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 Sandro Penna

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bix229
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MessageSujet: Sandro Penna    Lun 4 Mai 2015 - 18:59



Sandro Penna


"Sandro Penna, né le 12 juin 1906 à Pérouse et mort le 21 janvier 1977 à Rome, est un poète italien.

Né dans une famille bourgeoise, Sandro Penna est diplômé en comptabilité et travaille à Pérouse en tant que comptable, puis employé de librairie, relecteur et vendeur d'objets d'art.
Il commence à connaître des gens du monde littéraire italien à partir de 1929, par l'entremise de son ami Umberto Saba. Il se lie avec les artistes florentins qui fréquentent le Caffè Le Giubbe Rosse de Florence.
En 1939, il publie son premier recueil de vers grâce à l'aide de Giuseppe Ferrara et Sergio Solmi, publication couronnée de succès qui le fera connaître. Il collabore ensuite à d'importants magazines de l'époque, dont Corrente, Letteratura, Il Frontespizio, et Il Mondo, dans lequel apparaissent quelques poèmes dans les années 1940 qui seront ensuite publiés dans Un po' di febbre (Un peu de fièvre, 1973).
En 1950, il publie son second livre de vers, Appunti, aux éditions Meridiana.
En 1955, il publie Arrivo al mare, et pendant les deux années suivantes les deux œuvres qui définissent le mieux sa personnalité et son style poétique : Una strana gioia di vivere (Scheiwiller, 1956), et le recueil complet de ses Poésies, chez l'éditeur Garzanti ; ce dernier lui vaudra un prix Viareggio en 1957.
En 1958, il publie Croce e delizia chez Longanesi.
C'est seulement en 1970 que parut Tutte le poesie (ed. Garzanti), volume qui comprend tous ses poèmes précédents, ainsi que plusieurs jusqu'alors inédits. La même année, il gagne le prix Fiuggi.
En 1976, l'Almanacco dello Specchio publie quelques-uns de ses poèmes. À la fin de la même année sort en librairie Stranezze, pour lequel il gagne le prix Bagutta en janvier 1977, quelques jours avant sa mort."

Babélio

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bix229
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MessageSujet: Re: Sandro Penna    Lun 4 Mai 2015 - 19:44

Cinq poèmes de Sandro Penna

I.
Il mondo che vi pare di catene
tutto è tessuto d’armonie profonde.

II.
Pioggerella non noiosa,
pioggerella ispiratrice.
Chi non crede a questa cosa
dice falso quel che dice.

III.
Lumi del cimitero, non mi dite
che la sera d’estate non è bella.
E belli sono i bevitori dentro
le lontane osterie.

Muovonsi come fregi
antichi sotto il cielo
nuovo di stelle.

Lumi del cimitero, calmi diti
contano lente sere. Non mi dite
che la notte d’estate non è bella.

IV.
Sogno dello scrivano romantico
Suona il vento e la notte sulla gloria
del Ministero scordato sul monte.

Viene l’ora d’amore. Ed è la storia,
Julien, della tua mano all’orizzonte.

V.
Io vivere vorrei addormentato
entro il dolce rumore della vita.

I.
Le monde qui vous semble de chaînes
est tout tissé d’harmonies profondes.

II.
Petite pluie sans ennui,
petite pluie qui inspire.
Qui ne croit pas à ceci
dit mal ce qu’il a à dire.

III.
Flammes du cimetière, ne me dites pas
que le soir d’été n’est pas beau.
Et beaux sont les buveurs
au loin dans les auberges.

Ils vont comme des frises
antiques sous le ciel
renouvelés d’étoiles.

Flammes du cimetière, calmes doigts qui
comptent les lents soirs. Ne me dites pas
que la nuit d’été n’est pas belle.

IV.
Songe de l’employé romantique
Sonne le vent et la nuit sur la gloire
du Ministère oublié sur la montagne.

Vient l’heure d’amour. Et c’est l’histoire,
Julien, de ta main à l’horizon.

V.
Vivre je voudrais endormi
dans la douce rumeur de la vie.

Ed. Accord-Una Corda

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colimasson
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MessageSujet: Re: Sandro Penna    Lun 4 Mai 2015 - 21:37

J'ai craqué, surtout avec le 3e poème.

Réservé à la bibliothèque, merci Bix.

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J’ai presque vingt ans ! Me voici à la fin de ma vie, et je n’ai rien accompli !
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bix229
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MessageSujet: Re: Sandro Penna    Lun 4 Mai 2015 - 22:08

colimasson a écrit:
J'ai craqué, surtout avec le 3e poème.

Réservé à la bibliothèque, merci Bix.

C' est Silou qu' il faut remercier ! C' est elle qui m' a suggéré d' en parler...Mais il faut lui demander de
mettre son grain de sel !

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plouf
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MessageSujet: Re: Sandro Penna    Jeu 7 Mai 2015 - 17:12

tu en as d'autres ?
Je t'avoue que ce premier poème ne m'a pas du tout convaincu. J'ai trouvé ça un peu facile..
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bix229
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MessageSujet: Re: Sandro Penna    Jeu 7 Mai 2015 - 18:04

plouf a écrit:
tu en as d'autres ?
Je t'avoue que ce premier poème ne m'a pas du tout convaincu. J'ai trouvé ça un peu facile..

