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 Leonide Dobytchine

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tom léo
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MessageSujet: Leonide Dobytchine    Mer 9 Juil 2014 - 17:43

Léonide Dobytchine


est né en 1896 à Dvinsk. Après une formation d'ingénieur, il part pour Léningrad au début des années vingt. Il publie trois livres: deux recueils de nouvelles Rencontre avec Lise (1927) et Le Portrait (1931) et le roman La Ville de N (1935). Au début des années trente s'imposa une nouvelle' politique culturelle conservatrice, dirigée notamment contre les soi-disant écrivains " formalistes ". La Ville de N fut dénoncée publiquement lors d'une session de l'assemblée des écrivains de Léningrad en janvier 1936. Dobytchine disparut quelques; semaines plus tard. Après l'hiver, ce que l'on redoutait se confirma: Dobytchine s'était suicidé (à quarante ans) ; son corps fut repéché de la Néva. Chourka et sa famille (1935-1936) est publiée, posthume, en 1993.

http://circeberlin.com/2013/10/28/leonid-ivanovitch-dobytchine-1896-1936

BIBLIOGRAPHIE:
Deux recueils de nouvelles:
Rencontres avec Lise (1927)
Le Portrait (1931)
et le roman:
La Ville de N. (1935)

Un œuvre très mince, exigeant qui consiste de deux petits recueils de nouvelles et un petit roman.
(Publiés aux éditions Circé.)
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tom léo
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MessageSujet: Re: Leonide Dobytchine    Mer 9 Juil 2014 - 17:57

Nouvelles (entre 1923-1931), paru en allemand sous le titre "Teetrinken (Thé)" (titre d'une de ces nouvelles). Avec, au russe et en allemand ces titres là (en titre indicatif les possibles traductions françaises):

Original : Чай/рассказы (Russe, entre 1923 et 1931)

CONTENU : 13 Nouvelles
1. « Rencontres avec Lys »/Begegnungen mit Lis/Встречи с Лиз (1924)
2. « Kozlova »/Koslowa/Козлова (1923)
3. « Iérigine »/Jerygin/Ерыгин (1924) ;
4. « L'infirmière »/Die Krankenpflegerin/Сиделка (1926)
5. « Liochka »/Ljoschka/Лешка (1926) 
6. « Konopatchikova »/Konopattschikowa /Конопатчикова 
7. « Les adieux »/Abschied/Прощание
8. « Le père »/Der Vater/Отец ;
9. « Le jardin »/Der Garten/ Сад
10. «Le portrait »/Das Foto/Портрет (1931)
11. « Ninion »/Ninion/Нинон (1924)
12. »Le matériel »/Das Material/Матерьял (1930)
13. « Thé »/Teetrinken/Чай (1930)

« Avec prédilection Dobytchine met le focus sur la vie quotidienne, les pensées, les motivations et les points de vue des gens qui en général ne sont pas les protagonistes de la grande Histoireet des grands romans : Des femmes, en plus des veuves âgées, des enfants. Le « à coté » et l'omission deviendront chez lui un procèdé littéraire. On y trouve pas des narrateurs de vérités autorisés, mais des fragments de perceptions intimes et tranquilles (…) qui sont des fois mis ensemble ou l'un à coté de l'autre sont explications. » (Source et article intéressant : http://www.deutschlandradiokultur.de/russische-literatur-wunder-und-abgruende.950.de.html?dram:article_id=273893 )

REMARQUES :
Surtout en lisant les premières de ces nouvelles, et avec alors le premier contact avec l'oeuvre de cet auteur, je me sentais face à un OVNI : Mais qu'est-ce qui se passe ici ? Quelle écriture ?! Apparemment – et je souligne apparemment – des affirmations, des phrases sans liens entre elles, souvent courtes, simples de structures (Sujet, Verbe, Objet). Qu'est-ce qui relie, qu'est-ce qui donne une cohésion ? Peut-être mauvaise comparaison : L'impression de rencontrer un impressiniste écrivant, des touches par ici, des touches par là, vues de près sans vue d'ensemble presque, mais observées, considérées de loin ils donneront comme une impression de cette première décnnie après la révolution russe et les soi-disant changements d'homme et de société.

