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 Pascal Quignard

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coline
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MessageSujet: Pascal Quignard   Lun 5 Fév 2007 - 1:51



eXPie a écrit:
Pascal Quignard suscite beaucoup de débats sur ce forum, il suffit de voir le nombre de pages qui lui sont consacrées...
Ses livres sont très singuliers... et l'homme l'est aussi (ceci pouvant expliquer, au moins partiellement, cela).

Il faut bien dire que l'obscurité d'un texte peut cacher une profondeur sidérante... ou un vide sidéral.

Alors voilà, même si ce qui suit est peut-être un peu long :

Pascal Quignard est un écrivain romancier, essayiste, mais aussi musicien (violoncelle, piano, orgue)...
Fils d'un proviseur et d'une principale de collège, il a eu une enfance difficile : anorexie, crises d'autisme (à 18 mois et à 16 ans) :

Citation :
"J'ai été un peu autiste à deux reprises et ce ne fut pas pure folie. La première fois, c'est mon oncle, le petit frère de ma mère revenu de Dachau, qui m'a réappris à parler et à manger. Il a eu l'idée de me donner à sucer un bâton de réglisse qui avait l'apparence d'une branche. J'étais, je suis doué pour cet état d'enroulement euphorique propre à l'infans, pour cet état qui n'est pas un état social, qui dure neuf mois intra-utérin puis dix-huit mois atmosphérique. Dire que nous sommes des êtres de langage, comme le fait la société, est profondément faux. Et ne pas être doué pour le langage, c'est répondre à plus originaire. Nous ne sommes pas des êtres parlants, nous le devenons." (extrait d'une interview accordée à Lire, 09/2002 : http://www.lire.fr/entretien.asp/idC=43001&idTC=4&idR=201&idG ).
Citation :
Extrait de Lire, 02/1998 :
"Comment peut-on se taire à dix-huit mois? En pleurant?
P.Q. En refusant d'apprendre à parler, en refusant de manger. Toutes ces choses-là, j'en parlerai, mais pas maintenant... Ce silence, c'est sans doute ce qui m'a décidé à écrire, à faire cette transaction: être dans le langage en me taisant. Ce que le langage oral ne peut dire, voilà le sujet de la littérature. La lecture aussi, c'est être dans le langage en se taisant. Vous ne pouvez pas savoir quelle joie la lecture me procure, une joie constante qui ne peut pas être amoindrie. S'envoler hors du temps, hors du monde, hors du pouvoir, chuchoter d'entente avec un autre, même à trois mille ans de distance, même dans une autre langue. Je suis claustrophobe, alors, pour moi, il n'y a pas d'espace qu'on ne puisse explorer. Lire et être curieux, c'est la même chose. On comprend des choses extraordinaires de profondeur en lisant, on se retrouve de connivence avec des civilisations très lointaines. Je n'ai pas dit qu'on comprenait la vérité, mais on comprend des choses. Pour moi, c'est extatique, comme la musique." (http://www.lire.fr/entretien.asp?idC=33597&idR=201&idTC=4&idG= ).
Il a étudié la philosophie avec Emmanuel Levinas et Paul Ricoeur de 1966 à 1968.

Il a publié différents essais, des romans (Le Salon du Wurtenberg, Les Escaliers de Chambord) qui lui donnent une certaine notoriété, amplifiée par le roman Tous les Matins du Monde - et son adaptation cinématographique.


Toutefois, mis à part quelques romans, il faut bien dire que Pascal Quignard n'est pas facile à lire. Il a une immense culture (antique, musicale...) et aime les formes courtes, denses, concises. Le lecteur doit faire un effort pour comprendre ce qui est suggéré, ou évoqué. Et lorsque le lecteur comprend tout, chaque mot, il y a quand même à réfléchir sur les implications qu'entend l'auteur. Exemple au hasard : "Il y a dans toute musique préférée un peu de son ancien ajouté à la musique même." (extrait de La haine de la musique, folio, page 23).


Pascal Quignard a été secrétaire général de Gallimard de 1990 à 1994, date où il se consacre exclusivement à la littérature :
Citation :
"Il a fallu plusieurs années avant que ma lettre de démission aux éditions Gallimard datée de 1994 prenne véritablement effet en moi, que le tribunal des autres me quitte. Et ce n'est qu'avec la mort de mon père que tout regard, définitivement, a dégringolé de mes épaules. " (Interview à Lire, 09/2002).
La musique et le langage, la vie et la mort, l'errance et le détachement sont au coeur de son oeuvre, souvent fragmentée, et dont les genres sont décloisonnés.

