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 Elizabeth Bishop

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Marko
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MessageSujet: Elizabeth Bishop   Lun 1 Sep 2014 - 15:41

Elisabeth Bishop (1911-1979)


Citation :
Elizabeth Bishop, est une poétesse et femme de lettres américaine originaire de Worcester. Elle fut poète lauréat consultant en poésie à la Bibliothèque du Congrès en 1949 et en 1950, et lauréate du prix Pulitzer de poésie en 1956.

Orpheline, Elizabeth Bishop a vécu chez ses grands-parents en Nouvelle-Écosse dans une maison appelée Bulmer House, une période qu'elle a idéalisée dans ses écrits.

Elle entra à l'université de Vassar College à l'automne 1929, peu après le krach boursier. En 1933 elle cofonda Con Spirito, un magazine littéraire subversif à Vassar, en compagnie de la femme de lettres Mary McCarthy, Margaret Miller, et les sœurs Eunice et Eleanor Clark.

Bishop était grandement influencée par la poétesse Marianne Moore à qui elle fut présentée par la bibliothécaire de Vassar en 1934.

Randall Jarrell lui présenta Robert Lowell en 1947. Elle écrivit le poème « Visits to St. Elizabeth's » en 1950 comme souvenir des visites qu'elle rendit au poète Ezra Pound. Elle rencontra aussi James Merrill en 1947, et ils devinrent des amis très proches.

En 1946, Marianne Moore poussa Elizabeth Bishop à se présenter au prix Houghton Mifflin de poésie, qu'elle gagna. Son premier livre, North & South, fut tiré à 1 000 exemplaires.

Alors qu'elle vivait au Brésil, Elizabeth Bishop reçut en 1956 le prix Pulitzer de poésie pour son recueil North & South - A Cold Spring. Elle obtint ensuite le National Book Award et le National Book Critics Circle Award. En 1976, elle devint la première femme à recevoir le Neustadt International Prize for Literature, et elle demeure pour le moment le seul citoyen américain à avoir reçu ce prix.

Elle écrivit également maints articles pour le magazine The New Yorker, et rédigea en 1964 un hommage posthume à Flannery O'Connor dans la revue The New York Review of Books.

Elle enseigna peu de temps à l'université de Washington, avant d'enseigner à l'université Harvard pendant sept ans. Elle a ensuite enseigné à l'université de New York, pour enfin terminer sa carrière au Massachusetts Institute of Technology.

Elizabeth Bishop mourut en 1979 d'une hémorragie cérébrale dans son appartement à Lewis Wharf (État de Boston)

Citation :
Vie privée:

Elle eut deux histoires d'amour durables avec des femmes. La première avec l'architecte Lota de Macedo Soares. Elles vécurent ensemble une quinzaine d'années. Cependant leur relation se détériora, et Bishop quitta Lota Soares. Cette dernière, souffrant de dépression, rejoignit Bishop aux États-Unis et se suicida. Elizabeth Bishop rencontra Alice Methfessel en 1971, et cette dernière devint sa compagne et son exécutrice littéraire après sa mort.



J'ai découvert cette poétesse à l'occasion de la sortie du film Reaching for the moon qui évoque la période brésilienne de la vie d'Elisabeth Bishop et sa relation amoureuse avec l'architecte Lota Soares . Le film étant adapté d'un roman de Carmen L. Oliveira traduit en anglais (Rare and Commonplace flowers):



Le film a la facture classique d'un biopic un peu académique mais bien filmé et surtout très bien interprété par un beau trio d'actrices apportant un peu de relief. L'histoire étant par ailleurs  intéressante. J'ai découvert ces 2 femmes aux tempéraments contrastés dont la relation passionnelle s'est accompagnée d'une période très créative pour chacune d'entre elles. Elisabeth Bishop recevant le Pulitzer pour North and South- A cold spring et Lota Soares concevant le fameux parc Flamengo de Rio.





2 femmes à la fois fortes, volontaires mais aussi fragiles et dépressives. Lota Soares se suicidera après une période de dépression et Elisabeth Bishop est montrée comme hypersensible et portée sur la boisson. Toutes les deux portant en elles des blessures d'enfance et un sentiment de solitude et d'abandon que le roman et le film doivent amplifier mais qui semblent correspondre à une certaine réalité biographique.





