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 Bengt Ohlsson [Suède]

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bix229
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MessageSujet: Bengt Ohlsson [Suède]   Jeu 5 Juin 2014 - 18:05



Bengt Ohlsson est né en 1963 à Stockholm. Chroniqueur pour le quotidien national Dagen Nyheter.
En 2004, il connait la consécration lorsque lui est décerné le plus prestigieux prix littéraire de
Suède, le prix August pour Gregorius. En 2008, Ohlsson est récompensé par le prix Eyvind
Johnson - un grand écrivain classique suédois -

Syster est son huitième roman, le premier traduit en français.


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Roberto Juarroz
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bix229
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MessageSujet: Re: Bengt Ohlsson [Suède]   Jeu 5 Juin 2014 - 19:11

SYSTER. - Phebus



"La soeur de Marjorie disparut un vendredi, début mai.
Dans la soirée, la police sillonna les environs pour recueillir des informations auprès de ses camarades
de classe.
Deux garçons l' avaient vue de l' autre coté du lac, vers trois heures de l' après-midi, après la sortie

de l' école. Elle était assise, immobile et regardait dans l' eau. Ensuite elle s' était levée et avait commencé à gravir la colline.

Elle portait son imperméable jaune. Grand  comme une pélerien de moine, il lui descendait jusqu' aux pieds.

Les recherches se poursuivront pendant des semaines. En vain. Les parents  de Marjorie vont alors
l' envoyer chez sa tante Ilse, la soeur du père.
Ilse vit en solitaire dans une grande maison au bord de la mer, entourée de grands arbres. La première impression de Marjorie en la voyant est plutot sinistre.

La maison de tante Ilse semblait abandonnée. Elle était poussièreuse, couleur blanc sale, et comportait deux niveaux garnis de fenetres lugubres.

Livrée à elle-meme, à ses questionnements, à ses contradictions d' enfant, et à ses sautes d' humeur
elle s' enferme d' abord dans un mutisme méfiant. Elle observe Ilse.

Qui lui fait visiter la maison, puis les environs et le bord de mer. Elle se montre dévouée, affectueuse
mais discrète et disponible.
Peu à peu s' instaure entre elles un climat de confiance qui se prète aux discussions, et mieux encore aux confessions. En toute honneteté et sur un plan d' égalité.



C' est alors que Marjorie confesse qu' elle n' aime pas sa soeur, trop sure d' elle-meme et qui lui fait
de l' ombre. Elle avoue meme qu' elle souhaite qu' on ne la retrouve pas.
Derrière la honte de cette confession, elle se rendra compte qu' en fait elle l' admire et l' aime vraiment. Mais il lui faudra encore du temps.


Marjorie pense autant qu' elle parle et meme davantage. Elle s' interroge sur tout. Et son cerveau
encore tout neuf, a du mal à formuler, à controler les idées, les images, les impresssions qui se bousculent.
Elle essaie d' avancer des suppositions, des hypothèses, d' associer des mots aux images.

Mais elle assiste impuissante au défilement du temps, des pensées, des visions.
Elle passe de l' optimisme le plus noir à un optimisme tout aussi irraisonné...
Elle est en train d' évoluer sans en avoir encore conscience.


Mais Ilse est là qui l' écoute toujours. Qui se tait quand il faut se taire. Et qui répond du mieux possible aux interrogations de la fillette qui finit par se livrer entièrement.
En échange, au bout d' un certain temps, Ilse finit aussi par se raconter. Avec pudeur, avec des
dons très surs de conteuse et de guérisseuse.
La vie d' Else est pleine de blessures anciennes, de chocs en tout genre. Mais aussi de petits et de

grands bonheurs.
Sans prechi précha aucun, elle essaie d' apprendre à la petite fille comment avancer dans la vie
en essayant de surmonter les épreuves et de trouver finalement un modus vivendi convenable et
à sa mesure.

Et Marjorie qui est intelligente, comprend parfaitement ce que Ilse lui dit et ce qu' elle tait.
Elle est rassurée, sereine, confiante.
Elle peut désormais quitter Ilse et vivre sa propre vie. Dans sa famille retrouvée.

Je ne vous dirai pas la fin, mais elle est justifiée, je trouve.