A propos de la musique :
Citation :
"Le corps est pris, convoqué par la musique. Il y a un ici mystérieux dans la musique qui n'existe pas dans le langage. Pour autant, j'aime bien la théorie de Claude Lévi-Strauss. Pour lui, la musique, qui suppose le langage chez l'homme, le détruit. Pourquoi? parce qu'elle est un langage dépourvu de signification. Cela veut dire qu'il n'y a aucune différence entre écrire un livre silencieux et faire de la musique. Dans les deux cas, vous détruisez le langage signifiant commun. Un livre doit être un morceau de langage déchiré, un morceau que l'on arrache à la parole." (interview à Lire, 09/2002).
A propos du sens dans la vie :
Citation :
"Je déteste qu'on attende du réel quelque chose comme un sens. C'est déjà une façon de tricher avec le monde. L'altérité me paraît bien plus proche de ce que la vie offre à vivre que cette question. Le sens, c'est toujours orienter l'action ou le temps dans une seule direction imposée par un groupe qui se considère comme le meilleur. Réclamer du sens, c'est faire surgir un monde trop sémantique, trop orienté, c'est faire de l'autre en tant qu'être différent un ennemi, c'est vouloir l'exterminer. Tandis que prôner un monde uniquement anxieux de l'autre, c'est une façon d'accueillir un réel bien plus dynamique. Les sociétés perdues et perplexes ne posent pas de problème. Apporter du sens, c'est se boucher la vue. Si l'on vit avec quelqu'un que l'on aime, si on lui dit: «C'est pour ça que je t'aime, voilà le sens de mon amour», il faut fuir car c'est déjà de la trahison. On n'est pas pour une raison avec quelqu'un, on est face à lui, face à son étrangeté. Le fait de se réunir sur ce qu'on ignore de l'autre est pour moi bien plus important que de prétendre connaître quelque chose de l'autre." (Lire, 02/1998).
En 1997, Pascal Quignard a été hospitalisé pour un problème cardiaque.

En 2000, Terrasse à Rome a obtenu le Grand Prix de l'Académie Française .
Les Ombres errantes a lui obtenu le Prix Goncourt en 2002, et a suscité la polémique : contrairement à l'habitude, il ne s'agit pas d'un roman (mais rien n'oblige à ce que l'ouvrage couronné soit un roman) et Pascal Quignard était déjà un auteur consacré. Quelque chose comme 106 000 exemplaires ont été vendus (à titre de comparaison, Rouge Brésil, de Jean-Christophe Ruffin, s'est vendu à 500 000 exemplaires ; Trois jours chez ma mère, de François Weyergans : 350 000). Mais combien ont été lus ?

Les Ombres errantes est le premier volume de Dernier Royaume, cycle ou oeuvre qui en comprendra "Dix, quinze, vingt, je ne sais pas. Vraiment. Et je ne souhaite pas que mes propos me lient. Ce qui est certain, c'est que je mourrai dans ce Dernier royaume. "


Bibliographie

Citation :
(cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)

