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 LC Sebald - Les Emigrants

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bix229
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MessageSujet: Re: LC Sebald - Les Emigrants   LC Sebald - Les Emigrants - Page 2 Icon_minitimeSam 13 Sep 2014 - 16:01

shanidar a écrit:
ah c'est toujours difficile de fédérer plus de monde mais Sebald étant un des auteurs du portail j'espère qu'il sera lu et que cette LC donnera envie à d'autres parfumés de tenter l'expérience !
Je l' espère aussi !

Sebald fait partie de ces auteurs qui portent un éclairage particulier sur une époque. Comme
Enzensberger ou Krasznahorkai.
En plus, Sebald fut marqué par son passé ou plutot celui de l' Allemagne. Je crois que son père
avait été un nazi. A travers tous ses écrits, on sent son malaise et sa douleur. Et ça se lit aussi
sur son visage.

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MessageSujet: Re: LC Sebald - Les Emigrants   LC Sebald - Les Emigrants - Page 2 Icon_minitimeSam 13 Sep 2014 - 19:59

kenavo a écrit:
shanidar a écrit:
ah c'est toujours difficile de fédérer plus de monde
vous n'avez pas encore commencé votre lecture et déjà ce fil m'a appris du nouveau...
jusqu'à présent j'aurais employé 'réunir'... merci pour ce nouveau mot Very Happy

c'est un terme tennistiquement correct ! Wink

Et pour répondre à bix sur le passé 'nazi' du père de Sebald (qui naît en mai 44), je reprends la présentation du Matricule des anges n°134 :
Citation :

Le père est au front, ou peut-être déjà prisonnier. Il a participé à la campagne de Pologne, a dû voir (peut-être commettre ?), "plus que tout homme ne peut retenir" (ainsi que l'écrira Sebald à propos d'un de ses personnages) : il est en effet possible qu'il ait fait partie des Gerbirgsjäger (chasseurs bavarois) qui procédèrent en particulier à l'arrestation et l'exécution des Juifs de Lvov. Il ne rentrera de captivité qu'en 1947 : Sebald et sa sœur auront du mal à supporter ce fantôme trop présent d'une guerre effacée, occultée.

Un peu l'histoire d'une autre écrivain profondément marquée par l'histoire allemande : Ingeborg Bachmann...

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MessageSujet: Re: LC Sebald - Les Emigrants   LC Sebald - Les Emigrants - Page 2 Icon_minitimeLun 15 Sep 2014 - 10:40

le livre se compose de plusieurs récits le premier : Dr Selwyn

Lors de la location d'un appartement dans un village Anglais le narrateur rencontre le Dr Selwyn, personnage qui de son aveu, s'est retiré du monde et vit dans le fond du jardin dans un petit ermitage de meulière qu'il nomme sa folly : quelle est cette folie ?
Invité un jour par le Dr Selwyn a une projection d'un voyage en Crète effectué avec son ami Edward, le narrateur s'étonne de l'aspect juvénile des 2 hommes alors qu'ils ont dépassé la soixantaine, et surtout du fait qu'à la vue du plateau de Lasithi sur la montagne Spathi, le Dr Selwyn se fige sur cette vue, sans la commenter, fixation qui créé d'ailleurs une failure du verre. l'émotion pense le narrteur.
Quelques jours après le Dr Selwyn lui rend visite et lui demande s'il n' éprouve jamais  de nostalgie ; il avoue alors que de depuis plusieurs années il "a le mal du pays" Quel pays ?
le Dr Selwyn raconte alors le départ de sa famille d'un village dans la région de Grodno en Lituanie, en 1899 :

quelles sont les raisons de ce départ ? à cette époque il y eut des grèves sociales organisées par le "Bund" mais si j'ai bien compris la famille du Dr était Juive, donc peut-être n'était-il pas d'accord avec ce syndicat qui était "ouvrier" ?

Bref croyant arriver en Amérique c'est en fait en Angleterre que le bateau les emmène. Là le Dr (qui ne l'était bien sur pas encore) a une telle envie de réussir sa vie qu'il fait de très bonnes études. Il décide de changer son nom, il l'anglicanise : Hersch Seweryn devient Henry Selwyn.

Certainement qu' avec  cet acte inconsciemment il se trouve en position de renoncement, c'est une trahison, puisqu'ensuite poursuivant plus loin ses études il avoue : "Etrangement, il me sembla, dès le début de mes études de médecine, effectuées une fois encore grâce à une bourse de Cambridge, que la facilité que j'avais pour apprendre, bien que mes résultats figurassent  toujours parmi les meilleurs, n'était de loin plus du tout la même."

