bouvier, par ces mille et une petites notes, porte un regard lucide et tendre sur le Japon et ses habitudes, sa culture, sa population, ses mystères et cet hermétisme parfois agaçant pour les Occidentaux.
Beaucoup de subtilité, comme toujours, dans l’écriture de Nicolas Bouvier, qui tente une approche en douceur, veut comprendre, observe, raconte sans juger ou rejeter. Cela donne une jolie fusion entre deux mondes, un œil extérieur ouvert sur tout et nous invitant à la découverte.
Ce n’est pas un carnet de voyage, ce n’est pas un journal intime, ce n’est pas une biographie ou un documentaire, c’est tout cela et plus encore.
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MessageSujet: Re: Nicolas Bouvier   Ven 23 Nov 2007 - 17:59

Oeuvres (Quarto Gallimard)

Belle entrée dans la collection Quarto de Gallimard que ces œuvres de Nicolas Bouvier.
Un recueil de textes connus ou plus rares d’un des plus fabuleux écrivains auquel la Suisse a donné le jour. L’occasion de se replonger avec plaisir dans les écrits de Bouvier et ses visions étonnantes de la Terre et du monde.
A tout seigneur tout honneur, "L’Usage du monde" ouvre la danse. Travail de qualité qui donna de nouvelles lettres de noblesse à la littérature de voyage. Les dessins de l’édition originale sont reproduits ainsi que des extraits de "L’oeil du voyageur", publié chez Hoebeke en 2001 et début inachevé de la suite de "L’Usage du monde". Gallimard propose également, et il faut s’en réjouir, une partie du décryptage des bandes magnétiques des émissions radio dans lesquelles Nicolas Bouvier raconta la suite de son périple.
"Chronique japonaise" prend la place, avant de céder les pages au "Poisson-scorpion". Disposition quelque peu maladroite car "Poisson-scorpion" narre la fin de ce long voyage commencé dans "L’Usage du monde". Question de chronologie explique Gallimard. A souligner la grande richesse iconographique de ce volume Quarto : plus de 250 illustrations (dessins et photos) réalisées par Nicolas Bouvier lui-même ou Thierry Vernet (pour "L'Usage du monde"). Un régal.
Tout comme ces entretiens avec Irène Lichtenstein-Fall édités par les éditions genevoises Metropolis en 1992 et repris dans ce volume.
Cerise sur le gâteau, pourrait-on dire, Gallimard, outre ces textes fondateurs, propose également des textes plus rares, des articles de presse devenus introuvables, des extrait de "L’Art populaire" et "Le Dehors et le Dedans", recueil poétique à découvrir absolument si ce n’est déjà fait.
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MessageSujet: Re: Nicolas Bouvier   Ven 23 Nov 2007 - 18:00

Le Vent des routes: Hommages à Nicolas Bouvier
(Ouvrage collectif)

Merveilleux hommage que ce "Vent des routes" qui devait, à l'origine, être remis en cadeau à Nicolas Bouvier à l'occasion d'une exposition organisée en mai 1998. Mais Nicolas Bouvier a entretemps pris le large, surprenant ses amis, franchissant ce qu'ils ont pudiquement nommé "la dernière douane".
Cet hommage en est encore plus beau, plus sensible, recueil d'émotion et d'amitié, composition de textes offerts à l'auteur par des êtres qui l'ont connu, suivi et apprécié. Des textes courts et intenses qui disent tout l'amour et l'admiration que l'on pouvait porter à Nicolas Bouvier.
Après une introduction très émue de Pierre Starobinski, Jean-Marc Lovay entame le bal en parlant, avec énormément de poésie, de l'âme des morts qui profite de la prise d'une photographie pour échapper au royaume des ombres et se fixer ailleurs, un joli clin d'oeil au départ de Nicolas Bouvier.
Jacques Lacarrière insiste sur l'importance et le rôle essentiel de "L'Usage du monde", un livre-clé.
Alexandre Voisard dépose trois poèmes sensibles avant de céder la place à Kenneth White et à une formidable déclaration d'amitié.
Michel Audétat s'émerveille devant le pouvoir de transformation des mots par Nicolas Bouvier, qui arrive à donner vie à l'eau et au vent comme peu savent le faire, cela ressemblerait presque à de la magie.
Christophe Gallaz développe son style si particulier dans sa contribution, une succession de mots ou de phrases très courtes, une belle envolée sur ce qu'est le corps, ce qu'on en fait, à quoi il sert et sa présence dans cette vie qui défile et peu à peu s'échappe.
Olivier Bauer parle de l'écriture voyageuse et des tourments de Bouvier, tandis que Bernard Comment rêve d'oiseaux et de voyages aériens.
Michel Le Bris nous offre un superbe texte sur la force de "L'Usage du monde" et sa perception si pertinente, si visionnaire de notre société, un véritable bouleversement intime.
Le poème reproduit de Maurice Chappaz, son écriture, sa pudeur... un beau moment d'émotion reproduit tel quel dans ce précieux recueil, qui contient une autre merveille, le témoignage de Bertil Galland sur les écrivains voyageurs suisses, sur cet âge d'or de la littérature errante. Une photographie regroupant les ténors en la matière est un beau document inséré dans son texte, qui est suivi par l'au revoir de Pierre Starobinski, qui referme délicatement l'ouvrage en saluant l'ami Bouvier.

Un recueil à serrer contre soi tant il regorge d'amour, de respect et de douceur.
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MessageSujet: Re: Nicolas Bouvier   Ven 23 Nov 2007 - 18:01

Ha... j'en ai posté plein... mais c'est que Bouvier et moi, c'est plus que de l'amour aime
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Nicolas Bouvier

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