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 August Strindberg [Suède]

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Isidore Ducasse
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MessageSujet: August Strindberg [Suède]   Mer 22 Aoû - 15:53


Voilà sa biographie sur Wikipédia:

August Strindberg écouter, de son nom complet Johan August Strindberg, né le 22 janvier 1849 à Stockholm, mort le 14 mai 1912 à Stockholm, était un écrivain, dramaturge et peintre suédois. Il fait partie des auteurs suédois les plus importants, et est l'un des pères du théâtre moderne. Ses œuvres se classent parmi deux courants littéraires majeurs : le naturalisme et l'expressionnisme.

Il a été marié à trois reprises, mais son caractère névrosé et hypersensible a conduit chacune de ses unions au divorce.

Ses relations avec les femmes étaient orageuses, et ses mots et ses actes ont souvent été vus comme misogynes autant par ses contemporains que par les lecteurs d'aujourd'hui. Cependant, beaucoup reconnaissent qu' il avait une rare connaissance de l'hypocrisie des attentes de sa société à l'égard des sexes, du comportement sexuel et de la moralité. Le mariage et la famille étaient sous tension à l'époque de Strindberg, alors que la Suède s'industrialisait et s'urbanisait à une allure folle. Les questions de la prostitution et de la moralité étaient fortement débattues parmi les écrivains et les politiciens. Ses premiers écrits traitaient souvent du rôle traditionnel donné aux sexes par la société, et qu'il qualifiait d'injuste.

Strindberg était admiré par la classe ouvrière et était socialiste, voire anarchiste. Sa fille Karin a même épousé un des leaders bolchéviques. Ses idées politiques l'ont rendu très populaire dans les pays socialistes, comme en URSS ou à Cuba. Toutefois, à la fin des années 1880, il renia le socialisme, et découvrit Nietzsche, avec qui il correspondit jusque dans la folie de ce dernier. Nietzsche lui proposa de traduire Ecce Homo, mais, Strindberg n'ayant pas le sou, il demanda une rétribution que Nietzsche, également infortuné, ne put accepter. Strindberg s'éloigna ensuite de la pensée de Nietzsche, et se tourna vers le mysticisme.


August Stindberg vu par Carl Larsson (1899)Après sa mort, des psychanalystes ont supposé que son caractère contradictoire et difficile était dû à la peur d'une homosexualité latente. D'autres évoquent son enfance. Sa mère était initialement la servante de son père avant leur mariage.

Son roman La Chambre rouge (Röda rummet) (1879) l'a rendu célèbre. Ses premières pièces étaient écrites dans le style naturaliste, et ses travaux durant cette période sont souvent comparés avec ceux du dramaturge norvégien Henrik Ibsen. L'œuvre phare de cette époque est Mademoiselle Julie (Fröken Julie) (1888).

Il a ensuite subi une période de trouble intérieur qui se termina par l'écriture d'un livre en français, Inferno (1897).

Il rompt ensuite avec le naturalisme et se met à produire un travail influencé par le symbolisme. Il est considéré comme l'un des pionniers de l'expressionnisme européen moderne. La Danse de mort (Dödsdansen, 1900-1901) et La Sonate des fantômes (Spöksonaten, 1907) sont des pièces connues de cette époque.

On sait moins qu'il était également peintre, photographe, alchimiste, et télégraphiste.

En tant qu'étudiant, avant de devenir écrivain, il a également travaillé comme assistant dans un atelier de chimie à l'université de Lund au sud de la Suède.

Il est mort d'un cancer en 1912, et est enterré au Norra begravningsplatsen à Stockholm.



Parmis les oeuvres que je connais de lui, il y a, en théâtre, "Père", et "Mademoiselle Julie", qui ont tous les deux reçu un acceuil très critique, il me semble même que "Père" a été interdit de représentation pendant quelques temps...

Il a écrit deux romans en français, une langue qu'il ne maîtrisait pourtant qu'assez bancalement, qui lui restait étrangère: "Plaidoyer d'un fou", et "Inferno", que je lis actuellement.

Plusieurs thèmes sont soulevés, les principaux étant la religion et le besoin de s'y rattacher, à la religion ou au mysticisme, d'y trouver des solutuons, ainsi que le thème de la présence néfaste, déjà soulevée par Maupassant dans le Horla. L'auteur est persuadé que quelqu'un, ou une puissance, lui en veut, et désire le tuer. Il nort que difficilement, et est très dérangé, il croit sentir l'air devnir plus épais, du courant électrique lui passer sur le corps... Il voyage beaucoup au fil du livre dans le but de fuir ses démons. Beaucoup de monde lui en vaut car il s'était dans le passé monté contre la société féminine de Suède.

