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 LC Koestler "La corde raide"

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shanidar
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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 2 Icon_minitimeVen 5 Déc 2014 - 16:05

C'est pratiquement à un cours de géopolitique sentimentale que nous invite Koestler lorsqu'il explique son engagement dans le sionisme. Ce qui permet aussi de bien comprendre sur quel paradoxe fut fondé (et repose encore aujourd'hui) l'Etat d'Israël. Le sionisme est imaginé, envisagé et mis en place par Théodor Herzl dans un esprit plus socialiste que religieux (l'homme n'est pas pratiquant et la plupart des sionistes ne sont pas religieux), d'où le hiatus à construire un état sur la base d'une religion alors même que les hommes ne sont pas pratiquant de cette religion. Evidemment cet écueil peut être dépassé si l'on considère qu'il existe une race juive (ce qui peut être corroboré par le fait que le prosélytisme n'existe pas, on naît juif ou pas mais on ne devient pas juif, il n'y a pas de conversion possible à la judaïté et on ne peut pas non plus renoncer à cette judaïté comme le prouveront les lois anti-juives qui s'appliqueront à tous, religieux ou pas, pratiquant ou non, sous le seul prétexte de la naissance et de l'appartenance par le sang de la mère à une religion). Mais Koestler ne s'aventure pas à donner d'explication dans ce sens (il le fera plus tard avec la Treizième tribu)

Koestler explique parfaitement les différences et les clivages entre les sionistes laïcs (en soi, cette appellation est déjà un problème) et les sionistes religieux. Tout autant que le clivage entre une nation israélienne qui se construirait grâce à une immigration lente de travailleurs choisis (vision économique) et la vision politique qui est de créer les bases d'un Etat reconnu internationalement, de lever des capitaux étrangers et de venir massivement peupler Israël (en y déployant un gouvernement, une armée et des institutions). En réalité, et Koestler le dit clairement, les deux mouvements étaient nécessaires pour qu'Israël existe un jour, les deux pensées (économique et politique) ont permis de garder toujours d'actualité la création d'un Etat (même quand les Anglais commencèrent à refuser les nouveaux immigrants).

D'autre part, et ici il me semble que Koestler a également un regard très juste sur les difficultés liées à la création d'un Etat juif, il insiste beaucoup et avec raison sur les deux populations qui sont venus peuplés Israël, avec d'un côté les socialistes, laïcs, cherchant à reproduire un mode de vie capitaliste et de l'autre les ultra-religieux (bien sur entre ces deux extrêmes vivent tous les autres). Koestler, à sa manière toujours ironique et enjouée, dénonce l'hypocrisie de certaines pratiques religieuses juives mais il n'est pas beaucoup plus tendre avec les bâtisseurs des villes modernes. Dans sa quête de l'absolu, dans son désir d'atteindre des buts élevés, Koestler choisit la politique et se détourne de la religion mais le problème en Israël reste entier. On voit aujourd'hui (au delà du problème avec les Arabes) que la population israélienne n'a pas réussi à dépasser ce clivage et qu'elle reste prisonnière de cette dichotomie insoluble (laïcité et religion). Il faut être allé à Tel Aviv ou à Haïfa (qui dans les premières années du XXIème siècle différaient bien peu de l'image ultra-moderne et anarchique évoquée par Koestler) et s'être ensuite promené dans la vieille ville de Jérusalem pour comprendre à quel point cette problématique semble insoluble.

LC Koestler "La corde raide" - Page 2 Telavi10Tel-Aviv LC Koestler "La corde raide" - Page 2 Jerusa10 Jérusalem, quartier ultra-orthodoxes de Mea Shearim

On voit bien à travers ces deux photos ce que décrit Koestler, la modernité de Tel-Aviv et l'image d'un ghetto d'Europe de l'est transporté à Jérusalem par ces habitants eux-mêmes...