Henry donc, passe une année en Suisse, il y rencontre un guide (âgé de 65 ans) qu'il avait suivi sur de nombreux sommets. Il éprouva une grande affection pour Johannes Navegeli qu'il du quiitter quand la guerre éclata.

Cependant ce ne fut que de nombreuses années plus tard que Henry mesura combien il lui fut difficile de quitter le guide, lequel disparu d'ailleurs lors d'une chute dans le glacier de l'Aar.  Plus difficile que de quitter sa femme ! (est-ce la révélation de ses origines, la fuite de l'amour ou l'argent qui les a séparés ? Henry n'a pas la réponse)

Une deuxième fois, il doit laisser derrière lui ce qu'il aimait, là Johannes.

Les souvenirs sont-ils trop douloureux ou au contraire trop beaux ? je crois que c'est Hersch Seweryn qui y répond en se suicidant d'une balle dans la tête.

Le narrateur découvrira plus tard dans la presse que le glacier l'Aar a rendu le corps du guide Johannes Navegeli plus de 75 ans après sa disparition.

à suivre

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MessageSujet: Re: LC Sebald - Les Emigrants   LC Sebald - Les Emigrants - Page 2 Icon_minitimeMar 16 Sep 2014 - 9:31

le deuxième récit : Paul Bereyter

En janvier 1984 Paul Bereyter se suicide en s'allongeant sur les rails au passage du train. Cet homme l' enseignant du narrateur  alors que ce dernier  habitait à S. Les souvenirs  qu'il avait de cet homme et un entrefilet de la presse disant que le IIIème Reich l'avait empêché d'exercer l'incitèrent à s'intéresser aux dernières années de sa vie.

Paul Bereyter vivait dans la ville de Y. mais retournait régulièrement dans la ville de S; où il avait conservé un logement. C'est grâce à Mme Landau qui lui rapporta les confidences que lui avaient faites Paul qu'il  put reconstituer son parcours et connaître les évènements douloureux vécus par sa famille et lui-même.

A S. où il était  enseignant Paul Bereyter n'était pas considéré comme un enseignant classique, ses méthodes attractives étaient appréciées des élèves "l'enseignement de Paul était ce qu'on peut imaginer de plus palpable". Cependant il n'enseignait pas la religion, les "vicaires de Dieu" il les avait en horreur.

Les journées passées avec Mme Landau levèrent peu à peu le voile sur le passé de Paul. Son grand-père était Juif, il s'était marié avec une Chrétienne ce qui faisait du père de Paul un demi-juif et de ce fait Paul n'était qu' aux 3/4 aryen ; le quart restant lui ôta le droit d'enseigner "un avis officiel lui signifiant qu'en raison de dispositions légales qu'il ne saurait ignorer, il n'est plus possible de le maintenir dans l'enseignement."
Ces projets d'avenir s'effondrent, alors même qu'il avait trouvé l'été en la personne d 'Helen "une eau profonde où Paul aimait à se mirer".

Ce dit "quart" ne le dispensant  pas d'être mobilisé Paul servit durant 6 ans dans les divers pays où l'Allemagne était en guerre "et il aura vu plus que tout homme ne peut retenir."  Il écrit  "de jour en jour, d'heure en heure, à chaque battement de coeur, on devenait encore plus incompréhensible, impersonnel, abstrait".

Au retour de la guerre Paul est réintégré dans l'enseignement il retourne donc à S. où il enseigne, c'est à cette époque que notre narrateur est son élève.

Madame Landau, dit que retourner à S. était une aberration, mais son explication à ce comportement parait très juste :

"ce qui en 1939 et 1945 a incité voire contraint Paul à revenir, c'était qu'il était profondément allemand, lié à son terroir des Préalpes et à ce misérable S. qu'en fait il haïssait et que dans son for intérieur, j'en suis sûre, dit Mme Landau, il aurait aimé broyer et détruire, avec tous ses habitants qu'il abhorrait.

Le narrateur se souvient de l'attitude de Paul qui souvent en classe avait l'air "absent" et parfois de ses colères contre un élève.

Paul prit sa retraite dans le village où habitait Mme Landau, il s'occupait avec un plaisir évident du jardinage, mais il conservait toujours son appartement à S. où il se rendait périodiquement, c'était semble-t-il un besoin irrépressible.
Alors qu'il dit à Mme Landau qu'il va se débarrasser de son appartement de S. C'est ce qu'il fit en se suicidant.