Le récit est apparemment autobiographique.
C'est une lecture assez dérengeante, en mon sens, par les questions qu'elle soulève, par la personnalité de l'auteur, surtout.
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Burlybunch
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MessageSujet: Re: August Strindberg [Suède]   Sam 20 Sep - 18:49

A propos du Bouc Emissaire (qui est un roman)...
Style ici assez proche de celui de Steinbeck,
désarroi et pessimisme, mais contenus derrière un ton léger
personnages peu nuancés aux comportements parfois improbables et atmosphère manichéenne.

L'histoire en somme d'un étranger - Libotz - nouveau venu dans une ville où il se retrouve vite - malgré sa droiture et sa gentillesse - indésiré et détesté. Seul l'aubergiste - Askanius - accepte de lui venir en aide, sans pour autant approuver son amitié. Entre en jeu un troisième personnage - Tjärne - procureur manipulateur et sans scrupule, estimé par Askanius qu'il enverra pourtant à sa perte, laissant Libotz, une fois de plus, impuissant face au destin qui l'accable.

J'en attendais un peu plus d'une première approche avec l'auteur et suis donc resté sur ma faim, mis à part quoi cette lecture fut très agréable.
A noter que cet ouvrage n'est disponible traduit en français que depuis une dizaine d'années.


Mademoiselle Julie/Le Pélican (théâtre) (ed. Flammarion trad. R. Boyer)
Strindberg était profondément misogyne, et ces pièces mettent en jeu des femmes abusées de par leurs faiblesse d'esprit et manque de lucidité. Chutes cruelles à l'issue dramatique dont la modernité du récit rendra l'accueil critique froid. Ces pièces dégagent pourtant beaucoup de force, et m'apparaîssent plus marquantes que Le Bouc Emissaire - ma préference allant au Pélican.
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Burlybunch
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MessageSujet: Re: August Strindberg [Suède]   Sam 20 Déc - 20:48

A propos de Mademoiselle Julie, un article sur sa "malédiction"... clown
Curieux

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eXPie
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MessageSujet: Re: August Strindberg [Suède]   Sam 20 Déc - 22:00

Ah, il y a une malédiction qui plane sur Mademoiselle Julie... Je comprends enfin pourquoi j'ai raté toutes les diffusions du film de Mike Figgis avec Peter Mullan (qui est divorcé, mais je ne sais pas si ça s'est fait juste après le film ou pas).

Concernant le très peu de pièces de théâtre que j'ai pu lire de lui, Burlybunch, j'ai préféré Le Pélican à Mademoiselle Julie.
Quant à argumenter précisément, ça remonte un peu...
La psychologie de Mademoiselle Julie est très particulière, pas très facile à suivre. L'histoire macère en un quasi huis clos, il y a peu de personnages.
Par contre, Le Pélican, c'est plus outré, c'est violent, ça déballe son linge sale. On sent une parenté avec les réalisateurs du Dogme.

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Marko
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MessageSujet: Re: August Strindberg [Suède]   Sam 7 Mar - 20:16

Une excellente création contemporaine (opéra) d'après Mademoiselle Julie et dont j'ai déjà parlé ailleurs:

Julie
de Philippe Boesmans avec une formidable mise en scène de Luc Bondy





Forum Opéra:
Citation:
Un chef d’œuvre, tout simplement.


Créée à Bruxelles en mars 2005, présentée au Festival d'Aix-en-Provence la même année, retransmise en direct sur une chaîne publique, publiée en CD (aux Editions Cyprès) et maintenant en DVD, la Julie de Philippe Boesmans ne pouvait trouver meilleurs soutiens pour accompagner sa diffusion. Ce chef-d'oeuvre en langue allemande, librement adapté de la pièce d'August Strindberg, Mademoiselle Julie, tient à la fois du théâtre (un implacable huis clos tenu par un trio sur la corde raide), du cinéma (un drame bergmanien étouffant, dans la plus pure tradition) et de l'opéra de chambre (à la manière de ceux composés par Benjamin Britten).

En accord avec le livret qui dépeint sans détour la chute annoncée d'une bourgeoise en souffrance qui perd la tête un soir de Saint-Jean, la musique de Boesmans est une merveille de densité, où cohabitent dans une même exaltation sonore, les pulsions les plus vives et le désenchantement le plus âpre. Envoûtante et trouble par son orientalisme revendiqué, la nervosité de ses accents obtenus d'un orchestre réduit (cordes, bois, cuivres, percussions, harpe et célesta) et la précision de son sous-texte psychologique, la partition est constamment mise en valeur par les soins du chef Kazushi Ono, qui se plait à souligner les névroses de chacun des personnages.