1969 L'être du balbutiement : essai sur Sacher-Masoch
1971 Alexandra de Lycophron
1974 La parole de la Délie : essai sur Maurice Scève
1975 Michel Deguy
1975 Écho
1976 Sang
1976 Le lecteur
1977 Hiems
1977 Sarx
1978 Les mots de la terre, de la peur et du sol
1979 Inter Aerias Fagos
1979 Sur le défaut de terre
1979 Carus, Page 3
1980 L'enfant au visage couleur de la mort (autre titre : Le secret du domaine), Page 1
1984 Les tablettes de buis d'Apronenia Avitia
1981/1984 Petits traités
1985 Le vœu de silence : essai sur Louis-René des Forêts
1985 Longin
1986 Une gêne technique à l'égard des fragments
1986 Le salon de Wurtemberg, Pages 16, 34,
1987 La leçon de musique Page 38,
1989 Les escaliers de Chambord, Pages 15, 28
1990 Petits traités
1990 Albucius, Page 11
1991 Tous les matins du monde, Pages 1, 5, 9, 16, 17, 22, 26, 27, 28, 32, 33, 35, 38,
1991 Georges de la Tour
1992 La frontière, Pages 3, 8, 12, 13
1993 Le nom sur le bout de la langue (+Petit traité sur Méduse), Pages 1, 18, 17
1994 Le sexe et l'effroi, Pages 1,  2
1994  L'occupation américaine, Pages 28, 29, 30, 38,
1994 Les Septantes
1994 L'amour conjugal
1995 Rhétorique spéculative
1996 La haine de la musique, Pages 1, 20
1998 Vie secrète, Pages 19, 20, 21
2000 Terrasse à Rome, Pages 1,  2, 3, 12, 13, 18, 23, 35,
2002 Tondo
2005 Écrits de l’Éphémère ( regroupe : Écho, Épistolè Alexandroy, Sang, Hiems, Sarx, Les Mots de la terre, de la peur et du sol, Sur le défaut de terre)
2005 Pour trouver les Enfers
2006 Quartier de la transportation
2006 Villa Amalia, Pages 1, 12, 24,  25, 26,33
2006 Triomphe du temps, Page 1
2006 Ethelrude et Wolframm
2006 Le Petit Cupidon, Page 1
2006  Requiem, Page 23
2007 La Nuit sexuelle, Pages 3, 14, 15
2008 Boutès, Pages 18, 19, 21
2011 Medea
2011 Les solidarités mystérieuses, Page 30
2011 Sur le désir de se jeter à l'eau

Cycle Dernier Royaume
2002 Les ombres errantes, Pages 17, 21, 25
2002 Sur le jadis,
2002 Abîmes,
2005 Les Paradisiaques, Page 11
2005 Sordidissimes,
2009La barque silencieuse, Pages  23, 24
2012 Les désarçonnés, Pages 31 , 33


Citation :
Mise à jour le 03/01/2014, page 38







TERRASSE A ROME

« Terrasse à Rome » a reçu le 26 octobre 2000, le Grand prix du roman de l’Académie Française.

« Terrasse à Rome » relate l'histoire d’un graveur lorrain du XVIIème siècle, Meaume. Il a aimé une femme, Nanni, une femme qui « le laissa désert ». Mais elle était destinée à un autre homme, Valancre.
Le fiancé, ayant surpris les amants, fou de jalousie, a jeté à la figure de Meaume une fiole d’eau-forte . "A Bruges j'aimais une femme et mon visage fut entièrement brûlé" dit Meaume.

Nanni ne veut plus le voir, elle le trouve trop laid. Elle préfère épouser son agresseur. Alors, commence pour Meaume,"face de cuir bouilli", une longue errance qui s’achèvera sous la luminosité de Rome, celle que l'on retrouve dans les oeuvres de Claude Le Lorrain ( il apparaît dans le livre) .Le héros lui dit : "Vous êtes un peintre, vous n'êtes pas un graveur voué au noir et blanc. »

Il dit aussi : « Je suis un homme que les images attaquent. Je fais des images qui sortent de la nuit. J'étais voué à un amour ancien dont la chair ne s'est pas évanouie dans la réalité mais dont la vision n'a plus été possible parce que l'usage en a été accordé à un plus beau visage.»

Meaume finit par installer son atelier de gravure dans une maison de deux étages dont la terrasse couverte domine les pentes du Mont Aventin.Le graveur se livre à son intériorité. Le plus souvent dissimulé sous un immense chapeau de paille, il est tout à son œuvre, disant au fil des courts chapitres sa fascination pour l'opposition et la complémentarité du clair-obscur, ses blessures aussi, et parlant des grands artistes de son époque.

(Pascal Quignard dit s'être inspiré d'une nouvelle forme de gravure qui est apparu en 1642. Cette technique s'oppose à celle de la gravure traditionnelle car "Le blanc ressort du noir").



Je n’ai aimé que partiellement ce livre.
J’en ai apprécié l'écriture extrêmement dépouillée et néanmoins souvent poétique. Le thème avait tout pour me séduire mais je n’ai pas vraiment été émue par l’histoire du mystérieux Meaume. Son hermétisme nous accapare trop à certains moments : cela tient sans doute au fait qu’elle nous est dévoilée par bribes, dans un ordre non chronologique, au cours de chapitres très courts et sans lien nécessaire les uns avec les autres.
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MessageSujet: Re: Pascal Quignard   Lun 5 Fév 2007 - 1:53

TOUS LES MATINS DU MONDE

« Tous les matins du monde sont sans retour. »

L'amour de la musique est le soutien même de ce récit. Tous les personnages ont un rapport avec elle: le professeur et compositeur Sainte-Colombe qui a amélioré la viole, Marin Marais son élève, les deux filles de Sainte-Colombe qui donnent des concerts avec leur père…
Pascal Quignard fait de Sainte Colombe une sorte de quintessence du musicien Son seul but est de perfectionner son Art. Méprisant les honneurs, il refuse de jouer à la cour du Roi Soleil. Son amour pour la musique est désintéressé et total.