C'est sur cet antagonisme qu'Israël s'est construit et qu'il continue à vivre, Koestler le décrit à merveille. J'ai vraiment eu l'impression de lire un traité politique extraordinairement clair et efficace. Sans doute qu'ici son travail de journaliste lui a permis d'avoir cette vision synthétique, passionnante et terriblement efficiente sur la nation israélienne.  

J'évoque encore rapidement le séjour de Koestler dans un kibboutz (mais ce post est déjà beaucoup trop long) :

Son court passage dans un kibboutz m'a énormément rappeler ma lecture d'Amos Oz sur ce même thème et déjà dans le texte de Koestler on voit la faillite d'un système qui place l'individu en deçà du groupe (problématique qu'il retrouvera avec le communisme). La question que pose Koestler est justement cette capacité de l'homme à vivre en communauté sans perdre son individualité (ce qui est techniquement et idéologiquement impossible dans un kibboutz et plus tard au sein du PC et qu'il dénoncera dans Le zéro et l'infini).

Pardon pour la confusion de ce post (mais je reste profondément marquée par mon court séjour en Israël et chaque jour un peu plus triste de voir ce qui s'y passe).

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 2 Icon_minitimeVen 5 Déc 2014 - 17:49

merci Shanidar pour cette synthèse du sionisme et pour tes impressions sur ton voyage.

En effet, les fondateurs du Sionisme ne connaissaient que très peu la religion et ils ne souhaitaient pas un Etat Juif, mais bien un Etat pour les Juifs, mais ce qui à l'évidence n'a pas été retenu.

Je viens juste de finir la 2ème partie et donc Koestler n'est pas encore arrivé en Palestine.

Koestler traite avec beaucoup d' ironie ce qui le rebute dans les pratiques de la religion, les "accomodements" avec Dieu et les lois, le fait que les Juifs se présentent comme "le Peuple élu" lui qui petit Hongrois de 10 ans savait que la Hongrie était "le plumet du chapeau de Dieu" sourire

Les duels entre les Pangermanistes qui ont adopté une doctrine raciste (seules les Aryens purs sont acceptés)  et les Associations Sionistes seules à les vaincre (tant qu'elles ont eu le droit de porter arme) annoncent bien  les bouleversements qui 20 ans plus tard secouèrent le Monde.

Je note le peu d'importance des clubs Socialistes.

A son entrée à l'Unitas Koestler dit une chose essentielle : "Pour la première fois de ma vie, j'éprouvai la plus forte de toutes les émotions sociales : le sentiment de la camaraderie, le sentiment d'appartenance."

C'est d'ailleurs en partie pour cette raison qu' il restera 7 ans au P.C.

C'est encore en scientifique qu'il illustre la dualité de son âme en faisant un rapprochement de son état avec celui "du chien de Pavlov".

"Mes écrits peuvent être considérés comme le compte-rendu d'une névrose expérimentale produite dans le laboratoire de notre temps"

Il note aussi que plus tard il remarquera que les titres de ses livres représentent des antithèses (le Yogi et le commissaire, le zéro et l'infini etc...)

En 1922 Son père est grugé et ruiné par son associé. Il suffit d'un verre d'eau à Koestler pour nous rendre  compte du  désespoir de son père.

"Mon père rentra à la maison désespéré, ruiné. Comme au jour de la Guerre mondiale, je lui apportai un verre d'eau et du bicarbonate de soude, tandis qu'il était étendu sur un divan, torturé par des crampes d'estomac."

Un passage très émouvant et révélateur du climat à Vienne en ce temps d'inflation où les corrompus choisissaient  leurs victimes parmi les gens honnêtes et naïfs comme le père d’Arthur.

« Il ne surmonta jamais l’amertume corrosive née en lui du sentiment de l’injustice qui lui avait été infligée par cette combinaison d’actes de Dieu et de corruption humaine. »

Koestler abandonne les études, il  attribut ce geste à un épisode de « sensation océanique », ce qui rappelle la dualité d’âme déjà évoquée.

