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 René Char

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Esperluette
Sage de la littérature


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MessageSujet: Re: René Char   Lun 24 Juin 2013 - 13:14

Beau choix, mais je viens de m'apercevoir que nos paginations sont différentes Jack-Hubert!
Dans mon recueil, "Le bulletin des baux" est à la page 188. scratch

J'aime bien ce que tu dis par rapport à la récitation, on sent la respiration, le souffle de Char dans le poème que tu as cité/récité, je trouve. Wink

Du coup me voici quelques pages précédentes avec

PULVERIN

La nouvelle sincérité se débat dans la pourpre de la naissance. Diane est transfigurée. Partout où l'arche du soleil développe sa course, partout essaime le nouveau mal tolérant. Le bonheur est modifié. En aval sont les sources. Tout au-dessus chante la bouche des amants.

René Char, Fureur et mystère, Le Poème pulvérisé, p.184.
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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: René Char   Lun 24 Juin 2013 - 13:22

J'ai deux recueils de Fureur et mystère, dont celui que je consulte régulièrement qui est de 2011. J'ai repris toutes les références annotées en ajoutant l'année de mon exemplaire.

Edit : Soit dit en passant, mon exemplaire contient une préface de Yves Berger. Est-ce le cas du tien?

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«L'amplitude des contradictions à l'intérieur d'une pensée constitue un critère de grandeur.»
De Gaulle, citant Nietzsche

Dixit celui qui écrivait plus vite que son ombre.
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Esperluette
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MessageSujet: Re: René Char   Lun 24 Juin 2013 - 16:45

Mon exemplaire est plus vieux mais il contient également une préface de Yves Berger. Bizarre, cette histoire!
scratch
Pourquoi deux recueils Jack-Hubert? En quoi sont-ils différents? dentsblanches
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Esperluette
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MessageSujet: Re: René Char   Mar 25 Juin 2013 - 10:55

Je poursuis mon lent effeuillage de L’avant-monde. Tout un programme  qui me conduit jusqu’à :

MEDAILLON

Eaux de verte foudre qui sonnent l’extase du visage aimé, eaux cousues de vieux crimes, eaux amorphes, eaux saccagées d’un proche sacre… Dût-il subir les semonces de sa mémoire éliminée, le fontainier salue des lèvres l’amour absolu de l’automne.
Identique sagesse, toi qui composes l’avenir sans croire au poids qui décourage, qu’il sente s’élancer dans son corps l’électricité du voyage.


René Char, Seuls demeurent (1938-1944), L’avant-monde, Fureur et mystère, 1948, douzième poème, Poésie/Gallimard, p.30.
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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: René Char   Mar 25 Juin 2013 - 11:48

Lent effeuillage qui ne laisse plus que le médaillon pour atour ...
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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: René Char   Mar 25 Juin 2013 - 12:04

Le nu perdu surgi, j'extirpe «La scie rêveuse» :


René Char, Le nu perdu, 2000, Poésie/Gallimard, p. 67. a écrit:
S'assurer de ses propres murmures et mener l'action jusqu'à son verbe en fleur. Ne pas tenir ce bref feu de joie pour mémorable.


Cessons de lancer nos escarbilles au visage des dieux faillis. C'est notre regard qui s'emplit de larmes. Il en est qui courent encore, amants tardifs de l'espace et du retrait. Ainsi, dieux improbables, se veulent-ils peu diligents dans la maison mais empressés dans l'étendue.


Loi de rivière, loi au juste report, aux pertes compensées mais aux flancs déchirés, lorsque l'ambitieuse maison d'esprit croula, nous te reconnûmes et te trouvâmes bonne.


Souffle au sommeil derrière ses charrues : «Halte un moment : le lit n'est pas immense!»


Entends le mot accomplir ce qu'il dit. Sens le mot être à son tour ce que tu es. Et son existence devient doublement la tienne.
Seule des autres pierres, la pierre du torrent a le contour rêveur du visage enfin rendu.

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Esperluette
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MessageSujet: Re: René Char   Mar 25 Juin 2013 - 12:41

GrandGousierGuerin a écrit:
Lent effeuillage qui ne laisse plus que le médaillon pour atour ...

Et quel médaillon.
Cette image semble te laisser rêveur, GGG!
Wink

jack-hubert bukowski a écrit:
Le nu perdu surgi, j'extirpe «La scie rêveuse» :


René Char, Le nu perdu, 2000, Poésie/Gallimard, p. 67. a écrit:
S'assurer de ses propres murmures et mener l'action jusqu'à son verbe en fleur. Ne pas tenir ce bref feu de joie pour mémorable.


Cessons de lancer nos escarbilles au visage des dieux faillis. C'est notre regard qui s'emplit de larmes. Il en est qui courent encore, amants tardifs de l'espace et du retrait. Ainsi, dieux improbables, se veulent-ils peu diligents dans la maison mais empressés dans l'étendue.