On entend quelques poèmes durant le film et j'ai donc eu envie de prolonger cette découverte en lisant le recueil  Nord et Sud qui comporte de bien belles choses. J'essaierai de poster quelques uns de ces textes de temps à autres.

Un art

Dans l'art de perdre il n'est pas dur de passer maître;
tant de choses semblent si pleines de l'envie
d'être perdues que leur perte n'est pas un désastre.

Perds chaque jour quelque chose. L'affolement de perdre
tes clés, accepte-le, et l'heure gâchée qui suit.
Dans l'art de perdre il n'est pas dur de passer maître.

Puis entraîne-toi, va plus vite, il faut étendre
tes pertes  aux endroits, aux noms, aux lieux où tu fis
le projet d'aller. Rien là qui soit un désastre.

J'ai perdu la montre de ma mère. La dernière
ou l'avant-dernière des trois maisons aimées : partie !
Dans l'art de perdre il n'est pas dur de passer maître.

J'ai perdu deux villes, de jolies villes. Et, plus vastes,
des royaumes que j'avais, deux rivières, tout un pays.
Ils me manquent, mais il n'y eut pas là un désastre.

Même en te perdant (la voix qui plaisante, un geste
que j'aime) je n'aurai pas menti. A l'évidence, oui,
dans l'art de perdre il n'est pas dur de passer maître
même s'il y a comme (écris-le !) comme un désastre.



Son grand ami Robert Lowell, lui-même poète, la considérait comme une des plus grandes avec Emily Dickinson et Sylvia Plath.



On peut lire une correspondance de ces 2 artistes:


_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).


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kenavo
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MessageSujet: Re: Elizabeth Bishop   Lun 1 Sep 2014 - 16:23

j'avais tenté dans le temps aussi bien ses poèmes que ses nouvelles
naturellement arrivé sur mes étagères à cause de la couverture Hopper, et oui, pour toi c'est à travers le cinéma, moi je découvre les auteurs via les couvertures Very Happy



à mon avis j'étais trop jeune (20 ans) où pas encore prête de comprendre, en tout cas je n'avais pas trouvé d'accès, ni aux poèmes ni dans ses nouvelles... c'est peut-être une occasion de réessayer

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Sénèque
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Marko
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MessageSujet: Re: Elizabeth Bishop   Lun 1 Sep 2014 - 16:26

Je ne savais pas qu'elle avait écrit des nouvelles. Ça m'intéresse mais il semble y avoir peu de choses traduites en français.

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
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kenavo
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MessageSujet: Re: Elizabeth Bishop   Lun 1 Sep 2014 - 16:29

comme tu peux le voir, j'avais choisi la version allemande (dans ces temps je lisais pas trop en anglais), mais je viens de vérifier, en anglais cela s'appelle: The collected Prose
(et le livre n'est pas épais (même pas 200 pages), elle s'est vraiment beaucoup plus concentrée sur les poèmes)

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MessageSujet: Re: Elizabeth Bishop   Lun 1 Sep 2014 - 17:42

J' ai lu en effet un recueil de nouvelles publiées par Circé. Le titre, Une folie ordinaire.
Elizabeth Bishop s' attache aux détails quotidien de la vie : gestes, mouvements, odeurs bruits.
Mais elle parvient à sublimer ces détais anodins  grace une prose poétique légère.

J' ai aussi Un printemps froid, un recueil de poèmes également publié par Circé.

Il me semble -c' est assez fréquent en poésie- que la traduction sert imparfaitement ces poèmes.

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Marko
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MessageSujet: Re: Elizabeth Bishop   Lun 1 Sep 2014 - 20:22

bix229 a écrit:

Elizabeth Bishop s' attache aux détails quotidien de la vie : gestes, mouvements, odeurs bruits.
Mais elle parvient à sublimer ces détais anodins  grace une prose poétique légère.
C'est exactement ça. Robert Lowell qui est un peu son mentor dans le film (comme dans la réalité) lui dit d'ailleurs au départ qu'elle écrit des petits détails de façon éclatée (je ne sais plus l'expression exacte). C'est une forme de critique mais elle évolue et à la fin il la considère comme un très grand auteur.

