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 Ileana De La Guardia : le nom de mon père

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Chamaco
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MessageSujet: Ileana De La Guardia : le nom de mon père   Dim 14 Sep 2014 - 16:05




Antonio de la Guardia a été déféré devant un tribunal spécial militaire à La Havane pendant l'été 1989, le glacis communiste s'effritait, en France on préparait le bicentenaire de la Revolution française, à Pekin se passaient les évenements de la place Tian'anmen, en Pologne, Solidarité gagnait les premières elections libres, l'affaire Ochoa-La Guardia passa inaperçue. Avec Antonio de la Guardia, le général de division Arnaldo Ochoa "Héros de la République de Cuba", ainsi qu'une dizaine d'autres officiers dont son frère jumeau Patricio de la Guardia. Ils étaient accusés de :
- Corruption, trafic de drogue, mise en danger de la sécurité du pays. Cette affaire a été baptisée "l'affaire Ochoa", ce procès mettait en cause des officiers du Ministère de l'Interieur Cubain, le Minint, suite aux accusations des USA de trafic de drogue près des côtes cubaines, trafic provenant de Colombie et destiné à approvisionner les USA et l'Europe en cocaïne.
Le 13 Juillet 1989 Antonio de la Guardia, 51 ans, Arnaldo Ochoa et deux autres officiers ont été fusillés par un peloton d'éxécution.
Ileana de la Guardia avait 24 ans à la mort de son père, elle était étudiante en psychologie, ce livre écrit en France en exil raconte le bouleversement de sa vie et celle de ses proches à la suite de l'arrestation de son père et de son oncle, démontre les arcanes du procès et l'implication des frères Castro dans le trafic, relate sa vie après l'éxécution, son départ en exil au Mexique puis en France.
Elle explique ses actions pour la réhabilitation de la mémoire de son père et la liberation de son oncle condamné à 30 ans de prison. Ileana détaille l'arrestation de son père, les démarches effectuées auprès des autorités pour pouvoir le visiter alors qu'il se trouvait au secret, le procès tronqué auquel elle a assisté. Elle analyse l'éventuelle implication de son père dans les faits reprochés, s'aidant en cela des conseils de responsables des services speciaux cubains en exil pour démonter la machination mise en place  par les frères Castro qui se seraient servi de ce procès pour se dédouaner de leur propre implication  dans le trafic de drogue, un trafic qu'il est impossible d'organiser à Cuba sans que Raul ou Fidel n'en sache rien...
Ileana de la Guardia relate les faits sans haine, sans esprit de vengeance excessif, elle demande seulement que la vérité soit dite, que justice soit faite, et que tous les protagonistes de cette affaire soient punis. Elle nous livre son ressentiment envers les dirigeants français qui ont reçu Fidel Castro en France en 1995 (ce que personnellement je trouve honteux, les mêmes dirigeants ne s'étant pas gênés pour dénigrer l'accueil de Khadafi par notre ex-président).
Sur la forme du livre : Ileana de la Guardia a une belle écriture, c'est une lettrée qui avec finesse expose le drame dont sa famille a été victime, j'ai été touché par la souffrance dont cette femme a été victime.

EXTRAIT :
« Ma rencontre avec Danielle Miterrand était vouée à l'échec. La présidente de France  Libertés abat son jeu à la fin de l'hiver  1995. Elle peut bien se flatter d'appeler parfois Fidel Castro à l'indulgence envers certains prisonniers politiques, cette charité ne sert en réalité qu'à justifier  sa complaisance à l'endroit du dictateur.
Avec le temps, à partir de 1993, je me suis sentie assez en confiance pour parler librement avec les autres filles de la boutique.
Une confiance que s'interdit Danielle Mitterand, bien au contraire !
Mes deux premières demandes de  rendez-vous étaient restées lettre morte. Cette fois ma requête écrite sur le papier à en-tête d'un organisme respectable a rencontré un écho positif.
La femme du président me reçoit au siège de la fondation France Libertés, située dans le IX° arrondissement, à mi-chemin entre la Gare Saint-Lazare et la Place de Clichy. J'expose la situation de Patricio à la prison de Guanajay. Je la prie d'intercéder en sa faveur lorsqu'elle me coupe.
Nous ne pouvons rien faire, me dit Danielle Mitterand. Fidel Castro est un homme bien, croyez moi. Si, si. Je peux vous dire que c'est un homme tres bon. Certes, il a la tête dure, mais enfin... Ce qui est arrivé à votre père et à votre oncle reprèsente un incident regrettable, mais enfin...Il fait face à une situation difficile, savez vous. ?