Le metteur en scène Luc Bondy, co-auteur du livret avec Marie-Louise Bischofberger, prend un plaisir évident à traiter ce sujet comme une tragédie moderne : unité de temps (une nuit, celle de la Saint-Jean où tout est permis et où le feu est censé tout purifier), de lieu (une cuisine au réalisme scrupuleux, conçue par Richard Peduzzi) et d’action (celle qui lie et se lie autour de trois personnages, une fille de famille et deux serviteurs), tous les éléments sont réunis pour conduire au drame. Sa direction d'acteurs qui privilégie le naturel jusqu'au prosaïsme, tout en dégageant la complexité des relations qu'entretiennent les protagonistes, est exemplaire. Ce travail au cordeau qui fait le prix de cette représentation est également dû à la réalisation de Vincent Bataillon, dont l'oeil aguerri ne laisse rien au hasard.

Malena Ernman, si décevante dans le répertoire baroque (Hercules de Händel par Bondy et Christie) est ici dans son univers, investie corps et âme dans un rôle-titre taillé à sa mesure. Tout d'abord séductrice, elle mène la danse de son timbre ferme et charpenté de mezzo clair, poussant le valet de son père dans ses bras, avec le fol espoir de fuir ; mais une fois la relation consommée, les rapports s'inversent et de dominante elle devient dominée. Sa voix se tarie, sa présence s'estompe et s'avouant finalement vaincue, elle se tranche la gorge avec le rasoir que Jean, dans une geste de pure provocation, lui a tendu. Magnifique composition. La baryton Garry Magee (Jean), est lui aussi exceptionnel, monstre froid qui joue sur tous les tableaux et profite avec un profond cynisme des excès de la maîtresse de maison, tout en se réservant les faveurs de Kristin, interprétée avec une grande justesse par la juvénile Kerstin Avemo, qui laisse passer dans sa voix transparente et haut perché, le soleil du matin, selon le souhait du compositeur.

Un ouvrage qui, après Reigen et Le Conte d'hiver confirme la suprématie de Boesmans dans ce genre musical fragile.
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tom léo
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MessageSujet: Re: August Strindberg [Suède]   Dim 8 Mar - 12:45

Je suis encore en train de découvrir cet auteur. Récemment j'avais trouvé une édition chez Babel d'une trentaine de nouvelles, intitulées "Mariés!". Elles somblent rejoindre toutes ce sujet des relations hommes-femmes. Voici la présentation de l'éditeur:

Sur le mariage, sur la vie conjugale, sur l'amour et ses désillusions, sur les fortunes et les infortunes des couples, voici l'œuvre la plus fameuse de Strindberg : trente récits et nouvelles publiés entre 1884 et 1886 critiquant violemment les institutions - le mariage, la religion - mais aussi l'émancipation de la femme qui connaît de nettes avancées dans cette Europe du XXe siècle. Ce livre sulfureux - alternance de textes profondément misogynes et d'autres plus tendres, de récits désespérés et d'autres pleins d'une allégresse féroce - valut une assignation devant les tribunaux à son auteur qui ne regrettait rien : "C'est ce que j'ai écrit de plus terrible, mais aussi de plus beau, de plus drôle et de plus salaud !"
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Burlybunch
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MessageSujet: Re: August Strindberg [Suède]   Mar 12 Mai - 21:42

tom léo a écrit:
Je suis encore en train de découvrir cet auteur. Récemment j'avais trouvé une édition chez Babel d'une trentaine de nouvelles, intitulées "Mariés!". Elles somblent rejoindre toutes ce sujet des relations hommes-femmes. Voici la présentation de l'éditeur:

Sur le mariage, sur la vie conjugale, sur l'amour et ses désillusions, sur les fortunes et les infortunes des couples, voici l'œuvre la plus fameuse de Strindberg : trente récits et nouvelles publiés entre 1884 et 1886 critiquant violemment les institutions - le mariage, la religion - mais aussi l'émancipation de la femme qui connaît de nettes avancées dans cette Europe du XXe siècle. Ce livre sulfureux - alternance de textes profondément misogynes et d'autres plus tendres, de récits désespérés et d'autres pleins d'une allégresse féroce - valut une assignation devant les tribunaux à son auteur qui ne regrettait rien : "C'est ce que j'ai écrit de plus terrible, mais aussi de plus beau, de plus drôle et de plus salaud !"

