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 Koike Mariko

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MessageSujet: Koike Mariko   Koike Mariko Icon_minitimeMar 21 Aoû 2007 - 19:11

Koike Mariko Koikem10

Editions Picquier:
Citation:
Koike Mariko, née en 1952, a reçu en 1999 au Japon le prix du roman policier pour "les Amis de l'épouse", et en 1996, le célèbre prix Naoki pour "Amour". Elle est l'auteur d'un grand nombre de romans à suspense psychologique.

C'est tout ce que j'ai trouvé pour le moment.
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MessageSujet: Re: Koike Mariko   Koike Mariko Icon_minitimeMar 21 Aoû 2007 - 19:19

"Le chat dans le cercueil"

Koike Mariko Le_cha10


"Si Momoko n'ouvre son coeur qu'à sa chatte Lala, son père n'a d'yeux que pour la belle et pulpeuse Chinatsu, au grand dam de la jeune fille au pair: trois habitants d'une même maison dans le Japon d'après-guerre vivent dans un calme apparent, ignorants d'une vérité cachée qui les pousse inexorablement vers la tragédie... »


Ces premières lignes de la quatrième de couverture emportent d'emblée mon adhésion de lectrice de polars, de littérature japonaise et d'amoureuse des chats!


L'atmosphère est celle des lointains souvenirs, est celle des clichés aux couleurs passées que l'on feuillette dans un album. Une grande maison, une petite fille, un champ de blé que l'on aimerait peindre inlassablement, une jeune fille artiste en devenir, un homme, jeune, beau, artiste et professeur d'université, subjugué par la culture américaine, une jeune femme, sculpturale et d'une beauté époustoufflante, une chatte blanche, aérienne et d'une douceur de velours; le lecteur sait que tout n'est que façade, que ce tableau sera terni par le malheur.
Hariu est engagée comme professeur particulier par Gôro, artiste et professeur d'université, pour tenir compagnie à sa petite fille Momoko. Cette dernière est réservée, secrète, solitaire depuis la disparition de sa mère. Son unique amie et confidente: Lala, une adorable chatte blanche, sociable, belle, qui la suit partout et passe son temps à jouer avec elle. Une complicité, une symbiose, qui parfois peut irriter le lecteur car un peu contre nature (mais pour un féru des félin, cela ne pose pas problème). En effet, la fusion entre la fillette et la chatte est telle que la première considère la seconde comme le substitut maternel et que la seconde câline et rassure, telle une mère, la première. Leur relation est observée par Hariu, oeil extérieur mais oeil désireux d'entrer dans ce cercle intime et rassurant. Momoko ne laisse rien transparaître de ses sentiments, des ses états d'âme sur son visage, lisse miroir pur. Les émotions se devinent derrière les mots, derrière les gestes, sous certains soupirs doucement exhalés.
Par une nuit d'orage, Hairu entend Momoko sangloter sa peur et la perte de sa mère. Hairu aurait pu ignorer les pleurs et rater cette infime ouverture du monde intime de Momokochan (j'aime cette particule affectueuse « diminutif » japonaise). Elle entre dans la chambre et va partager la tendresse maternelle de Lala et comprendre son importance dans la vie et le bonheur de Momoko. Plus rien ne sera pareil pour Hairu: elle partage les jeux et les promenades dans le champ de blé, tableau zen derrière la maison, elle découvrira l'existence d'un puits oublié, ombre muette égarée dans la blondeur champêtre.
La vie coule, douce, sous la couleur sépia des souvenirs. Mais, parce qu'il y a toujours un mais, l'harmonie fragile va se fendiller avant de sombrer le chaos. Chinatsu, sublime jeune femme, apparaît dans la vie de Gôro puis dans celle de Momoko et Hairu. Chinatsu qui fait tout pour plaire voire complaire à Momoko. Chinatsu qui offre à tout instant un visage lisse, transparent où les émotions les plus infimes sont ensevelies. Mais Momoko reste hermétique aux tentatives de rapprochement, aux efforts pathétiques car sonnant toujours faux de Chinatsu. Elle qui conquiert sans cesse les coeurs, se heurte à une muraille imprenable. Une silhouette blanche et délicate éloigne les désirs de Chinatsu: elle ne parvient pas à aimer Lala qui le lui rend bien par son indifférence d'abord puis sa violence ensuite (la scène du coup de griffe est d'une délicate beauté sauvage...à la japonaise). Dès lors, Lala devient un sérieux obstacle pour l'acceptation par Momoko de la présence définitive (un mariage est en projet) de Chinatsu: Momoko n'a-t-elle pas lancé à cette dernière que Lala était sa mère et donc qu'elle n'avait pas besoin d'une autre... Lala, écharpe de fourrure blanche qui danse dans les blés, telle un lutin facétieux.
Le lecteur s'interroge quant à l'approche du chaos pressenti depuis le début, une légère impatience le gagne, mais il se rappelle très vite que l'écriture japonaise aime l'attente, la montée en crescendo de l'angoisse et de la peur.