Monsieur de Sainte Colombe a perdu son épouse et il élève ses deux filles Madeleine et Toinette dans l’amour de la musique et surtout de la viole de gambe. Souvent il s'isole pour jouer dans la cabane qu'il s'est fait construire dans les branches d'un mûrier. Là, il communique ainsi avec sa femme défunte.

Cet homme a existé réellement mais on sait peu de choses sur lui sinon qu'il a ajouté une 7e corde à la viole et a été maître de Marin Marais. Il a composé notamment leTombeau des regrets et Le Retour. Il est décédé vers 1700.

Marin Marais devient son élève très brillant mais il voit plutôt dans la viole un moyen de réussite sociale. Quand il ira jouer chez le Roi, Sainte Colombe ne lui pardonnera pas. Le maître ne renvoie pas l'élève par jalousie mais parce que ce dernier est trop porté du côté de la vie, des honneurs, de la gloire et des fastes de la cour, de la copie technique. Il ignore le caractère mystique de la création, la solitude essentielle à l’exercice de l’Art que défend Monsieur de Sainte-Colombe.

Plus tard, Marin Marais viendra écouter son maître en cachette.

Dans une gazette de 1732 se trouve une notice consacrée au musicien Marin Marais, notice qui est à l’origine du travail de l’écrivain Pascal Quignard.
A partir de 1676, il compta parmi les musiciens de la Cour notamment sous la direction de Lully, puis accéda à la fonction d'ordinaire de la Chambre du Roi pour la viole. Il était fort apprécié du Roi et de la Cour. Il dirigea souvent l'orchestre de l'opéra.
Marais composa, entre autres, quatre opéras pour l'Académie Royale de la musique et 5 livres de musique pour la viole de gambe.


Ce très beau roman, qui se lit agréablement et sans difficulté, est écrit dans une langue très pure, avec des phrases simples et un vocabulaire recherché et précis. C'est aussi un très beau roman d'amour.
L’ érudition de Pascal Quignard permet de placer l’histoire dans le contexte culturel de son époque. Jean Racine, par exemple, est évoqué à travers deux comédiennes qui récitent sur des tréteaux des vers de Britannicus. Le peintre Baugin également.



« -Que recherchez-vous, Monsieur, dans la musique?
-Je cherche les regrets et les pleurs. »
« La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne peut parler. En ce sens, elle n'est pas tout à fait humaine. «
(Tous les matins du monde)

Ce livre a été adapté au cinéma par Alain Corneau en 1991. Le synopsis est très fidèle au livre.
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MessageSujet: Re: Pascal Quignard   Lun 5 Fév 2007 - 1:57

Le nom sur le bout de la langue

C’est par ce merveilleux conte que commence le livre de Pascal Quignard . Un délice à lire ce conte…

Ce qui suit est moins limpide, plus ardu, demande plus de temps…Un ralentissement de la lecture devient nécessaire : à la fois pour saisir le sens de chaque mot à l’intérieur de phrases souvent assez complexes…et aussi pour accorder le temps de la réflexion sur le message. C’est en tout cas comme cela que je l’ai lu.

Pascal quignard part d’un touchant souvenir autobiographique : l’image de sa propre mère, cherchant un mot qu’elle a « sur le bout de la langue »…La fixité du regard alors perdu de sa mère, tétanisée, masquée, crispée sur sa recherche, absente.
Puis Pascal Quignard aborde alors le sujet essentiel de cet ouvrage dans un « Petit traité sur Méduse » car « Méduse est l’unique déesse dont le masque est celui de la face humaine…féminine, vue de face, bouche grande ouverte…Le masque hurle pour ne pas rejoindre la tête creuse, la tête désertée du regard, immobile, écharnée, silencieuse des têtes sans visages. Les têtes sans visage, ce sont les morts. »

Le sujet de l’ouvrage c’est celui-ci :
« Qu’un mot puisse être perdu, cela veut dire : la langue n’est pas nous-mêmes. Que la langue en nous est acquise, cela veut dire : nous pouvons connaître son abandon. Que nous puissions être sujets à son abandon, cela veut dire que tout le langage peut refluer sur le bout de la langue. Cela veut dire que nous pouvons rejoindre l’étable ou la jungle ou l’avant-enfance ou la mort. »

Mais d’où vient le langage ?...

