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 LC Koestler "La corde raide"

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 3 Icon_minitimeLun 8 Déc 2014 - 18:35

Pas encore reçu le livre. humeur Mais je vous lis donc je retrouverai vos commentaires au fil de ma lecture!

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 3 Icon_minitimeMar 9 Déc 2014 - 15:40

Enfin reçu! Je commence.

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 3 Icon_minitimeMar 9 Déc 2014 - 21:34

cheers

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 3 Icon_minitimeMer 10 Déc 2014 - 18:44

Bonne introduction son horoscope temporel. Faire son horoscope temporel à la place de son horoscope cosmique est original. Et en effet dans son cas, les évènements correspondaient bien à ce que son avenir allait devenir. Bien sûr j’ai tapé ma date de naissance pour faire mon horoscope temporel. Pas de commentaire.

Donc je l’ai suivi dans son enfance et fait connaissance de sa famille. Ses deux grand-pères dont il se réclame d’une certaine manière, la mère neurasthénique qui confie l’éducation de K à une femme de chambre tyrannique, le père un peu inapte à le protéger, farfelu et naïf. ( c’est vrai que le passage sur son père est touchant Bédou)Il n’échappe pas à son patrimoine familiale.

La peur, la culpabilité et la solitude qu’il finit par accepter et par aimer par besoin. (Comme tu le soulignais Shanidar, c’est génial que cette histoire du baron de Baron de Münchhausen, l’inspire et lui fasse retrouver la paix) Les premières ébauches de son mysticisme. Son impossibilité à profiter de moments de plaisirs, parce qu’il finissent bien à un moment à un autre inéluctablement. Son premier contact avec le communisme et le monde ouvrier qu’il ne connaissait pas. Quelle scission entre le monde Bourgeois et le monde ouvrier ! Mais ce que je trouve remarquable de sa part, c’est qu’il se soit sorti de son milieu et qu’au lieu de rester tranquillement « au chaud » confortablement dans un monde qu’il connaissait, il a voulu en savoir plus et faire des efforts pour. Il considère les hommes comme égaux. Bien sûr son passé familial avait été tel que cela aurait pu l’aider à vouloir se dégager de tout ça ,mais pas seulement. Certaines personnes, avec le même passé seraient rester sur leur positions. Bien sûr K me fait souvent rire. Et je ris de bon cœur mais en ne perdant pas de vue que ce qu’il raconte sont de vrais moment de souffrances.

J’aime qu’il essaye de ne pas tomber dans les écueils de l’autobiographie comme il écrit. J’aime beaucoup sa petite « leçon d’écriture ». A sa façon il est assez généreux pour nous en faire part et donner des pistes à certains auteurs en herbe. J’aime aussi quand il dit qu’il faut oser affirmer ses qualités et s’aimer pour éviter l’écueil de la fadeur.

L’instinct du chroniqueur exprime le besoin de partager une expérience liée aux évènements extérieurs. Le motif de l’ecce homo exprime le même besoin par rapport aux évènements intérieurs. (…) Il est également évident qu’une bonne autobiographie devrait constituer une synthèse des deux(…) la vanité des hommes publics diminue la valeur autobiographique de leurs chroniques ; l’introverti obsédé par lui-même néglige les fonds historiques sur lequel il se déplace. Enfin, le motif de l’ecce homo peut dégénérer en un exhibitionnisme stérile.

En dehors de ces deux extrêmes , il est d’autres pièges que même l’écrivain d’expérience parvient rarement à éviter. (…) « L’illusion nostagique ». (…) Et de s’étendre sur les armoires à linge, les grand-mères, les poneys et les ruisselets bordés de cresson, comme s’il s’agissait de la mémoire collective de l’humanité toute entière et non, hélas ! de la sienne, particulière et incommunicable.
Les vertus d’effacement et de discrétion qui donnent tant d’agréments aux rapports sociaux ont, dans une autobiographie, un effet frigorifique.(…) Il lui faut certes surmonter sa répugnance à rapporter des aventures pénibles et humiliantes, mais il doit aussi avoir le courage, moins éclatant, de relater, celles qui le montrent sous un jour favorable.



