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 Irmgard Keun [Allemagne]

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kenavo
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MessageSujet: Irmgard Keun [Allemagne]   Mer 4 Juin 2014 - 12:53



Irmgard Keun est née à Berlin en 1905, bien qu'elle ait raconté toute sa vie être née en 1910. Après s'être essayée au cinéma, elle commence à écrire en 1929 et connaît un succès fulgurant avec ses deux premiers romans, Gilgiet La Jeune Fille en soie artificielle.
Mais le portrait qu'elle y fait de la jeune Allemande moderne déplaît aux autorités nazies, qui mettent ses livres sur liste noire. Après avoir intenté un procès perdu d'avance à la Gestapo, Irmgard Keun choisit l'exil.
Entre 1936 et 1938, elle écrit plusieurs romans, dont Après minuit, et voyage en Europe en compagnie de son amant, l'écrivain Joseph Roth, et côtoie d'autres exilés célèbres, comme Stefan Zweig. À la suite de la défaite française de 1940, elle fait publier l'annonce de son suicide et rentre clandestinement en Allemagne, où elle se cache pendant toute la guerre sous une fausse identité.
Oubliée après 1945, son œuvre est redécouverte en Allemagne et dans le monde entier par la jeune génération féministe des années 1970. Irmgard Keun meurt en 1982 à l'âge de soixante-dix-sept ans – ou plutôt, comme elle l'aurait maintenu, à soixante-douze ans.
Source : éditeur

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Sénèque
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kenavo
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MessageSujet: Re: Irmgard Keun [Allemagne]   Mer 4 Juin 2014 - 12:53

/
Nach Mitternacht / Après minuit
Citation :
Présentation de l’éditeur
Un chef-d'oeuvre de la littérature allemande, écrit en 1937 et injustement oublié pendant des années, témoignage unique sur les tensions, les ambiguïtés et l'hystérie régnant dans l'Allemagne des années 30, dénonciation sans appel de l'idéologie nazie, un roman plein de charme et d'humour, lors même qu'il décrit les premiers instants d'un cauchemar. Et au passage, la redécouverte – ou la réhabilitation – d'une des personnalités les plus fascinantes de la littérature : Irmgard Keun.

Nous sommes à Francfort, en 1936, et la ville est surexcitée. Partout des banderoles, des oriflammes, les uns ont mis leurs plus beaux habits, les autres leurs uniformes tout neufs. Le Führer vient d'arriver, il prendra la parole à l'Opéra. C'est la fête.
Gaie, vive, jolie, Suzanne Moder a dix-huit ans. Avec ses amies, elle se moque des garçons dans leurs tenues de parade. Amourettes, chansons, discussions passionnées, pourquoi ne pas s'abandonner à ce monde nouveau, enthousiaste et fascinant ?
Mais en réalité, Suzanne a peur. Certains signes l'inquiètent : la police et ses perquisitions, les juifs et leurs regards traqués, les ouvriers qui murmurent...

Témoignage unique sur les tensions, les ambiguïtés et l'hystérie régnant dans l'Allemagne des années 1930, dénonciation sans appel de l'horreur totalitaire, un roman plein de charme et d'humour, lors même qu'il décrit les premiers instants d'un cauchemar. Un chef-d'oeuvre à redécouvrir, par une des personnalités les plus fascinantes et les plus injustement méconnues des lettres allemandes.

Ce qu’on peut lire sous forme de récits chez Erika Mann dans Quand les lumières s’éteignent, se retrouve dans ce roman d’Irmgard Keun. Un reflet du quotidien en Allemagne avant la guerre.

À côté de l’enthousiasme de ceux qui accueillent l’esprit du nouveau gouvernement il y a la peur de ceux qui ne savent pas à quoi s’attendre.

Chaque jour il y a de nouvelles lois, et même si on n’est pas juif, rien de plus facile de se retrouver dénoncé par un voisin. Faut faire attention à ce qu’on dit, ce qu’on fait… ce qu’on pense. Et dans cet esprit de chasse aux sorcières, les fausses accusations s’épanouissent. Tout un peuple devient espion de son proche.

« …das ganze Volk sitzt im Konzentrationslager, nur die Regierung läuft frei herum“
…tout le peuple se trouve dans un camp de concentration, seulement le gouvernement est encore en liberté

Irmgard Keun était une représentante de la nouvelle objectivité. Son écriture est sobre et assez ‘clinique’ mais c’est d’autant plus efficace pour faire passer ce texte qui donne des frissons.

