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 La question du suicide chez les écrivain-e-s

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colimasson
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MessageSujet: Re: La question du suicide chez les écrivain-e-s   Lun 16 Mar 2015 - 21:08

Vos craintes me semblent injustifiées. Quand bien même on ferait une galerie des suicidés... et alors ? cela va-t-il pousser quelqu'un à se suicider ? Non.

Cette question est intéressante car dans le cas des suicidés, il me semble que cette idée devait sous-tendre leurs pensées depuis longtemps. En trouve-t-on des traces ou des aveux dans leurs écrits ? Ont-ils entretenu des relations particulières avec l'écriture, projetant sur cet acte le désir d'être sauvé ?

Mon suicidé préféré est celui qui n'a jamais osé l'être: Emil Cioran.

Dreep a écrit:

Moi il m'intéresserait de m'interroger sur les causes du tabou et même de la mort qui est perçue négativement dans notre société, chacun s'évertuant d'entretenir la meilleur santé de façon obsessionnelle (obsession qui s'est même institutionnalisé, à mon avis) et de mourir le plus tard possible. Peut-être que ces idées découlent d'une conception de la vie qui se répands ensuite dans la culture et les esprits, et que ça aura sans doute ses impacts dans notre rapport à la mort et au suicide.

Je suis d'accord avec toi. L'optimisme forcené retarde le moment où il faudra se confronter à soi-même. Sans faire l'éloge du pessimisme, il faut l'être un minimum, ne serait-ce qu'un court laps de temps, pour descendre un peu dans les profondeurs de son âme et pour mieux se protéger des tendances destructrices du monde extérieur. J'ai entendu parler hier du faux-self de Winnicott. Tiens, je dirais que la tendance forcenée à l'optimisme constitue la base du faux-self.

A part ça, je ne me suis jamais vraiment interrogée sur la question du suicide chez les écrivains, donc je vous lis...

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bix229
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MessageSujet: Re: La question du suicide chez les écrivain-e-s   Lun 16 Mar 2015 - 22:31

Certains écrivains, Baudelaire, Nerval, Poe, Pavese, avaient une sensibilité extreme, souvent névrotique
ou pire encore. Ils étaient tous potentièllement suicidaires.
Mais comme le dit quelqu' un quelque part, il y a un nombre nettement plus élevés d' écrvains -d' artistes
ou non- qui sont suicidaires toute leur vie- sans jamais passer à l' acte.
La marge entre les deux catégories est faible et ne dépend souvent que des circonstances.

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: La question du suicide chez les écrivain-e-s   Mar 17 Mar 2015 - 4:48

D'emblée, je vois bien que le sujet fait réagir. Dans certains cas, on pratique les attaques ad hominem. On préfère s'en prendre au messager plutôt que de regarder le contenu de ce qui est apporté au débat. Je consens à dire qu'il s'agit d'un sujet sensible. Les réactions contrastées confirment que les suicides chez les écrivains sont un sujet de débats. Je pense qu'il est possible d'évoluer dans une connaissance du phénomène et tenter de voir ce que les gens touchés par cette problématique ont à nous dire au cours de leur quête existentielle. Tout comme vous, je suis d'accord pour dire que la question dépasse le cadre littéraire. Toutefois, comme certains le reconnaissent ici, la question du suicide chez les écrivain-e-s demeure prégnante pour autant qu'on consent à examiner la problématique. Dans mon cas, j'ai bien soupesé le pour et le contre avant d'aborder l'ouverture d'un fil sur la question. Après tout, sans recourir à l'argument d'autorité, ça fait un assez long moment que je suis au sein de la communauté du forum. J'essayais de maintenir les lignes ouvertes. Je suis tout à fait conscient que cette question touche beaucoup de gens.

