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 Sergeï Lebedev

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coline
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MessageSujet: Sergeï Lebedev   Lun 17 Nov 2014 - 17:22



On ne trouve pas beaucoup d'informations sur l'auteur Sergeï Lebedev (ou Sergueï) puisque son métier n'était pas d'écrire, il était géologue.
Il est né en 1981.

Son premier roman, La limite de l'oubli, est sorti aux Editions Verdier, en janvier 2014.

Editeur :
Ayant grandi pendant la période de transition qui a suivi la perestroïka et la chute du régime, Lebedev appartient à une génération héritière d’une mémoire historique « trouée » pour laquelle la violence politique − pourtant centrale dans la conscience collective des Russes − demeure fiction ou cauchemar.
La Limite de l’oubli est le premier roman d’un jeune auteur qui a su s’affranchir des limites imposées par l’effacement des années soviétiques. Il a mis au service de ce projet non seulement son talent littéraire, mais également son expérience de géologue qui l’avait conduit, à travers l’immensité de l’espace russe, vers les vestiges des camps et les paysages du Grand Nord, magistralement évoqué dans leur dimension à la fois mythique et politique.

Son second roman, L’Année de la comète paraîtra chez Verdier en 2015.
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coline
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MessageSujet: Re: Sergeï Lebedev   Lun 17 Nov 2014 - 18:25

La limite de l'oubli

Eh bien pour un premier roman, bravo Sergueï Lebedev !...
Tout de noirceur et de force…étouffant et captivant… un récit virtuose qui subjugue par son atmosphère, sa construction et ses qualités stylistiques.
Un de mes coups de cœur littéraires de cette année mais attention l’atmosphère est lourde, vous voilà prévenus !

Le roman commence ainsi :
"Je me trouve à l’extrémité de l’Europe. Ici on voit, à nu dans chaque falaise, l’os jaune de la pierre et une terre ocre ou flamboyante semblable à de la chair. La pierre s’effrite sous l’assaut des vagues, la chair s’érode sous les marées.
  L’œil ne peut embrasser l’immensité ; l’océan semble se renverser sur celui qui le regarde et menace de faire éclater ses prunelles comme les hublots d’un bateau pour se répandre à l’intérieur, inonder le cerveau. Émergeraient alors[…] quelques rares pensées : elles porteraient sur le grand attrait de l’absence, sur la vacuité de l’horizon qui aspirent à être transcendés, tirés de l’eau par l’imagination, nouvelle Atlantide : un continent où tout est inconnu, où l’espace ignore la boussole et le compas du cartographe. "




Il finit par cette phrase :
« Venu ici, au bout du monde, je n’ai pas mon dessein devant, mais derrière moi : je dois m’en retourner. Mon voyage est fini, j’entame mon trajet de retour: vers les mots ».

Entre les deux, le chemin initiatique d’un homme de 30 ans, qui pourrait être Sergueï Lebedev puisqu’il a le même âge et qu’il est comme lui géologue. Mais grâce aux connaissances géographiques dues à son métier premier,  et à ses talents  littéraires exceptionnels, Serguei Lebedev écrit une fiction, œuvre qui semble s’être imposée à lui comme impérative,vitale.

Il est né en 1981, il a grandi et il est devenu adulte après la perestroïka, dans cette période où la Russie a posé une chape de silence et de mensonges sur son terrible passé des années soviétiques. Mais l’oubli a une « limite », dans la mémoire du peuple russe, même dans celle de la jeunesse russe qui n’a pas connu le cauchemar.

Comme Lebedev, le narrateur s’est donc rendu pour son métier dans l’immensité du  Grand Nord sibérien, au-delà du cercle polaire, là où se trouvent livrés à l’abandon, les vestiges de l’horreur du goulag, des camps.
« Tout a soif de mots, tout cherche à advenir par la parole, tout réclame reconnaissance et deuil ».

