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 Vladimir Pištalo [Serbie]

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kenavo
Zen Littéraire
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MessageSujet: Vladimir Pištalo [Serbie]   Mer 24 Sep 2014 - 8:13



Vladimir Pištalo est né à Sarajevo en 1960. Tour à tour traducteur, journaliste et écrivain, il publie son premier livre à 21 ans. Il est le fondateur (en 1977) du groupe littéraire «Manufacture Belgradoise de Rêves».
Il a émigré en 1993 en Amérique.
Source : Babelio


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Sénèque
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kenavo
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MessageSujet: Re: Vladimir Pištalo [Serbie]   Mer 24 Sep 2014 - 8:13


Millénaire à Belgrade
Citation :
Présentation de l’éditeur
Cette ville, c'est Belgrade. Ce rêve, c'est celui de toute une génération : celle, désenchantée, de Boris, Ballé, Irina, Zora et Milane. Un groupe d'amis qui, à peine sorti de l'adolescence au début des années quatre-vingt, au moment de la mort de Tito, envisage, plein d'espoir, un avenir affranchi de la "pensée unique" jusque-là en vigueur. Tous s'accrochent avec une énergie farouche, et souvent délirante, au moindre soubresaut d'une ville qui voit les guerres successives l'engloutir. Une ville-héroïne dont l'ambiance rappelle la folie carnavalesque des films d'Emir Kusturica, et qui depuis toujours insuffle à ses habitants sa force et sa magie.

J’avais lu ce livre lors de sa sortie en 2008, mais le retour de mon amie à Belgrade et ses photos et commentaires de son séjour m’ont donné envie de retrouver moi-même cette ville avec ce livre.

Le livre s’ouvre en 1980 lors de l’enterrement de Tito, mais le livre se concentre finalement sur la décennie 1990-1999 qui a naturellement pour fond de toile les guerres de Yougoslavie.

Vladimir Pištalo n’écrit pas un livre de guerre mais il parle de la ville de Belgrade et d’un groupe d’amis qui vont avoir différents sorts lors de ces dix années.

Ce n’est pas un roman dans le sens habituel. Les différents chapitres font un peu penser à un journal, il parle de l’histoire de Belgrade, d’événements historiques, peint à travers les personnages des amis et de leurs familles une image de cette Serbie avant-guerre.

Je sais pourquoi je n’avais pas ouvert de fil dans le temps pour cet auteur, il m’était difficile d’en parler de cette lecture… et il l’est encore en quelque sorte.

Mais j’ai trouvé un commentaire qui rend justice à ce très beau livre

Citation :
C'est une grande voix serbe qui se fait entendre, claire, nouvelle, noble, pour témoigner des guerres qui ont déchiré l'ancienne Yougoslavie. Après tant de caricatures et de prises de position aussi tranchées que hâtives de la part d'observateurs lointains sur le conflit qui a opposé les nouvelles républiques balkaniques, on est heureux de découvrir un écrivain sensible, érudit, ironique, qui raconte à sa manière, souvent hallucinée et fébrile, les dix dernières années du XXe siècle dans une ville, Belgrade, à laquelle il s'identifie : "Belgrade, c'est moi !", dit-il à son ami, le musicien rock Bané, réfugié à New York.

source et suite


Extrait (Prologue):

