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 Olivier Deck

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kenavo
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MessageSujet: Olivier Deck   Dim 10 Mai 2015 - 7:27



Olivier Deck est né en 1962 à Pau, en Béarn.
Dès l'adolescence, il franchit les Pyrénées pour ne plus jamais cesser d'être un voyageur d'Espagne.
Écrivain, poète, peintre, musicien installé dans les Landes, son œuvre polymorphe se construit autour de la parole et de l'image.

Source : Editeur

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kenavo
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MessageSujet: Re: Olivier Deck   Dim 10 Mai 2015 - 7:27


Adieu, torero
Citation :
Présentation de l’éditeur
1938, guerre d'Espagne. Près de l'Ebre, sous un olivier, un jeune soldat se retrouve à partager avec un torero la protection d'un mur de pierre contre les rafales ennemies. La mort rôde, sur leur tête, au bout du fusil d'un sniper ennemi.
Les deux hommes vont traverser ensemble le temps qui sépare de la mort.
On pense à Brecht ou à Beckett, quand, dans une construction narrative qui emprunte au théâtre, les âmes se dénudent jusqu'à l'os. Poétique et puissante, la force du langage de ce court roman frappe comme le font les tragédies.

Un énième texte sur la Guerre d’Espagne ? Et oui, il en faut, encore et toujours.
On n’a toujours pas élucidé toutes les causes, toutes les raisons, tous les angles de vues.

Olivier Deck choisit une brève rencontre entre ces deux ‘soldats’ pour parler bien plus que de cette guerre.
Il s’agit du hasard, du destin, de la mort et comment on y fait face.

Court, mais puissant, ce texte avec ces deux personnages va rester en mémoire.


Extrait
Des fois, je me demande encore pourquoi je suis le seul à pas être mort. J'étais pas le plus malin ni le plus courageux, à croire que ça fait pas partie des critères pour passer l'arme à gauche sur un champ de bataille.
Autour de moi, une poussière jaune et grise avait tout recouvert. Pour un peu, le calme aurait fait croire à un jour d'été normal, si y avait pas eu ici et là des débris qui brûlaient, des bouts de ferraille, des affûts de mitrailleuse, des membres sans corps et des corps sans membres, des sacs de bouffe éventrés, des drôles de trucs informes éparpillés. Plus âme qui vive. Mes oreilles sifflaient, j'avais mal à la tête.
Allongé au sol, les yeux à ras de terre, je distinguais pas grand-chose. J'ai attendu un moment avant de me relever. Peut-être qu'ils étaient là, tout près. J'ai tendu l'oreille. Le sifflement de mes tympans m'empêchait de bien écouter. Je me suis concentré, j'avais pas droit à l'erreur. Au bout d'un moment, j'ai tout de même entendu un cochevis qui devait s'égosiller. Il était posé près de moi. Ou dans un olivier, juste là. Le cri de cet oiseau, insouciant, léger, m'a donné confiance. Je sais pas comment l'expliquer autrement, je me disais qu'un piaf ne chanterait pas comme ça au-dessus de ma tête si y avait du danger. T'as plus le ciboulot d'aplomb, quand t'es dans un tel pétrin. Tu t'accroches à ce que tu peux. Là, c'était le cri d'un cochevis qui me rappelait le cri des hirondelles sous le porche de la maison, l'été. Pourtant, rien à voir.
Je me suis relevé. Mon corps n'était plus qu'un sac de crampes et de courbatures, j'avais que des écorchures, et ce foutu mal à la tête. Tout autour de moi, la mort avait déployé son linge dégueulasse, comme un drap tout ensanglanté qui séchait au soleil. La mort, oui, pas croyable, massive, tellement que j'en étais même pas triste, même pas écoeuré, même pas étonné. J'ai fait un tour sur moi-même, observé le désastre un moment, et je me suis demandé ce que je foutais là. C'était la meilleure question que je m'étais posée depuis longtemps. J'avais beau chercher dans ma tête, pas de réponse. Je me sentais vide. J'ai regardé vers le nord et j'ai aperçu les montagnes. J'ai pensé au pays. Et je me suis dit que la guerre, pour moi, c'était fini. Salut et merci pour tout, moi, je rentre à la maison. Rideau. Voilà ce que je me suis dit. Je désertais. Que les sauveurs de la liberté se démerdent tout seuls, je reprenais mes billes. Parce qu'on n'était pas là pour jouer les petits soldats, figurez-vous. On était là pour sauver la liberté. Rien que ça. Pour y arriver, c'est le coeur qui comptait, voilà ce qu'on croyait.

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Olivier Deck   Dim 10 Mai 2015 - 8:08

ce livre est bien tentant, je le note !

ma médiathèque n' a pas celui-ci mais 2 autres qui me paraissent avoir beaucoup d'intérêt "Le chant des passereaux" et "la neige éternelle"

merci Kena !

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kenavo
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MessageSujet: Re: Olivier Deck   Dim 10 Mai 2015 - 8:12

je serais curieuse de tes avis
c'est un auteur avec lequel je compte aussi continuer Very Happy

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MessageSujet: Re: Olivier Deck   Sam 20 Juin 2015 - 21:20

Adieu Torero !

La mort est là, tout autour et deux soldats s'abritent derrière un muret, des tirs d'un sniper ennemi. Le narrateur est Français il s'est engagé dans une des brigades Internationales, poussé par son amie Fanchon qui lui a dit que c’était son devoir puisque sa mère était Espagnole ; alors pour gagner son estime, lui le trouillard se retrouve dans la guerre, seul survivant de la brigade et décidé à déserter. Un jeune Espagnol est là également, d’une autre compagnie, lui s’est engagé parce que c’est son Pays.

Dans le civil, comme le dit le jeune Espagnol, un torero, gravement blessé :

- « Le mieux, il a dit, c’est te tuer, et me tuer après. Regrette pas, on aurait pas été copains dans la vie. On a rien à foutre ensemble nous deux. »

Mais le jeune Français se découvre du courage, le jeune torero se raconte. Les circonstances font que le jeune Français tue un soldat qui erre, au couteau. Ce corps à corps est terrible pour lui ; le torero lui dit :

- « La guerre a fait de toi un salaud.

A la dernière heure l’estime, la solidarité a gagné le cœur des deux jeunes hommes.

- « Eh ! il a dit, tu écriras mon histoire, pas vrai ? Tu parleras de Cartucho ton ami torero ! »

Le Français abandonne la guerre, le torero abandonne la vie.


C’est une très bonne lecture, qui démontre combien la guerre peut changer les hommes, combien elle prend, combien elle donne.

Merci à Kena de m’avoir offert cette lecture.


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kenavo
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MessageSujet: Re: Olivier Deck   Sam 20 Juin 2015 - 21:22

merci à toi pour tes impressions de lecture! contente que tu as aimé Very Happy

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