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 Ilaria Gremizzi [Italie]

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kenavo
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MessageSujet: Ilaria Gremizzi [Italie]   Mar 25 Nov 2014 - 11:20



Ilaria Gremizzi est née à Treviglio (Bergamo) en 1981. Elle vit près de Milan. Parlant l'italien, le russe et l'anglais, elle a choisi d'écrire en français.
Les nigauds de l'oubli et autres saloperies est son premier roman.

Source: éditeur


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kenavo
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MessageSujet: Re: Ilaria Gremizzi [Italie]   Mar 25 Nov 2014 - 11:21


Les nigauds de l’oubli et autres saloperies
Citation :
Présentation de l’éditeur
Les nigauds de l'oubli et autres saloperies, c'est l'histoire de Lily. Elle vit dans un bled, quelque part en Italie, entre son père, Ronnie, coiffeur pour dames au bord de la faillite, et sa belle-mère, Jeanne, qui fait de son mieux, parfois. Sans l'arrivée de Franz Pelliccia, tueur à la retraite mais néanmoins en cavale, on n'aurait pas parié mille lires sur l'avenir de Lily. Et on ne se serait pas dit qu'on vit tous plus ou moins dans un bled, avec plus de questions que de réponses, avec des émotions incroyables qui nous mettent le coeur à l'envers, avec une si grande envie de comprendre un peu ce qui se passe et, surtout, d'aimer et d'être aimé, quoi qu'il arrive.

Dans le cadre de cette LC à travers l’Italie, il serait aussi opportun de regarder du côté de la jeune littérature italienne. Avec Ilaria Gremizzi je dirais que c’est assuré de trouver une nouvelle voix jeune, fraiche, souvent osée et certainement tout à fait à part.

Il y a une anecdote qui accompagne la venue de ce livre entre mes mains que je voudrais quand même aussi mentionner.
Après que Francis Dannemark a découvert son fil que je lui ai ouvert sur Parfum, il ne m’a pas seulement envoyé son dernier livre paru, mais aussi un de la collection « Escales de lettres », collection dont il est responsable chez la maison d’édition Le Castor Astral.

Pour cela je suis reconnaissante bien que je suis navrée que je ne suis arrivée à la lecture que maintenant…

Dans la lettre qui accompagnait ce livre, il y avait une lettre de présentation de Francis Danemark, qui disait entre autre :
Citation :

Les Nigauds de l’oubli et autres saloperies, c’est une Italie profonde marquée par une folie douce et la griffe loufoque de Fellini ; c’est une héroïne qu’on adopte immédiatement, décalages compris, pour sa fragilité et sa détermination ; c’est un univers baroque qui ne se rattache parfois que par un cheveu au monde connu ; c’est une langue qui enchantera les amateurs d’imprudences littéraires. Ilaria Gremizzi fait partie de ces rares auteurs qui bousculent et élargissent l’horizon des attentes de leurs lecteurs. Une découverte à faire séance tenante !

J’adhère pour le tout, surtout concernant l’adoption de l’héroïne. Dès les premières pages je me retrouvais à ses côtés et me suis laissée guider dans cette histoire, cette vie, ce village…

L’écriture est très jeune, Lily a 13 ans, bien que son côté précoce fait aussi partie de son caractère. Rien ne lui échappe, ce qui n’est pas difficile, rien ne se passe vraiment dans ce petit village, Mais ce ‘rien’, Ilaria Gremizzi le raconte avec beaucoup de belles idées. Souvent loufoques, foutraques et plein d’imagination.

Je dois avouer que j’ai décroché un peu vers la fin, quelques pages en moins n’auraient  pas changés le mot final mais peut-être garanti que la verve du début se tient jusqu’à la fin.

Il reste quand même que j’ai beaucoup adoré ce livre, le personnage de Lily est tout à fait exceptionnel et va figurer dès à présent dans mon monde de personnages littéraires à garder et Ilaria Gremizzi est certainement une auteur à suivre !



Exrait :

PROLOGUE :
DE LA DIFFICULTÉ D'OUBLIER.

Ça souffle, les cars. Comme les chevaux. Ça s'ébroue.
Ce genre de car roule à longueur de journée et relie les faubourgs à la ville. La plupart du temps à bord il n'y a que le chauffeur. Ce sont des cars fantômes.

Tout de suite, dans ce siège de car qui pique et qui pue la clope, je ne suis sûre de rien du tout. Il me semble que rien n'existe complètement, que la Terre entière est une ébauche géante, quelque chose de pas fini, de jamais prêt pour y vivre. Sauf ce car. Il roule, il m'emmène loin. C'est ma seule certitude. Une marmelade, le reste. Une mélasse indiscernable. Mes jours comme des mangroves émotionnelles : une jungle torride d'événements qui se poursuivent.
Je préférais avant. Avant que Franz n'arrive, me chamboule, me pulvérise sans même que je m'en aperçoive. Ce serait bien de pouvoir remonter à la veille de sa venue. Réparer les cassures qui ont suivi, l'une après l'autre, jusqu'au broyage titanesque. Mais dans la vie, on revient difficilement en arrière. C'est cela qui relie les rêves à la vie, cette impossibilité de reprendre son chemin à l'envers. Tout ce qui m'intéresse, c'est de faire les choses à l'envers et je n'y arrive pas, j'ai beau forcer le truc, ça ne marche guère, ni dans les rêves ni dans la vie. Je dois être la seule qui a essayé. Ou alors les autres se cachent, ce qui n'est pas idiot. Tout ce qui me reste est ce récit, dont les faits puisent, luttent, se broient et, un jour, arriveront à se faire oublier. J'espère.

Une partie des gens qui habitent la Terre a pour tâche l'oubli. Ils effacent efficacement, dégagent les souvenirs de notre galeuse humanité. Mon voisin, par exemple. Cinquante ans, célibataire, moustachu et souvent en sueur. Il vit avec sa vieille mère et adore la musique classique. C'est rare qu'il parle avec les gens. Or, moins on parle, plus on oublie ce que l'on est, plus on s'efface. Ce qui fait que le voisin va disparaître, s'il ne fait pas gaffe. Mais je crois qu'il s'y connaît, qu'il a même envie de prendre le risque. Les gars comme lui, l'oubli, c'est leur sainte vocation. Je les remercie d'oublier. Ils me soulagent d'une partie de la tâche. D'autant plus que je n'y arriverai pas. Ma viande brûle et mon sang est noir. Je suis un volcan en pleine activité. Quoique je fasse, je n'oublie presque rien.

Après les professionnels, nous avons les chats. De rusés compagnons qui en savent aussi pas mal, en matière d'oubli. Demandez à un chat ce qu'il a bouffé la veille : il ne va pas savoir vous répondre. Encore que les chats, ça fonctionne bien, mais ça pose aussi des contraintes : d'abord il faut arriver à avoir un chat à soi, ce qui n'est guère facile, puisque tous les parents n'achètent pas des chats à leurs gosses. Ensuite, le chat, il faut le garder, ce qui n'est pas commun, puisque les chats s'échappent ou meurent.

Sinon, ceux qui n'ont ni chat ni voisin oublieux n'ont plus qu'à raconter les choses. Il n'y a pas d'autre moyen pour continuer à vivre, quand on est des nigauds de l'oubli. Raconter soulage, vide, épuise. Raconter sauve.

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