Pour écouter un extrait de Nord et Sud sur France Culture:  Paris, 7h du matin: Elisabeth Bishop

Paris, 7h du matin

Je me rends à chaque horloge de l’appartement
certaines aiguilles pointent histrioniquement dans une direction
et certaines dans d’autres, sur les cadrans ignorants.
Le temps est une Étoile ; les heures divergent tellement
que les jours sont des voyages autour des banlieues,
des cercles autour d’étoiles, des cercles qui se recoupent.
La gamme brève, en demi-tons, des climats de l’hiver
est une aile déployée de pigeon.
L’hiver habite sous une aile de pigeon, une aile morte aux plumes humides.

Regarde en bas dans la cour. Toutes les maisons
sont bâties ainsi, avec des urnes ornementales
plantées sur le faîte des mansardes où les pigeons
se promènent. C’est contre l’introspection,
de contempler l’intérieur, ou une vision rétrospective,
une étoile enclose dans un rectangle, un souvenir :
ce square vide aurait pu aisément être là-bas.
– Les châteaux de neige enfantins, en des hivers plus flamboyants,
auraient pu atteindre ces proportions, être des maisons ;
les majestueux châteaux forts, de quatre, cinq étages,
résistants au printemps comme à la marée les châteaux de sable,
leurs murs, leur forme, ne pouvaient se dissoudre et disparaître,
seulement s’imbriquer en une chaîne solide, changés en pierre,
jaunis et grisâtres aujourd’hui comme ceux-ci.

Où sont les munitions, les boulets empilés
avec leur cœur de glace en éclats d’étoiles ?
Ce ciel n’est pas un pigeon-guerrier-voyageur
échappant à des cercles sans fin intersectés.
C’est un ciel mort, ou bien d’où un qui est mort est tombé.
Les urnes ont recueilli ses cendres ou ses plumes.
Quand l’étoile s’est-elle dissoute, ou a-t-elle été happée par la série de carrés et carrés et cercles, de cercles ?
Les horloges peuvent-elles dire : est-elle ici, en bas,
près de culbuter dans la neige ?



Paris, 7 A.M.

I make a trip to each clock in the apartment:
some hands point histrionically one way
and some point others, from the ignorant faces.
Time is an Etoile; the hours diverge
so much that days are journeys round the suburbs,
circles surrounding stars, overlapping circles.
The short, half-tone scale of winter weathers
is a spread pigeon's wing.
Winter lives under a pigeon's wing, a dead wing with damp feathers.

Look down into the courtyard. All the houses
are built that way, with ornamental urns
set on the mansard roof-tops where the pigeons
take their walks. It is like introspection
to stare inside, or retrospection,
a star inside a rectangle, a recollection:
this hollow square could easily have been there.
– The childish snow forts, built in flashier winters,
could have reached these proportions and been houses;
the mighty snow-forts, four, five, stories high,
withstanding spring as sand-forts do the tide,
their walls, their shape, could not dissolve and die,
only be overlapping in a strong chain, turned to stone,
and grayed and yellowed now like these.

Where is the ammunition, the piled-up balls
with the star-splintered hearts of ice?
This sky is no carrier-warrior-pigeon
escaping endless intersecting circles.
It is a dead one, or the sky from which a dead one fell.
The urns have caught his ashes or his feathers.
When did the star dissolve, or was it captured
by the sequence of squares and squares and circles, circles?
Can the clocks say; is it there below,
about to tumble in snow?

_________________
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MessageSujet: Re: Elizabeth Bishop   Lun 1 Sep 2014 - 20:39

Floride


L’Etat au nom le plus charmant,
l’Etat flottant dans l’eau saumâtre,
cimenté par les racines de la mangrove
qui vivantes, portent des huitres en grappes
et mortes, jonchent de squelettes les marais blancs ;
parsemé, comme en un bombardement, de verts mamelons
pareils à d’antiques obus où germe l’herbe.
L’Etat peuplé de longs oiseaux en forme de S, bleus et blancs,
et d’invisibles oiseaux hystériques montant chaque fois la gamme
précipitamment dans un accès de colère.
Tangaras gênés de leur apparence criarde,
pélicans ravis de faire les clowns,
qui s’amusent à longer la côte sur les forts courants,
louvoient entre les îles de la mangrove
et sèchent sur les bancs de sable leurs ailes d’or humides
par les soirs ensoleillés.
D’énormes tortues, douces et désarmées, meurent,
laissent sur les grèves leurs carapaces incrustées de bernacles
et leurs gros crânes blancs aux orbites rondes
deux fois plus grandes que celles d’un homme.
Les palmiers claquent dans la forte brise

comme les becs des pélicans. La pluie tropicale vient
raviver les colliers de coquillages décolorés :
larmes de Job, alphabet chinois, la rare Junonia,
peignes bariolés et oreilles de dames,
disposés comme sur une natte grise de calicot pourri
la jupe de la princesse Peau-rouge ensevelie ;
tout le littoral affaissé, monotone, interminable,
en est délicatement orné.