Une légende sur les origines de Belgrade dit qu’un homme avait offensé les centaures qui, à l’aube des temps, vivaient dans les alentours du mont Avala. Les sabots des centaures furieux ébranlèrent le sol. Leurs glapissements déchirèrent le ciel. L’homme leur échappa de peu, une seule foulée, et se jeta dans la rivière. Il entendait des flèches siffler et pleuvoir ensuite sur l’eau. Les centaures s’arrêtèrent sur la berge, ils hennissaient et piaffaient dans la vase. Au beau milieu de la Save, le fuyard sortit la tête et prit une bouffée d’air. Le temps de nager jusqu’à l’autre rive, il engloutit quantité d’eau. Exténué, il s’effondra au pied de la butte rocheuse du Kalmégdan, au confluant de la Save et du Danube, et ferma les yeux.
Il rêva d’une ville.
Il rêva de sanctuaires et de palais. Il rêva d’une esplanade bordée de théâtres où déclamaient des poètes. Il rêva de vieilles personnes vigoureuses vêtues avec goût, et de femmes se promenant dans des parcs. Il rêva d’amants s’enivrant de leurs souffles échangés. Il rêva de sculptures sur les places et sur les façades. Il rêva de mille auberges, où l’on servait les mets de mille peuples. Il rêva de caves à vins agencées comme des bibliothèques. Il rêva d’une ville dont deux rivières drainaient tous les soucis, la laissant insoucieuse.
Il rêva de librairies et de maisons de thé, dans lesquelles on aimerait vieillir. Il rêva d’une ville où c’était un plaisir de suivre l’enchaînement des saisons. Il rêva d’un lieu dont les détails le charmaient et dont l’ensemble entretenait sa passion. Il rêva d’une ville. C’était une ville à l’éternel midi, sans crépuscule ni ombre. Au long des rues se promenaient des anges et, à leurs fenêtres, des femmes secouaient sur eux des taies pleines de confettis. Du haut de terrasses, des mains blanches s’agitaient en direction du rêveur.
Lorsqu’il rouvrit les yeux, au-dessus de lui se tenait un ange. Il avait des yeux tels que l’homme n’en avait jamais vu. L’ange pointa un doigt vers le rocher surplombant les eaux et dit :
-Vois !
L’homme regarda dans la direction que désignait l’index de l’ange, et tout était là ! Sur la hauteur, se trouvait une ville. Des murailles, plus blanches qu’un os de seiche, brillaient dans le soleil. Des ensembles de constructions se superposaient dans un plaisant désordre.
Cela s’est passé bien avant que je naisse à Belgrade, là où j’ai connu Irina, dont je suis tombé amoureux. Et pourtant je parle de cet événement comme un témoin. La chose est possible, car tout cela est advenu dans le Temps des Rêves, qui précède le temps, vient après lui, se mêle à lui. Cela s’est produit dans un printemps sacro-saint, dans l’éternité, dans un « temps omniprésent, de partout et de toujours ». C’est pourquoi je peux témoigner de la joie du rêveur devant ces murailles qui, enfin, allaient le protéger de la sauvagerie hurlante.
De ses yeux effarés, le rêveur buvait son rêve accompli. Il n’avait plus qu’à ouvrir la porte de la ville et à s’y installer. Soudain, il se sentit trop petit pour endosser la responsabilité de son rêve. Il voulait crier. Il voulait hurler. Il voulait se cacher la tête sous l’aile. Le rêve, une fois réalisé, pouvait bien éclater, telle une bulle de savon. Les lèvres du rêveur se tordirent. Et il se rit de lui-même, et de ce qu’il désirait le plus au monde. Sur des jambes flageolantes, il fit un premier pas en arrière. Puis il en fit un deuxième, et un troisième. À l’instant où il tournait pour toujours le dos à la ville, retentit, depuis l’enceinte de craie, un cri strident de l’ange. Sans se retourner, le rêveur abandonna le songe interrompu et il s’en revint vers la sauvagerie hurlante.
Les dieux, qui avaient exaucé le vœu de l’homme, affligèrent la ville d’une terrible malédiction :
« Que ce lieu soit une plaie. Sitôt que sur cette plaie se formera une croûte, que des ongles sales l’arrachent. Que les générations des fils ne poursuivent jamais ce qu’ont entrepris les générations des pères. Que, dans cette ville, les gens moquent toujours ce qu’ils souhaitent le plus au monde. »
Et tel fut le châtiment des dieux, pour l’homme qui avait tourné le dos à son rêve.

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shanidar
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MessageSujet: Re: Vladimir Pištalo [Serbie]   Mer 24 Sep 2014 - 11:00

Un livre qui ne peut qu'attirer mon attention !

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