Pour nous conter son histoire, Ohlsson se place à hauteur d' enfant. Et il est sans aucun doute
infiniment difficile de savoir ce qui se passe dans le cerveau d' une jeune enfant confrontée à de
telles épreuves.

Mais comme toute histoire qui procède de l' introspection  encourt les memes difficultés, les memes
risques. Et toute fiction résussie est celle qui nous la rend crédible.

Je ne le vous cacherai pas, j' ai trouvé quelques défauts à ce livre. Et aussi à d' autres. Et, je ne
devrai pas vous le dire, mais les tais, les défauts si j' ai pris du plaisir en espérant à moitié vous

le faire saisir.

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kenavo
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MessageSujet: Re: Bengt Ohlsson [Suède]   Dim 3 Jan 2016 - 5:53

/
Gregorius
Citation :
Présentation de l’éditeur
Stockholm, au début du XXe siècle. Le pasteur Gregorius, un homme d’âge mûr, inspire le dégoût à sa jeune épouse Helga. Cette dernière l’évite en prétextant une santé fragile et des douleurs mystérieuses, que confirme complaisamment son médecin, l’intrigant docteur Glas. Sa prescription est sans appel : l’abstinence la plus stricte. Frustré, Gregorius se noie alors dans d’incessantes réflexions sur l’amour, l’âge et le désir.

Dépassant le simple jeu littéraire, Bengt Ohlsson offre avec Gregorius une variation brillante autour d’un personnage secondaire du classique Docteur Glas de Hjalmar Söderberg (1869-1941), publié en 1905. Son tour de force : rester proche de son modèle tout en composant dès les premières pages un roman singulier, qui voit les rôles s’inverser, et le bon docteur Glas devenir quatre-vingt-dix-neuf ans plus tard un personnage secondaire dans la vie du pasteur Gregorius.

Traduit dans une dizaine de langues, ce texte a valu à son auteur le très prestigieux prix August en 2004 – la principale distinction littéraire suédoise.

En regardant de plus près les nouveautés de janvier, j’ai vu ce livre de Bengt Ohlsson et puisque le livre de Hjalmar Söderberg se trouvait sur mes étagères, j’ai lu d’abord celui-là pour ensuite faire connaissance avec cette nouvelle version.

J’aime beaucoup quand un artiste s’approprie d’une œuvre de quelqu’un d’autre pour en faire quelque chose de nouveau. Tout comme Bengt Ohlsson l’a fait avec le roman Docteur Glas.

Il montre l’histoire d’un autre angle de vu. Et c’est tellement épatant ce qu’il en a fait. C’est à peine qu’on reconnaît qu’il s’agit des mêmes événements.

Mais de toute façon cela aurait été néfaste, il ne voulait pas écrire le même roman !

J’ai dû sourire à cause d’une de ses phrases dans la postface. Il a voulu tellement montrer l’aspect humain du personnage de Gregorius qu’il a même eu envie à un moment donné de changer la fin… mais finalement il s’est tenu au scénario donné par Hjalmar Söderberg.

Et c’est vrai, Gregorius a beaucoup plus de place dans ce livre et il est montré de façon qu’on ne puisse faire autrement que de ressentir de la compassion pour lui.

Lecture passionnante, l’année commence merveilleusement !



J’ai lu la version anglaise, mais j’adore la couverture de la version française… extra !!

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Arabella
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MessageSujet: Re: Bengt Ohlsson [Suède]   Dim 3 Jan 2016 - 9:51

Une période de lectures suédoise qui semble te réussir, Kenavo. Wink

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Bengt Ohlsson [Suède]   Dim 3 Jan 2016 - 11:07

est-il préférable de lire d'abord le livre Hjalmar Söderberg pour apprécier celui d'Ohlsson ?

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bix229
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MessageSujet: Re: Bengt Ohlsson [Suède]   Dim 3 Jan 2016 - 15:06

Bédoulène a écrit:
est-il préférable de lire d'abord le livre Hjalmar Söderberg pour apprécier celui d'Ohlsson ?

Je n' ai pas lu le livre de Soderberg, mais franchement, je ne pense pas qu' il soit utile de l' avoir lu pour lire celui d' Ohlsson,
puisqu' il s' agit d' une simple variation personnelle à partir à partir d' un personnage secondaire du livre de Soderberg.

