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 Andrés Trapiello [Espagne]

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kenavo
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MessageSujet: Andrés Trapiello [Espagne]   Sam 13 Sep 2014 - 12:38



Andrés Trapiello, né le 10 juin 1953 à Manzaneda de Torío dans la Province de León, est un écrivain espagnol.
Il obtient le prix Nadal en 2003 pour Los amigos del crimen perfecto (Le Club du crime parfait).
Source : Wikipédia


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Sénèque
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kenavo
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MessageSujet: Re: Andrés Trapiello [Espagne]   Sam 13 Sep 2014 - 12:38


Plus jamais ça
Citation :
Quatrième de couverture
Un enfant voit son père tué à bout portant durant les premières heures de la guerre civile espagnole. Soixante-dix ans plus tard, dans les rues de León, il tombe par hasard sur l'un des phalangistes présents ce jour-là. Le vieux monsieur, entrepreneur à la retraite et notable local, refuse de lui révéler l'endroit où son père a été enterré. Témoin de cette scène : José Pestaña, professeur d'histoire à l'université et membre d'un groupement pour le devoir de mémoire. Il est aussi le fils de l'ancien franquiste et cette rencontre le bouleverse. En cherchant à sonder les méandres de l'histoire, il trouvera enfin le moyen d'affronter son père et tous ceux qui tentent de s'approprier le passé afin de justifier leurs propres désirs de vengeance.
Érigé comme un tribut amer et poignant à un chapitre essentiel de l'histoire européenne, Plus jamais ça met à nu les ravages que le franquisme continue d'imposer à la nouvelle Espagne. Si la politique est empoisonnée, la famille, elle, demeure bel et bien le théâtre des guerres les plus impitoyables.

La guerre civile en Espagne ne peut pas se raconter en noir et blanc. Il y a eu du bon et du mauvais des deux côtés. Andrés Trapiello essaie de faire en sorte que les deux camps reçoivent une voix pour donner leur point de vue.

Un roman à plusieurs voix qui donne la possibilité à différents personnages de prendre la parole et raconter leur vécu de ces temps épouvantables.

Mais ce livre parle surtout de la famille (petite cellule qui n’est autre qu’une image de la société) et combien il en reste des bombes à retardement si on veut parler de ces années noires, autant qu’il en a des fosses secrètes qu’on a commencé de découvrir depuis quelques années… l’Espagne a encore du chemin à faire avant de retrouver « la paix », surtout entre les deux partis, toujours en désaccords sur ce qui s’est produit lors de ce temps…

Livre très fort, auteur dont j’ai lu déjà d’autres livres mais dont j’avais oublié qu’on n’avait pas de fil… faute réparée !


Extraits

… mais le bourreau était mon père, et m’écarter de lui, c’était m’écarter de ma mère, de mes sœurs, de mon enfance et d’une bonne part de ce que je suis. Y compris de ce que je suis précisément en ne lui ressemblant pas.


La guerre civile espagnole est ainsi la seule guerre de l’Histoire qui a fait cent mille morts sans que personne n’ait tué personne. Sans parler des trois cent mille exécutions perpétrées à l’arrière-garde ou après la fin du conflit. À ce jour et à ma connaissance – or, j’ai exploré le sujet à travers des milliers de pages de livres, de Mémoires, de journaux, de confessions politiques, de compte rendus judiciaires -, jamais personne n’a avoué cette simple chose : « J’ai tué ». L’insurmontable tabou.


Les vaincus, c’est nous, les enfants de ceux qui ont fait cette guerre : nous ne saurons jamais la vérité. Ça me rappelle ce poème de Kipling ; « Tu te demandes, voyageur, pourquoi nous sommes morts jeunes/ et pourquoi nous avons tué si stupidement ? Nos pères nous ont menti : c’est tout. »

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Andrés Trapiello [Espagne]   Sam 13 Sep 2014 - 15:50

merci Kenavo pour ton commentaire et les extraits.

je note, il me faut le lire !

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bix229
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MessageSujet: Re: Andrés Trapiello [Espagne]   Sam 13 Sep 2014 - 16:24

De Trapiello, j' ai A la mort de Don Quichotte qui me fait des signes désespérés !