« Il m’apparut comme une vérité évidente que la raison était absurde »
« La vie était chaos, et s’embarquer pour une carrière raisonnable au sein du chaos était folie. »


Certainement que l’échec de son père a inconsciemment alimentait son choix de la déraison.

Il nous faut ajouter un nouveau mythe « le pont brûlé » puisque de l’aveu de Koestler il réapparaitra dans certaines circonstances de sa vie.

Suivirent après ce premier « pont brûlé » 5 mois où les deux plans : la vie tragique et la vie triviale se rencontrèrent, Koestler se retrouva sur « la corde raide », période propice au retour d’Hora. Baboue le pousse dans le train ; il arrive en Palestine en 1926.

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Dernière édition par Bédoulène le Sam 6 Déc 2014 - 9:29, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 2 Icon_minitimeVen 5 Déc 2014 - 18:17

shanidar a écrit:
Oui, pia, j'ai lu qu'il avait légué pas moins de 300 000 livres à la fac d'Edimbourg et permis l'ouverture d'une chaire de parapsychologie (je ne sais pas si elle existe toujours ?).

De mon côté, j'avance plutôt lentement car l'engagement de Koestler en faveur des sionistes-activistes-révisionnistes-laïcs de Jabotinsky m'impose de m'arrêter régulièrement pour réfléchir longuement à la création d'un Etat juif... Nous y reviendrons sûrement car ce chapitre, comme toujours très élaboré, reste d'une grande actualité.

Oui oui le KPU existe toujours.

En effet la création d'un état Juif et comme cela s'est fait nous fait nous interroger, et nous dérange. Et cela reste d'actualité. On est un peu comme pris entre deux.

Bédoulène a écrit:


Pia  le livre de Koestler "Les racines du hasard devrait t'intéresser :
Spoiler:
 

Je ne peux non plus lire rapidement, très occupée en ce moment.

Nous nous étendrons dans le temps

Merci je le lirai. Je crois que je n'en ai pas encore fini avec Koestler . Et tant mieux! Merci pour les cartes et le lien Bédou. Cela me fait comprendre les choses mieux en détails.

Mais je reviendrai sur tous les sujets très intéressants dont vous avez parlé quand je lirai avec vous de concert.

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 2 Icon_minitimeSam 6 Déc 2014 - 9:31

je te lis avec plaisir Pia !

Nous t'attendons, pas de souci la LC peut s'étendre ! sourire

ps: je corrige mes fautes à la relecture pffffffffffff

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 2 Icon_minitimeSam 6 Déc 2014 - 16:51

3ème partie : Vagabondages

K. explique la vision des Sionistes sur cet Etat pour les Juifs : une structure sociale dont les fondements seraient des travailleurs manuels et des fermiers, c’est d’ailleurs cette doctrine qu’il trouvera à son arrivée à la Kvutsa Heftselà et qu’il vivra quelques mois.  Laquelle est située dans une zone malsaine, un désert pierreux, désolé.

Le contraste entre Haïfa si vivante, où il avait débarqué et ce coin déshérité fut un choc.

Les bâtiments en dur sont réservés aux animaux et aux enfants, les adultes pour leur part habitent des tentes ou des baraques.

Idéologie collectiviste des pionniers : pas de propriété, partage  (travaux, nourriture, pensées et sentiments)

A cette vie d’austérité et de promiscuité plus que la dureté du travail la moitié des membres de la communauté ne résiste que 2 ou 3 ans,  l’autre moitié demeure parce qu’ elle ne pourrait plus s’adapter à une autre vie.

Après sa période d’essai Koestler est refusé car jugé trop faible physiquement et mentalement.  A un certain soulagement se mêle la déception d’un échec toujours difficile à accepter mais aussi un regret car cette vie communautaire avait un certain attrait pour lui, celui d’appartenance.