   

Pour trouver les mots, Serguei Lebedev invente un narrateur qui, mordu par un chien alors qu’il était enfant,  aurait reçu pour le sauver le sang d’un vieil homme, un voisin aveugle et mystérieux,
« l’autre grand père ». L’enfant survit mais le vieil homme meurt.
Qui était cet homme qui s’était  immiscé dans la vie de la famille, avait gagné la confiance des parents car ces derniers lui confiaient volontiers le petit garçon sur lequel il exerçait une autorité protectrice et froide, une emprise ?

L’enfant, intelligent  et sensible, sent qu’un monde se cache derrière celui des apparences. Celles de la nature où les « herbes nocturnes conversent dans la langue du brouillard et de la rosée ». Celle du vieil homme :
« Un être sans histoire » apparemment. Mais « Une tare – sa cécité – en cachait une autre, l’absence de passé, justement, et s’y substituait ».

« Je sentais qu’à l’intérieur il était mort, séparé du monde des vivants. Il n’était ni un fantôme ni un esprit, plutôt un défunt, incarné, solide ».
L’enfant ne pouvait pas aimer « l’autre grand père ». Un être « ni renfermé, ni solitaire » qui lui semblait « effacé-abandonné-puni ».
Puni ?


Dans le corps de l’enfant circula désormais un « vieux sang » que le petit garçon pressentit comme
« l’impureté absolue ».
Adulte, il n’aura de cesse d’aller vers la vérité de  cet « autre grand père ».
Quelques lettres trouvées dans un tiroir chez le vieil homme qui l’avait fait son héritier lui donnent des indices, un nom, un lieu.
C’est en direction de ce nom, de ce lieu, que le narrateur entreprend un voyage qui sera un voyage initiatique. Car s’il mène une enquête, il se retrouvera aussi en quête de lui-même, au bord de la folie.

C’est un voyage cauchemardesque qu’il fait, je n’ai pas envie de trop en dévoiler les péripéties. Dans des paysages sublimes et terrifiants, empreints des souvenirs du goulag, et habités encore parfois par  la descendance des rescapés qui n’ont pu échapper à la géographie des lieux.
Le récit est dense, il nous tient en haleine…je ne veux pas vous enlever la fièvre qui vous prendra à le lire.

Mais ce n’est pas la réalité du goulag que l’auteur décrit (d’autres l’ont fait)… plutôt ce que ce passé d’horreur tue a infusé dans l’esprit des générations qui ont vécu après l’ère stalinienne …Ce qui circule du passé soviétique dans l’âme russe, comme « le vieux sang » à « l’impureté absolue » circule dans les veines du narrateur.

Son récit réaliste se fait souvent onirique, voire hallucinatoire, pour mieux capter l’essence des lieux qu’il décrit (sublimes descriptions) et la puissance des émotions d’où vont jaillir enfin les mots.

« Ce texte est un monument, un mur des lamentations, puisque les morts et ceux qui les commémorent n’ont, pour se rencontrer, que le mur des mots, ce mur qui unit les vivants et les morts. »

 Le narrateur dit: « Il suffit d’une personne qui se charge du travail de mémoire », d’un être « qui laisserait parler la vérité à travers lui ».

Je veux rendre hommage à l’originalité et la force de  ce roman de Sergueï Lebedev  que je ne suis pas loin de considérer comme un chef-d’œuvre, bien que premier roman.
Un auteur à suivre me semble-t-il…Je le suivrai...

Hommage aussi à une traduction magnifique, celle de Luba Jurgenson ( écrivain, traductrice, maître de conférences en littérature russe à la Sorbonne).

