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 Philippe Delerm

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Chatperlipopette
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MessageSujet: Philippe Delerm   Sam 18 Aoû 2007 - 12:31



Citation :
Philippe Delerm est un écrivain français. Né le 27 novembre 1950 à Auvers-sur-Oise, il est le fils d'enseignants. Après une enfance heureuse, il devient professeur de lettres au collège Marie Curie à Bernay. Il est l'auteur du recueil de nouvelles La première gorgée de bière et le père de l'auteur-compositeur-interprète Vincent Delerm.

Il commence à envoyer ses premiers manuscrits dès 1976 mais se heurte au refus des éditeurs. Il devra attendre 1983 pour se faire enfin publier. En 1997, La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules lui permet enfin de se faire connaître du grand public.

On retrouve dans ses œuvres les descriptions des petits riens qui font la vie. Dans La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, il décrit avec volupté une scène de vie d'un quai de gare ou d'une virée en voiture... Ce roman contient en tout 35 petites histoires de deux ou trois pages chacune.

Toujours professeur dans la ville de Bernay, il se rend régulièrement à Rouen afin d'étancher sa soif de lecture chez ses amis libraires et publie aussi des livres pour enfants. Un essai éclairant lui a été consacré en 2005 : Philippe Delerm et le minimalisme positif (Éditions du Rocher, par Rémi Bertrand, lui-même écrivain).
source: wikipedia
Citation :
Après une enfance heureuse auprès de ses parents enseignants, Philippe Delerm poursuit des études de lettres à la faculté de Nanterre avant de devenir enseignant à son tour. En 1975, il se marie et s'installe à Beaumont-le-Roger, dans l'Eure. Il envoie ses premiers manuscrits dès 1976, se heurtant d'abord à des refus d'éditeurs. En 1983, 'La Cinquième saison' suscite l'intérêt, mais c'est son recueil de nouvelles, 'La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules', qui le fait connaître du grand public en 1997. Il publie ensuite plusieurs ouvrages, romans - 'Il Avait plu tout le dimanche' (2000) , 'La Sieste assassinée' (2001) , 'Enregistrements pirates' (2004) - nouvelles - 'L'Envol' (1995) - essais - 'Les Chemins nous inventent' (1999)... L'auteur, peintre des petits bonheurs et des petits riens de la vie, est le premier surpris de son succès considérable mais garde les pieds sur terre. Toujours professeur dans son petit village, il se rend régulièrement à Rouen afin d'étancher sa soif de lecture chez ses amis libraires et publie aussi des livres pour enfants. En 2007, Philippe Delerm publie le livre 'A Garonne'.
source: Evene
Bibliographie

Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)
1983 La Cinquième Saison, Page 1,  
1986 Le Bonheur, Page 1,
1987 Rouen,  
1988 Autumn, Page 2
1989 La Fille du Bouscat,
1994 Mister Mouse ou La Métaphysique du terrier,
1994 Surtout, ne rien faire,
1995 En pleine lucarne ,
1995 L'Envol,
1996 Sortilège au muséum,
1996 Sundborn ou les Jours de lumière,
1997 La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, Page 3
1997 La Malédiction des ruines,
1998 Panier de fruits,
1998 Elle s'appelait Marine,
1998 Le Miroir de ma mère (en collaboration avec Marthe Delerm),
1998 Il avait plu tout le dimanche,
1999 Les chemins nous inventent (essai),
1999 Le Portique, Page 4,
2000 Un été pour mémoire,
2001 La Sieste assassinée (nouvelles),
2001 C'est toujours bien,
2001 Fragiles,
2001 Intérieur, sur le peintre danois Vilhelm Hammershoi, Page 3
2001 Les Amoureux de l’Hôtel de Ville,
2001 C'est bien, Milan,
2001 Monsieur Spitzweg s'échappe,
2002 Le Buveur de temps,
2002 Les glaces du Chimborazo,
2002 Paris l'instant,
2003 Enregistrements pirates,
2005 Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables, Page6,
2005 La Bulle de Tiepolo, Page 2,
2005 Ce Voyage,
2005 Quiproquo, Page 1,
2006 Maintenant, foutez-moi la paix !,
2006 À Garonne, Pages 1, 2,
2007 La Tranchée d'Arenberg et autres voluptés sportives,
2008 Traces, Pages 1, 3,
2008 Ma grand-mère avait les mêmes, Page 5,
2009 Quelque chose en lui de Bartleby, Page 3, 4,
2010 Sous le signe d'Hélène Cadou,
2011 Le trottoir au soleil, Page 3,
2011 Écrire est une enfance,
2012 Je vais passer pour un vieux con, Page 4,