Loi de rivière, loi au juste report, aux pertes compensées mais aux flancs déchirés, lorsque l'ambitieuse maison d'esprit croula, nous te reconnûmes et te trouvâmes bonne.


Souffle au sommeil derrière ses charrues : «Halte un moment : le lit n'est pas immense!»


Entends le mot accomplir ce qu'il dit. Sens le mot être à son tour ce que tu es. Et son existence devient doublement la tienne.
Seule des autres pierres, la pierre du torrent a le contour rêveur du visage enfin rendu.

Mince Jack-Hubert, tu le fais exprès ma parole! Nous revoilà avec le Nu en poésie!
Je ne connais pas ce recueil de poèmes, je vais suivre ce fil avec passion, alors.
Razz
Très beau choix. Merci de ce partage. Wink

Ainsi me voici encouragée à vous livrer, toujours plus!

AFIN QU'IL N'Y SOIT RIEN CHANGE.

1.
Tiens mes mains intendantes, gravis l’échelle noire, ô Dévouée ; la volupté des graines fume, les villes sont fer et causerie lointaine.

2.
Notre désir retirait à la mer sa robe chaude avant de nager sur son cœur.

3.
Dans la luzerne de ta voix tournois d’oiseaux chassent soucis de sécheresse.

4.
Quand deviendront guides les sables balafrés issus des lents charrois de la terre, le calme approchera de notre espace clos.

5.
La quantité de fragments me déchire. Et debout se tient la torture.

6.
Le ciel n’est plus aussi jaune, le soleil aussi bleu. L’étoile furtive de la pluie s’annonce. Frère, silex fidèle, ton joug s’est fendu. L’entente a jailli de tes épaules.

7.
Beauté, je me porte à ta rencontre dans la solitude du froid.
Ta lampe est rose, le vent brille. Le seuil du soir se creuse.

8.
J'ai, captif, épousé le ralenti du lierre à l'assaut de la pierre de l'éternité.

9.
« Je t’aime », répète le vent à tout ce qu’il fait vivre.
Je t’aime et tu vis en moi.



René Char, Seuls demeurent (1938-1944), L’avant-monde, Fureur et mystère, 1948, douzième poème, Poésie/Gallimard, p.30.
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Esperluette
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MessageSujet: Re: René Char   Mer 26 Juin 2013 - 9:40

Très particulier ce poème aujourd'hui, une impression de fin du monde annoncée par un oiseau si lumineux, vécue comme une immense détresse.





LE LORIOT


                                                         3 septembre 1939


Le loriot entra dans la capitale de l’aube.
L’épée de son chant ferma le lit triste.
Tout à jamais prit fin.




René Char, Seuls demeurent (1938-1944), L’avant-monde, Fureur et mystère, 1948, quatorzième poème, Poésie/Gallimard, p.33.








 
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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: René Char   Mer 26 Juin 2013 - 9:59

Esperluette a écrit:


PULVERIN

La nouvelle sincérité se débat dans la pourpre de la naissance. Diane est transfigurée. Partout où l'arche du soleil développe sa course, partout essaime le nouveau mal tolérant. Le bonheur est modifié. En aval sont les sources. Tout au-dessus chante la bouche des amants.

René Char, Fureur et mystère, Le Poème pulvérisé, p.184.
J'aime beaucoup ces vers qui m'évoquent un des moments les émouvants.
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MessageSujet: Re: René Char   Mer 26 Juin 2013 - 10:09

GrandGousierGuerin a écrit:
Esperluette a écrit:


PULVERIN

La nouvelle sincérité se débat dans la pourpre de la naissance. Diane est transfigurée. Partout où l'arche du soleil développe sa course, partout essaime le nouveau mal tolérant. Le bonheur est modifié. En aval sont les sources. Tout au-dessus chante la bouche des amants.

René Char, Fureur et mystère, Le Poème pulvérisé, p.184.
J'aime beaucoup ces vers qui m'évoquent un des moments les émouvants.

N'est-il pas?
D'ailleurs, je lis bien ton émotion, GGG, tu en oublies un mot!
Razz
Pardonne-moi, je ne devrais pas relever mais c'est plus fort que moi.

Ce poème me touche aussi. René Char, par un don inné pour lier les mots entre eux, provoque des images qui nous illuminent, nous transfigurent.
Le titre choc, qui évoque la poudre, pour donner libre cours "la pourpre de la naissance" qui traduit la mise en route du poème et ce chant final de "la bouche des amants" pour clore cette course est sublime.