K. note que depuis la doctrine collectiviste s’est amandée de quelques conforts et propriétés privées.

Commence alors pour K. une vie de vagabond ; d’Haïfa à Tel-Aviv, sans argent, ou si peu les rares jours où il pense avoir trouvé  un emploi, d’échec en échec, de repas d’olives en dattes, de nuits passées dans une chambre en partage, sur le sol d’une boutique, sur  un  fauteuil de dentiste ou sur une simple table, il se traite de raté.

Koestler  ne s’épargne pas dans le récit de cette vie de vagabond, d’ailleurs a-t-il mis en exergue du chapitre 2 : « tout comprendre et ne rien se pardonner »

Le bref séjour qu’il fait au Caire avec son ami Weils, fréquentant les musées  et approchant l’histoire des pharaons,  lui ouvrit une vision plus humaine  de l’homme qu’il appréhendait plutôt du point de vue scientifique.

Baboue, il n’en doute pas viendra une fois de plus à son secours ; en effet Jabotinsky lui propose de le remplacer sur son poste à Berlin. C’est encore à l’économie qu’il voyage pour ce retour en Europe.

Ce poste lui apportera une expérience sur la psychologie politique qui lui sera utile pour l’avenir et notamment à son adhésion au Parti Communiste.

Sa situation pécuniaire ne s’est guère améliorée et il regarde avec envie  les offres de cette ville cosmopolite qu’est Berlin et dont il ne peut profiter.  

Koestler se souvient de la famille de sa mère qui vivait à Berlin ; l’évocation du tragique sort qui allait emporter ses membres, qu’il prend le temps de nommer un à un , m’a fait froid dans le dos.

Finalement Koestler se voit offrir un poste de correspondant à Jérusalem  dans la célèbre maison Ullstein. La réussite s’annonce à Koestler et pendant 4 ans il exercera entre le Moyen-Orient, Berlin et Paris jusqu’ en 1931 où passant un nouveau « pont brûlé » il entre au Parti Communiste Allemand.

Koestler fait, comme toujours un excellent rapport sur les années de vagabondage.

« Dans le miroir rectificateur du temps, les années maigres qui semblaient ne mener  rien se révèlent riches d’expérience – tandis que les années d’application dirigée et de succès ne servirent, du point de vue spirituel qu’à marquer le pas.

Je suis à chaque page fascinée par son écriture,  son humour, sa justesse de ton ; je me répète mais il le mérite.

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 2 Icon_minitimeSam 6 Déc 2014 - 17:39

Je crois qu'il faut aussi rappeler que la Palestine a été sous mandat Britannique de 1920 à 23 et que les Britanniques préféraient l'arrivée de migrants ayant des fonds mais que la plupart des Juifs capitalistes ne souhaitaient pas s'installer en Palestine, ce qui participa à ce que, comme le dit Koestler, la ville de Tel-Aviv vive "à crédit"

à propos de crédit, Koestler et son ami Psychanalyste usèrent d' un judicieux système de crédit rotatoire :

"Pendant la grande crise, la plupart des restaurants de Tel-Aviv consentaient à leurs habitués sans ressources un certain crédit. Le système de crédit rotatoire consistait à prendre régulièrement le petit déjeuner dans un établissement A, le déjeuner dans un autre B et le dîner dans un troisième C. Quand on se trouvait en possession d'un peu d'argent, on payait A, où la dette était la plus lourde, la fois suivante B et ainsi de suite par rotation. Si A ou meme A et C vous coupaient votre crédit, il restait toujours B, chez qui on était assuré d'au moins un repas par jour. Je n'ai jamais, depuis, vu un psychanalyste parvenir à des résultats thérapeutiques aussi efficaces."

