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 Friedrich Glauser [Allemagne]

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kali
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MessageSujet: Friedrich Glauser [Allemagne]   Ven 24 Aoû 2007 - 22:21

Friedrich Glauser


C’est peut-être l’auteur de roman policier germanophone dont on entend le plus parler chaque année en Allemagne. Il n’est pourtant pas des plus actuels : né en 1896, à Vienne (d'un père suisse de langue française et d'une mère autrichienne), il est mort le 8 décembre 1938, en Italie, dans de tristes circonstances. Mais cinquante ans plus tard, on décerne tous les ans, en Allemagne, le plus prestigieux des prix consacrés au roman policier. Et il porte le nom de Friedrich Glauser. Paradoxe ? Pas vraiment, tant il est vrai que Glauser continue à être lu et publié en Allemagne, mais aussi traduit à l’étranger – notamment en France, où l’on publie toujours ses enquêtes, menées par le commissaire Studer.

C’est là qu’intervient la deuxième « bizarrerie » de Glauser. Son personnage a valu à l’auteur le titre de « Simenon suisse », ce qui est assurément un compliment. Mais n’y a-t-il pas un peu trop de sagesse là-dedans ? N’est-ce pas privilégier l’aspect « social » aux dépens de l’atmosphère parfois souvent glauque, et toujours très inquiétante (Glauser a été très proche du dadaïsme), que Glauser, en deux ou trois phrases, parvient à instaurer dans ses romans – une ambiance comme celles-ci, par exemple : « La lune s’était couchée. Le ciel ressemblait à un tableau mal essuyé, et les étoiles à des points de craie. À l’est, il vit un nuage semblable à un chiffon qui aurait servi à essuyer du vin rouge. » Derrière une œuvre brève, mais dense – six romans policiers, quelques poèmes et un roman–, la personnalité de Glauser se dessine comme celle d’un héros de l’un de ses romans ; drogué à l’opium et à divers autres produits plus ou moins licites, errant pendant une bonne partie de sa vie d’un pays à l’autre, d’un asile à un centre de désintoxication, il mourra d’une overdose, ou bien de la tuberculose, ou des conséquences d’une fracture du crâne, ou encore après être sorti d’une cure de désintoxication : l’auteur reste mystérieux jusque dans la mort. Mais Glauser a laissé une œuvre intrigante et de qualité, et la preuve qu’un bon roman policier naît d’abord et avant tout du stylo d’un artiste.

Texte provenant de http://www.goethe.de/ins/fr/lp/prj/tatort/erw/aut/gla/frindex.htm
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kali
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MessageSujet: Re: Friedrich Glauser [Allemagne]   Ven 24 Aoû 2007 - 22:25

Les premières affaires de l’inspecteur Studer


Ce livre est en fait un recueil de nouvelles policières. Je croyais ne pas trop goûter les nouvelles, mais c’était avant cette lecture, que j’ai vraiment beaucoup appréciée !

Le livre est composé de :
* douze nouvelles dont je vous parle un peu plus en détails dans la suite de ce billet
* notes qui nous font connaître les circonstances de l’écriture de chaque nouvelle
* une postface sur la vie de Glauser, encore un grand torturé !
* 10 commandements pour le roman policier de Stefan Brockhoff
* et surtout la lettre ouverte de Friedrich Glauser qui répond à (aux, en fait) Brockhoff, avec distance, justesse et humour, c’est jubilatoire !


Les 12 nouvelles :

Le vieil ensorceleur : un vieil homme enterre sa quatrième femme, ce qui bien sûr fait naître certains soupçons…
On découvre dès cette première nouvelle le personnage de l’inspecteur Studer, très sympathique, avec ses röstis du matin, sa moustache et son mal-être avoué face au suspect.

Interrogatoire : un notable est suspecté d’avoir commis un meurtre dans un train.
La forme est très réussie : il y a un seul narrateur, le suspect interrogé, qui s’adresse au juge, dont on devine seulement les paroles par le biais des réponses du suspect. On y apprend aussi que « la racaille » est un terme désuet, « la racaille, comme on disait autrefois ! », ça m’a bien fait rire !

Criminologie : l’analyse des indices au microscope est de la dernière nouveauté ; comme toute technologie, elle a ses dérives…
On nous dit que Hilde est une femme qui a du caractère… la chute le confirme !

Le couple désuni : le corps d’une jeune fille qui s’est noyée disparaît soudainement.
Une histoire triste, avec un dénouement auquel je ne m’attendais pas du tout.

Malchance : un garde-barrière donne sa version des faits au juge, faits qu’on ne découvre qu’à la fin de la nouvelle.
Je me suis fait complètement avoir avec cette nouvelle, je croyais avoir compris dès le début, mais je n’y étais pas du tout.

Le roi sucre : un malfrat est retrouvé mort avec une pièce d’échiquier, le roi, dans une main, un sucre dans l’autre.
Exactement le type de récit policier que j’affectionne ! Avec une réelle énigme, basée sur une sorte de rébus/jeu de mots. Glauser était fier de cette nouvelle et il avait bien raison.

Plainte à un mort : une femme parle à un homme qui vient de mourir.
On ne sait pas qui plaindre, finalement…

Des chaussures qui craquent : Studer, qui vient de déménager contraint et forcé, attrape une pleurésie et s’ennuie à mourir chez lui. Qui est donc le voisin aux chaussures qui craquent ?
Une nouvelle intéressante qui nous permet de mieux connaître Studer. Tous les personnages sont bien faits et on regrette que ça ne soit pas plus long.