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églantine
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MessageSujet: Re: Irmgard Keun [Allemagne]   Mer 4 Juin 2014 - 13:00

Si je trouve à la BDP , dans le panier ! cheers 
Merci kena !

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bix229
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MessageSujet: Re: Irmgard Keun [Allemagne]   Mer 4 Juin 2014 - 15:57

Bonne idée de réhabiliter Irmgard Keun. J' en avais parlé lors de la sortie des
nouveautés.

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tom léo
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MessageSujet: Re: Irmgard Keun [Allemagne]   Mer 4 Juin 2014 - 18:05

Merci, Kenavo, pour cette présentation! Très intéressant. Je dois avouer que je ne connaissais pas..., je note quelque part. Il faut dire que quelques fois on a l'impression que l'oubli imposé par la destruction ou l'interdiction par les nazis vraiment mené vers celles-ci! Voler Weidermann a fait un travail méorable sur cela en publiant "Das Buch der verbrannten Bücher"/"Le livre des livres brûlés", voir en allemand:
http://www.amazon.fr/Das-Buch-Der-Verbrannten-Bucher/dp/3442737389/ref=sr_1_4?ie=UTF8&qid=1401897639&sr=8-4&keywords=weidermann
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tom léo
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MessageSujet: Après minuit   Mar 5 Aoû 2014 - 7:11

Nach Mitternacht/Après minuit

Originale : Allemand, 1937

Je remercie beaucoup Kena pour la découverte de cette femme écrivaine et cet œuvre. Quelle découverte ! Après la présentation ci-dessus, je ne vais pas tout répéter, juste encore deux, trois remarques :

Dans ce contexte d’une Allemagne sous le « guide », et un certain enthousiasme populaire, il y a des voix plus ou moins timides autres. On ne les entend presque plus. Parmi eux alors plusieurs personnages de ce roman. Ils émettent leur doute, sont en opposition, mais des fois aussi au bord d’un desespoir. Parmi eux par exemple le demi-frère de Sanna/Suzanne, Algine. Lui est justement l ‘écrivain qui est allé un peu trop loin, qui se trouve plus imprimé et perd sa notorieté. Image d’une Keun répoussée ?! Occasion pour dire qu’à coté des multiples aspects politiques, on trouve aussi dans ce roman des petites descriptions de caractères, de personnes, splendides. Entre peur et opposition, entre amertume et la course avec la masse...

Sanna avait quitté sa maison paternelle à l’êge de seize ans : la troisième femme de son père la chasse pratiquemment. Et elle se trouve alors à Cologne pendant un moment, dans la maison d’une tante, femme terrible qui n’hésite pas à dénoncer, à « manger » ses propres enfants, pour parler avec un image. Son fils Franz, accablé par elle d’une faute qu’il aurait commise à l’âge de trois ans, ploie sous le fardeau d’une culpabilité. Cible de moquerie, aussi d’abord pour Sanna, ils deviennent pourtant amants. Donc, il y aura, entremêlé avec ces notes politiques, aussi une histoire d’amor. Mais comment vivre une telle dans un temps de si forte oppression ?

Ce qui frappe dans l’écriture d’Irmgard Keun est ce melange incroyable et indescriptible entre un regard clairvoyant lucide sur les événements, ET une forme d’une apparente innocence, d’un certain laconsime, d’une distanciation. Le tout dans un ton d’humour qui m’a souvent fait rire. Une forme de dérision, d’humour macabre qu’au moins moi je n’ai pas trouvé couramment dans la littérature allemande. Je l’aurais preque attribué à une forme d’écriture de l’Est d’Europe ?

Des fois il semble presque qu’elle comprend un peu la logique terrible de ces pauvres enthousiastes du Führer, et les déviations. Elle en parle : surtout de la peste de la dénonciation (même entre des touts proches!), des instincts les plus bas revélés par la peste brune, de la question de la rasse, des différences entre comunistes et fascistes, des persécutons ordinaires, des nouvelles lois... Le cauchemar et la comédie sont tout proches. La seule face de faire face ?

C’est avec une fluidité et une habilité que Keun change les perspectifs, sautant du « présent » francfourtois vers les dernières années et la naissance de son amour envers Franz. La lngue alors, précis et « lapidaire » à la fois.

Publié en 1937 on admire la clairvoyance de cette femme, et une immense auteure !