Citation :
mise à jour le 22/10/2013, page 6
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MessageSujet: Re: Philippe Delerm   Sam 18 Aoû 2007 - 12:34

Une interview donnée à EVENE

ICI

Un portrait dans Lire
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MessageSujet: Re: Philippe Delerm   Sam 18 Aoû 2007 - 12:48

"Le bonheur"




Il est des livres que l'on achète et que l'on range dans sa bibliothèque puis qu'on oublie, exprès histoire de prolonger l'attente de la lecture. On les regarde, on les change de place, on les manipule, on les feuillette, on les caresse, on les respire puis on les repose sans les lire. La lecture toujours remise à « plus tard », à « une autre fois »... Un jour, enfin!, on les sort des étagères de la bibliothèque et on les lit!
Ainsi en fut-il avec « Le bonheur » de Philippe Delerm et moi. Pourquoi maintenant et non hier ou avant-hier? Est-ce la lecture tourmentée de « Mort à crédit » de Céline qui exige des respirations, des apaisements? Est-ce l'envie irrépressible d'ouvrir ce livre et d'en lire les mots, les phrases après tout ce faux oubli?

« Le bonheur est fragile. Tu n'es pas funambule et tu avances pas à pas. Tu ne sais rien des jours, tu glisses sur un fil, au loin tu ne vois pas. Si tu regardes en bas c'est le vertige, ne regarde pas. En bas tous les oiseaux se glacent et tous les hommes se protègent. Tu marches un peu plus haut, mais le bonheur est difficile. Tu risques à chaque pas, tu avances docile. A chaque risque le bonheur est là. Tu avances vers toi; le bout du fil n'existe pas. »
Ainsi commence ce recueil de textes ayant pour thème le bonheur et sa quête.

Le bonheur est-il un mot qu'il faut taire ou seulement murmurer afin de ne froisser personne? Le bonheur est-il si fugace qu'il peut s'enfuir à tout jamais sans avoir eu le temps de le voir ou de le vivre? Et si le bonheur n'était tout simplement que tous ces instants multiples et épars que l'on vit au quotidien!
Philippe Delerm parle de lui, de son amour intense pour ses proches, de son bonheur d'être à leurs côtés, de les regarder vivre, rire, pleurer, rêver. C'est avec son coeur, ses fibres intimes qu'il écrit ces textes si beaux, si doux, comme des tableaux d'une vie feutrée et intense: il parle de lui, de ce qui l'a construit en tant qu'homme. C'est sans détour, sans fard, parfois d'une grande sensualité dans laquelle le lecteur peut se retrouver l'espace d'une image.
J'ai aimé partagé les heures d'écriture d'avant le petit matin, lorsque la maisonnée dort encore et que le café passe goutte à goutte dans la cuisine. Cette cuisine, pièce maîtresse de la maison, pièce de vie où les goûters aux arômes délicieux côtoient les pinceaux , les crayons, les pots de couleurs et les papiers d'aquarelles. Pas d'atelier ni de bureau où la fibre artistique seraient confinés...non, seulement une grande table en bois plein, aux multiples traces de vie domestique! La vie du dehors entre étouffée dans ce cocon chaud et accueillant: des voix qui résonnent, des pas qui claquent, une voiture qui passe en faisant bruire les flaques d'eau de la rue...
J'ai aimé partir au gré des balades en forêt où les couleurs naissent sous les images de la plume et de l'encre. Les marées d'équinoxe, les balades à Honfleur, les promenades à Bruges en novembre (et pas autrement sinon le charme n'opère pas!).
Les rires et les larmes sont proches: Vincent et son enfance magique, l'absence d'une soeur trop tôt disparue accompagnant Philippe...
Les odeurs des écoles d'autrefois, du temps où enseigner était le sacerdoce d'un couple: les immenses cartes de géographie, les leçons d'observation, les pages d'écriture, les silences des cours de récréation pendant les vacances...
Ah! les souvenirs de lecture, de « ces paradis perdus » que l'on aime reconquérir devenu grand: Tintin et « L'affaire tournesol », avec la scène fameuse où Tintin et le Capitaine Haddock se cachent derrière un rocher pendant que des hommes de main syldaves embarquent Tournesol; « L'île au trésor » et ses pirates à faire transpirer de terreur le jeune lecteur....
J'ai aimé l'ouverture et la clôture du recueil: une scène de vacances estivales, sous le soleil...Delerm est le spectateur, presque voyeur, de Vincent et Martine riant autour d'une table, un midi, gestes machinaux surpris et devenant ainsi sublimes et précieux.
Le bonheur à respirer, à regarder et admirer à chaque minute de la vie et non à fuir, comme le dit une chanson, avant qu'il ne se sauve...le bonheur que l'on porte en soi à condition de ne pas oublier qu'il est toujours plus près qu'on ne le pense.
Et si le bonheur était cet état donné par la menace de perdre ceux qu'on aime? La perte et non l'acquisition moteur de notre bonheur? La conscience de profiter au maximun de ce que la vie avec nos amours, nos proches peut nous apporter chaque jour, miette après miette tout au long de la vie....
Un Delerm personnel, émouvant que l'on peut faire nôtre! A lire lorsque le poids de la vie semble un peu lourd, petit pontillé lumineux qui redonne confiance et sourire!