La saison change, c'est l'automne, son vent, son froid, ses feuilles qui s'envolent. Un après-midi, Lala est retrouvée inerte dans le bassin aux nénuphars, abandonné depuis la mort de Yuriko, la mère de Momoko. Hariu a vu Chinatsu noyer Lala mais choisit de se taire. C'est la consternation, les larmes inextinguibles de Momoko, la tristesse dans la maisonnée.
Gôro et Chinatsu arrêtent leur décision de mariage: c'est ce qui déclenche l'aveu de Hariu, une pointe douloureuse de jalousie dans le coeur, à Momoko qui voue alors une haine immense envers Chinatsu.
Le temps passe, l'automne s'en va et laisse sa place à l'hiver. L'hiver et ses flocons, sa neige ouatée et pure. Cette neige qui efface toute trace, même celles qui vont jusqu'au puits oublié, sous le regard incrédule et impuissant de Hairu. Un deuxième drame ébranle la maisonnée: Chinatsu s'est disloquée lors de sa chute dans le puits fatal, un bonhomme de neige inachevé veille et Hairu apprend que Yuriko n'était pas la mère biologique de Momoko...
Un roman noir d'autant plus oppressant que l'angoisse monte au fil du récit. Une question s'impose à l'issu de la lecture: doit-on tout cacher aux enfants, notamment ce qui les touche au plus profond d'eux-mêmes? Il est des vérités qui ne sont pas toujours bonnes à dire, mais il en est d'autres qu'il ne faut surtout pas céler sous peine de déclencher le pire des chaos.
Le rôle du chat dans tout cela? Une allégorie de la mort, de ce qui n'est plus, de la perte (de l'innocence, de l'enfance..)? La couleur du deuil, au Japon comme en Chine, est le blanc, Lala est blanche et ondule telle une étole endeuillée.... Le chat occupe une place importante dans l'imaginaire nippon: chaque maison japonaise possède son chat porte-bonheur ou Maneki Neko. Aussi, Lala, chatte blanche, ne peut-elle être porteuse de bonheur mais le grain de sable tragique. Lala, victime et clé inattendus de ce roman noir.
A lire si on aime et les romans à suspense et les chats!
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MessageSujet: Re: Koike Mariko   Koike Mariko Icon_minitimeDim 28 Fév 2010 - 19:48

Koike Mariko est principalement un(e) écrivain de littérature populaire : suspense, policier, et "romance".

Elle remporte le "Japanese Detective Fiction Writers Award for Best Short Story Collection" en 1989 pour Les Amis de l'épouse en 1989 (source : Random House ; d'après la quatrième de couverture française - Philippe Picquier, information reprise dans quasiment toutes les pages francophones qui traitent de cet auteur - Koike Mariko aurait remporté le prix du meilleur Roman Policier en 1999 pour ce même livre... qui faut-il croire ?), Prix Naoki 1995 pour Amour (Koi).