Donc, oui, comme Dreep l'anticipe, le suicide prend beaucoup d'ampleur dans les sociétés occidentales et industrialisées. À l'instar de Colimasson et de Bix229, je pense qu'il est possible de disserter sur certains cas précis. Quand nous commençons à ratisser plus large, il est possible d'avoir un autre éclairage sur ce phénomène qui nous touche tous à divers degrés. Je me dis aussi qu'à force d'en parler et de mieux connaître le phénomène, ça peut démystifier certaines idées reçues. Concentrons-nous sur ce qu'une certaine part d'humanité essaye bien de nous livrer comme messages.

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MessageSujet: Re: La question du suicide chez les écrivain-e-s   Mar 17 Mar 2015 - 5:41

jack-hubert bukowski a écrit:
D'emblée, je vois bien que le sujet fait réagir. Dans certains cas, on pratique les attaques ad hominem. On préfère s'en prendre au messager plutôt que de regarder le contenu de ce qui est apporté au débat.

Définition de ad hominem :

Citation :
La locution latine ad hominem (à l'homme) ou argumentum ad hominem sert à désigner un argument de rhétorique qui fut au départ défini comme consistant à confondre un adversaire en lui opposant ses propres paroles ou ses propres actes. De nos jours, fréquemment considéré comme une manœuvre malhonnête, il consiste à discréditer des arguments adverses, sans les discuter eux-mêmes, mais en s'attaquant à la crédibilité (paroles, actes, physique, etc.) de la personne qui les présente.

JHB, on peu aussi avoir des interrogations sans pour autant user de méthodes "malhonnêtes" te visant toi, plutôt que ton propos ? Ta réaction  m'étonne, tu connais depuis suffisamment longtemps les membres qui ont réagi pour savoir que ce n'est pas vraiment leur type de méthode, non ?

Pour prendre mon propre cas, je t'ai cité le passage qui m'a laissé la plus perplexe. Je n'ai rien compris à ton interprétation du nom de Nelly Arcan, et du coup, j'ai eu l'impression d'être complètement idiote à ainsi ne rien piger. Et ce n'est pas le seul passage qui m'a donné cette impression.
S'il faut entrer dans les détails, je ne vois pas pourquoi tu parles du nom d'Arcan "sans le d à la fin", puisque je ne vois pas de "d" dans le nom dont Nelly Arcan est censé être l'anagramme.
Je ne comprends tout simplement pas ce que tu entends par "oeil de Ra", et par "arc et brisure du Canada". ???

Bref, on peut discuter, mais avec pondération, merci…
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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: La question du suicide chez les écrivain-e-s   Mar 17 Mar 2015 - 6:42

Armor-Argoat a écrit:
jack-hubert bukowski a écrit:
D'emblée, je vois bien que le sujet fait réagir. Dans certains cas, on pratique les attaques ad hominem. On préfère s'en prendre au messager plutôt que de regarder le contenu de ce qui est apporté au débat.

Définition de ad hominem :

Citation :
La locution latine ad hominem (à l'homme) ou argumentum ad hominem sert à désigner un argument de rhétorique qui fut au départ défini comme consistant à confondre un adversaire en lui opposant ses propres paroles ou ses propres actes. De nos jours, fréquemment considéré comme une manœuvre malhonnête, il consiste à discréditer des arguments adverses, sans les discuter eux-mêmes, mais en s'attaquant à la crédibilité (paroles, actes, physique, etc.) de la personne qui les présente.

JHB, on peu aussi avoir des interrogations sans pour autant user de méthodes "malhonnêtes" te visant toi, plutôt que ton propos ? Ta réaction  m'étonne, tu connais depuis suffisamment longtemps les membres qui ont réagi pour savoir que ce n'est pas vraiment leur type de méthode, non ?