Et toujours on rencontrera des renvois aux « nouveaux temps » et son dictat, les abbrévations en mode et des signes cachés de, par exemple, manifestations politiques. Mais derrière cela nous trouverons comme des réliques et des gestes, des lieux et des motivations irremplaçables, omniprésents d'un temps « éternel ». Ainso on est face à des motifs revenants constamment dans des déclinaisons différentes : le thé, l'envie de séduire, le regard ironique sur la comédie humaine et politique, la Bania (la Sauna/le bain russe), les icônes, la lune... Derrière cela apparaît comme une mise en question de la prétention officielle d'avoir créé l'homme nouveau. Qu'est-ce qui est l'homme vraiment ? Qu'est-qu'il restera ? Donc, critique, voir scepticicisme anvers ces promesses idéologiques... Pas de miracle que cet auteur a connu la critique officile, la mise au ban... et a cherché, probablement l'issu dans le suicide ?!

Mais avouons-le : cette lecture peut confondre. En continuant – mais est-ce que je me suis habitué au style de l'auteur ou est-ce que les nouvelles plus tardives avaient changé un peu l'accent ? - je tombai sur des ouevres plus « simples » de lectures, voir moins confondants, plus « unis ».

Dans l'édition allemande se trouve un après-propos splendide et éclairant écrit par l'écrivain et l'essayiste Viktor Ierofieiv (« Koukine et l'harmonie universelle »). Je cite (traduction approximative de ma part) :
« (…) l'impassabilité du narrateur qui poursuit avec une certaine tension intérieure, cachée par l'ironie, le processus de la renaissance du petit citoyen. »

Des nouvelles, des approches un peu différents qui pourraient révèler à l'une ou à l'autre d'entre nous une autre perle de la littérature si riche de la Russie!
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bix229
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MessageSujet: Re: Leonide Dobytchine    Mer 9 Juil 2014 - 19:36

Tout à fait ! Un auteur particulier dans la production si riche  de l' époque. Une époque qui a quand
meme censuré ou provoqué l' autocensure de nombreux auteurs.

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tom léo
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MessageSujet: Re: Leonide Dobytchine    Mer 9 Juil 2014 - 21:49

bix229 a écrit:
Tout à fait ! Un auteur particulier dans la production si riche  de l' époque. Une époque qui a quand meme censuré ou provoqué l' autocensure de nombreux auteurs.

Oui. Mais il faudrait encore distinguer entre les premières années où une certaine créativité était encore tolérée, en gros jusqu'au milieu des années 30, et puis la vague horrible des "purifications". C'est à ce moment-là que Dobytchine aussi a été victime... Mais en tant que je sache, ces livres avaient pu être publié dans les années vingt, voir 1934 encore, même si à la fin ils tombait sous le reproche du "formalisme" - façon officielle de mettre l'auteur dans la cible. Lors d'une session il a été ouvertement critiqué et invité à un retournement: il ne l'a pas fait. Mais a, apparemment, choisi une autre sortie...
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coline
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MessageSujet: Re: Leonide Dobytchine    Ven 11 Juil 2014 - 1:09

tom léo a écrit:


Des nouvelles, des approches un peu différents qui pourraient révèler à l'une ou à l'autre d'entre nous une autre perle de la littérature si riche de la Russie!


Allez...je l'inscris à mon "répertoire russe"! content 
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Arabella
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MessageSujet: Re: Leonide Dobytchine    Ven 12 Déc 2014 - 19:00

La ville de N.

Le titre du livre fait référence au roman Les âmes mortes de Gogol, dont le narrateur du livre est un fervent admirateur. C'est en même temps la ville de Dvinsk, dont est originaire l'auteur. La trame du roman se confond avec celle de la vie du narrateur, personnage falot et insignifiant, qui vit au gré du hasard, et de la volonté des autres, à qui il arrive bien peu de choses. Aucune passion ni envie forte ne semble l'habiter, il traversa la vie comme elle vient, comme d'ailleurs semblent le faire d'autres personnages de cette petite ville provinciale, où tout le monde se connaît, a ses petites habitudes, et tourne un peu en rond. Des existences monotones, à qui quelque chose d'essentiel semble manquer. L'auteur en rend magistralement compte, avec un humour particulier, par moments un rien cruel pour ses personnages.