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kenavo
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MessageSujet: Re: Bengt Ohlsson [Suède]   Dim 3 Jan 2016 - 15:54

Arabella a écrit:
Une période de lectures suédoise qui semble te réussir, Kenavo. Wink
yep  Very Happy

Bédoulène a écrit:
est-il préférable de lire d'abord le livre Hjalmar Söderberg pour apprécier celui d'Ohlsson ?
Comme je l’ai dit, j’aime bien si un artiste s’approprie d’une œuvre d’un autre et le transforme… donc, ma réponse sera visuelle Wink

À gauche c’est un Vermeer, à droite une photo de Tom Hunter et sa version de cette peinture…
On peut apprécier l’un ou l’autre, même les deux… et pour apprécier la photo de Tom Hunter, même pas besoin de connaître l’image de Vermeer, mais c’est quand même un plus de connaître l’original


En ce qui concerne donc ce roman, on peut sans problème seulement lire la version de Bengt Ohlsson, mais pour apprécier sa finesse, pour vraiment voir son talent et ce qu’il a fait avec ce roman de Söderberg, je pense que c’est un avantage de connaître l’original, à part que Hjalmar Söderberg est vraiment un bon auteur qui vaut le détour Very Happy

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MessageSujet: Re: Bengt Ohlsson [Suède]   Dim 3 Jan 2016 - 16:10

merci à vous deux !

je pense lire d'abord Söderberg (c'était mon idée première)

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Arabella
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MessageSujet: Re: Bengt Ohlsson [Suède]   Ven 18 Mar 2016 - 22:01

Gregorius

Nous suivons donc, de l'intérieur, le pasteur Gregorius, personnage pas si secondaire du roman de Hjalmar Södeberg, Docteur Glas. Ce dernier n'est en revanche qu'une silhouette dans Gregorius. Bengt Ohlsson fait parler son personnage à la première personne. Il raconte sa vie actuelle, en particulier la crise que traverse le couple qu'il forme avec Helga, mais aussi par bribes raconte son passé, son enfance, son premier mariage, et sa rencontre avec sa femme actuelle.

La difficulté de communiquer avec l'autre, d'aimer, s'aimer soi-même et nouer des relations authentiques et épanouissantes avec autrui, semblent être la préoccupation principale de Gregorius. Il doute de tout, de lui-même en premier, se posent des questions, rêve, a du mal à décider les choses importantes, laisse plutôt les événements décider.

Je ne sais pas s'il est vraiment sympathique, plutôt pathétique ou touchant, en revanche Bengt Ohlsson rend les autres personnages du drame, le Docteur Glas et Helga bien plus antipathiques que dans le livre original. D'une certaine façon, celui qui parle a l'avantage sur les autres.

Globalement, c'est un bon livre, prenant, d'une incontestable finesse et complexité. J'ai quand même préféré la concision de Hjalmar Södeberg, et je pense que Gregorius aurait été encore plus réussi s'il avait fait 100 pages de moins, s'il avait été plus ramassé.

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MessageSujet: Re: Bengt Ohlsson [Suède]   Sam 19 Mar 2016 - 2:57

moi, j'étais complètement happée par sa façon de raconter les événements... en ce qui me concerne, il aurait pu ajouter encore 100 pages de plus Wink
je comprends tes propos concernant Hjalmar Söderberg, mais je ne veux même pas comparer les deux livres, tellement ils sont 'différents' et du coup, pour moi ce sont deux livres individuels que j'ai apprécié tous les deux pour différentes raisons

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MessageSujet: Re: Bengt Ohlsson [Suède]   Sam 19 Mar 2016 - 10:54

Oui, c'est vrai que les deux livres sont très différents, mais cette façon très lente, avec plein de détails et de digressions, m'a moins convaincue. Cette façon que Gregorius avait d'examiner et de disséquer tous ses souvenirs, toutes ses sensations, d'imaginer des choses, m'a paru au bout d'un moment un peu redondante et me donnait une image un peu auto-complaisante du personnage. Je pense que j'aurais adhéré d'avantage si cela avait été un peu plus court. Une question de sensibilité.

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