« Tous ces petits bonheurs si simplement gagnés parce que le temps peut s'arrêter, et mesurer l'effort avant de repartir, tous ces petits bonheurs comptent dans une vie, font la terre plus douce, le plaisir meilleur, et Sisyphe va s'arrêter. Tant pis pour la malédiction des dieux. Le vent souffle sur son visage un air de liberté, comme la terre est belle! Comment avait-il pu ne pas la regarder? Le monde est un spectacle, le bonheur ne se compte pas. La pierre a dévalé la pente, peu importe. C'est un matin de plein été, et l'air comme l'eau, juste avant le soleil de la journée. Il faut imaginer Sisyphe heureux. » (p 60)

« Les enfants dansent et l'enfance s'en va, c'est ça le grand voyage. Vigneault le chante, mais ses paroles un jour rencontreront une autre enfance. Le temps n'est pas perdu d'avance pour les danseurs, les arlequins, les prince ssilencieux des palais solitaires. Vincent le voyageur s'éloigne au grand pays. J'aime sa danse et le silence qui la suit. Avec des mots je l'imagine... » (p 95)

« Après l'amour nous sommes ensemble; je retrouve un jardin; au bout, je pousse lentement la grille de ton square. Il me mnquait depuis toujours, je ne le savais pas. Après l'amour ne bouge pas. Dans le creux de nos bras reviennent les images, nos corps se confondent en enfance, il faut rester longtemps(....) Au-delà des corps de dunes, c'est le cri du plaisir, peut-être, assourdi dans l'espace au bout d'un grand voyage abstrait dans la douceur du sable, un cri lointain mais qui propage d'autres courbes, des ondes de mémoire au-dessus de l'oubli.
Après l'amour, tu viens dans mon épaule, et je regarde au bout du monde au bout du lit cette image vertigineuse et familière où l'on peut tomber en rêvant, se perdre lentement, se retrouver, comme en sommeil, comme en amour, jusqu'à l'enfance. »
(p 129 et 130)
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liloutine
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MessageSujet: Re: Philippe Delerm   Lun 26 Nov 2007 - 21:05