Et Quignard fouille son propre « jadis »…disant : « J’ai la mémoire de ce dont je ne me souviens pas. »…disant ce qui l’a jeté pour écrire « sur les rives de Rome, dans les ruines d’Ur, dans les grottes les plus anciennes aux parois silencieuses et graffitées »… Ecrire « pour survivre »…Ecrire « parce que c’était la seule façon de parler en se taisant »… Ecrire « parce que c’était la seule façon de demeurer abrité sans tout à fait s’exiler du langage comme les fous, comme les pierres, qui sont malheureuses comme elles-mêmes, comme les bêtes, comme les morts ».
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MessageSujet: Re: Pascal Quignard   Lun 5 Fév 2007 - 1:58

Le sexe et l'effroi

Quel monument de culture ce Pascal Quignard!
J'ai dévoré ce livre passionnant .Il s'agit d'un essai sur l'évolution de la sexualité de la civilisation grecque à la civilisation romaine dans l'Antiquité. Grande découverte ou révisions à partir des textes, de la mythologie et des fresques.


"Nous transportons avec nous le trouble de notre conception."

"Nous sommes venus d'une scène où nous n'étions pas.
L'homme est celui à qui une image manque."

"La vie proprement humaine est la chasse dont la proie est l'homme."

"Le sexe est lié à l'effroi" .

"Nous sommes nés animaux: c'est la "bêtise" dont l'humanité ne s'émancipe pas, quoiqu'il advienne des voeux que ses représentants nourrissent et des lois que les cités édictent pour confisquer leur violence
."
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MessageSujet: Re: Pascal Quignard   Lun 5 Fév 2007 - 2:00

Villa Amalia

Le dernier roman de Pascal Quignard.
J’éprouve un sentiment un peu partagé.
C’est un roman aisé à lire avec un beau sujet. Une femme (pianiste) trahie par son mari décide de tout quitter et organise sa disparition. Elle part pour l’île d’Ischia, près de Capri…Là-bas elle s’installe dans une modeste maison surplombant la mer et s’installe aussi dans sa nouvelle vie…

Ce qui m’a frappée, et un peu dérangée dans ce roman, c’est qu’ Ann semble éprouver de plus grandes émotions face à la maison ou à la mer que face aux êtres dont elle croise un temps l’existence…
Moi qui suis une grande sentimentale, j’ai eu du mal à croire à ce personnage un peu froid…Dès le début, il semble que l’infidélité de son mari soit plus un prétexte pour elle à partir que la cause d’une vraie souffrance qui l’amène à prendre cette décision.

C’est un bon roman tout de même…mais je ne suis pas vraiment touchée par les personnages.
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MessageSujet: Re: Pascal Quignard   Lun 5 Fév 2007 - 2:02

Quignard...Il agace...Il enchante...Il nous laisse tout sauf indifférents...

Pour moi, il raconte très bien ('Le nom sur le bout de la langue", "Tous les matins du monde", "Villa Amalia...) et il m'époustoufle par sa culture, me donne envie de (re)découvrir ses références..."Le sexe et l'effroi" m'a donné une envie irrésistible de relire les textes antiques et de faire un voyage à Pompéi...
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MessageSujet: Re: Pascal Quignard   Lun 5 Fév 2007 - 2:06

La haine de la musique

C’est un ouvrage passionnant, dix petits traités rassemblés sous le titre La haine de la musique. Quignard rompt avec un art qu'il a longtemps pratiqué. Son écriture médite sur un point particulier qui revient constamment: entendre et obéir.