Il semble que Mme Landau soit une personne très sensible  et faisant preuve de beaucoup de psychologie, ainsi elle reconnait l'obsession dont Paul est atteint vis à vis des trains, semblable à celle qu'il avait pour S.

Ce que je pense : Peut-on à la fois aimer et haïr ? oui c'est ce que fait Paul et il ne voit d'issue à cette dualité de toute  une vie qu'en se suicidant.
et même dans ce choix subsiste ces deux sentiments, l'un représenté  par les trains, l'autre par le blouson qu'il revêt.

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Dernière édition par Bédoulène le Mar 16 Sep 2014 - 14:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LC Sebald - Les Emigrants   LC Sebald - Les Emigrants - Page 2 Icon_minitimeMar 16 Sep 2014 - 9:32

Shanidar tu me rejoins ?

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MessageSujet: Re: LC Sebald - Les Emigrants   LC Sebald - Les Emigrants - Page 2 Icon_minitimeMar 16 Sep 2014 - 10:57

Oui, j'ai lu ce matin la première nouvelle. Mon commentaire arrive !

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MessageSujet: Re: LC Sebald - Les Emigrants   LC Sebald - Les Emigrants - Page 2 Icon_minitimeMar 16 Sep 2014 - 12:12

Dr Henry Selwyn

Deux remarques préliminaires :

Je suis très impressionnée par la qualité stylistique du texte, les phrases à elles seules sont d'une beauté étrange, à la fois présente et passée, une beauté pleine de grisaille et de griserie, de... spleen ??

Je pense qu'il faut lire et relire plusieurs fois le texte pour pouvoir en exprimer la quintessence ou l'ultime projet.

La preuve ?
Et bien je crois que je ne me suis pas vraiment attachée au même éléments que Bédoulène. Ce n'est pas tant l'évocation des ruptures, des voyages migratoires qui a retenu mon attention que le thème même du souvenir.

Sebald semble se poser et nous poser une foule de questions sur le souvenir :

comment se forme-t-il ? est-il toujours un peu factice de penser que l'on peut se souvenir d'un moment où l'on se souvient ? quel incidence le présent a-t-il sur les souvenirs ? invente-t-on nos souvenirs pour recréer des sentiments qu'on aimerait avoir ressentis ?

Tout cet univers de questionnement est infiniment riche et foisonnant. Infiniment labyrinthique également...

Quelques phrases pour venir au secours de ce commentaire très bancal :

Citation :
Je crois me souvenir, au peut-être ne fais-je maintenant que me l'imaginer, qu'à ce moment je pensai pour la première fois depuis fort longtemps au Dr Selwyn.

Citation :
Je le [le guide et ami Naegeli] vois encore agiter la main sur le quai de la gare de Meiringen. Mais peut-être n'Est-ce que le fruit de mon imagination, remarqua le Dr Selwyn en baissant la voix pour se parler à lui-même, étant donné que Hedi [son épouse rencontrée à la même époque que l'ami], pendant toutes ces années, m'est devenue de plus en plus étrangère, alors que Naegeli, à chaque fois qu'il revient dans mes pensées, me semble plus familier ; bien qu'en réalité, depuis nos adieux à Meiringen, je ne l'aie plus jamais revu.

Le souvenir peut-il supplanter le présent ? Peut-il devenir plus fort, plus intense, plus vivant que la routine des jours, que la présence réelle de la femme aimée ? Le fantasme du passé (puisque l'esprit semble réinterpréter indéfiniment le passé) peut-il effacer le présent, le long écoulement du temps ?

Ce ne sont que quelques pistes de lecture... auxquelles il faudrait ajouter l'importance de l'image (des photos en particulier qui en figeant le temps lui apporte une matérialité, une immuabilité supplémentaire mais semble pourtant refouler les êtres vers des continents de cire où ils ne seraient plus que des silhouettes fantomatiques), importance des paysages (qui sont souvent des révélateurs, des 'raviveurs' de souvenirs...), importance du sentiment d'amitié, de l'émotion qui se partage, qui lie et reste, comme une empreinte.