Pour prendre mon propre cas, je t'ai cité le passage qui m'a laissé la plus perplexe. Je n'ai rien compris à ton interprétation du nom de Nelly Arcan, et du coup, j'ai eu l'impression d'être complètement idiote à ainsi ne rien piger. Et ce n'est pas le seul passage qui m'a donné cette impression. Te répondre montrait, il me semble, que j'avais pourtant pris la peine de te lire...
S'il faut entrer dans les détails, je ne vois pas pourquoi tu parles du nom d'Arcan "sans le d à la fin", puisque je ne vois pas de "d" dans le nom dont Nelly Arcan est censé être l'anagramme.
Je ne comprends tout simplement pas ce que tu entends par "oeil de Ra", et par "arc et brisure du Canada". ???

Bref, on peut discuter, mais avec pondération, merci…

Dans un premier temps, j'apprécie le point d'éclaircissement à propos de la définition des attaques ad hominem. Il fallait bien sûr opposer un principe de défense légitime. Si réaction j'ai eue, elle était en réponse à ce que je considérais comme tentatives d'attaquer ma crédibilité. Il ne s'agit pas nécessairement d'attaques directes, mais d'un procédé de nature insidieux. Si j'utilise ce terme, c'est ma manière d'opposer le holà face aux remarques qui me sont adressées de manière à soulever quelque «ire». Il y a sûrement des explications qui s'imposent.

Schématiquement, je reprendrai l'explication de manière plus visuelle à propos de la décomposition du nom Nelly Arcan :

1) Nelligan
2) Nelli-gan
3) Nelly Arcan

Souventes fois, nous écrivons le nom d'Arcand plutôt qu'Arcan à l'instar du réalisateur de cinéma Denys Arcand.

À l'envers, nous pouvons lire le nom Arcan comme «nacra». Ça finit avec Ra. Si nous recomposons le nom, nous pouvons faire «Narc» pour reformer Narcisse.

Avec Nelli-gan, nous pouvons voir que dans le cas du «g» enlevé et remplacé par l'«arc» une pluralité d'hypothèses sur la fonction littéraire de cette signature d'écrivain. Je vous ai livré les miennes.

Concernant la configuration du Canada dans le nom de Arcan, retenons surtout les trois expressions suivantes «Arc», «Ca» et «Can». Nous utilisons souvent les deux dernières expressions pour identifier le Canada et dans le cas de la dernière expression, il y a un jeu de mots anglais dans le sens de «pouvoir».

Arcan succède à Aquin étant donné que le r succède au q. Il y a un jeu de mots dans le nom d'Aquin quand nous disons «qui» et «quin» ou encore «Ah Quin». Par ailleurs, les initiales d'Hubert font HA. L'«arc» était tendu vers quelque chose de toute évidence.

Que le débat suive son cours...

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topocl
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MessageSujet: Re: La question du suicide chez les écrivain-e-s   Mar 17 Mar 2015 - 8:17

jack-hubert bukowski a écrit:
. L'«arc» était tendu vers quelque chose de toute évidence.

.

Ton évidence JHB

Je n'ai aucune envie d'entrer dans ce débat, sans le trouver tabou, mais parce qu'il ne m'intéresse pas, comme tel, et aussi qu'il est la porte ouverte à beaucoup de n'importe quoi. Je me voile peut-être la face, l'écrivain est peut-être un être à part (certainement) mais le suicide il y en a partout. Y a t'il une personne qui n'a pas de cas dans son entourage? Evidemment qu'il y a beaucoup d'écrivains suicidés; Parce qu'il y a un nombre énorme de suicides est la cause numéro un.
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animal
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MessageSujet: Re: La question du suicide chez les écrivain-e-s   Mar 17 Mar 2015 - 8:20

Papperlappap !

Sur le fil des gens ont juste dit qu'ils ne comprenaient pas bien le sujet.