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 2 Icon_minitimeSam 6 Déc 2014 - 19:39

Où l'on voit bien dans ton dernier extrait l'humour blagueur et désinvolte de Koestler. Je le trouve d'ailleurs particulièrement drôle et profond dans cette autobiographie (plus léger que lors du récit des années communistes), sans doute a-til retrouvé une partie de sa jeunesse et de sa légèreté en se rappelant ses années enfuies. Pas de nostalgie mais une vision passionnée malgré les souffrances générées par la faim, l'errance, l'impression d'avoir raté son existence (à vingt ans qui n'a pas cette illusion d'ailleurs)... et puis les rencontres, les flirts dans des bateaux, des trains, les amis qu'on se crée entre la pauvreté du portemonnaie et la richesse intellectuelle. J'aime beaucoup, comme toi Bédou, la manière dont Koestler aborde chaque évènement de sa vie, à la fois en posant une loupe sur son existence et en ouvrant sa réflexion sur la politique mondiale et en passant nous livrant une courte leçon de philosophie intime. C'est très distrayant et passionnant.

J'ai peu avancé aujourd'hui. Mais quel régal, encore une fois !

N.B. : je n'ai pu m'empêcher de rapprocher la ruine du père de Koestler de celle de Gustav Meyrink (qu'il paiera de sa vie). Quelle époque !

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 2 Icon_minitimeDim 7 Déc 2014 - 9:02

merci pour tes suppléments et les liens que tu fais avec d'autres lectures (je fais des recherches )

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 2 Icon_minitimeDim 7 Déc 2014 - 13:10

On trouve également dans ce recueil, une réflexion sur les langues (qu'il faut sans doute mettre en relation avec le cosmopolitisme de Koestler et de toute une partie de l'intelligentsia d'Europe centrale et de l'Est).
Koestler passe sa petite enfance en Hongrie dans une famille où sa mère (autrichienne) ne parle que l'allemand, il est donc dès l'enfance confronté au bilinguisme. Plus tard, il se retrouve à Vienne dans un lycée allemand : il continue à écrire quelques nouvelles en hongrois, puis finit par penser, rêver et écrire en allemand.
A 20 ans, il découvre le sionisme et le yiddish (mélange d'allemand, d'hébreu et de langues slaves) essentiellement parlé par les juifs d'Europe de l'Est et Centrale (les Ashkénazes que nous retrouveront dans la Treizième tribu) ; Koestler trouve cette langue très laide, pleine d'un dégoulinant sentimentalisme qui le hérisse... (je trouve très étrange que l'on puisse éprouver de tels sentiments pour une langue... même si je comprends qu'on puisse trouver l'allemand une langue dure, de là à juger une langue de sentimentale, c'est assez étonnant !). Puis Koestler quitte l'Europe et part en Palestine où il apprend à parler et à écrire l'hébreu (une langue fabriquée de toute pièce de l'ancien hébreu que plus personne à l'époque ne parle et qu'il faut sans cesse chercher à moderniser, la plupart des vocabulaires techniques ne s'y trouvant pas). Il sera d'ailleurs l'inventeur des mots croisés en hébreu, qu'il rebaptise "acrobaties cérébrales", le mot "croisé" étant malvenu dans les hebdomadaires et les journaux juifs... Mais la langue hébraïque ne trouve pas grâce aux yeux de Koestler et on peut imaginer qu'à l'époque il continue à parler, penser et écrire en allemand.
A 25 ans, il passe une année en France (il y reviendra plus tard), puis retour en Allemagne. En 1940, il doit quitter précipitamment la France et se retrouve en Angleterre, où il dit adopter immédiatement la langue anglaise pour écrire ses oeuvres.

Ce parcours témoigne d'une incroyable facilité à faire sienne des langues étrangères (il apprendra aussi le russe en URSS, etc.) et une capacité de caméléon assez fascinante. Encore une fois, j'imagine que ces grandes facilités étaient le lot des habitants cultivés d'Europe centrale, tiraillés entre la langue des envahisseurs (allemand, autrichien, français) et la langue indigène (slave et patois particulier). Au-delà de cet impressionnant génie des langues, on voit aussi ici à l'oeuvre la capacité d'intégration à de nouveaux modes de vie et culturel que le destin 'paneuropéen' de Koestler illustre parfaitement !