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MessageSujet: Re: LC Sebald - Les Emigrants   LC Sebald - Les Emigrants - Page 2 Icon_minitimeMar 16 Sep 2014 - 13:22

tout à fait d'accord avec toi en ce qui concerne l'écriture, et l'atmosphère désuète du premier récit.

c'est utile en effet de s'interroger sur ce qui fait ressurgir les souvenirs, comme tu le notes, les photos, ce peut être aussi la musique, une odeur, un mot, un paysage............................

mais, les fabrique-t-on ?  je pense qu'ils sont souvent sublimés quand ce sont des souvenirs agréables ou à l'inverse enlaidis quand ils nous font mal.

Est-ce que les émigrants vivent dans plus de souvenirs ?

comment s'expriment les souvenirs ? dans le premier récit Henry/Hersch dit bien "j'ai le mal du pays" c'est donc bien l'absence !

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MessageSujet: Re: LC Sebald - Les Emigrants   LC Sebald - Les Emigrants - Page 2 Icon_minitimeMar 16 Sep 2014 - 13:28

Bédoulène a écrit:


Est-ce que les émigrants vivent dans plus de souvenirs ?

en tout cas, matériellement ils en ont moins que ceux qui ont toujours vécu dans la même maison, ils se rattrapent donc peut-être par le souvenir mental...

Dans le second récit, Sebald parle de sa première 'migration' de la ville de W. à celle de S. à 19 kilomètres. Cela pourrait sembler un peu ridicule mais pour l'enfant qu'était alors Sebald c'est tout une vie, sa vie, qui bascule et se transforme. Nouvelle école, nouveau maître, nouveaux camarades ! La couche immaculée de neige qu'il trouve à son premier réveil dans sa nouvelle ville apparait comme le signe absolu du nouveau monde dans lequel il va inscrire ses pas.

Si tu n'avais qu'un seul objet à emporter Bédou, lequel choisirais-tu ?

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MessageSujet: Re: LC Sebald - Les Emigrants   LC Sebald - Les Emigrants - Page 2 Icon_minitimeMar 16 Sep 2014 - 13:53

shanidar a écrit:

Si tu n'avais qu'un seul objet à emporter Bédou, lequel choisirais-tu ?

Et là, je vois chaque Parfumé qui tremble d'angoisse devant son ordinateur en lisant cette question!
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MessageSujet: Re: LC Sebald - Les Emigrants   LC Sebald - Les Emigrants - Page 2 Icon_minitimeMar 16 Sep 2014 - 14:11

cela dépend de la situation ; si je vais sur une ile inconnue ou  un lieu déshumanisé j'emporte un livre sur  comment survivre

dans un lieu  humanisé certainement un album photos des êtres, animaux et lieux que j'aime ! (mais je peux aussi emporter  mes photos sur le smartphone)

si j'ai le droit à 2 objets  un livre  (j'hésitais  aussi avec  un appareil photos)

je te retourne la question !

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MessageSujet: Re: LC Sebald - Les Emigrants   LC Sebald - Les Emigrants - Page 2 Icon_minitimeMar 16 Sep 2014 - 16:41

Bédoulène a écrit:
cela dépend de la situation ; si je vais sur une ile inconnue ou  un lieu déshumanisé j'emporte un livre sur  comment survivre

dans un lieu  humanisé certainement un album photos des êtres, animaux et lieux que j'aime ! (mais je peux aussi emporter  mes photos sur le smartphone)

si j'ai le droit à 2 objets  un livre  (j'hésitais  aussi avec  un appareil photos)

je te retourne la question !

en fait je voulais dire quel objet emmènerais-tu qui te permettrait d'accéder aux souvenirs du temps passé ? des photos donc !

mais non topocl ce n'est pas du tout angoissant... (tu joues ??)

ma réponse : une pierre

Pour revenir aux Emigrants, je trouve carrément angoissante la question qui nous est posée par l'intermédiaire des deux premiers personnages (dont il faut redire qu'ils se sont tous les deux suicidés) : pourquoi en arrive-t-on à taire son passé ? son exil ? comme s'il s'agissait d'une sorte de honte. Le premier qui était enfant a fui son village lituanien pour une vie meilleure, le rêve économique de l'Amérique en construction (mais dont le bateau s'arrête à Londres) et qui va consciencieusement effacer son passé, changer de nom, s'intégrer socialement à la vie de son pays d'adoption et aller jusqu'à ne jamais dire à sa femme d'où il vient réellement (elle l'apprendra bien sur mais le mensonge est sans doute impardonnable). Le second fuit l'Allemagne car il a un quart de sang juif, mais il ne voudra jamais en parler et de retour en Allemagne après la guerre, comme la plupart des gens et ce des deux camps confondus, feront tout pour oublier, taire, ne jamais parler de l'époque des pogroms contre les juifs. Comme si c'était honteux d'avoir été persécuté, honteux d'avoir réussi ses études dans un pays qui n'était pas le sien, honteux de rappeler ses origines à ceux qui les entoure.