Possible ! Je n' ai pas de livres de Penna, mais j' en ai commandé un : Un peu de fièvre.

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bix229
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MessageSujet: Re: Sandro Penna    Jeu 26 Nov 2015 - 16:18

GIÀ MI PARLA L’AUTUNNO

Già mi parla l’autunno. Al davanzale
buio, tacendo, ascolto i miei pensieri
piegarsi sotto il vento occidentale
che scroscia sulle foglie dei miei neri
alberi solo vivi nella notte.
Poi mi chiudo nel letto. E mi saluta
il canto di un ragazzo che la notte,
immite, alleva : la vita non muta.

Sandro Penna, Poesie [1927-1938], in Poesie, Garzanti Editore, Collana Gli Elefanti, febbraio 2000 (settima edizione, marzo 2006), p. 34. Prefazione di Cesare Garboli.

L’automne me parle déjà. À la fenêtre
sombre j’écoute dans le silence mes pensées
fléchir sous le vent d’ouest
qui ruisselle sur les feuilles de mes arbres
noires présences seules vivantes dans la nuit.
Puis je m’enferme dans mon lit. Salué
par le chant d’un garçon que la nuit,
violente, amplifie : la vie ne change pas.

Sandro Penna, Poésies, Éditions Grasset, Les Cahiers rouges, 1999, page 29. Traduit de l’italien par Dominique Fernandez.


LA SEMPLICE POESIA FORSE DISCENDE

La semplice poesia forse discende
distratta come cala al viaggiatore
entro l’arida folla di un convoglio
la mano sulla spalla di un ragazzo.

Sandro Penna, Poesie inedite (1927-1955), op. cit., p. 125.

La simple poésie glisse peut-être
aussi distraite que la main d’un voyageur
quand dans l’aride cohue d’un tram
elle se coule sur l’épaule d’un garçon.

Sandro Penna, op. cit., page 29. Traduit de l’italien par Dominique Fernandez.

Origine : Terre des femmes

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bix229
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MessageSujet: Re: Sandro Penna    Sam 5 Déc 2015 - 15:55



Contrairement aux autres grands poètes italiens - Montale, Ungaretti, -  poètes de haute volée, mais parfois un peu hérmétiques,
Sandro Penna serait plus proche de Saba, poète de Trieste. Ils ont en commun de parler d' eux memes.
Mais Saba est pessimiste, amer, nostalgique.  Penna est direct, limpide. C'est le reflet de l' homme qu' il était, humble parmi les
 humbles, proche des gens de peu.

Un peu de fièvre est son seul recueil de proses. Fait de très brefs chapitres,  le style est concis, laconique. Comme Walser, Penna
marchait beaucoup, mais contrairement à Walser, il allait à la rencontre des gens.
Son regard s' attardait parfois sur les adolescents, mais jamais avec des pensées basses ou triviales. Troublé par leur beauté mais
immensément respectueux de leur innocence.
Comme Mishima, il vécut sa différence en s' acceptant, conscient mais bourrelé de craintes, s' étonnant sans cesse d' etre ce qu' il était.
Le génie de Penna  réside dans un équilibre fragile entre la pureté de ses sentiments et la réprobation soulevée  par une Italie
catholique et puritaine.
Un art tout en eln éllipses et en silences frémissants.
Avec une saine et franche simplicité, loin de Cocteau, Proust ou Jouhandeau. Beaucoup plus proche de  poètes comme le grec Cavafy
ou l' espagnol Luis Cernuda

Pasolini, parlant de Penna,pensait qu' il aurait mérité le Nobel. A propos de Un peu de fièvre "ce morceau de temps retrouvé, un
matériau très délicat fait de lieux urbains avec de l' asphalte et de l' herbe, de crépis de maisons pauvres, d' intérieurs modestement
meublés, de garçons aux chastes vêtements, d 'yeux ardents de pure et innocente complicité."


Pérouse, ville natale de Sandro Penna

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MessageSujet: Re: Sandro Penna    Sam 5 Déc 2015 - 16:20

NOTE  TRISTE


Conversation avec le garçon qui dit qu' il a dix sept ans. Il a l' air d' un gamin de quatorze ans et en plus... cet autre air
- qui m' était évident dès ses premiers mots. Mais il ne sait rien pour l' instant.
Il ne sait pas que ce n' est pas le fait d' une aventure qui lui est arrivée qui compte, cette histoire qu' il me raconte pour
le sauver.
Et pourtant c' est en lui que je sens la résistance la plus forte, meme si je voulais attaquer. Je revois les autres garçons,
leur masculinité  naturelle et robuste céder généreusement. Lui qui est déjà la plante que je vois, et pas un autre et qui
grandira comme je le sais et pas autrement, lui, il est maintenant attaché à son sexe vraiment comme le naufragé à son
écueil.
Mais il ne sait rien.

Un peu de fièvre

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