Je continue...

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 3 Icon_minitimeMer 10 Déc 2014 - 20:45

merci Pia, pour le moment nous sommes en accord sur notre lecture ! sourire

auj j'ai fini le livre mais trop fatiguée pour commenter la 5ème partie! (bien plus scientifique)

donc Arthur a une mère rigide, un père inconsistant, naïf. Est-ce que l'histoire du grand-père paternel qui s'est choisi un nom ne t'a pas intrigué ?

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 3 Icon_minitimeMer 10 Déc 2014 - 23:48

5ème partie
Koestler arrive à Berlin le 14 septembre 1930 journée des élections du Reischtag ; lesquelles annoncent la fin de la République de Weimar. Il prend ses fonctions de journaliste scientifique alors que toute la maison Ullstein est abasourdie par le résultat des élections qui voient le résultat des nazis augmenter de 800 %., s’ensuivit la grande épuration dans le parti national-socialiste.

Au gré des sursauts de la politique allemande le journal les journaux allemands changent de ton.
K critique l’opportunité des socialistes et les exactions commises sur le communistes, les ouvriers de la Rhur et de la Saxe, écrasant leurs soulèvement avec une haine fratricide, provoquant l’arrestation et l’assassinat de deux héros de la classe ouvrière.

Koestler est écoeuré par leur attitude : A écouter leurs voix sonores et satisfaites on se sentait malade de désespoir et d’exaspération. La rancœur est d’autant plus grande que les socialistes sont sensés porter les valeurs judéo-chrétiennes, notamment la devise Liberté, Egalité, Fraternité.

A cette époque la vague de terreur stalinienne n’avait pas encore essaimé sur la Russie ses miasmes morbides. En apparence le Parti communiste a au contraire une politique cohérente, il n’y avait en Allemagne à cette époque que deux forces et deux choix : le nazisme ou le communisme.

Je trouve très juste les remarques que fait Koestler à propos du marxisme, du freudisme et du catholicisme. Ce sont des « systèmes clos » chacune de ces doctrines procède de la même façon, on peut dire qu’il y a un « gourou » et des adeptes. Le gourou vous introduit dans le cercle des initiés de telle façon qu’à son tour le converti se sent d’emblée intégré et lui aussi est le représentant de la doctrine.

Si les intellectuels communistes ont un mythe je crois qu’on peut dire que c’est « le prolétaire ». On se souvient de l’étonnement des bourgeois Hongrois à la vue des ouvriers dans les rues.

Koestler rappelle la thèse marxiste qui veut que l’homme soit le résultat de conditions sociales et sa pensée le reflet de celles-ci. Si j’ai bien compris la différence qu’il fait de révolutionnaire et de révolté, mais compris la distinction entre Robespierre et Danton, Lénine et Trotsky ?

Il est un révolté quand il s’indigne en apprenant que les américains détruisent des stocks de nourriture dans un but mercantile alors que l’Europe crie sa faim. Ce sont des révoltes de tous ordres dans tous les pays qui firent que dans les années 30 des écrivains et des scientifiques se convertirent à la foi communiste. Ce qui a fait dire bien plus tard à Koestler, » nous avions tort pour de bonnes raisons et je continue à croire que, à quelques exceptions près, ceux qui dès le début dénigrèrent la révolution Russe le firent principalement pour des raisons moins louables que notre erreur.
Le régime communiste séduisait parce que l’occident était dans sa plus grave crise et s’offrait en Russie un avenir en la révolution industrielle, en le progrès. Koestler était lui fasciné par le plan quinquennal, c’est d’ailleurs la raison qui le conduisit en Russie pour une étude.

Shanidar et Pia comment comprenez-vous ce qui suit ?

« Et de même que le nouvel Etat Juif était destiné à ramener l’ère des prophètes, de même la société sans classe d’après Marx serait, à la fin de la spirale de l’évolution, une renaissance de la société communiste primitive d’un âge d’or passé. «
De quel âge d’or parle- t-il ?