   

Lors d’une interview à Paris Lebedev déclarait  :
" Mon but est de désensorceler l’histoire de la Russie à travers la littérature. Fragiles historiquement, nous avons à peine émergé comme génération. Nous sommes une génération dispersée, privée de solidarité, un groupe qui n’est pas constitué. Nous vivons comme si bourreaux et victimes n’avaient jamais eu d’enfants. Nous souffrons de ce chaînon manquant. Et cet héritage vit en nous tous, à travers nos peurs et nos angoisses."
source
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Sergeï Lebedev   Lun 17 Nov 2014 - 21:27

quel commentaire ! je veux bien être captivée, même étouffée par cette lecture puisqu'apparemment tu t'en es sortie avec tant d'envie ; je regarderai à ma médiathèque s'il y est.

merci Coline

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Marko
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MessageSujet: Re: Sergeï Lebedev   Lun 17 Nov 2014 - 22:38

Je l'emporte en vacances.

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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coline
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MessageSujet: Re: Sergeï Lebedev   Lun 17 Nov 2014 - 22:41

Marko a écrit:
Je l'emporte en vacances.

Je ne sais pas si le cadre de tes vacances sera le meilleur moment pour le lire...Dans l'avion peut-être... content

Bédoulène a écrit:
quel commentaire ! je veux bien être captivée, même étouffée par cette lecture puisqu'apparemment tu t'en es sortie avec tant d'envie ; je regarderai à ma médiathèque s'il y est.

C'est un grand roman...mais pas léger, tu l'as compris! content
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Marko
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MessageSujet: Re: Sergeï Lebedev   Lun 17 Nov 2014 - 23:02

coline a écrit:
Marko a écrit:
Je l'emporte en vacances.

Je ne sais pas si le cadre de tes vacances sera le meilleur moment pour le lire...Dans l'avion peut-être... content
J'aime bien les contrastes.

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
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coline
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MessageSujet: Re: Sergeï Lebedev   Lun 17 Nov 2014 - 23:08

Marko a écrit:
coline a écrit:
Marko a écrit:
Je l'emporte en vacances.

Je ne sais pas si le cadre de tes vacances sera le meilleur moment pour le lire...Dans l'avion peut-être... content
J'aime bien les contrastes.

Alors tu peux le faire...ce sera contrasté! Very Happy
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shanidar
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MessageSujet: Re: Sergeï Lebedev   Lun 24 Nov 2014 - 12:24

Je le note également ! Quel engouement coline ! (d'autant que je n'ai jamais été déçue par les éditions Verdier !)...

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coline
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MessageSujet: Re: Sergeï Lebedev   Lun 24 Nov 2014 - 13:44

shanidar a écrit:
Je le note également ! Quel engouement coline ! (d'autant que je n'ai jamais été déçue par les éditions Verdier !)...

C'est une excellente maison d'édition Verdier. Et, oui, Shanidar, je pense que tu pourrais aimer cette lecture...
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shanidar
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MessageSujet: Re: Sergeï Lebedev   Lun 17 Oct 2016 - 11:10

L'année de la comète

Ce livre n'est pas totalement de la littérature, n'est pas seulement une narration, il est bien plus que cela, à la fois étude historique et sociologique, mais aussi recherche intellectuelle des plus motivantes, il raconte l'histoire d'un petit garçon russe, moscovite, âgé de dix ans dans les années 1980, élevé par deux grands-mères veuves (la guerre est passée par là) et par des parents scientifiques. Il est donc un pur produit soviétique. Il est à la fois privé d'individualité et en quête d'un destin, persuadé que derrière les choses se cachent une vérité tue, une Pravda secrète, l'enfant observe ce et ceux qui l'entoure avec les yeux acérés du guetteur. Assuré d'être l'Elu, puisque seul rescapé des temps barbares, il est aussi privé du droit à la propriété et cherche à saisir ce qu'on lui cache et en particulier à découvrir ce qu'il y a derrière le silence qui entoure ses grands-pères. L'année de la comète est celle de Tchernobyl : 1986, elle marque le destin de l'enfant comme une sorte de basculement, basculement que vit également l'URSS.

