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 Motojirō Kajii

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MessageSujet: Motojirō Kajii   Motojirō Kajii Icon_minitimeMar 2 Sep 2014 - 19:41

Motojirō Kajii Kajii_10

Kajii Motojiro, 1901-1932 l' un des écrivains les plus attachants et les plus singuliers du Japon.
Et Le Citron, un recueil de nouvelles, est tenu pour un classique de la littérature poétique.

L' Editeur.

En lisqnt sa traductrice, Christine Kodama de Larroche, on se rend compte que la brève vie de

Kajii Motojiro a eu une importance déterminante sur son oeuvre.
Dès l' enfance, la pauvreté, l' irresponsabilité du père, les manques, les frustrations et enfin la tuberculose ont marqué de leur empreinte son existence.

Kajii il connaissait bien l' oeuvre des auteurs japonais contemporains, dont certains l' influencèrent.
Il rencontra Kawabata Yasunari à Izu, avec qui il jouait au go.
Kajii  l' aida à corriger les épreuves de La Danseuse d' Izu.
Kawabata salua les nouvelles de Kajii  publiées en revue. On peut dire que Kawabata  et les efforts
des camarades de Kajii sauvèrent son oeuvre de l' oubli.

Kajii, en effet, se fit de nombreux amis dans le milieu littéraire. Et  cette amitié compensa en
partie ses échecs amoureux.

Si sa maladie l' affaiblit et le fit souffrir, elle fut aussi une source d' inspiration et stimula son imagination.
Elle l' incita aussi à se rapprocher d' une littérature prolétarienne et Kajii qui vivait chez sa mère à

Osaka, observait les gens des quartiers populaires et les écoutait avec sympathie.

On peut penser qu' avec ses nouveaux contacts, un écrivain nouveau aurait émergé, mais à lire
les quelques nouvelles qu' il a laissées, il reste du moins le récit de ses illuminations et de ses intuitions fulgurantes.

BIBLIOGRAPHIE


- Le Citron. - Picquier. Traduction de Christine Kodama de Larroche.

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MessageSujet: Re: Motojirō Kajii   Motojirō Kajii Icon_minitimeMar 2 Sep 2014 - 19:53

Motojirō Kajii Citron10


LE  CITRON


Je suis en train de lire ce recueil et je suis tout entier sous le charme.

Voilà une oeuvre tout en finesse, en légèreté et où les sens ont un role majeur. L' imagination
 nous transporte ailleurs. Dans un domaine que je connais bien puisque c' est aussi le mien.

C' est déjà le  cas de l' étonnante nouvelle L' Ascension de K ou la noyade K, où l' auteur
citant Cyrano de Bergerac -l' auteur des Voyages dans les empires de la lune  et aussi
le poète Jules Laforgue qui dédia un grand nombre de ses poèmes à Notre Dame la lune.

Je reviendrai vous en dire plus, mais je ne peux que vous conseiller d' ores et déjà ce petit livre
qui vous accompagnera je l' espère.

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MessageSujet: Re: Motojirō Kajii   Motojirō Kajii Icon_minitimeMer 3 Sep 2014 - 6:07

Un auteur méconnu du grand public, mais reconnu par ses pairs? J’attends la suite de tes impressions!

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MessageSujet: Re: Motojirō Kajii   Motojirō Kajii Icon_minitimeMer 3 Sep 2014 - 23:59

C'est dommage que je n'ai pas de version originale ici.
Je suis sûre qu'il y avait au moins une quinzaine de nouvelles dans le livres que j'ai lu. Et c'était tout ce qu'il a écrit (mais je ne me souviens pas vraiment).
Et je ne trouve pas la nouvelle que j'ai bien aimée dans cette version française, intitulée "Les peintures des ténèbres en rouleau", quelque chose comme ça. Mais bon.
Est-ce un choix de la traductrice ? Mais il y a "le citron". C'est déjà très bien.
Pia a écrit:
J’attends la suite de tes impressions!
Moi aussi ! J’attends la suite de tes impressions!
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MessageSujet: Re: Motojirō Kajii   Motojirō Kajii Icon_minitimeJeu 4 Sep 2014 - 1:41

OK Pia et Ariane !

Je reviens bientot ! Je lis très lentement en prenant des notes. Et j' ai plusieurs fers au feu.
Ariane, ça veut dire en fait, que je lis plusieurs livres à la fois et que je suis souvent fatigué !
Je peux déjà te dire, qu' il y a 7 nouvelles et je te donnerai les titres en français.

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MessageSujet: Re: Motojirō Kajii   Motojirō Kajii Icon_minitimeJeu 4 Sep 2014 - 14:56

J'ai le même livre que le tien. Ce n'est pas la peine de me donner les titres.
Merci tout de même.
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MessageSujet: Re: Motojirō Kajii   Motojirō Kajii Icon_minitimeSam 6 Sep 2014 - 20:39

Que dire de ces huit "récits" ?