En 1998, elle remporte le "Romance Fiction Award" pour Désir. On ne trouve pas trace de cette récompense sur la quatrième de couverture de Philippe Picquier. Ce n'est sans doute pas très vendeur chez nous.

Koike Mariko Koike-10
Je suis déjà venue ici (Tamamushi to 11 no shoten shosetsu, 2006), 207 pages. Récits traduits du japonais par Karine Chesneeau en 2008. Philippe Picquier.

Il ne s'agit pas de policier ni de romance ici, mais de littérature "générale".
Le recueil de onze récits commence par une citation d'Oscar Wilde, extraite de Salomé : "Le Mystère de l'Amour est bien plus grand que le Mystère de la Mort..."

On y trouve un peu de fantastique, comme dans Pouvoir Maléfique : Une femme a un pouvoir, malgré elle. "A cette époque-là, elle n'était pas encore consciente d'être le siège d'un pouvoir mélafique. Quiconque lui occasionnait la moindre blessure, le moindre chagrin, était victime d'un accident, tombait malade, voire décédait. En un mot, elle portait malheur". (page 17), un récit qui ne débouche pas sur grand chose, à part le vide d'une vie.

Il y a également parfois du grotesque, comme dans Dans sa boîte (mais également dans Voix sensuelle).
Une fille et un garçon, élèves dans une même classe, discutent dans un jardin public.
Citation :
"Elle savait que sa mère était en fait sa belle-mère, immobilisée par une obésité qui la faisait ressembler à un énorme porc. Le garçon n'y avait jamais fait allusion, mais on en parlait dans son école, et la mère de la fillette l'avait entendu dire quelque part, puis répété." (page 30).
Elle va aller chez lui... Bonne nouvelle, malgré quelque passage de symbolisme bateau.
Le grotesque (ou l'anormalité) pimente un peu le quotidien grisâtre, et les récits en sont tout de suite plus mémorables.

Mais le plus souvent, les récits parlent d'amours déçues, d'hommes mariés - ou de femmes mariées - qui en aiment un ou une autre, avec petit espoir final ou non (Kantan et haïkus, Le bupreste, Séduction culinaire, Pourquoi si triste ?), de la fin d'une relation, de femmes sans illusions :
Citation :
"A vingt-six ans, trahie par l'amour, elle avait dû assumer seule une dette importante. Alors qu'elle travaillait pour la rembourser, il se trouvait toujours un homme pour lui faire des avances. La plupart d'entre eux ne valaient pas grand chose et se sauvaient après l'avoir désirée, puis sollicitée dans sa chair au maximum." (Le bupreste, page 66).

Quelques nouvelles pas mal, donc (Dans sa boîte, Voix sensuelle, La Licorne, Séduction culinaire), et d'autres nettement plus classiques (trop classiques ?), dans le genre "la vie n'est pas drôle".
Le style lui-même est simple, pas de fioritures littéraires (à noter un très moche "solutionner", page 137 ; pourquoi ne pas utiliser le verbe "résoudre" ?)
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MessageSujet: Re: Koike Mariko   Koike Mariko Icon_minitimeDim 28 Fév 2010 - 20:27

J'ai un si mauvais souvenirs du Le chat dans le cercueil que je ne pense pas relire un jour cet auteur. Ce que tu en dis ne me poussera pas à changer d'avis...

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MessageSujet: Re: Koike Mariko   Koike Mariko Icon_minitimeMar 2 Mar 2010 - 22:12

Arabella a écrit:
J'ai un si mauvais souvenirs du Le chat dans le cercueil que je ne pense pas relire un jour cet auteur. Ce que tu en dis ne me poussera pas à changer d'avis...
C'est globalement un livre à PH neutre. C'est pratique, presque comme se rincer la bouche entre deux dégustations de vins : ça ne laisse quasiment pas d'arrière-goût.
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MessageSujet: Re: Koike Mariko   Koike Mariko Icon_minitimeMer 3 Mar 2010 - 6:55

Un livre à PH neutre laugh

Il faudrait breveter la forumule...

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