Je suis en train de lire avec un plaisir incommensurable le dernier livre de poche paru : "A Garonne". C'est un très joli récit sur ses souvenirs de vacances enfants. Il arrive à nous communiquer l'amour de cette région. On sent les liens du sang qui le lient également à ce Beau "pays".
Nous avons ainsi la description des parties de pêches entre cousins et cousines surveillées sous le regard bienveillant de son père, ses promenades à vélo et toutes les petites anecdotes que nous avons connues d'une manière ou d'une autre enfant . En bref, un ouvrage où il est bon de se perdre entre les lignes et de retrouver quelques similitudes avec nos vacances enfantines à la campagne chez papi et mamie .
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coline
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MessageSujet: Re: Philippe Delerm   Lun 26 Nov 2007 - 23:13

Relevées dans "La cinquième saison" ces phrases si sensibles:

-Tu ne revivras pas, mais il y a ce chemin des mots qui mène un peu plus près de ton sourire ; le souvenir ne te rend pas, mais tu sourds quelquefois de cette folie douce de t'écrire, avec au bout le son-vertige de ta voix.

-J'essaie souvent de te rejoindre au fil des nuits dans cette valse qui commence après le choc et le pylône renversé. Le bruit ne m'effraie pas, il est encore dans la vie, mais c'est après la valse lente.

-Elle en parle sans larmes, avec au fond des yeux le poids de l'habitude du chagrin.

-J'apprends comme il est simple et fort d'aimer tout seul.

- Tu viens sur le velours des mots. J'ai acheté un beau cahier pour te parler.

-J'écris pour la musique de tes jours blessés, petite musique à l'encre bleue, coup de griffe sur le temps, sourire blanc sous la chanson des mots.

-Là sur le papier petits carreaux, les lettres bleues s'attachent, se séparent, c'est un chemin qui me bat la chamade, avec des coupes blanches et des instants de toi, le fil de cette vie que je ne savais pas, au tempsd'ensemble de nos corps.

-Il faut partir ou bien rester, cela revient au même gris. Je t'écris ça ce soir avec cette envie de mourir, la fatigue si longue ; le chagrin seul me tient ici, brûlure au creux de la poitrine.
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coline
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MessageSujet: Re: Philippe Delerm   Lun 26 Nov 2007 - 23:15

Quiproquo

Si , comme moi, vous goûtez les mots de Philippe Delerm, la musique et les images qu’ils font naître comme dans un rêve, vous pouvez lire Quiproquo

Une petite histoire en apparence très simple mais il s’agit pourtant du bouleversement d’une existence. D’’un changement de cap radical dans le rapport au monde d’un homme qui, passant du Nord au Sud, va jouer, pour lui et pour les autres, un rôle tout différent de celui qu’il jouait antérieurement.

Cet homme est un journaliste du Nord de la France qui part en reportage dans le Sud-Ouest. De passage à Beaumont-de-Lomagne , très vite il est séduit par « les tuiles canal si chaudes et rondes ", " la lumière de la brique rose, le vert profond des pins et des cyprès, le vert pâle des peupliers ".
Instants de pure poésie, qui encensent les lieux…
Alors il décide de poser ses valises tout près de là, à Camparolles . « La perfection musicale de ce mot avait un je-ne-sais-quoi de mélancolie dans la richesse mélodique", dit-il.
Arrivé dans ce village, il rencontre une veuve originaire d'Italie, Maria, et ses deux enfants, Stéphane et Alicia. Les jeunes gens ont monté le « Quiproquo Théâtre », ils assurent le spectacle avec des camarades, tandis que la mère est chargée de la cuisine pour les spectateurs…Et ces derniers viennent nombreux !...
Très vite le journaliste fait sa place dans la bande et endosse un nouveau rôle, celui de saltimbanque...Il a l'impression de renaître, de se sentir vivre pleinement…

Poétique et mélancolique, ce livre m’a ravie (une petite heure seulement …et encore…il est si court !) comme les autres livres de Philippe Delerm que j’ai lus. J’aime son univers attaché à l’insignifiant, aux impressions subtiles, son monde de douceur, de sentiments, de promenades dans les chemins…
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kenavo
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MessageSujet: Re: Philippe Delerm   Lun 14 Avr 2008 - 19:47