Une nouvelle fois, Koestler se reconnait une prépondérance à suivre son émotion, comme il l’ a fait en partant pour la Palestine. Ce qui intéresse Koestler c’est la création, participer à celle d’un état.

« Le citoyen moyen de la société sans classe, écrivait Trotski, s’élèvera au niveau d’un Aristote, d’un Goethe, d’un Marx. »
Cela pouvait faire rêver !

En 1930 les industriels et les banquiers qui revenaient d’un voyage en Russie trouvaient que « après tout il y avait peut-être des choses là -dedans »
Quant à la culture, à cette époque l’URSS a engendré nombres de grands écrivains, cinéastes, metteurs en scène.

à suivre



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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 3 Icon_minitimeJeu 11 Déc 2014 - 11:45

Suite

Je peux comprendre l’engouement de Koestler quant aux choix sociaux de la nouvelle foi ; il donne en exemple l’homosexualité et l’avortement, idées abandonnées par la presse libérale, luttes qui furent prises en charge par les communistes.
« De quelque côté que l’on tournât les yeux, dans tous les champs d’activité sociale et culturelle, le mouvement communiste apparaissait comme le développement logique de la tendance progressiste et humanitaire. »

Koestler ne s’aperçoit, que plusieurs années après, du paradoxe que représente le parti pris vers une société de progrès et d’humanité alors que fut détruit ce qui avait déjà été accompli dans ce sens. La devise : du passé faisons table rase a été prise à la lettre ; la dialectique communiste pouvant tout expliquer.

Là Koestler use d’un humour noir en affublant le mouvement communiste du surnom de « Dr Jekyl l et Mister Hyde », démonstration très argumentée.

« Les prolétaires naïfs croient aux promesses révolutionnaires du camarade Hyde, sans se soucier des accords diplomatiques, des compromis et des trahisons du docteur Jekyll : c’est dans cette catégorie que se rangent les millions de gens, économiquement déshérités et politiquement incultes, qui votent pour les candidats communistes, en Europe et en Asie. D’autre part, les libéraux naïfs, eux, considèrent le camarade Hyde comme un croquemitaine inventé par les réactionnaires. Cette catégorie compte un certain nombre d’hommes d’Etat (elle comptait le président Roosevelt), d’hommes politiques, de savants et d’artistes occidentaux. »

Il insiste sur le fait que de telles confusions, illusions pouvaient se comprendre en 1930 mais plus en 51 alors que les épurations et procès étaient connus.

Je suis étonnée quand il dit que les communistes se sont alliés aux nazis pour faire « tomber le gouvernement socialiste de Prusse » en effet à la page 34 d’Hiéroglyphes il n’évoque pas ce fait et il ajoute même que « seuls les communistes lancèrent l’ordre de grève général immédiat alors que le Parti socialiste fort de 8 millions d’adhérents ne fit rien. ???

A la date de l’écriture de ce livre Koestler ne cautionne plus du tout la doctrine communistes (la Russie était sous l’ère Stalinienne) mais il est assez honnête pour reconnaître « je n’en retiens pas moins comme valable une certaine méthode marxiste d’examen . Je continue également à croire qu’éliminer Marx et Engels de l’histoire de la pensée humaine y laisserait un vide presque aussi grand que ferait l’élimination de Darwin. »

En cela il rejoint la pensée de S. Weil « il n’était pas possible d’abandonner Marx, ni de le suivre »

Malgré la scholastique du raisonnement communiste Koestler en relève l’ahurissante naïveté : l’ avènement du fascisme en Allemagne n’était pas imaginé et l’échec prévisible de la collectivisation forcée des paysans qui a conduit à la grande famine, bien que des études pouvaient expliquer ces mouvements.

Le calendrier de la polarisation est tout à fait édifiant. Avec l’endoctrinement communiste les adeptes deviennent des patients atteints principalement de schizophrénie et d’ amnésie ponctuelle.
Ne s’épargnant pas, Koestler conclut qu’il a fait partie des « imbéciles intelligents » qui pouvaient « prouver tout ce qu’il croit et croire tout ce qu’il peut prouver ».