Citation :
Concentrons-nous sur ce qu'une certaine part d'humanité essaye bien de nous livrer comme messages.
Et c'est pour les gens que ça touche à divers degrés que c'est bien, je trouve, de pouvoir comprendre le sujet. Ce que je trouverais dommage si on devait finir par se contenter d'un recensement d'écrivain-e-s suicidé-e-s. Et tout aussi dommage si on devait se limiter à exprimer des visions personnelles sur le sujet, hors littérature, le fil étant malgré tout dans la rubrique "littérature en général".

Même en ayant lu Premier épisode et les nombreuses notes qui allaient avec, je ne me sens pas de quoi raccrocher les wagons. Et Nelly Arcan a-t-elle écrit des passages sur son suicide ? En lisant le fil je ne le sais pas.





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églantine
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MessageSujet: Re: La question du suicide chez les écrivain-e-s   Mar 17 Mar 2015 - 8:40

animal a écrit:
Papperlappap !





Je vois qu'on retient bien ses leçons" Kenavesques" !  Razz

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Dreep
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MessageSujet: Re: La question du suicide chez les écrivain-e-s   Mar 17 Mar 2015 - 12:32

Peut-être qu'en parlant de romans ou de livres qui abordent le sujet du suicide, qu'ils soient de la main d'écrivains suicidés ou non... ? Parce que je pense que l'écrivain peut aborder la question de son propre suicide sans qu'il passe à l'acte, et meurt d'une autre façon. Je n'ai pas d'exemple pour ce cas précis, mais je pense à un livre – que je n’ai pas lu – d'Edouard Levé, Suicide qu'il a écrit avant de mettre fin lui-même à ses jours.

Je pense que le suicide est tellement plus qu'un sujet de société, il a une place importante dans notre culture, je crois. Mais il faut voir quelle direction, il faudrait en donner (Là, pardon je suis pas spécialement intéressé par Nelly Arcan) ou si c'est simplement une étude, même précisément questionner cette place du suicide dans notre littérature (occidentale), pourquoi pas.

Du reste je pense que certains écrivains se sont suicidés sans l'aborder dans leur livre, pas même les causes de ce suicide... sans doute pour des raisons qui n'ont pas concernés la sphère public. Là on ne peut encore qu'en parler qu'en termes générales, comme si ces suicidés n'étaient pas des écrivains reconnus.
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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: La question du suicide chez les écrivain-e-s   Mer 18 Mar 2015 - 7:23

topocl a écrit:
jack-hubert bukowski a écrit:
. L'«arc» était tendu vers quelque chose de toute évidence.

.

Ton évidence JHB

Je n'ai aucune envie d'entrer dans ce débat, sans le trouver tabou, mais parce qu'il ne m'intéresse pas, comme tel, et aussi qu'il est la porte ouverte à beaucoup de n'importe quoi. Je me voile peut-être la face, l'écrivain est peut-être un être à part (certainement) mais le suicide il y en a partout. Y a t'il une personne qui n'a pas de cas dans son entourage? Evidemment qu'il y a beaucoup d'écrivains suicidés; Parce qu'il y a un nombre énorme de suicides est la cause numéro un.

Si le sujet du suicide n'était pas susceptible de t'intéresser, topocl, tu n'aurais sûrement pas embarqué dans le débat. Déclarer qu'un-e tel-le est un-e être à part, je ne pense pas qu'on puisse réduire la question du suicide au seul contexte sociétal. Je crois tout de même à une question qui est spécifique aux enjeux de l'écriture. J'ai pu me familiariser à cette question sous la lorgnette sociologique et dans la réalité des existences environnantes. Cette réalité peut nous toucher de près et elle inclut parfois des témoignages écrits tout juste avant le passage vers l'au-delà, écrivain-e, pas écrivain-e. Dans cette volonté de témoigner, il y a un cri du coeur qui cherche à se libérer. S'en écarter sous prétexte que... m'apparaît un peu court comme réponse.

Animal a écrit:
Papperlappap !

Sur le fil des gens ont juste dit qu'ils ne comprenaient pas bien le sujet.

[...]