« La musique est faite de sons qui protègent des sons ». Elle est une modulation du silence. Mais elle est aussi un piège, développe Quignard. "Les oreilles n'ont pas de paupière", nul ne peut se protéger de la contagion sonore : "l'auditeur de musique n'est pas un interlocuteur. Il est une proie qui s'abandonne." L'écoute de la musique est liée à la passivité et à l'obéissance. »

Il étaie ses propos, comme toujours, de nombreuses références culturelles :
-réminiscence mythologique : le mythe des sirènes.
- référence philosophique - Platon, La République
- approche ethnologique : les rites primitifs centrés autour du chaman, la possession des corps par incantation.
- perspective psychanalytique : en toute chose, Quignard n'aime que l'origine (celle du jour, de la langue, de l'art, de l'amour, du désir...) Ici, celle des sons. Il cherche toujours un avant le temps, avant les mots, avant la sexualité.

«Le son est la perception la plus archaïque de l’histoire personnelle, avant même l’odeur, bien avant la vision. ». « Les sonores précèdent notre naissance ».

- constat sociologique : le conditionnement par musiques de notre époque, dans ses lieux les plus communs et les moins évitables (ascenseur, supermarché, rue marchande, restaurant, métro, églises même…).
« Quand la musique était rare, sa convocation était bouleversante comme sa séduction vertigineuse. Quand la convocation est incessante, la musique repousse. Le silence est devenu le vertige moderne. Son extase. J'interroge les liens qu'entretient la musique avec la souffrance sonore. »

L’approche de Quignard est aussi une approche historique :

Pourquoi la naissance de l’art se trouva-t-elle liée à une expédition souterraine ? »
« Je soutiens que les grottes paléolithiques sont des instruments de musique dont les parois ont été décorées. Elles sont des résonateurs nocturnes qui furent peints d’une façon qui n’était nullement panoramique : on les a peints dans l’invisible. Le choix des parois décorées fut celui de l'écho.
»

-Quelques pages, très fortes, s’appuyant amplement sur les écrits de rescapés des camps de la mort, comme Primo Levi («Leurs âmes sont mortes et c’est la musique qui les pousse en avant comme le vent les feuilles sèches, et leur tient lieu de volonté.») et Simon Laks, évoquent la part active prise par la musique dans l'extermination des juifs organisée par les Allemands de 1933 à 1945. Les victimes, interprètes et auditeurs, tous déportés, contraints et forcés. « La musique pour augmenter l’obéissance et les souder tous dans la fusion non personnelle, non privée, qu’engendre toute musique » écrira Primo Levi.

" La musique est le seul, de tous les arts, qui ait collaboré à l’extermination des Juifs organisée par les Allemands de 1933 à 1945... Il faut souligner, au détriment de cet art, qu’elle est le seul qui ait pu s’arranger de l’organisation des camps, de la faim, du dénuement, du travail, de la douleur, de l’humiliation, et de la mort... Il faut entendre ceci en tremblant: c’est en musique que ces corps nus entraient dans la chambre. » dit Pascal Quignard.

Puis « La musique se tient déjà tout entière dans le coup de sifflet du SS. Elle est une puissance efficace, elle provoque une attitude immédiate. Comme la cloche du camp déclenche le réveil, par lequel le cauchemar onirique s’interrompt pour ouvrir au cauchemar réel ».
« L’ouïe, lors de l’endormissement, est le dernier sens qui capitule devant la passivité sans conscience qui vient. »
Ce fut une musique rituelle... une «hypnose du rythme continu qui annihile la pensée et endort la douleur».

Ouïr et obéir ont la même origine :
« Comment entendre la musique, n’importe quelle musique, sans lui obéir? »
« La musique viole le corps humain. Elle met debout. Les rythmes musicaux fascinent les rythmes corporels. A la rencontre de la musique, l’oreille ne peut se fermer. La musique étant un pouvoir s’associe de fait à tout pouvoir. Elle est d’essence inégalitaire. Ouïe et obéissance sont liées. Un chef, des exécutants, des obéissants telle est la structure que son exécution aussitôt met en place. Partout où il y a un chef et des exécutants, il y a de la musique… Cadence et mesure. La marche est cadencée, les coups de matraque sont cadencés, les saluts sont cadencés."


Le fascisme est lié au haut-parleur. L’amplification du discours fasciste s’est imposé par la persuasion du volume sonore, et sa cadence implacable (ce qui est vrai aussi des rengaines commerciales qui s’imposent de la même manière et asservissent ceux qui s’y font prendre).