Nous retrouvons Koestler dans son statut de reporter scientifique, métier qui le satisfait. Mais l’Arthur de 14 ans sait à présent que la trajectoire de la flèche n’est pas droite dans l’infini ce qui fait dire à Koestler :

« Nous vivions donc, au sens politique et au sens physique dans un monde en explosion. »

Pour toutes les démonstrations, innovations qui concerne la Science…………………je fais confiance à Koestler et à Einstein, d’autant que la Science entre dans le règne de la « probabilité ».

Dans le système marxiste » le cours de l’Histoire apparait rigoureusement déterminé par les forces économiques : la responsabilité individuelle n’y a point de place. » alors que la science moderne disait que les mouvements de l’Histoire étaient déterminés par les lois d’un caractère non pas rigoureusement causal, mais statistique, comparable aux lois de probabilité physique.

Koestler est intéressé par l’astronautique et l’occultisme , suit des démonstrations sur les inventions utiles mais qui n’ont pas forcément fait l’objet de commercialisation, Il a un penchant dit-il pour les inventions « naturelles » nous les appelons aujourd’hui « énergies durables ». Dans le domaine musical des prototypes sont présentés au congrés.

Koestler se passionne pour tous ces inventeurs, sensés, toqués ou crapuleux (Mr Koestler père a une nouvelle fois été victime de ces derniers).

Il part pour le voyage en Antartic en zeppelin, son idée de poser un drapeau sur l’une des iles donnant ainsi un Etat pour les Juifs m’a fait sourire et m’a émue.

J’ai eu pitié de lui en lisant sa honte quant à ce qu’il écrivit pour la presse durant ce voyage sur les villages russes alors qu’il ignorait que c’était des camps. Ce qui le fait rappeler l’un des principes fondamentaux du marxisme qui consiste à voir toute chose, tout objet, personne, évènement n’est pas vu tel qu’il est dans la réalité mais vu à travers le filtre de la dialectique communiste. Cette gymnastique de l’esprit s’exerce chez les membres du parti sans aucune intervention de l’individu puisque celui-ci n’existe plus en tant qu’individu.

Pendant le voyage on permet à Koestler de tenir la barre du dirigeable, à ce moment là ressurgit l’excitation de l’enfant Arthur.

Après diverses conférences en Europe Koestler est promu à un poste de rédacteur de politique étrangère, il n’y resta que quelques mois car il adhéra officiellement au Parti communiste. Un nouveau « pont brûlé » que passa Koestler avec cette adhésion, pour lui c’est une réaction rationnelle vu la montée du fascisme et la Russie avait le visage de l’espoir.

Après une suite d’ennuis triviaux Koestler se « regarda » et ce qu’il vit ne lui plu pas, un petit bourgeois à succès. Où était le révolté qui partit en Palestine ? Il lui fallut à nouveau engager sa foi.

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 3 Icon_minitimeVen 12 Déc 2014 - 8:50

Bédoulène a écrit:

donc Arthur a une mère rigide, un père inconsistant, naïf. Est-ce que  l'histoire du grand-père paternel  qui s'est choisi un nom ne t'a pas intrigué ?

Le grand-père en redinguote dont il écartait les pans pour s'asseoir? Ce qui montrait de quel le milieu il venait. Le grand-père qui lui offrait des Sandwichs au jambon? Oui c'est intriguant. Pourquoi n'a-t-il jamais avoué son vrai nom. Je ne suis pas assez calé en histoire pour savoir ce qui aurait pu se passer qui l'aurait fuir comme ça.

Et bien oui. Je crois qu'il se réclame assez de ses deux grand-pères puisqu'il sera toute sa vie à la recherche de ses origines. Enfin j'en ai l'impression. Le judaïsme l'intrigue mais quand il rencontre les orthodoxes, c'est une vraie déception. L'enfermement lié à leur histoire, la façon de vivre leur religion lui donne des impressions d'étouffement. Ce qui pourrait expliquer le fait que, dans ses jeunes années il est conçu une aversion pour le yiddish qui devait symboliser cet enfermement.