Même en ayant lu Premier épisode et les nombreuses notes qui allaient avec, je ne me sens pas de quoi raccrocher les wagons. Et Nelly Arcan a-t-elle écrit des passages sur son suicide ? En lisant le fil je ne le sais pas.

Animal, pour le moment, je me contente de laisser retomber la poussière. J'apprécie qu'il y ait eu une certaine continuité pour re-construire le fil, comprendre ce qui le sous-tendait.

Quant à la question concernant Nelly Arcan, cette réalité est surtout devenue manifeste à la publication de Paradis clef en main peu avant son passage vers l'au-delà. Je vous laisse le résumé du livre et un questionnement autour du livre :

Citation :
Résumé

Antoinette voulait mourir. Mais dans ce monde au futur proche, il faut encore être malade ou fou pour que l'État prenne votre mort en main. Antoinette a donc demandé l'aide de Paradis, Clef en Main, une organisation parallèle qui fournit ses services à ceux qui n'ont aucune tare, aucune maladie, et qui, simplement, ne veulent plus vivre.

Antoinette n'est pas morte. Elle est paraplégique, branchée à des machines qui lui pompent ses liquides organiques.

Et elle raconte. Sa vie, son désir de non-vivre. Elle parle de son oncle qui aura été un exemple pour elle en étant un des premiers à utiliser les services de Paradis, Clef en Main. Elle raconte sa mère, aussi, dont elle pourrait être la copie conforme. Et elle raconte la compagnie de monsieur Paradis, son processus de sélection, les tests et les épreuves qu'elle a du subir. Et elle raconte sa mort ratée.


[...]

INTERPRÉTATION

Est-il possible aujourd’hui de lire ou de relire les romans de Nelly Arcan sans y chercher des signes avant-coureurs de son suicide ? Probablement pas, tant le thème du suicide traverse l’œuvre, qui est par ailleurs si personnelle. Malgré cela, il serait maladroit de voir dans Paradis, clef en main une explication du geste radical commis par Nelly Arcan. Elle même avait déclaré qu’elle ne voulait absolument pas que son livre soit considéré comme un livre pro-suicide, qu’elle cherchait plutôt à faire réfléchir sur la question.


Source de l'interprétation : http://www.nellyarcan.com/pages/paradis-clef-en-main.php

Pour ce qui consiste de la mort d'Hubert Aquin, elle fut effective en 1977, le 15 mars de cette même année. Elle fut éminemment politique par son acte et le moment choisi. S'il faut «raccrocher» les wagons, disons que dans le contexte québécois, il y a eu de nombreux écrivains qui ont choisi cette voie malheureuse. Et je suis sûr que c'est la même chose dans les différentes littératures des autres pays. Je me disais que ce serait bien de faire évoluer une réflexion commune, tendre plusieurs points communs autour de cette question qui touche plusieurs écrivains aux quatre coins du monde.

Antonin Artaud a écrit Van Gogh le suicidé de la société peu avant sa mort. Il a lui-même soupé des épreuves psychiatriques qui l'ont fait tant baver. Il a tout de même réussi à publier une oeuvre assez anti-typique avant de mourir d'une surdose de médicaments liés à ses traitements de cancer. Il y a une perception du suicide qui entre dans le jeu du traitement de la question littéraire. Pourquoi faut-il que le suicide choque encore de nos jours? Les écrivain-e-s veulent-ils nous faire réfléchir à ce phénomène?

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MessageSujet: Re: La question du suicide chez les écrivain-e-s   Mer 18 Mar 2015 - 7:36

Je ne sais pas si le suicide choque encore.

Tiens, en Corée du Sud, il y a une application smartphone pour la prévention du suicide. Application à installer sur les smartphones des enfants/ados et qui scrute bien tout ce qu'ils font et écrivent...