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kenavo
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MessageSujet: Re: Andrés Trapiello [Espagne]   Sam 13 Sep 2014 - 16:54

Bédoulène a écrit:
je note, il me faut le lire !
avec tes lectures récentes concernant l'Espagne et la guerre civile, je pense qu'il devrait te plaire Very Happy

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topocl
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MessageSujet: Re: Andrés Trapiello [Espagne]   Mar 24 Mar 2015 - 15:06

Plus jamais ça

Je serai moins enthousiaste que toi, Kenavo.

Voilà le type du bon livre théorique, un livre qui va à la rencontre de l'Histoire, avec une pensée réelle, l'idée que la guerre ne sera pas finie tant que les tabous ne seront pas levés. L'importance n'est pas tant de la Vérité, que de l'ouverture à la vérité de l'autre, et en cela s'oppose le devoir de mémoire au sein de la famille et celui de l'historien.

Il y a plein de bonnes surprises littéraires, cette farandole de personnages qui prennent la parole l'un après l'autre, racontant chacun sa vérité, l'un des narrateurs qui parle d'un ancien livre de Trapiello au passage, la fiction qui s'imbrique avec la réalité, le livre dans le livre.

Cependant, j'ai trouvé qu'il a un peu botté en touche le côté familial et que, n'étant pas experte en histoire espagnole (histoire de la guerre civile, mais aussi façon dont la mémoire en a été gérée par l'État et législateur) ma compréhension a parfois un peu décroché.
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Andrés Trapiello [Espagne]   Sam 30 Juil 2016 - 9:01

Je viens de terminer ce livre.

J' ai beaucoup apprécié, comme Kenavo.

Le choix du roman à plusieurs voix est intéressant puisqu'effectivement chacun y livre sa vérité. Le sujet n'est pas seulement la guerre d'Espagne mais aussi l'Histoire, écrite par des historiens et donc forcément à plusieurs voix (mêmes éléments, évènements mais plusieurs appréhensions ?)

Je reviens à la guerre elle-même, celle-ci est la continuité de la révolution étouffée. La révolution est elle-même une violence, là une violence qui répondait à celle que subissait depuis longtemps le Peuple (paysan, ouvrier..) Les exactions sont montées dans l'horreur et donc inoubliables. Précisons aussi que les meurtres ont continué des années après la fin de la guerre (la loi d'amnistie date de 1977). Je ne pense pas que l'on puisse oublier, ni qu' on le doive, mais la vie s'impose d'elle-même et oblige à des "amendements".

Graciano : La seule terreur que je connaisse, c'est celle qui a mis fin à la vie de mon père. Il n'y a pas besoin d'en savoir plus.  

Et cela, on doit l'admettre, tout comme on doit admettre que pour une marquise de Salamanca la terreur a le visage des checas qui ont violenté son mari ou son fils. En cela, le paysan et la marquise appellent à la même compassion.


La vérité a aussi ses faiblesses, elle n'est pas unique, elle est parfois tronquée, transformée (inconsciemment ou pas)

Graciano a certainement porté le poids toute sa vie de ce qu'il avait dit aux phalangistes : le surnom de son oncle "le Lénine de la Ribera"

Quant au côté familial dont tu parles Topocl je crois qu'il s' illustre assez bien dans les soldats de plomb ; ceux entiers, peints du père et ceux abîmés, mutilés du fils. Pestana est comme eux, la rigidité de son père, ses omissions, ses mensonges ne lui ont pas permis de le comprendre et de se rapprocher de lui.

Les autres membres de la famille ne souhaitent qu'une chose : qu'il se taise, voire qu'il parte.

c'était pour moi une très bonne lecture, (j'ai souvent eu le sentiment que c' était  autobiographique).

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kenavo
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MessageSujet: Re: Andrés Trapiello [Espagne]   Sam 30 Juil 2016 - 9:10

oh, merci pour ton commentaire, contente de lire que tu as apprécié Very Happy

Bédoulène a écrit:
(j'ai souvent eu le sentiment que c' était  autobiographique).
tout à fait possible, oui... vu sa date de naissance, il y a certainement des membres de sa famille qui ont vécu les années de guerre et il a probablement transformé leurs souvenirs en littérature...

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