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 3 Icon_minitimeSam 13 Déc 2014 - 17:13

Je voudrais juste revenir rapidement sur ce que dit Koestler du socialisme, parce que cela me semble particulièrement proche de ce que nous vivions à l'heure actuelle : cette déception. Les peuples élisent des socialistes à la tête de leur pays et ceux-ci (par peur, par paresse, par manque d'imagination ???) renoncent à transformer leur pays et finissent (plus ou moins) par ce rallier aux défenseurs purs et durs du capitalisme (on le voit en particulier avec l'assassinat de Rosa Luxembourg programmé par les socialistes). Cette trahison (celle de Blum renonçant à envoyer des troupes en Espagne, celle des socialistes allemands envoyant des troupes pour mater les grèves de Berlin et les affligeants accords de Munich) signent la fin des démocraties et l'avènement des totalitarismes.
Sans vouloir faire comme Koestler (qui crie souvent au loup et se fait régulièrement appeler Cassandre par ses nombreux détracteurs), cette situation (alarmante, déprimante, affligeante, inquiétante) ressemble terriblement à celle que nous vivons aujourd'hui en Europe. La crise a chassé les gouvernements de gauche (Espagne, Grèce...) parce qu'ils n'étaient pas capable de réagir à cette problématique et quand la gauche est restée ou revenue au pouvoir, elle ne donne aucun gage positif vis à vis de ceux qui l'ont élue. Et pendant ce temps rôde le spectre du totalitarisme. Encore une fois, sans vouloir être négative, ce que dit Koestler de la position fâcheuse, honteuse, menteuse des socialistes ressemble en partie à ce que nous vivons aujourd'hui et donne largement à réfléchir sur nos avenirs possibles...

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 3 Icon_minitimeDim 14 Déc 2014 - 8:54

entièrement d'accord avec toi Shanidar, je dois dire que Koestler nous donne une vision des socialistes pas à leur honneur mais encore une fois très lucide.




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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 3 Icon_minitimeDim 14 Déc 2014 - 14:00

En effet il est très déçu par le socialisme. Mais en même temps, il dit qu'il est déçu parce que il en attendait énormément. Tout a fait d'accord quand tu dis, Shanidar, que le socialisme, à notre époque encore, se rapproche de plus en plus de la droite et de ses idées libérales.

Les socialistes, eux, souscrivaient aux principes auquels moi aussi je croyais. Je les avais considéré comme les héritiers légitimes, les dépositaires de la traditions judéo-chrétienne des prophètes hébreux et du sermon sur la montagne, des impératifs kantiens et de la devise: liberté, égalité, fraternité. Les nazis étaient des sauvages qui restaient fidèles à eux-mêmes; les socialistes étaient des hommes de mon espèce qui avaient trahi leur foi. On ne peut en vouloir au tigre d'être un tigre, mais le gardien insouciant qui expose le public aux griffes de la bête, celui-là on a envie de le tuer sur le champ, avant même de tirer sur le tigre.

J’en suis à la cinquième partie. Je trouve sa diatribe sur l’enrôlement et les manœuvres de persuasion du PC qu’il appelle "la psychologie de la conversion" brillamment expliquée. On se demande pourquoi il s’est laissé persuader à ce point-là... mais on comprend en connaissant peu à peu sa personnalité. Ce qu’il décrit avec humour, « ce trouble de croissance qu’on pourrait appeler absolutite".
Le fait aussi qu’il vive à ce moment-là à Berlin quand le national socialisme était en pleine montée et qu’il avait envie de trouver un idéal, une utopie à laquelle se raccrocher à peu être aidé à son enrôlement.  