Humeur vitrée
C’est peut-être la trace la plus évanescente: le dessin que l’on fait sur la buée d’une vitrine. Plutôt en train, ou dans une maison, en voiture à la rigueur, mais seulement sur les glaces latérales. C’est trop tentant. La buée appelle le toucher. Dès que le doigt entre en contact avec la paroi, une délicieuse sensation de fraîcheur vous envahit. Le mot que l’on écrit, le dessin qu’on ébauche sont comme un alibi : il faut donner une apparence de ses à ce qui n’est en fait que pur plaisir, toucher pour toucher.
C’est irréversible. Au premier contact, on déchire l’opacité. Seuls les enfants ont des doigts assez fins pour ne pas tout détruire. C’est cela que l’on cherche aussi : retrouver un toucher lointain – mais on n’osera pas comme les enfants souffler sur la surface pour créer un nouvel espace de buée.
Une infime fraction de seconde, c’est mystérieusement doux ; puis, le premier jambage de la première lettre à peine formé, le premier cercle de visage maladroitement esquissé, la mouillure l’emporte, une goutte d’eau dévale la paroi vitrée.
Le mieux, c’est dans une maison abandonnée très froide où l’on pénètre quelques instants, au cours d’une promenade hivernale, écharpe et col roulé. On enlève son gant et là la marque reste un peu – il n’y aura pas de variation rapide de chaleur, c’est juste une maison de fraude et de passage où la buée reste longtemps sur les carreaux.


Un livre pleins de traces.. pleins de moments.. tout comme une boîte à chocolats – mais ici on peut déguster sans modération drunken
Et les photos qui vont avec sont une addition à des écrits déjà très beaux

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c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


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MessageSujet: Re: Philippe Delerm   Lun 14 Avr 2008 - 21:11

kenavo a écrit:
Un livre pleins de traces.. pleins de moments.. tout comme une boîte à chocolats – mais ici on peut déguster sans modération drunken
Et les photos qui vont avec sont une addition à des écrits déjà très beaux

Ce sont de doux moments évoqués comme dans La première gorgée de bière?...
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MessageSujet: Re: Philippe Delerm   Lun 14 Avr 2008 - 22:10

coline a écrit:
kenavo a écrit:
Un livre pleins de traces.. pleins de moments.. tout comme une boîte à chocolats – mais ici on peut déguster sans modération drunken
Et les photos qui vont avec sont une addition à des écrits déjà très beaux

Ce sont de doux moments évoqués comme dans La première gorgée de bière?...
Hm.. j'en ai d'autres livres de Delerm - mais pas celui-là Wink
Ici il décrit - comme ce petit extrait (et j'en ai encore mis un dans le fil 'au cours de nos lectures') le montre des 'moments' au hasard.. il décrit tout aussi bien le nuage fait par un avion qu'une blessure sur une table ou un peu de neige dans la cour...avec cette écriture qu'on connaît.. et des photos sublimes de sa femme (? je le présume - Martine Delerm?)
Pour moi ses livres sont toujours un petit 'havre de paix'

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MessageSujet: Re: Philippe Delerm   Lun 14 Avr 2008 - 22:20

Oui MartineDelerm est sa femme...
Je pense, à lire l'extrait que tu as posté, que c'est un peu le même espritr que La première gorgée de bière où il évoque des instants précieux: La première gorgée de bière, Ramasser des mûres, Les gâteaux du dimanche, Les loukoums chez l'épicier arabe, etc... content
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MessageSujet: Re: Philippe Delerm   Lun 14 Avr 2008 - 22:23

coline a écrit:
Oui MartineDelerm est sa femme...
Je pense, à lire l'extrait que tu as posté, que c'est un peu le même espritr que La première gorgée de bière où il évoque des instants précieux: La première gorgée de bière, Ramasser des mûres, Les gâteaux du dimanche, Les loukoums chez l'épicier arabe, etc... content
Alors ce livre rentre dans ma LAL Wink
Et en regardant l'assemblage de Photos/Textes dans ses livres, je voudrais me trouver aussi quelqu'un qui écrit aussi bien pour faire un 'duo' avec mes photos Very Happy

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MessageSujet: Re: Philippe Delerm   Lun 14 Avr 2008 - 22:32

kenavo a écrit:
Et en regardant l'assemblage de Photos/Textes dans ses livres, je voudrais me trouver aussi quelqu'un qui écrit aussi bien pour faire un 'duo' avec mes photos Very Happy