Il faudra aussi parler de sa relation passionnelle avec le journalisme...

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 2 Icon_minitimeDim 7 Déc 2014 - 16:44

Merci Bédou! Je vous lis mais je ne peux rien apporter pour l'instant. J'espère recevoir le livre Lundi. A bientôt!

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 2 Icon_minitimeDim 7 Déc 2014 - 21:58

"On trouve également dans ce recueil, une réflexion sur les langues (qu'il faut sans doute mettre en relation avec le cosmopolitisme de Koestler et de toute une partie de l'intelligentsia d'Europe centrale et de l'Est). "

j'avais noté en effet qu' à 10 ans Koestler en parlait déjà 4 ; ses amis et patrons sont aussi polyglottes.

merci Shanidar

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 2 Icon_minitimeDim 7 Déc 2014 - 23:52

4ème partie   (je sais c'est long, mais il y a tant à lire et à voir)

Lors de la rédaction de ce livre Koestler recherche dans les archives de la bibliothèque publique de NY, section des journaux, des articles qui lui ont été confisqués par la police française en 1940.

La lecture de ses articles le contrarie fort parce qu’il les juge mauvais. Il comprend alors qu’à l’époque il pensait en allemand alors qu’ à présent il pense et écrit en anglais et la différence entre un journaliste allemand et un journaliste anglais est que l’un a une vision subjective et l’autre objective.

Les souvenirs affluent et Koestler se souvient qu’il avait 23 ans quand le roi Feyçal  lui avait accordé une entrevue.  Un roi qui n’est que l’ombre du héros qu’il a été depuis que les Britanniques n’ont pas respecté leur promesse  (ils en avaient faites à la France, aux Sionistes ).

Le tableau de Jérusalem que fait Koestler en fait la ville la plus sacrée et la plus dramatique qui dégage une « mélancolie » inoubliable. Chaque morceau de la « mosaïque humaine exacerbe les autres et  affronte aussi sa complexité interne.  
Il règne un climat de haine, de mesquineries qui semblent bien peu représentatif du sentiment de plénitude et de paix qui devrait régner dans une ville Sainte.

Ce qui fait dire à Koestler : « Je n’ai jamais vécu dans une telle promiscuité avec la divinité et ne m’en suis jamais senti plus éloigné. »

« C’est cette conscience de la défaite soulignée par le hautain silence du désert, des cours d’eau taris et des rocs arides, qui provoque la mélancolie de Jérusalem.

Malgré une situation financière plus confortable il est rejeté étant révisionniste par les autres Sionistes,  mis à l’écart par la société Juive officielle, interdit dans la société Arabe et en tant qu’étranger la société Britannique lui est fermée.  Les quelques amis qu’il a dans cette ville permettaient toutefois une vie agréable (randonnées, voyages) et la compagnie de sa chienne Jessy.

Il est très actif et expédie de nombreux articles et compte-rendus  à toutes les composantes de la maison Ullstein.

Il a de nombreuses aventures qu’il décrit  souvent avec une pointe d’ironie : « J’avais ramené Jessica de Budapest  au retour de mes premières vacances d’Europe. En réalité c’est une femme que je voulais ramener pour m’aider à combattre la mélancolie de Jérusalem ; mais celle que j’avais en vue s’avisa au dernier moment qu’elle craignait les moustiques et les Arabes et épousa un dentiste de Subotica, Yougoslavie (où les moustiques sont encore plus féroces qu’en Palestine). Je ramenais Jessy à sa place. »

Suit un passage divertissant sur son voyage avec la chienne de Budapest à Jérusalem, où l’on découvre les capacités destructrices  de sa compagne qui préfiguraient  ses aptitudes à devenir  une héroïne, ce qu’elle fit en permettant l’arrestation d’un « gang » de jeunes Sionistes appelé la  « Main noire ». Gang qui  agissait plus par idéologie que par vénalité.