Tout cela revient au même leitmotiv, à la même obsession. Tout ma vie, j’ai souffert d’une espèce de coqueluche sentimentale. La recherche du secret de la flèche fut suivie par la poursuite du shaman, puis par la quête de l’utopie. Le désir d’embrasser la cause parfaite fit de moi un Casanova des causes ; la vaine poursuite d’Hélène suit le même dessin. La forme de l’inflammation changeait, mais la maladie restait la même : un trouble de croissance qu’on pourrait appeler "absolutite".

Une autre idée que j’ai trouvée intéressante, peut-être parce que je ne connais pas le sujet, le fait que le sionisme prônait un retour à la terre.  

Il signifiait en substance , m’expliqua Attila, que les Juifs avaient été persécutés pendant vingt siècle et qu’il n’y avait aucune raison de croire qu’ils cesseraient de l’être au vingt et unième. (…) Ils étaient une nation sans patrie, ce qui ressemblait à être un homme privé de son ombre. Et ils étaient socialement hydrocéphales, possédant trop d’avocats, de marchands et d’intellectuels, et pas assez de paysans, donnant le spectacle d’une pyramide dressée sur sa pointe. Le seul remède était le retour à la terre.

Et pour se détendre un peu. Un petit extrait, dans lequel il parle de sa timidité et des différentes sortes de timides qui existent. Extrait plein d'humour et autodérision. Chose que l'on retrouve souvent chez lui.

Le timidité était ma pire malédiction, que n'atténuait point le fait qu'elle se manifestait de façon intermittente. L'adolescent timide est comparable à un cable à haute tension entouré d'épaisse couches d'isolants qui le protègent mais aussi le privent de contacts avec le monde extérieur. Il y a plusieurs types de timides. Chez les uns la tension s'éloigne peu à peu avec le temps, la couche isolante devient plus flexible, le timidité se transforme en réserve polie. (...)
Chez d'autres , le contraire se produit: la couche protectrice devient un vernis rigide, impénétrable, qui étouffe celui qui le porte et écarte les passants.
Il y a encore un troisième type auquel j'appartiens, que l'on pourrait appeler "timide intermittent". Dans le cas du timide intermittent, les phases de mutisme et de crispation alternent avec des périodes d'extrême sociabilité et de conduite déchaînée.  


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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 3 Icon_minitimeDim 14 Déc 2014 - 15:38

Quel plaisir de vous lire !
Comme tu l'écris, pia, je pense qu'à l'époque les choix n'étaient pas nombreux entre se taire ou se rebeller et que le PC était l'un des rares partis où l'on pouvait (jusqu'en 36) avoir l'impression d'agir-contre...

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 3 Icon_minitimeLun 15 Déc 2014 - 8:47

oui il a beaucoup d'humour Koestler.

et je vais me répéter encore une fois (mais quand on aime on compte pas) je trouve son écriture "noble" avec toutes les qualités que l'on peut attribuer à ce qualificatif.


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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 3 Icon_minitimeLun 15 Déc 2014 - 19:20

Bédoulène a écrit:
oui il a beaucoup d'humour Koestler.

et je vais me répéter encore une fois (mais quand on aime on compte pas) je trouve son écriture "noble" avec toutes les qualités que l'on peut attribuer à ce qualificatif.


Ah oui, justement Bédou, je sais que c'est toujours compliqué de parler du style d'un auteur mais tu a semployé plusieurs fois le mot 'noble' pour parler de celui de Koestler et je me demandais ce que tu mettais dans ce terme ? (Disons que si je devais de mon côté expliquer cette terminologie, je crois que j'irais chercher du côté de Montaigne et de sa notion de l'honnête homme (mais peut-on la transposer à un style ??)...

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MessageSujet: Re: LC Koestler "La corde raide"   LC Koestler "La corde raide" - Page 3 Icon_minitimeMar 16 Déc 2014 - 9:56

oui Shanidar  écriture  honnête, digne, humaine, agréable, propre

mon statut de profane dans l'exercice de critique rire me permet ces accomodements  rire

plus sérieusement c'est  le mot qui m'est venu à l'esprit en lisant Koestler

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Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour soi est un esclave. » Friedrich Nietzsche
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