Citation :
Ces applications sont programmées pour détecter des mots "liés au suicide" sur les réseaux sociaux, dans les messageries ou les recherches internet effectuées par les enfants sur leur téléphone.
En cas d'alerte, les parents recevront un message sur leur propre téléphone portable, mode de communication privilégié dans ce pays hyperconnecté, patrie de Samsung.
"Le suicide des jeunes est devenu un problème social dont la prévention nécessite des mesures systématiques et ambitieuses", a plaidé le ministère dans un communiqué.
(article à lire sur : http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/coree-du-sud-une-application-sur-smartphone-pour-lutter-contre-le-suicide-des-jeunes-13-03-2015-4600847.php )

Voilà, en Corée du Sud, c'est un problème social (dixit un ministère Coréen, à croire ou non). Mais nous ne sommes pas en Corée du Sud, bien sûr.
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MessageSujet: Re: La question du suicide chez les écrivain-e-s   Mer 18 Mar 2015 - 8:14

topocl a écrit:


Je n'ai aucune envie d'entrer dans ce débat, sans le trouver tabou, mais parce qu'il ne m'intéresse pas, comme tel, .

jack-hubert bukowski a écrit:


Si le sujet du suicide n'était pas susceptible de t'intéresser, topocl, tu n'aurais sûrement pas embarqué dans le débat.

Ce n'est pas le sujet du suicide qui ne m'intéresse pas, c'est celui du suicide des écrivains.C'est ce que veut dire comme tel. Et avec une remarque , je ne me considère pas comme "embarquée dans le débat".
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ArenSor
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MessageSujet: Re: La question du suicide chez les écrivain-e-s   Mer 18 Mar 2015 - 19:10

Il existe pour moi un texte fondamental sur le sujet écrit par un auteur entre deux tentatives de suicide, l'une ratée et la seconde réussie (si l'on peut dire). Il s'agit de "Récit secret" de Drieu la Rochelle. Certes, celui-ci met fin à ses jours pour des raisons politiques à la fin de la guerre, mais la "tentation" de suicide comme il dit est présente dans toute son oeuvre et l'a hanté depuis l'enfance. C'est une très belle analyse de ces personnes qui présentent une "fêlure de l'âme" qui les fait se tenir plus ou moins longtemps sur la corde raide. Certains passent à l'acte, d'autres non, il suffit souvent de peu. Ce n'est pas propre aux écrivains mais ceux-ci ont le pouvoir de poser des mots sur leur mal de vivre.
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MessageSujet: Re: La question du suicide chez les écrivain-e-s   Mer 18 Mar 2015 - 19:28

je serai plutôt enclin à essayer de comprendre pourquoi un écrivain s'est suicidé, ce peut être à cause de la maladie, de la misère ou de l'oppression. Ces motifs pouvant toucher n'importe quel individu, peut être que l'image qu'ils sont sensés donner intervient dans leur décision..?
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MessageSujet: Re: La question du suicide chez les écrivain-e-s   Mer 18 Mar 2015 - 19:30

ArenSor a écrit:
Il existe pour moi un texte fondamental sur le sujet écrit par un auteur entre deux tentatives de suicide, l'une ratée et la seconde réussie (si l'on peut dire). Il s'agit de "Récit secret" de Drieu la Rochelle. Certes, celui-ci met fin à ses jours pour des raisons politiques à la fin de la guerre, mais la "tentation" de suicide comme il dit est présente dans toute son oeuvre et l'a hanté depuis l'enfance. C'est une très belle analyse de ces personnes qui présentent une "fêlure de l'âme" qui les fait se tenir plus ou moins longtemps sur la corde raide. Certains passent à l'acte, d'autres non, il suffit souvent de peu. Ce n'est pas propre aux écrivains mais ceux-ci ont le pouvoir de poser des mots sur leur mal de vivre.

Le pouvoir des mots ? Pas toujours, pas souvent !  Beaucoup gardent le silence ou sombrent dans
l' alcoolisme ou la névrose.

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