Koestler se lasse de la Palestine : « J’étais parti pour la Palestine, jeune, enthousiaste, poussé par une impulsion romantique. Au lieu de l’utopie j’avais trouvé la réalité ; une réalité extrêmement complexe qui m’attirait et me repoussait. »

Sa critique du choix de la langue Hébraïque parait à l’époque sensée, qu’en est-il aujourd’hui ?

« En faisant de l’hébreu la langue officielle, la petite communauté Juive de la Palestine se séparait non seulement  de la civilisation occidentale, mais de son propre passé culturel. »

Koestler conscient de l’immobilisme que représenterait son choix de rester en Palestine dans la communauté Juive, prend la décision de regagner l’Europe.

« J’avais quitté l’Europe à 20 ans. J’en avais à présent 23 et j’étais saturé d’Orient, tant de romantisme arabe que de mystique juive. Mon âme et ma pensée aspiraient à l’Europe, avaient soif d’Europe, se desséchaient loin de l’Europe. »

Son voyage de retour s’effectuera avec une jeune fille juive membre de la jeunesse communiste qui rejoint la Russie, parce que « s 'il nous faut vraiment un Messie, nous l’avons déjà. Le messie de l’humanité c’est Lénine. »

Koestler obtient un poste à Paris et se découvre » une affinité  profonde avec l’existence conservatrice et casanière  « du petit bourgeois français. »

J’adore la familiarité avec laquelle il parle de  Paris :

« Je m’étais mis en ménage avec Paris, en manches de chemise et en pantoufles, le jour même où nous avions fait connaissance : je ne lui fis la cour et n’en tombai amoureux que longtemps après. »

« A Paris, les demeures vous sont inaccessibles, mais les rues sont à vous, les cafés sont à vous, la ville est à vous, et l’on fait partie de la ville, que ses bourgeois distants le veuillent ou non. En fait l’on a avec elle des rapports plus intimes, plus sensuels qu’eux-mêmes. Ils vivent dans des cercles clos, l’on vit en plein air ; ils habitent leur quartier, l’on habite Paris. Car c’est une ville adultère : frigide envers ses maîtres légitimes,  passionnée avec le passant étranger. »

Koestler fait aussi la critique de la politique étrangère française (prémisses de l’attitude de la France en 1940 envers les étrangers ?) et des petits bourgeois qui me parait plausible, mais ne fréquentant  pas les bourgeois ……

L’atmosphère du journal où il travaille rappelle une classe d’école, il ne sort que très rarement à l’extérieur pour ses articles. Il compose les articles téléphonés à Berlin tous les matins dans le sous-sol de la Bourse de Paris, où se retrouvent les journalistes d’autres journaux. Un lieu où sont confinées les odeurs humaines.

Il  donne  une leçon de lecture grâce au « pouce », objet qui s’arrête plus que le regard sur la ligne intéressante  du texte qu’il parcourt.

Ses horaires le rendant libre au petit matin il rencontre dans le café qu’il fréquente des prostituées qui se confient à lui et leurs proxénètes. Il retrouve dans les relations de ces deux communautés  le syndrome de culpabilité de la part de la femme, la punition « méritée » exécuté par l’homme,  mais constate que dans ce cas il n’y a pas la grâce de la rédemption, comme elle lui était accordée dans son enfance.

Par ses connaissances acquises dans son travail de journaliste il peut nous brosser une vision  historico-politique de l’Europe de l’entre-deux guerres. Il le fait avec ironie quant aux valeurs des citoyens de la jeune République de Weimar (éclairés et raisonnables ), lesquels votèrent « démocratiquement en faveur de ses assassins. »

Koestler  remarque que 20 ans plus tard les milieux de gauche font  les mêmes erreurs,  usant de leurs concepts usés. « On ne peut que les contempler avec horreur et désespoir, car, cette fois, il n’y aura point de salut. »

En 1930 Koestler obtint un nouveau poste et malgré sa position, cet  homme à l’aspect agressif et adolescent  était antipathique à ses collègues, sa timidité agissait contre lui.