J' ai choisi le mot récit, faute de mieux. Mais il y a ni intrigue, ni histoire, ni personnages.
Un peu comme si Proust, n' avait eu le temps que d' écrire  ses impressions de malade.
Des impressions, des images, des métaphores tout empreintes de souffrance, de fièvre et

d' hallucinations.

J' en ai choisi trois qui me semblent caractéristiques du recueil, où l' écriture poétique met en évidence une sensualité presque éthérée, les sensations les plus personnelles, une reverie qui dispense des émotions et des réconforts.
Tout peut les alimenter, l' auteur voit ou resssent ou reve à moiitié.
La lumière du jour, sa lumière ou sa grisaille et leur transfomation au fil du jour.. Ses errances passagères dans un magasin où l' on vend des articles de beauté. Ou encore un chemin de montagne, une mare où s' accouplent des grenouilles.

Dans Le Citron, l' auteur erre dans les quartiers commerçants, s' arretant devant une boutique de gateaux et surtout une fruiterie.

"De toutes les boutiques que je connaissais, c' était celle que je prérais. Ce n' était pas un magasin superbe, mais on y ressentait tout crument la beauté particulière aux fruiteries.
Les fruits étaient disposés sur un étal assez fortement incliné qui semblait etre une vieille planche
laquée de noir...

C' était surtout la nuit que cette maison était belle. Avec la lumière des vitrines se déversant à flots.
Pour une raison inconnue, seuls les contours cette devanture étaient étrangement sombres.
Pourtant, si cette maison ne l' avait pas été, je pense qu' elle ne m' aurait pas tellement attiré.

Ce jour-là, je fis exeptionnellement un achat parce qu' on y vendait par extraordinaire des citrons.

Pour tout dire, j' aime les citrons. J' aime leur couleur pure, j' aime leur forme fuselée.
Je marchai dans la rue. La masse de mauvais augure qui ne cessait de comprimer mon coeur semblait s' etre quelque peu relachée à l' instant où j' avais saisi le citron, et dans la rue, j' étais empli de bonheur.
La froideur du citron m' était incomparablement agréable. En ce temps-là j' avais les poumons 
malades et ma paume était toujours chaude.
C' était sans soute à cause de cette fièvre que la fraicheur du citron semblait pénétrer tout mon

corps en partant de ma paume et qu' elle me plaisait."  P. 27-31.

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MessageSujet: Re: Motojirō Kajii   Motojirō Kajii Icon_minitimeDim 7 Sep 2014 - 0:34

En lisant ce que tu as écrit, j'ai brusquement envie de relire Kajii !
Ah, ce n'est pas juste ! Je ne peux pas apporter tous mes livres en France....
Soupir ! jypeurien
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MessageSujet: Re: Motojirō Kajii   Motojirō Kajii Icon_minitimeDim 7 Sep 2014 - 1:02

Je suis content d' avoir réveillé ton interet pour KAJII Motojiro, Ariane.

Demain je parlerai de L' Ascension de K ou la noyade K.
Ce récit m' a aussi beaucoup interessé parce que c' est une variation interesante sur le thème du
double.
Et je citerai aussi les mots de la traductrice qui a  su rendre au mieux la beauté de ces textes.

Sans doute parce qu' elle l' a sentie bien mieux que moi en citant les mots japonais que Kajii a utilisés
et qu' on retrouve tout au long de ces récits.

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MessageSujet: Re: Motojirō Kajii   Motojirō Kajii Icon_minitimeLun 8 Sep 2014 - 22:08

L' Ascension de K ou la noyade de K

Le narrateur apprend que K s' est noyé.
Alors qu 'il était en cure, il  se souvient  avoir rencontré K une nuit au bord de la mer. 
Le narrateur  ne pouvant dormir, sortit se promener.

"C' était une nuit de pleine lune : je sortis de l' hotel  et me dirigeai vers la plage, marchant sur

l' ombre entremelée des pins. On ne voyait que les ombres nettes, projetées sur le sable blanc
par les barques de peche que l' on avait tirées sec...
Il n' y avait pas ame qui vive. Je m' assis à la proue d' une barque et contemplai la mer. La nuit
était déjà bien avancée.
Quelques instants plus tard, je ramenai mon regard vers la plage, et j' y découvris quelqu' un.
C' était K.  Mais je ne le connaissais pas encore... Je me retournai de temps en temps vers cette silhouette.
Une impression singulière ne tarda pas à m' envahir peu à peu.
En effet, ce personnage qui devait etre à une quarantaine de pas et me tournait complètement le

dos, ne regardait pas la mer ; il ne faisait qu' avancer ou reculer sur la plage, et s' arreter soudain.
Je me dis qu' il cherchait sans doute un objet perdu...