Ce procès (pour outrage aux institutions civile/religieuse suédoises), il le gagnera, mais comme abbatu, le sentiment d'être persecuté qui ne le quittera plus dès lors.
D'autant que Strindberg fuit la Suède à cette époque - sa critique conservatrice mesquine, et l'opinion publique qui s'y rallie - et est forcé d'y revenir pour 'l'occasion'. Perte alors de ses convictions (notamment socialistes).
Temps de communauté, à Grèz-sur-Loing, et tensions grandissantes dans son mariage avec Siri von Essen. D'autant qu'il ne vend pas, et vit dans la misère.
Dans ce contexte de crise qu'intervient l'heureux succès des Gens de Hemsö (1887), roman écrit par divertissement, autour des moeurs de l'archipel de Stockholm, et plus précisement de l'ascension d'un parvenu. Si heureux que son éditeur lui commande une suite, ce que l'écrivain accuse comme un "viol", une tentative de le faire "retourner en enfance". Le dégoût de gagner sa vie grâce à des textes fades, alors que ses chefs d'oeuvres dramatiques ne recoivent aucune considération (c'est cette année qu'il publie Mademoiselle Julie).
Au milieu de cette seconde partie, qui est un recueil de nouvelle (La Vie dans l'Archipel), un texte se distingue: Le Sacristain Romantique de Rånö, nouvelle grand format subdivisée en neuf chapitres, qui condense les principales préoccupation de l'écrivain, prises dans leur interraction: la fragile démarcation entre le rêve et le réel, l'essence de l'art, l'âme humaine et ses mécanismes...
L'histoire d'un jeune homme, fils de journalier, qui monte à la ville (Stockholm) pour étudier la musique et la pédagogie. Des talents d'organistes certains et une assiduité qui lui promet le succès. Seulement ce jeune homme est un "esprit rêveur" qui depuis son enfance (tragique) "joue sans jouets", et amènage la réalité de façon à pouvoir la supporter, qu'il s'agisse d'enfouir des traumatismes, ou d'edulcorer des paysages insipides. Ces jeux sont la seule issue qu'il trouve pour exprimer sincérement ses sentiments; mais contribuent à l'isoler.
Et finalement une suite banale. Il obtient un poste dans son île natale - deserte et reculée. Et finit par se marrier. Puis la solitude, à raconter à qui veut l'entendre son histoire. Ou plutôt sa version, de l'histoire.

Ce résumé est incomplet, mais ce n'est de toute façon pas avec ce livre qu'il faut commencer. Voir des écrits plus fièvreux tels que Le Père ou Le Songe, pièces qui se trouvent/se lisent très facilement. Ou Inferno, pour sa démesure ahurissante, qui m'a tout bonnement fasciné!

Un extrait qui donne le ton:
[list]Installé dans mon petit appartement, je remarque aussitôt le lit de fer américain avec ses quatre piliers surmontés de boules de laiton, et qui ressemblent aux conducteurs d'une machine électrique. Ajoutez-y le sommier élastique, composé de ressorts à boudins en cuivre, analogues aux spirales de la bobine de Rumkhorff, et jugez de ma fureur devant ce hasard diabolique. Impossible de demander un changement de lit, sous peine d'être soupçonné de manie. Pour m'assurer que rien n'est caché au-dessous de mon lit, je monte au grenier. Par comble de malchance, il n'y a là-haut qu'un seul objet, et c'est une énorme maille de fil de fer, entortillée et placée juste au-dessus de mon lit. Voilà, me dis-je, un accumulateur. En cas d'orage, ce qui est très fréquent ici, le réseau de fer attirera la foudre et je reposerai sur le conducteur sans oser dire un mot. En même temps, le bruit d'une machine m'inquiète. Un bourdonnement d'oreilles me persécute depuis mon départ de l'hôtel Orfila, quelque chose comme le trépignement d'une roue hydraulique.
Doutant de la réalité de ce bruit, je demande ce que c'est. - La presse de l'imprimerie est à côté.
Tout s'expliqe à merveille, et néanmoins cette simplicité de moyens pour me rendre fou m'épouvante.
Et, voici la nuit effroyable. Le ciel est couvert, l'air est lourd; on attend un orage. Je n'ose me coucher, et passe deux heures à écrire des lettres. Ecrasé de fatigue, je me déshabille et me glisse entre les draps. Un silence horrible règne dans la maison lorsque j'éteins la lampe. Je sens que quelqu'un dans l'ombre me guette, m'effleure, me tâte le coeur, et suce.
Sans attendre, je saute du lit, ouvre la fenêtre et me précipite dans la cour ; mais els rosiers sont là, et ma chemise ne me protège pas du tout contre la flagellation des épines. Déchiré, ensanglanté, je traverse la cour, pieds nus, écorché sur les cailloux, égratigné par les chardons et les orties, tout en glissant sur des objets inconnus...[/list:u:6a74]
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MessageSujet: Re: August Strindberg [Suède]   Mar 26 Jan - 21:09

prochainement chez Zulma:


Correspondance - Tome 1 (1858-1885)

Choix, présentation et traduction du suédois par Elena Balzamo

Elena Balzamo est à l’origine de la présente édition de la Correspondance de Strindberg, à paraître en trois volumes aux éditions Zulma.


Citation:
La Correspondance d’August Strindberg est, à elle seule, un roman-fleuve, une saga de la réalité convulsive de son époque, le témoignage des contradictions d’un nouveau Jean-Jacques qui voulut mettre à bas la bourgeoisie et le capitalisme. On y découvre un homme d’une santé créatrice en perpétuelle effervescence qui se plaint de tous les maux imaginables, un moraliste intransigeant qui emploie les pires ruses de Don Juan pour s’attacher l’une ou l’autre des femmes de sa vie, un poète sincèrement désintéressé qui harcèle la profession du livre pour obtenir des subsides, un authentique expert de la sensibilité féminine versant dans la plus outrée des misogynies, un misanthrope occupé à sauver l’humanité.
En près de dix mille lettres et plus d’un demi-siècle, la Correspondance de Strindberg, immense archipel de la littérature scandinave, révèle une formidable entreprise d’investigation intellectuelle et sensible.

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MessageSujet: Re: August Strindberg [Suède]   Mar 26 Jan - 22:02

Ce premier volume est déjà disponible depuis quelques mois, me semble-t-il.
Un gros travail dans tous les cas, et sans doute passionnant.
La page de présentation de l'éditeur clown
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MessageSujet: Re: August Strindberg [Suède]   Mer 27 Jan - 8:33

Pour ma part j'ai lu la moité de " Au bord de la vaste mer" et impossible d'aller plus loin. Le style ne me convient pas du tout,et l'histoire ne m'a pas emballée. Tant pis.
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MessageSujet: Re: August Strindberg [Suède]   Mer 27 Jan - 11:01

Burlybunch a écrit:
Ce premier volume est déjà disponible depuis quelques mois, me semble-t-il.
ah oui, scusi.. depuis août 09
conciliabule néanmoins c'était une bonne raison pour remonter le fil Wink

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MessageSujet: Re: August Strindberg [Suède]   Jeu 4 Fév - 20:55

Mais Strindberg est cependant dans l'actualité, grâce au théâtre parisien du Nord-Ouest qui a fait le pari de monter ses 55 pièces en 4 mois.
Il se trouve qu'on est déjà en plein dans le 4° mois, mais il reste encore tout plein de choses à voir, jusqu'au 14 février.
(C'est par exemple le Pélican qui est joué à l'instant).

Le programme détaillé sur la page du théâtre du Nord-Ouest

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MessageSujet: Re: August Strindberg [Suède]   Lun 29 Mar - 18:05

Les gens de Hemsö



La quatrième de couverture cite l'auteur qui disait à propos de ce livre "Rejetées les questions féminines, bannis le socialisme, la politique et les bêtises, je me suis décidé à écrire un livre suédois, amusant grossier, savoureux, montrant comment un valet de ferme avec les nerfs solides et le sang pur, sans bile, va son chemin dans la vie, prenant ce qui s'offre, abandonnant ce qu'il ne peut retenir. J'ai choisi comme modèles les tabeaux de genre hollandais, parce qu'ils m'ont paru ressembler à la vie du petit peuple suédois".

Si je ne savais pas que ce livre était de Strinberg, je ne l'aurais sans doute pas deviné. C'est dans une veine plutôt comique. Les paysans picolent, suivant en cela leur pasteur, courent les jupons, se font des farces, essayent de travailler le moins possible et de gagner le plus. Certains thèmes pourraient presque faire penser à Paasilinna. En nettement mieux écrit je dois le dire. C'est plutôt drôle, alerte et s'avale tout seul. Mais aucun des thèmes présents dans le théâtre de Strinberg n'apparaît, comme si un autre homme avait écrit cela. Cela m'a fait une drôle impression, je ne m'attendais pas du tout à ce genre de livre. Comme quoi Strinberg est un auteur surprenant à plus d'un titre.

_________________
La meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder. (Oscar Wilde)
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August Strindberg [Suède]

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