Dès lors, pour Pascal Quignard, " celui qui l'a le plus aimée", la musique devient haïssable. Elle est un instrument d'esclavage .
"Le silence est devenu le vertige moderne. De la même façon qu’il constitue un luxe exceptionnel dans les mégapoles.... Je fuis la musique infuyable..."
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MessageSujet: Re: Pascal Quignard   Lun 5 Fév 2007 - 2:08

Dans La haine de la musique, Pascal Quignard fait référence à Simon Laks.
Né en 1901 à Varsovie, Simon Laks fut pianiste, violoniste, compositeur et chef d’orchestre. Il fut arrêté à Paris en 1941. Beaune, Drancy, Auschwitz, Dachau. Il fut libéré le 3 mai 1945.

Il publia Musiques d’un autre monde, préfacé par Georges Duhamel.
Dans ce livre, Simon Laks rapporte cette histoire :
En 1943, dans le camp d’Auschwitz, pour la veillée de Noël, le commandant Schwarzhuber donna l’ordre aux musiciens du Lager d’aller jouer des chants de Noël allemands et polonais devant les malades de l’hôpital pour femmes. Simon Laks et ses musiciens se rendirent à l’hôpital pour femmes.
Dans un premier temps, les pleurs saisirent toutes les femmes... Dans un second temps, aux larmes succédèrent les cris. Les femmes criaient: «Arrêtez! Arrêtez! Fichez le camp! Du balai! Laissez nous crever en paix!»... Simon Laks dit qu’il n’avait jamais pensé jusque là que la musique pût faire mal.

Simon Laks écrit ceci: « Il ne manque pas de publications qui déclarent, non sans une certaine emphase, que la musique soutenait les prisonniers décharnés et leur donnait la force de résister. D’autres affirment que cette musique produisait l’effet inverse, qu’elle démoralisait les malheureux et précipitait leur fin. Pour ma part je partage cette dernière opinion. »
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MessageSujet: Re: Pascal Quignard   Lun 5 Fév 2007 - 2:09

Dans La haine de la musique, Pascal Quignard fait référence à Primo Levi:

Ce dernier a écrit:
« Au Lager, la musique entraînait vers le fond. »

« Il fallait l’entendre sans y obéir, sans la subir, pour comprendre ce qu’elle représentait, pour quelles raisons préméditées les Allemands avaient instauré ce rite monstrueux, et pourquoi, aujourd’hui encore, quand une de ces innocentes chansonnettes nousrevient en mémoire, noussentons notre sang se glacer dans nos veines. »

« Elles seront bien la dernière chose du Lager que nous oublierons car elles sont la voix du Lager.
»
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MessageSujet: Re: Pascal Quignard   Lun 5 Fév 2007 - 2:13

Triomphe du Temps

C'est pour son interprète sur scène, la comédienne Marie Vialle, que Pascal Quignard a écrit cette «sonate de contes» qui réclame un comédien muet :

« En 2003, entendant Marie Vialle répéter “Le nom sur le bout de la langue” dans un théâtre de Saint Denis, aussitôt je voulus ajouter deux autres contes. La nuit même, dans la fin de la nuit. Je ne sais pourquoi c’était évident. Si impératif. Un seul conte ne suffisait pas. Peut-être désirais-je inventer des “Sonates de contes”. J’admire Marie Vialle. Désormais, nous cherchons ensemble quelque chose que j’ignore. Pour “Triomphe du temps”, il y a quatre contes. Un conte-cadre et trois contes internes. Il fallait un comédien masculin muet et Marie seule à parler - non seulement seule à parler mais devant aller jusqu’au chant et aux hurlements. En écrivant cette “sonate” c’est tout ce que je savais. Ensuite, sur la scène, je laisse Marie travailler entièrement seule.” (Pascal Quignard)

On passe de l’un à l’autre de ces contes sans qu’il y ait de démarcation au niveau de la pagination.

Il est question d’une histoire d’amour éternelle, de la fuite des amants, de leur séparation puis de leurs retrouvailles tardives.

Il est question de l'éducation du jeune Racine, à la lisière du monde des vivants et de celui des morts puisqu’il s'entretient avec Virgile aux Enfers.

Il est question d'un mendiant qui arrive à persuader une jeune femme de lui donner des vêtements et des couvertures, lui faisant accroire que c’est pour sa mère car elle a froid chez les morts.