C'est à l'aide d'une langue remarquable, d'un questionnement intellectuel rare que Lebedev nous permet de découvrir les pensées intimes, les rêves, les angoisses de son narrateur. Ce petit bonhomme qui sent des choses, devine des déchirures, cherche à comprendre les silences des adultes et qui par là-même se découvre unique, indivisible au sein du collectif et riche, riche d'une histoire personnelle qui tend à raconter celle plus globale de l'Union Soviétique et de son apocalypse. C'est sur les ruines de la Grande Guerre patriotique que se construit le destin du garçon, c'est sur les ruines de l'Empire soviétique que le roman s'achève.

Coline parle de 'récit virtuose' pour définir le premier roman de Lebedev, L'année de la comète n'est pas virtuose, il n'est pas toujours passionnant, parfois la narration semble s'enliser ou plus ou moins tourner en rond, les journées d'un petit garçon ne sont pas toutes palpitantes ou troublées, certains évènements (entourant par exemple la recherche d'un certain Mister) peuvent paraître insolites, superfétatoires, il n'empêche, le livre est par sa liberté même d'un charme fou et d'une présence habitée. En cherchant à traduire les signes qui l'entoure, l'enfant puis l'adolescent raconte sa construction-destruction, suivant ainsi pas à pas celle du pays immense et désordonné dans son ordonnance que fut l'URSS.

Enrichissant.

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MessageSujet: Re: Sergeï Lebedev   Lun 17 Oct 2016 - 11:21

Deux petits extraits décrivant chacun les grands-mères du narrateur :

Grand-mère Tania était dure d'oreille. Elle n'entendait que les bruits forts : le tintement d'une vitre brisée, le hurlement d'une sirène, le sifflement d'une locomotive. On ne pouvait pas lui téléphoner, l'appeler de la pièce voisine, lui lancer une phrase d'un bout à l'autre de la table, lui répondre en lui tournant le dos. Pour communiquer avec elle, il fallait la prendre dans ses bras, lui parler dans l'oreille. Une fois adulte, je compris enfin que l'attachement particulier que je lui vouais venait entre autres de ces embrassades.


Lorsque [grand-mère Mara] entrait dans une pièce, on croyait voir arriver plusieurs personnes à la fois. Ayant grandi dans la terrible promiscuité des isbas paysannes et des baraquements, dans les flots humains des wagons et des gares, elle n'avait pas réussi à s'individualiser complètement, à se dissocier de la 'masse'. Elle déambulait dans la pièce en gesticulant, dans un vain effort de se démultiplier pour remplir l'espace. Chacun de ses mouvements suggérait un flot humain, file d'attente, rangée, colonne, réunion de membres du parti, multitude prenant d'assaut le comptoir d'un magasin. Intérieurement, je m'écartais, inondé par la vague de sa présence qui se signalait aussi à l'odorat par un fort parfum.

traduction : Luba Jurgenson

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MessageSujet: Re: Sergeï Lebedev   Lun 17 Oct 2016 - 17:50

encore un auteur qui m'est inconnu. Merci pour ton commentaire et les extraits.

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MessageSujet: Re: Sergeï Lebedev   Mar 18 Oct 2016 - 10:37

c'est un livre extrêmement intéressant pour comprendre l'air du temps soviétique des années 80... en passant par le biais du regard d'un enfant, qui comprend peu à peu ce qu'est son pays, un enfant dont les yeux se décillent lentement, Lebedev parvient à faire très bien comprendre à son lecteur le moment de bascule juste avant la perestroïka (et en particulier l'attachement des soviétiques à leur régime, quelque chose que l'on perçoit assez difficilement finalement d'habitude). Par exemple, pour le petit garçon rien n'existe avant 1917 et la Guerre révolutionnaire et quand il apprend que ses grands-parents sont nés avant cette date alors quelque chose vacille en lui, une fêlure voit le jour qu'il va entretenir du bout des ongles jusqu'à découvrir les précipices qui guettent son pays.

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Sergeï Lebedev
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