Ravie que ces vers te touchent également!
flower
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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: René Char   Mer 26 Juin 2013 - 11:41

@& En regard de ton commentaire et de mon omission, je plussoie dentsblanches
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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: René Char   Mer 26 Juin 2013 - 12:05

Pour laisser sans mot, Lettera amorosa se conclut par cette prose poétique :

René Char, Lettera amorosa, 2007, Poésie/Gallimard, p. 52 a écrit:
Merci d'être, sans jamais te casser, iris, ma fleur de gravité. Tu élèves au bord des eaux des affections miraculeuses, tu ne pèses pas sur les mourants que tu veilles, tu éteins des plaies sur lesquelles le temps n'a pas d'action, tu ne conduis pas à une maison consternante, tu permets que toutes les fenêtres reflétées ne fassent qu'un seul visage de passion, tu accompagnes le retour du jour sur les vertes avenues libres.

À côté de ce poème d'accompagnement, une des plus belles illustrations de Georges Braque nous permet un état de recueillement complet.

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MessageSujet: Re: René Char   Mer 26 Juin 2013 - 12:09

GrandGousierGuerin a écrit:
@& En regard de ton commentaire et de mon omission, je plussoie dentsblanches

Wink
Merci GGG, mais mon commentaire n'est qu'une ébauche, je pencherais plus pour une impression fugitive.

René Char, déroute ,et en même temps, me noue le cœur et l'âme. Le lecteur passe d'une succession d'aphorismes avec Afin qu'il n'y soit rien changé, où le lecteur peut être porté par la musicalité de certains vers :

3.
Dans la luzerne de ta voix tournois d’oiseaux chassent soucis de sécheresse.


à un poème bref qui nous percute comme un obus, rappelant l'invasion de l'Allemagne en Pologne dans  Le Loriot à ce poème qui ressemble par sa longueur à une très brève nouvelle.


ÉLÉMENTS


Au souvenir de Roger Bonon,
tué en mai 1940 (mer du Nord).


        Cette femme à l'écart de l'affluence de la rue tenait son enfant dans ses bras comme un volcan à demi consumé tient son cratère. Les mots qu'elle lui confiait parcouraient lentement sa tête avant de trouer la léthargie de sa bouche. Il émanait de ces deux êtres, dont l'un ne pesait guère moins que la coque d'une étoile, un épuisement obscur qui bientôt ne se raidirait plus et glisserait dans la dissolution, cette terminaison précoce des misérables.
        Au ras du sol la nuit entrait légère dans leur chair qui titubait. À leurs yeux les mondes avaient cessé de s'affronter, s'ils l'avaient jamais fait.
Dans cette femme encore jeune un homme devait avoir racine, mais il demeurait invisible comme si l'horreur, à bout de forces, s'en était tenue là.
L'entrain égoïste, congé des idiots et des tyrans, qui flâne toujours dans les mêmes parties éclairées de son quartier est apostume ; la vulnérabilité qui ose se découvrir nous engage étroitement.
             J'entrevois le jour où quelques hommes qui ne se croiront pas généreux et acquittés parce qu'ils auront réussi à chasser l'accablement de la soumission au mal des abords de leurs semblables en même temps qu'ils auront atteint et maîtrisé les puissances de chantage qui de toutes parts les bravaient, j'entrevois le jour où quelques hommes entreprendront sans ruse le voyage de l'énergie de l'univers. Et comme la fragilité et l'inquiétude s'alimentent de poésie, au retour il sera demandé à ces hauts voyageurs de vouloir bien se souvenir.


René Char, Seuls demeurent (1938-1944), L’avant-monde, Fureur et mystère, 1948, quinzième poème, Poésie/Gallimard, p.34-35.
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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: René Char   Mer 26 Juin 2013 - 12:11

Tu comptes révoquer les droits d'auteur de Fureur et mystère, esperluette...? Wink

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Esperluette
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MessageSujet: Re: René Char   Mer 26 Juin 2013 - 12:13

jack-hubert bukowski a écrit:
Pour laisser sans mot, Lettera amorosa se conclut par cette prose poétique :

René Char, Lettera amorosa, 2007, Poésie/Gallimard, p. 52 a écrit:
Merci d'être, sans jamais te casser, iris, ma fleur de gravité. Tu élèves au bord des eaux des affections miraculeuses, tu ne pèses pas sur les mourants que tu veilles, tu éteins des plaies sur lesquelles le temps n'a pas d'action, tu ne conduis pas à une maison consternante, tu permets que toutes les fenêtres reflétées ne fassent qu'un seul visage de passion, tu accompagnes le retour du jour sur les vertes avenues libres.

À côté de ce poème d'accompagnement, une des plus belles illustrations de Georges Braque nous permet un état de recueillement complet.

cheers
Merci Jack-Hubert, ce poème se lit comme un cadeau et les illustrations de Braque l'accompagnent à merveille.

aime

Je poste la couverture coeur

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MessageSujet: Re: René Char   Aujourd'hui à 19:49

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