En amitié, comme en amour Koestler est avide d’émotions nouvelles (quelles soient intellectuelles, spirituelles ou physiques) et quand l’habitude ne permet plus de découvertes, lassé il éprouve un besoin irrépressible de courir après d’autres.

Ces temps d’instabilité amoureuse n’était pas propice à l’écriture.

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 2 Icon_minitimeLun 8 Déc 2014 - 17:51

Merci pour ce commentaire, Bédoulène et pour les citations que tu y joins, c'est parfait !

A propos de la langue hébraïque, je ne sais pas si les choses vont mieux pour elle mais en tout cas Amos Oz faisait le même constat sur le fait qu'il s'agit d'une langue archaïque, non-naturelle en quelque sorte et qui doit chaque jour se forger un nouveau vocabulaire pour exprimer la modernité du monde... Il faudrait demander à l'un de nos linguistes (Sullien ??!!).

Tu as raison d'insister sur l'immaturité de Koestler (c'est lui qui le dit !), à la fois complexe physique mais également barrière mentale. Il dit combien il a de mal (même à 46 ans alors qu'il rédige cette autobiographie) à 'être lui-même' et à ne pas cacher sa timidité derrière une agressivité de chien sauvage. J'imagine facilement cet homme intelligent, séducteur, roublard, fumant comme un pompier et se lançant dans des colères noires, une irascibilité de sanguin qui devait être à la fois risible et impressionnante...

En tout cas, j'aime énormément ce texte, tellement humain, plein d'une vision très riche sur cette époque déchirée et qui aboutira aux massacres que l'on sait...

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 2 Icon_minitimeLun 8 Déc 2014 - 18:05

à propos de la langue Hébraïque je pense aussi qu' étant les seuls à la parler cela les isolait du monde aussi, et donc guère de possibilité de la moderniser, cela peut-être pris dans ce sens ?

Il m'impressionne de plus en plus Koestler, je persiste à trouver son écriture "noble"

je vais commencer la 5ème partie, rien lu encore aujourd'hui.

à tantôt Shanidar

Pia nous t'attendons aussi avec impatience, à bientôt donc sourire

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 2 Icon_minitimeLun 8 Déc 2014 - 18:11

Bédoulène a écrit:
à propos de la langue Hébraïque je pense aussi qu' étant   les seuls à la parler cela les isolait du monde aussi, et donc guère de possibilité de la moderniser,  cela peut-être pris dans ce sens ?

Il m'impressionne de plus en plus Koestler, je persiste à trouver  son écriture "noble"

je vais commencer la 5ème partie, rien lu encore aujourd'hui.

à tantôt Shanidar

Pia nous t'attendons aussi avec impatience, à bientôt donc sourire

Absolument Bédou et je ne suis même pas sûre que les juifs de la diaspora 'parlaient' vraiment l'hébreu, d'après ce que je comprends cette langue était essentiellement réservée aux prières journalières, aux commentaires de la Torah et à la correspondance entre érudits (donc pas vraiment d'oralité si ce n'est celle très figée de la prière et des commentaires...). Du coup elle s'est sans doute sclérosée et est devenue une sorte de langue savante détachée du monde de tous les jours...

Tout comme toi, Bédou, je trouve Koestler de plus en plus nécessaire (et ce qu'il dit des socialistes est tellement juste...)...

Oui, pia, nous t'attendons avec impatience et nous reprendrons avec toi cette lecture pas à pas car je suis sûre que tu vas y lire d'autres choses encore !!

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 2 Icon_minitime

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