J'ai du mal à concevoir la condamnation et l'éxécution de mon père comme un « incident », mais enfin... Je reviens à la charge. Avec le même insuccès.
Mais vous le savez bien, reprend Danielle Mitterand. C'est à cause du blocus américain. Fidel Castro est obligé d'envoyer des gens en prison. Il n'a pas le choix.
Ceete fois, je ne saisis pas la relation avec le blocus, « mais enfin... » Je ne m'y fais pas. C'est la justification de mauvaise foi qui a cours et que j'entends partout, à Cuba comme à l'extérieur, la justification que la propagande officielle a réussi à faire adopter unanimement en Europe.
En créant sa fondation en 1986 , Danielle Mitterand s'était promis d' »aider au rétablissement des droits élémentaires de l'homme »....... »
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Ileana De La Guardia : le nom de mon père   Dim 14 Sep 2014 - 18:44

une lecture que je ferai peut-être plus tard, merci pour ton commentaire.

ayant vécu à Cuba je pense que tu as pu connaître certains aspects de ce que dénonce la Fille de la Guardia, dont on comprend facilement la peine et l'amertume.

Quant à Danielle Mitterand et son association, il semble qu'elle soit reconnue avantageusement, mais cependant je veux bien croire ce que dit d'elle la Guardia car il était connu que Fidel Castro était un ami.

J'ajouterai que Castro et Khadafi ne sont- certainement pas les seuls "indésirables" à avoir été reçu par la France

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Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour soi est un esclave. » Friedrich Nietzsche
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Chamaco
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MessageSujet: Re: Ileana De La Guardia : le nom de mon père   Dim 14 Sep 2014 - 20:50

Bédoulène a écrit:

ayant vécu à Cuba je pense que tu as pu connaître certains aspects de ce que dénonce la Fille de la Guardia, dont on comprend facilement la peine et l'amertume.

Quant à Danielle Mitterand et son association, il semble qu'elle soit reconnue avantageusement, mais cependant je veux bien croire ce que dit d'elle la Guardia car il était connu que Fidel Castro était un ami.


Merci Bedoulene pour cette lecture que tu m'avais conseillée, j'ai préféré ce livre à celui du garde du corps de Fidel, mieux écrit et tout en finesse...
Ce que je sais de Cuba pour avoir connu l'ambiance qui y règnait et y règne maintenant, m'incline à penser que les frères Castro ne pouvaient pas ne pas être informé du trafic qui s'est déroulé sur près d'une année au minimum au large des côtes cubaines. Quand l'on a connu l'atmosphère de délation qui regne à tous les echelons de la société, la suspicion entre voisins, collègues de bureaux il me paraît improbable qu'un groupe d'hommes ait pu illlegalement organiser un trafic sans que rien ne transpire et que ces faits ne soient pas remontés aux oreilles des deux frère ou peut etre de l'un d'entre eux, Raul chapeautait l'Armée et la Police (avec comme ministre de la Police Abrantes qui etait un de ses hommes de main) ce qui est aussi vraisemblable c'est que ce soit lui seul qui dirigeait le trafic et que Fidel laissait faire. Cette possibilité est corroborée par une revelation de Reinaldo Sanchez dans son livre "la vie cachée de Fidel Castro", il mentionne que lorsque les accusés sont passés au tribunal Raul aurait connu une soirée de panique, il se serait saoulé et tremblait de peur devant son frere, ce dernier l'aurait rassuré en l'assurant de la fidelité de son lien filial. Cette panique est etonnante pour un homme qui n'aurait eu aucune responsabilité dans l'affaire...
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