Trente urubus au moins descendent lentement, lentement,
vers un cadavre repéré dans le marécage,
en cercles pareils à des flocons de sédiment agités
s’enfonçant dans l’eau
La fumée des feux de bois filtre de fins solvants bleus.
Sur les souches et les arbres morts, le bois calciné est du velours noir.
Les moustiques
vont en chasse au son de leurs féroces pizzicati.
La nuit tombée, les lucioles dessinent au sol la carte du ciel
jusqu’au lever de la lune.
D’un blanc froid, mat, elle brille en une trame lâche
et cet Etat putride, négligent, n’est que points noirs
trop espacés, et laides blancheurs : sa plus médiocre
carte postale.
La nuit tombée, les étangs semblent s’être enfuis.
L’alligator, qui possède cinq cris distincts :
amitié, amour, accouplement, guerre et menace –
geint et parle dans la gorge
de la princesse Peau-rouge.

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MessageSujet: Re: Elizabeth Bishop   Lun 1 Sep 2014 - 20:55

J'oubliais la bande annonce du film:


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MessageSujet: Re: Elizabeth Bishop   Dim 22 Mar 2015 - 19:35

Une folie ordinaire

Un court recueil de nouvelles. Que l'on peut classer en deux sortes : d'abord des récits "imaginaires", des histoires à la troisième personne, et à la fin du tome, des récits à la première personne, racontés par une petite fille, qui ressemble beaucoup à l'auteur, dont le vécu semble très proche du sien, sans qu'il soit possible, à moi tout au moins, qui ne connaît sa vie que d'une façon somme toute superficielle, de me rendre compte à quel point ils sont autobiographiques ou inventés.

Les intervenants précédents ont très bien mis en évidence le côté détails, sensations, de toutes petites choses, perceptions, observées et saisies. Mais dans ces nouvelles, surtout celles qui ne semblent pas avoir des aspects autobiographiques, à un moment, à partir de tous ces détails tellement concrets, il y a comme une sorte de sur-naturel qui surgit, comme le si concret et précis, poussé au bout, débouchait sur autre chose. J'ai eu la sensation d'être presque dans des sortes de contes, des contes cruels, que l'on ne raconterait sans doute pas aux enfants sous cette forme, mais des contes quand même. Les récits où Elizabeth semble se mettre en scène sont un peu moins sur ce registre, quoi qu'il y ait aussi, dans l'enfance, une façon de comprendre et d'interpréter ce que l'on voit, qui passe du détail le plus réaliste, à une explication qui fait appel à autre chose.

Et tout cela est magnifié par une écriture, maîtrisée de bout en bout, dont chaque mot fait sens, se trouve tout simplement au bon endroit, est le seul qui convienne. Une façon de raconter qui ménage ses effets de bout en bout, on pourrait disséquer certaines phrases et les donner comme modèle à ceux qui voudraient écrire des nouvelles. J'ai été enchantée de la première à la dernière page. Touchée et émue aussi, très fortement. Une lecture que je ne suis pas prête d'oublier, et que je compte poursuivre avec les poèmes.

Kenavo, il faut que tu reprennes cet auteur, je crois que tu l'as lu trop tôt, parce que je pense qu'elle a tout ce qu'il faut pour te faire plaisir.

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kenavo
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MessageSujet: Re: Elizabeth Bishop   Lun 23 Mar 2015 - 6:10

Arabella a écrit:
Kenavo, il faut que tu reprennes cet auteur, je crois que tu l'as lu trop tôt, parce que je pense qu'elle a tout ce qu'il faut pour te faire plaisir.
c'est déjà fait Wink
et tu as raison, j'étais trop jeune dans le temps, lu ces dernières semaines, j'ai bien aimé

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MessageSujet: Re: Elizabeth Bishop   Lun 23 Mar 2015 - 8:25

Tu me rassures. Wink

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