Je crois que toi-même tu saurais... Wink

Un petit extrait d'extrait...
Aider à écosser des petits pois
"C'est facile, d'écosser les petits pois. Une pression du pouce sur la fente de la gousse et elle s'ouvre, docile, offerte. Quelques-unes, moins mûres, sont plus réticentes - une incision de l'ongle de l'index permet alors de déchirer le vert et de sentir la mouillure de la chair dense, juste sous la peau faussement parcheminée. Après, on fait glisser les boules d'un seul doigt. La dernière est si minuscule [...] L'écossage des petits pois n'est pas conçu pour expliquer, mais pour suivre le cours, à léger contretemps. Il y en aurait pour cinq minutes mais c'est bien de le prolonger, d'alentir la main, gousse à gousse, manches retroussées. On passe les mains dans les boules écossées qui remplissent le saladier. C'est doux; toutes ces rondeurs contiguës font comme une eau vert tendre, et l'on s'étonne de ne pas avoir les mains mouillées. "
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MessageSujet: Re: Philippe Delerm   Lun 14 Avr 2008 - 23:10

coline a écrit:
La première gorgée de bière

ai droit de dire que je connais plus le recueil la première gorgée de sperm... direct inspiré, parodié ou perverti intentionellement ... ?

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MessageSujet: Re: Philippe Delerm   Lun 14 Avr 2008 - 23:22

...as droit de dire...

Un autre extrait: Les loukoums chez l'Arabe

Parfois, on vous offre des loukoums dans une boîte pyrogravée. C'est le loukoum de retour de voyage ou, plus aseptisé encore, le loukoum-cadeau-du-dernier-moment. C'est drôle, mais on n'a jamais envie de ces loukoums-là. La large feuille transparente glacée qui délimite les étages et empêche de coller semble empêcher aussi de prendre du plaisir avec ce loukoum entre deux doigts - loukoum d'après le café qu'on appréhende sans conviction du bout de l'incisive, en secouant de l'autre main la poudre tombée sur son pull.

Non, le loukoum désirable, c'est le loukoum de la rue. On l'aperçoit dans la vitrine : une pyramide modeste mais qui fait vrai, entre les boîtes de henné, les pâtisseries tunisiennes vert amande, rose bonbon, jaune d'or. La boutique est étroite, et pleine à craquer du sol au plafond. On entre là avec une timidité condescendante, un sourire trop courtois pour être honnête, déstabilisé par cet univers où les rôles ne sont pas distribués avec évidence. Ce jeune garçon aux cheveux crépus est-il vendeur, ou copain du fils du patron ? Il y a quelques années, on avait toujours droit à un Berbère à petit béret bleu, on se lançait en confiance. Mais maintenant, il faut se risquer à l'aveuglette, au risque de passer pour ce qu'on est - un béotien gourmand désemparé. On ne saura pas si le jeune homme est vraiment vendeur, mais en tout cas il vend, et cette incertitude prolongée vous met un peu plus mal à l'aise. Six loukoums ? A la rose ? Tous à la rose, si vous voulez. Devant cette obligeance prodiguée avec une désinvolture que l'on craint légèrement moqueuse, la confusion grandit. Mais déjà le « vendeur » a rangé vos loukoums à la rose dans un sac en papier. On jette un œil émerveillé sur la cale au trésor, carénée de pois chiches et de bouteilles de Sidi Brahim, où même le rouge des boîtes de coca empilées a pris un petit air kabyle. On paie sans triomphalisme, on part presque comme un voleur, le sachet à la main. Mais là, sur le trottoir, quelques mètres plus loin, on a soudain sa récompense. Le loukoum de l'Arabe est juste à déguster comme ça, sur le trottoir, en douce, dans la fraîcheur du soir - tant pis pour la poudre qui s'éparpille sur les manches.


Philippe Delerm (La première gorgée de bière)
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MessageSujet: Re: Philippe Delerm   Lun 14 Avr 2008 - 23:31

les livres dont vous parlez ont l'air succulents !

je note, merci

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Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour soi est un esclave. » Friedrich Nietzsche
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