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 Carlo Sgorlon [Italie]

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silou
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MessageSujet: Carlo Sgorlon [Italie]   Dim 23 Nov 2014 - 20:08

Carlo Sgorlon (1930-2009)



Carlo Sgorlon est né le 26 juillet 1930 à Cassacco dans le Frioul en Italie et mort le 25 décembre 2009 à Udine, c’est le deuxième d’une famille de cinq enfants.
Sa mère est maitresse d’école et son père couturier, il a beaucoup vécu à la campagne avec ses grands parents dans une grande liberté et sans vraiment aller à l’école, il revenait en ville à la fin de chaque année scolaire pour les examens de passage dans la classe supérieure et retournait s'immerger dans la vie rurale du Frioul. Il est allé au collège à Udine où il est marqué par l’enseignement d’un professeur qui lui fait découvrir la poésie et l’art.

A 18 ans il est reçu à l’école normale supérieure de Pise, il y réalise des études de Lettres et fait une thèse sur Kafka. Il mène ensuite parallèlement une carrière de professeur de lettres et d’écrivain.

Ses romans sont intimement liés à la vie paysanne du Frioul avec ses légendes, ses croyances, les drames de la seconde guerre mondiale et la coexistence de populations si différentes sur une même terre.
Il a remporté une quarantaine de prix littéraire dont le Campiello deux fois et le Strega.

- Le Trône de bois, Prix Campiello, Flammarion, 1992

- Le Carrosse de cuivre, Flammarion, 1992

- L'Armée des fleuves perdus, Prix Strega,  Flammarion, 1992
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silou
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MessageSujet: Re: Carlo Sgorlon [Italie]   Dim 23 Nov 2014 - 20:42

L'Armée des fleuves perdus


L'Armée des fleuves perdus (L'Armata dei fiumi perduti) Prix Strega 1985, Flammarion 1992, 295 p.

Avant de parler du roman, quelques mots du contexte historique sans doute peu connu dans lequel il se place. La connaissance de ce contexte n’est pas nécessaire à la lecture du roman car l’objectif de l’auteur n’est pas d’écrire un roman historique, il recherche une autre portée que celle d’une étude historique des faits qui se sont déroulés à cette période, mais il est difficile de parler du livre sans évoquer ce contexte.

La lecture de L’armée des fleuves perdus, en dehors du grand plaisir qu’elle m’a apporté, m’a par ailleurs donner envie dans savoir une peu plus sur cet « épisode » de l’histoire que j’ignorais totalement et de  réaliser quelques recherches, historiques cette fois.

En 1943, le Frioul, région située au nord est de l’Italie est directement annexé par le  3è Reich. La résistance naît, le mouvement partisan est de plus en plus puissant jusqu’à la création d’une république libre (la République de Carnia).
Pour combattre cet état partisan, le Reich décide d’installer dans les villages du Frioul des Cosaques. Ces Cosaques (40 000 à 60 000),  persécutés par Staline ont collaboré avec les Nazis, ils viennent dans le Frioul car Hitler leur a promis la région entière comme futur État Cosaque indépendant en échange de leur soutien militaire dans la lutte contre les partisans.

Le roman de Sgorlon commence peu avant l’arrivée et l’installation des Cosaques avec familles, chevaux et dromadaires. Il est centré autour d’un personnage principal, une jeune femme italienne Marta qui se trouve seule dans une assez vaste maison suite à la déportation des propriétaires juifs pour lesquels elle travaillait.

Sgorlon n’a pas pour but de nous faire un compte rendu réaliste des événements historiques, il recompose ici une fresque épique où le Cosaque semble plutôt vu à travers les yeux d’un écrivain russe.

Sgorlon montre une profonde compassion pour les hommes quels qu’ils soient, Marta est à l’écoute de tous, toujours prête à secourir et à donner. C’est aussi une femme forte qui croit à la vie.