Je regardais la mer, mais par moments mon attention se portait sur ce personnage.
Ma singulière impression se renforçait de plus en plus... Un frisson étrange me traversa. IL me paraissait ensorcelé par quelque chose...
Je commençai à marcher vers la silhouette : elle continuait à avancer, à reculer et s 'arreter.
Soudain je restai interdit. Cet homme marchait sur son ombre !
Je m' avançai délibérément vers la sihouette, puis je l' interpellai d' une voix assez forte :

- Avez-vous perdu quelque chose ? Si c' est le cas, voici des allumettes !

En fait, j' avais compris qu' il ne s' agissait pas d' un objet perdu...

Dès mes premiers mots, l' homme s' était tourné vers moi. "Un fantome sans visage !" pensai-je,

et ce fut un moment effrayant.
La  lumière de la lune glissa sur son grand nez. J' aperçus ses pupilles profondes. Son visage changea alors et prit une expression genée.

- Ce n' est rien, dit-il d' une voix sereine. Puis un sourire erra sur ses lèvres.

C' est à partir de cet étrange incident que nous commençames à nous parler, K et moi, et que notre

relation devint intime, dès cette nuit-là.

Et K explique que son ombre, à la lumière de la lune, devient un autre humain.


Il s' agit bien entendu d' une image de soi.C' est la lumière de la lune qui convient le mieux.
Peut etre n' en est il ainsi que pour moi."

Ainsi l' ombre de sa personne serait un autre moi qui aurait sa propre personnalité et qui tend à s' élever vers la lune.
L' ombre est le double explique K, le Doppelganger, le double ou l' ame et elle monte au ciel et c' est un  sentiment inexprimable.
Le narrateur en conclut que K avait l' esprit aiguisé par la maladie et qu' un soir, l' ame de K  a quitté
son corps. K s' est noyé,  mais  son ame est montée au ciel.

A lire ce récit, on a l' impression que Kajii connaissait bien ce thème du double et qu' il avait sans
doute lu les romantiques allemands (Chamisso ?) et notre Cyrano de Bergerac l' auteur du voyage
dans les Empires de la lune. Et meme  Jules Laforgue qui consacra une grand e partie de son oeuvre poétique à la lune.

Cette nouvelle est incluse dans le recueil Le Citron. Toutes les citations sont en bleu.

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MessageSujet: Re: Motojirō Kajii   Motojirō Kajii Icon_minitimeMar 9 Sep 2014 - 20:59

J'aime beaucoup l'extrait que tu as mis!

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MessageSujet: Re: Motojirō Kajii   Motojirō Kajii Icon_minitimeMar 9 Sep 2014 - 22:43

Merci Pia !

Pour terminer, j' aimerais citer quelques notations très justes de la traductrice, Christine Kodama de Larroche.


"Il n' y a dans ces nouvelles ni intrigue véritable ni personnages élaborés qui auraient permis
à Kajii  de débrider son imagination et de se divertir un moment de lui-meme.
C' est en ce sens qu' il semble impossible de parler d' univers romanesque et plus adéquat de  de parler d' univers poétique pour définir l' entreprise de Kajii, dans laquelle une subjectivité
s' interroge à ce point sur elle-mme et sur ses rapports avec  le décor qui l' entoure, qu' elle finit par ne former plus qu' un avec celui-ci.

Ecouter (kiku), sentir (kagu), et surtout regarder (miru, nozoku), fixer (mitsumeru, miiru),
observer (miru, kansatsu suru), contempler (nagameru) sont des mots qui reviennent sans cesse sous la plume de l' écrivain.

Et dans sa dernière oeuvre, terminée trois mois avant sa mort, c' est avec un miroir que Yoshida, le héros tuberculeux de la nouvelle contemple le jardin de son lit, et encore avec
une longue-vue qu' il étudie les détails du paysage reflété dans le miroir.




La tuberculose pulmonaire que Kajii contracta à seize ans et dont il devait mourir à trente et
un ans, avec la fatigue, la fièvre et les insomnies croissantes qu' elle lui imposa, réduisit de plus en plus le champ de ses activités, mais semble avoir décuplé l' acuité de ses perceptions.
L' activité de Kajii est d' abord sensorielle et c' est dans la notation des sensations des sensations les plus fines qu' il s' est efforcé.

Cette sensibilité de malade m' a rappelé une phrase de Proust qui expliquait que, selon, lui les artistes
malades avaient une supériorité sur ceux qui étaient en trop bonne santé...
Et il opposait Baudelaire à  Victor Hugo. En pensant visiblement aussi à lui-meme !

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