Chapeau !
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kenavo
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MessageSujet: Re: Irmgard Keun [Allemagne]   Mar 5 Aoû 2014 - 11:08

merci à toi pour ce beau commentaire... contente que cette découverte t'as autant enthousiasmé Very Happy

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MessageSujet: Gilgi – jeune fille des années 30   Dim 23 Nov 2014 - 8:43

Gilgi – jeune fille des années 30

Originale : « Gilgi – eine von uns » , Allemande, 1931

CONTENU :
Cologne vers 1930 : Gilgi vit dans une famille petite-bourgeoise, un peu trop rodée. Elle cherche avec une grande discipline l’indépendance et l’avancement professionnel. Pit et Olga sont des très bons amis, à son coté, mais donnant aussi de temps en temps leur opinion forte pour dire clairement leurs idées. Au jour de son 21ème anniversaire Gilgi entend de sa mère qu’en fait elle était adoptée et qu’elle est arrivée chez eux par une certaine Mme Täeschler. Ebranlement leger, quête de la mère, des origines... - des questions nouvelles ?! Puis apparaît un certain Martin Bruck, Bohémien, grand voyageur devant l’Eternel, et ayant 20 ans de plus. Elle tombe follement amoureuse, mais il vit tellement autrement qu’elle, sans but précis si ce n’est le plaisir immédiat, ne se souciant pas de l’argent. Est-ce qu’elle enonçera à sa façon d’être? Qu’est-ce qui en résultera ?

REMARQUES :
Comme le roman était écrit en 1931 le titre français peut sembler un peu fort, parlant des années 30, même si sensiblement certains sujets apparaissent déjà dans l’arrière-fond de l’histoire. Le titre allemand « Gilgi – l’une de nous » met un autre accent : certains problèmes de Gilgi, ainsi mon interprétation, sont ceux des gens de son époque, peut-être surtout des femmes ? Tiraillées entre indépendance, amour, renoncement et recherche d’épanouissement personnelle et professionnelle. On rencontrera ici des questions, ouvertement, dont à l’époque on parlait probablement pas, et surtout pas une femme : les grossesses multiples, l’enchainement par une famille, voir : par une relation prenant trop de place, « persécutions » sexuelle au poste de travail...

Gilgi a sa vie en main (ainsi la toute première phrase du roman!), et elle ne compte pas de la perdre. Mais les aléas de la vie l’ébranle légèrement : quête de la mère (finalement on trouvera la bizarreries qu’elle en a trois, et aucune qui compte vraiment pour elle!), perte de l’emploi, et puis surtout cette relation avec Martin qui prend de plus en plus (trop?) de place dans sa vie jusqu’à lui faire faire des choses qu’elle ne voudrait pas faire. Ainsi on est dans une tension, une lutte entre la quête de liberté et indépendance et une certaine forme de dépendance (dans un sens vaste) dans une relation amoureuse. Donc, Gilgi veut être autre, mais elle est aussi « une de nous » en beaucoup ?! Je ressentais comme un balancement dans un champ d’attentes, d’obligations, discipline, l’indépendance, insouciance et (perte de) contrôle, de souveraineté.

Je ne vais pas raconter plus de l’histoire, assez riche et touffue. Mais Irmgard Keun m’a convaincu par « Après minuit », et je continuais donc sa découverte ici avec un roman antérieur, un de ceux qui l’ont fait connaître. Les sujets vont ici probablement parler beaucoup aux uns, tandisque pour moi c’était ici encore une fois, et avant tout (avant certains thèses « existentiels », un certain contenu qui peuvent faire frémir, voir même choquer ?) la langue et le style qui sont une merveille. Au moins en allemand. C’est inimitable comment elle utilise la langue, et éventuellement à son époque (mais qu’est-ce que j’en connais?) une des pionnières : Une écriture entre dialogue intérieur, descriptions, être adressé par soi-même ou par l’auteur, un va-et-viens e,tre action extérieure et monologue intérieure etc. Tout cela devient difficilement séparable, forme un tout, un continuum de pensées sautant d’ici à là. Très impressionant !

S’y ajoute - mais est-ce qu’on peut le rendre en français ? - un colorit local de Cologne, lieu de tout le roman : utilisation du dialecte, description de la ville, d’une vie d’avant la guerre qui partiellement m’ont fait sourire et m’ont rendu nostalgique.

En lisant on rit, on devient pensif ; on devient calme et, de temps en temps, cela fait mal !
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MessageSujet: Re: Irmgard Keun [Allemagne]   Dim 23 Nov 2014 - 21:47

C'est noté, merci !
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MessageSujet: Re: Irmgard Keun [Allemagne]   

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