Une fin du monde : le comportement anormal d’un juge d’instruction, à travers divers courriers (sa femme à sa sœur, son greffier à un magistrat…).
Bof, je me suis ennuyée avec celle-ci :-/

Le caporal voyant : un caporal a pour la première fois une vision, lors d’une confession. Ce qu’il voit n’est pas anodin et ses déclarations auront des conséquences…
Une nouvelle très intéressante mais qui retombe un peu comme un soufflé parce que je n’ai pas du tout compris la fin !

La mort du nègre : trois hommes de la légion sont envoyés rejoindre une autre garnison au Maroc. Il s’agit du narrateur, de Steignac, le seul noir de la garnison, et de Farny, qui « fait toujours penser à une sardine dégoulinante d’huile, plate, visqueuse, impossible à digérer ». Steignac et Farny ne s’adressent pas la parole mais semblent déjà se connaître, quel est leur secret ?
L’énigme policière est franchement au second plan, mais ce n’est en rien gênant, le personnage de Steignac accapare toute notre attention. Une phrase amusante : « [le mulet] était d’ordinaire gai comme un philosophe pessimiste qui a un peu bu ».

Meurtre : une histoire de la légion étrangère : je vous recopie la première phrase, qui présente on ne peut mieux ce dont il s’agit : « le dimanche, à 10h, le petit Weichhardt arriva avec un détachement de vingt hommes à Sidi-bel-Abbès, le lundi il faisait la connaissance du sergent Saduner, le jeudi il recevait la prime de 250 francs pour son engagement dans la Légion Etrangère et le vendredi aux environs de 8h du matin, il était transporté, la gorge tranchée et les poches vides, sur une civière dans la cour de la caserne ».
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kali
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MessageSujet: Re: Friedrich Glauser [Allemagne]   Ven 24 Aoû 2007 - 22:25

Dans les années 1930, trois jeunes auteurs allemands, regroupés sous le pseudonyme de Stefan Brockhoff, publient « les dix commandements du roman policier ». Friedrich Glauser, écrivain suisse d’expression allemande ayant lui aussi une prédilection pour le genre policier, leur répond.


Quelques extraits de cette lettre, de la partie où Glauser répond au commandement le détective doit être un homme adroit et ingénieux :

« Le limier apparaît, jette à la personne son regard de psychologue et recueille des aveux complets accompagnés des indices nécessaires. Il n’a plus qu’à tendre la main. Le même processus se répète avec les autres personnages et quand le limier a jeté sur tous son regard de psychologue et obtenu ce qu’il voulait, il s’en va avec ses renseignements sous le bras cueillir le meurtrier. La solution l’attend comme une petite fleur sur le chemin. Le limier met la petite fleur solution sur son chapeau ou à la boutonnière et poursuit son chemin à la rencontre de nouveaux crimes.

[…]

Il doit descendre de son piédestal, le limier ! Il doit réagir comme vous et moi. Dotons-le de réactions, donnons-lui une famille et une femme, des enfants, pourquoi devrait-il toujours être célibataire ? Et si nous le voulons quand même célibataire, se souciant seulement de résoudre des énigmes policières, alors donnons-lui une petite amie qui lui mène la vie dure…

Pourquoi est-il toujours habillé de manière irréprochable ? Pourquoi a-t-il toujours suffisamment d’argent ? Pourquoi ne se gratte-t-il pas quand cela le démange ? Et pourquoi n’a-t-il pas comme moi, l’air un peu bête quand il ne comprend pas quelque chose ?

Pourquoi ne se décide-t-il pas à rechercher le contact avec ses semblables, à tenter de comprendre l’atmosphère dans laquelle vivent les gens qui l’occupent ? Pourquoi ne prend-il pas part à leur destin ? Pourquoi ne déjeune-t-il pas avec eux, pourquoi ne jure-t-il pas au fond de lui-même quand la soupe sent le brûlé ? – que de tensions cachées il peut y avoir dans une soupe brûlée !

Pourquoi n’écoute-t-il pas en leur compagnie l’exposé d’un célèbre professeur sur le mariage à la radio ? C’est dans de telles circonstances que les hommes sortent d’eux-mêmes. Ils baillent. Un tel bâillement peut être si révélateur…

Et si le col du limier est trempé de sueur, quelle révélation ! Sans parler de ses chaussettes trouées !... ».
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Marie
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MessageSujet: Re: Friedrich Glauser [Allemagne]   Sam 25 Aoû 2007 - 19:30

Je note, Kalistina! C'est quelle édition les affaires de l'inspecteur Studer? Et c'est intéressant, ce qu'il dit du personnage de l'enquêteur.
Le roman policier, pour que je l'aime doit m'apporter 2 choses. Soit la découverte d'un univers différent ( c'est un mine sur le plan sociologique, les polars...), soit un héros que j'aime récurent, et dont le personnage, auquel on s'attache, est minitieusement décrit avec ses ambivalences. On ne fait pas un tel métier impunément, et d'ailleurs, on ne le choisit pas au départ je suppose , au hasard.
Je vais lire ce Glauser!
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kali
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MessageSujet: Re: Friedrich Glauser [Allemagne]   Sam 25 Aoû 2007 - 19:48

Le Promeneur édite les romans qui mettent en scène Studer, mais en grand format. Pour les poches, c'est 10/18 mais j'ai peur que tu ne puisses les trouver que d'occasion No /
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