Ce sentiment-là est profondément angoissant ainsi que la capacité d'oubli des bourreaux et par extension de la société dans sa globalité :

Citation :
Vous savez, me dit-elle, (...), dans les années qui suivirent la destruction, la façon radicale de ces gens de se taire, de cacher et, comme il m'arrive de penser, d'oublier effectivement, n'est à vrai dire que l'envers d'une attitude qui a fait, par exemple, que le propriétaire du salon de thé de S., Schöferle, s'est adressé un jour à la mère de Paul, qui se prénommait Thekla et avait un temps fréquenté les planches du théâtre municipal de Nuremberg, pour lui dire que la présence journalière d'une dame mariée à un demi-Juif pouvait être désagréable à sa clientèle bourgeoise et qu'il la priait, avec tous les égards qui lui étaient dus, cela va de soi, de bien vouloir dorénavant éviter de fréquenter son établissement. Je ne suis pas étonnée, dit Mme Landau, je ne suis absolument pas étonnée de constater que vous ayez pu ne rien savoir de toutes les bassesses et mesquineries auxquelles était confrontée une famille comme les Bereyter dans un trou aussi misérable que S. l'était alors, et qui continue d'être en dépit de ce que l'on appelle le progrès ; je ne suis pas étonnée car, n'Est-ce pas, cela s'inscrit dans la logique de toute cette histoire.

Enfin j'ai une question pour nos germanophones en ce qui concerne la traduction du titre choisi par Sebald :

en allemand : Die Ausgewanderten -> qui donne en français Les Emigrants.

Je me demande juste si le terme Emigrants a été préféré à Emigrés pour ne pas froisser les bonnes consciences (on devient suspicieux à force de lire trop de livres sur les guerres...).

Dans mon dico (Robert) : émigrant : personne qui émigre ; émigré : personne qui se réfugia hors de France sous la Révolution et par analogie Personne qui s'est expatriée pour des raisons politiques, économiques, etc. Or Sebald (en tout cas pour ce que j'en ai lu) fait essentiellement référence à des émigrés et pas des émigrants (lui-même étant un émigrant et pas un émigré...). D'où cette question sur la bonne traduction du titre...

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MessageSujet: Re: LC Sebald - Les Emigrants   LC Sebald - Les Emigrants - Page 2 Icon_minitimeMar 16 Sep 2014 - 17:24

shanidar a écrit:

mais non topocl ce n'est pas du tout angoissant... (tu joues ??)


Et bien je me demandais si je ne partirais pas carrément sans rien. Mais en y réfléchissant c'est peut-être imprudent.
Est ce que je peux tricher et prendre mon ordinateur rire, qui permet quand même un peu plus qu'un simple objet!
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MessageSujet: Re: LC Sebald - Les Emigrants   LC Sebald - Les Emigrants - Page 2 Icon_minitimeMar 16 Sep 2014 - 17:34

topocl a écrit:
shanidar a écrit:

mais non topocl ce n'est pas du tout angoissant... (tu joues ??)


Et bien je me demandais si je ne partirais pas carrément sans rien. Mais en y réfléchissant c'est peut-être imprudent.
Est ce que je peux tricher et prendre mon ordinateur rire, qui permet quand même un peu plus qu'un simple objet!

mais oui et grâce à son livre de survie dans toutes les conditions Bédoulène fabriquera de l'électricité en moins de deux pour recharger toutes nos batteries !! pinocchio

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MessageSujet: Re: LC Sebald - Les Emigrants   LC Sebald - Les Emigrants - Page 2 Icon_minitimeMar 16 Sep 2014 - 18:20

la pierre ? celle que l'on doit poser comme dans le dernier récit ? ou pour édifier un monde à toi ?

je connais aussi la soupe de pierres !

Topocl je te fournirai en électricité gratos ! sourire


Shanidar tu as lu le 3ème récit ? le 4ème ?

pour ce qui concerne les émigrants ils ont apporté leurs souvenirs dans les bagages mais il ne les ont découverts que longtemps après !


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MessageSujet: Re: LC Sebald - Les Emigrants   LC Sebald - Les Emigrants - Page 2 Icon_minitime

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