Quant à ce que Quignard désigne comme le conte-cadre, ce qui fait le lien entre les trois autres, il évoque l'écrivain.
D’abord en compagnie de sa mère. Elle est très âgée, elle lui prend le visage entre les mains alors que «jamais auparavant elle n'avait touché ma peau» dit Pascal Quignard.
Puis enfant quand il passait ses nuits à regarder la mer: «Qui a plus adoré la mer que moi? Qui a plus adoré les tempêtes dans la nuit?»
Et même plus tôt encore, quand sa grand-mère maternelle Marie Bruneau (chante pour lui en allemand.

Que dire d’autre ? C’est tout simplement très beau.

« Triomphe du Temps »…Le passage du temps, de l’âge…Puis la mort… et la présence vivante des morts.

« Je savais en l'écrivant que Marie ne répugnait pas à accepter plus de violence encore que dans les textes précédents. Elle n'a pas froid aux yeux. J'écris puis je coupe. C'est extraordinairement agréable de trancher dans ce qu'on fait. Mais ça laisse aussi une liberté très grande et énigmatique d'avoir des textes à ce point troués.
Donc, cela me tente de travailler comme ça parce que ça laisse vraiment des abîmes à l'arête la plus tranchante qui soit. Après, c'est à celui qui voit d'en faire son rêve à lui. Là, le théâtre, le conte, c'est un espace où l'on peut absolument convoquer soit des morts, soit des abîmes. Parce qu'il y a des trous, parce qu'il n'y a plus à chercher la vraisemblance
."
(Pascal Quignard)
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MessageSujet: Re: Pascal Quignard   Lun 5 Fév 2007 - 2:14

Le petit Cupidon

Une nouvelle...dans laquelle une vieille femme de 82 ans, une violoncelliste, fait le récit à un visiteur d'une très ancienne histoire d'amour...Fulgurante, à Nice, en pleine chaleur...
"Je retire de cette petite expérience une nette préférence pour les mois d'hiver." dit-elle en approchant de sa bouche une part de cake.

Et moi... je reste un peu sur ma faim...
C'est bien court 46 pages!
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MessageSujet: Re: Pascal Quignard   Lun 5 Fév 2007 - 2:15

J'ai savouré...comme je peux le faire d'excellents chocolats...en prenant mon temps... en des moments de parfaite disponibilité...la lecture de la nouvelle "Le petit Cupidon" et les quatre contes dans Triomphe du Temps .
J'ai même poussé le délice jusqu'à lire tout ça à voix haute...(puisqu'il écrit pour une comédienne... pourquoi pas moi...hein?)
Very Happy
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MessageSujet: Re: Pascal Quignard   Lun 5 Fév 2007 - 2:16

L'enfant au visage couleur de la mort

C'est vraiment délectable de lire ce conte. L'écriture touche presque à la perfection.
On y retrouve les thèmes chers à Quignard: la mort, la lecture, la mère...

Je ne peux en dire davantage sur ce conte sous peine d'en révéler l'essentiel.
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MessageSujet: Re: Pascal Quignard   Lun 5 Fév 2007 - 2:17

C'est un auteur qui peut susciter vraiment la passion de ses lecteurs.
Ce que j'aime chez Quignard, c'est tout ce qu'il m'apprend. Lorsqu'on referme un de ses livres, on en sait un peu plus...sur soi-même, sur le passé, sur les humains, sur la culture, les origines...
Je suis plutôt admirative que passionnée.
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MessageSujet: Re: Pascal Quignard   Sam 10 Fév 2007 - 11:32

A propos d´Ann Hidden ( Villa Amalia), Coline dit:
Citation :
Dès le début, il semble que l’infidélité de son mari soit plus un prétexte pour elle à partir que la cause d’une vraie souffrance qui l’amène à prendre cette décision.
Je ne crois pas qu´il y ait le moindre "pretexte" de la part d´Ann. Il n´y avait rien qui couvait entre Ann et son compagnon, rien de latent.
Ce qui se passe, c´est qu´il y a très peu d´espace entre ce que pensent ( ou ce qu´éprouvent) les personnages de Quignard, et ce qu´ils font ( Décisions, passage à l´acte).
C´est du " sitôt dit ( ou pensé)-sitôt fait". On ne peut même pas dire qu´ils soient impulsifs, c´est plutôt ( à mon avis) que chez Quignard, si les idées ne passent pas à la pratique, si elles ne s´imbriquent pas dans l´univers quotidien, si elles ne nous impliquent pas un style de vie ou un autre, c´est que ce n´etaient pas des idées bien solides.
Quand une idée nous habite, elle nous muscle au point de nous faire aller de l´avant.
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