Avec sa manière d’approcher les personnages, Sgorlon  donne une dimension universelle à son roman, la tragique odyssée des Cosaques à la recherche d’une terre comme patrie, le drame des Frioulans dont villages et familles sont exterminés ne sont que ceux de tout peuple en souffrance.  

Tout cela me donne bien envie d'ajouter à ma LAL  Les Cosaques de Tolstoï que je n'ai jamais lu.
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MessageSujet: Re: Carlo Sgorlon [Italie]   Dim 23 Nov 2014 - 21:26

on aura droit à un petit extrait ? miammiam

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MessageSujet: Re: Carlo Sgorlon [Italie]   Lun 24 Nov 2014 - 7:37

Oui, ce livre fait bien envie !

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MessageSujet: Re: Carlo Sgorlon [Italie]   Lun 24 Nov 2014 - 12:26

animal a écrit:
on aura droit à un petit extrait ? miammiam

En apéritif :
Citation :
Les Allemands n'aidaient les Cosaques d'aucune manière et ne les approvisionnaient en rien, ni en armes ni en vivres, afin de les contraindre au pillage et de pousser les deux populations à se massacrer mutuellement. Les Cosaques haïssaient

les Allemands parce que ceux-ci prétendaient leur avoir fait don de cette terre, une terre qui appartenait à autrui et qui était affectée de la peste meurtrière des partisans. C'était comme si un Cosaque offrait à un autre Cosaque un cheval  ou une

charrette qu'un tiers possédait, mais qu'il suffisait de voler ou d'obtenir par la violence. Que le Frioul et la Carnie fussent un faux cadeau, les Cosaques s'en rendaient toujours mieux compte. ils comprenaient qu'ils n'étaient que des instruments

aveugles dans les mains des Allemands qui faisaient d'eux ce que bon leur semblait et les traitaient comme des domestiques.

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silou
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MessageSujet: Re: Carlo Sgorlon [Italie]   Lun 24 Nov 2014 - 14:05

Et pour la suite du repas :

Citation :
On reniflait l'odeur d'écurie et de cuir trempé de sueur qui accompagnait éternellement les Cosaques../..Ce fut une scène comme on n'en avait jamais vu dans le coin. Elle plongeait sans doute ses racines dans les charges antiques de la horde cosaque déchaînée, comme lorsqu'elle assaillait les soldats français de Napoléon au moment critique du passage des fleuves. Bourlak et ses compagnons sentirent en cet instant que quelque chose de profondément dissimulé dans l'âme cosaque avait surgi avec la violence d'un séisme, quelque chose de libératoire et de brutal.

Citation :
Elle ressentait une étrange affinité fraternelle avec les femmes agressées, violentées par les barbares, ces femmes qui après l'invasion, élevaient leurs enfants nés des Huns, des Lombards, ou des Magyars comme s'ils étaient ceux de leurs époux légitimes. Bizarrement, peut-être à cause de sa curieuse façon d'avoir un vif sentiment du passé, elle percevait qu'elle n'était pas seulement elle-même, la Marta qui dès l'âge de cinq ans avait connu les bouleversements   et les désastres de la guerre, mais qu'elle appartenait à un archétype de femme intemporelle, destinée à éternellement à guérir au mieux les blessures de la guerre. Elle cultivait une idée insolite, celle d'avoir pénétré dans le sillon  d'une tâche perpétuelle qui incombait à des êtres de sa nature capables de rester à la fois  à l'intérieur et à l'extérieur de la guerre.

Citation :
Peut-être la patrie n'existait-elle même pas. Celle qui se profilait au loin n'était qu'une chimère, une nostalgie profonde de Russe et de Cosaque. De temps à autre il chantait les doumy de son peuple, pour ses amis et pour lui même, s'accompagnant de la guitare. Il se rendait compte que cependant que ce n'était pas la patrie qui hantaient les doumy, mais rien que le rêve de cette patrie, et le désir qu'on en avait.
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