Tom Léo le souligne, l'écriture est particulière, impersonnelle, simple en apparence, sans effets de style, mais en réalité chaque mot semble pensé pour donner à la fois une signification et un rythme, un rythme semblant à la vie cette petite ville, somnolente et émolliente. Les crises, les violences, sont là quelque part, mais la vision du narrateur les dissout, les rend lointaines et vagues.

Un roman étonnant, très original, d'un auteur de grand talent, avec un univers propre. Il me reste encore les nouvelles à découvrir.

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coline
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MessageSujet: Re: Leonide Dobytchine    Lun 15 Déc 2014 - 15:07

Ton commentaire m'amène à le replacer sur le haut de ma PAL...Après une première tentative (lorsque Tom Léo en avait parlé) où il m'était tombé des mains, je vais lui donner une seconde chance.
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Arabella
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MessageSujet: Re: Leonide Dobytchine    Lun 15 Déc 2014 - 19:27

Je ne sais pas si c'est un livre pour toi Colin, l'écriture a quelque chose de sec, de dépouillé, a l'opposé d'écriture baroques et chatoyantes que tu apprécie me semble-t-il. Mais je me trompe sans doute.

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tom léo
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MessageSujet: Re: Leonide Dobytchine    Lun 15 Déc 2014 - 22:37

Oui, coline, je ressens cela comme Arabella:

Arabella a écrit:
Je ne sais pas si c'est un livre pour toi Colin, l'écriture a quelque chose de sec, de dépouillé, a l'opposé d'écriture baroques et chatoyantes que tu apprécie me semble-t-il. Mais je me trompe sans doute.

... même si on ne sait jamais. Je suis content qu'un autre a apprécié! La ville de N - je devrais aussi avoir quelque part? intense reflexion
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Arabella
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MessageSujet: Re: Leonide Dobytchine    Lun 15 Déc 2014 - 23:00

Et moi je vais me procurer les nouvelles. On trouve des merveilles aux éditions Circé.

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coline
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MessageSujet: Re: Leonide Dobytchine    Lun 15 Déc 2014 - 23:08

tom léo a écrit:
Oui, coline, je ressens cela comme Arabella:

Arabella a écrit:
Je ne sais pas si c'est un livre pour toi Colin, l'écriture a quelque chose de sec, de dépouillé, a l'opposé d'écriture baroques et chatoyantes que tu apprécie me semble-t-il. Mais je me trompe sans doute.

... même si on ne sait jamais.

Vous ne vous trompez pas...content Mais comme dit Tom Léo:"On ne sait jamais". Et vos deux commentaires m'ont tout de même interpelée alors je retenterai une nouvelle fois. content
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Arabella
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MessageSujet: Re: Leonide Dobytchine    Dim 26 Juin 2016 - 10:36

Rencontres avec Lise

Ecrivain météore, avalé comme tant d'autres par la révolution russe, Dobytchine n'a eu le temps de publier que deux recueils de nouvelles, et un roman, La ville de N, , dénoncé publiquement comme formaliste, et qui poussa l'auteur au suicide. Formaliste n'est pas faux, dans le sens où la forme, l'écriture sont au centre de cette oeuvre, qui procède par petits bouts de tranches de vie, par saccades, par morceaux, sans soucis d'un récit structuré et encore moins d'une morale positive. On entrevoit les mentalités de cette période de transition, où le parti commence à remplacer l'église, une nouvelle obédience au lieu d'une plus ancienne. Et le tourbillon des changements rapides est magistralement rendu par l'éclatement du récit, la vie provinciale assoupie est poussée de l'avant sans que les habitants puissent comprendre vraiment ce qui leur arrive irrémédiablement.

Une lecture intéressante, même si elle demande une réelle disponibilité pour pouvoir l'apprécier.

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