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 Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski)

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animal
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MessageSujet: Re: Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski)   Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski) Icon_minitimeMar 21 Juil 2015 - 13:49

Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski) Nuits610

Les nuits blanches du facteur

Un film qui était destiné à la télévision russe (?), réalisé par Andreï Kontchalovski (qui est le frère de Nikita Mikhalkov ... et le réalisateur de Tango et Cash !).

L'image est dans le genre digital, des acteurs qui sont des gens du coin... et puis il n'y a pas exactement d'histoire, on suit le postier dans ses rencontres dans le village (j'ai malheureusement siesté pendant la première demi-heure). Un village perdu au bord d'un lac dans le nord. Alcool et conditions de vie rustiques sont au rendez-vous tout comme les maisons en bois et une nature sublime.

Plein de choses déjà vues en fait, qui vont avec le film russe comme on l'entend aujourd'hui (au moins pour cette catégorie de films), mais d'une certaine façon en plus simple. Malgré le côté naturaliste,ce n'est pas non plus un documentaire, pas non plus un film nostalgique sur un temps qui se finit. Il y a une nostalgie mais pas fermée, une composante du quotidien et des habitudes de cet alcoolique repenti qui ne dort plus et se fait voler le moteur de son bateau.

Il y a moins et d'autant plus dans ce film de Russie oubliée, tranquillement beau et ces lumières, ces paysages dans cette manière si dépouillée c'est vraiment beau ! et accompagné discrètement par la musique de Edouard Artemiev ça ne gâte rien.

Je vous encourage à y aller (si possible pas trop fatigués parce que c'est dommage d'en perdre...).

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MessageSujet: Re: Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski)   Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski) Icon_minitimeDim 26 Juil 2015 - 21:04

Marko a écrit:
Ouf! Je vais enfin avoir un film motivant dans le coin, Les nuits blanches du facteur.. A suivre.
Nous sommes dans un coin assez tranquille, pour ne pas dire très isolé :
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Le début est lent tendance documentaire ostentatoire : oh, le facteur met en route le gaz pour son petit-dèj, oh le facteur s'assied pour prendre son petit-dès, oooh, le facteur va manger.
On note quand même le décalage surréaliste entre la nappe plastoc aux couleurs flashy et la grisaille du reste du décor. Ce genre de décalage, il y en aura souvent : les émissions de mode/le quotidien dans ce coin paumé ; les divers problèmes techniques/la fusée...
Les acteurs du film sont les vrais habitants du village ; le facteur est le vrai facteur. Tous les jours, il prend son bateau et traverse une partie du lac Kenozero.
Dès qu'on voit le lac, les images sont splendides.

L'intérêt du film tient à pas grand-chose : on suit le quotidien des gens, l'argent de la retraite ou de la pension qui passe dans la vodka, etc.
Comme le film risquait de se résumer à vraiment trop peu, le réalisateur a ajouté un peu de mystère signifiant (un chat).
C'est un curieux film, un documentaire avec un peu de scénarisation dedans pour intéresser le public.
 
Il y a de très bonnes scènes (dans le bateau avec le gosse ; la fusée ; l'administration russe), d'autres un peu lâches, mais c'est un film qui vaut le coup d'être vu.
Il y a des références Tarkovskiennes, mais je ne maîtrise pas assez le sujet pour en parler.

Bande-annonce :
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MessageSujet: Re: Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski)   Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski) Icon_minitimeDim 26 Juil 2015 - 21:10

c'est marrant je le trouvais un peu détarkovskifié en fait, par rapport aux films de Zviaguintsev par exemple, une approche plus nature(l(le)) du lieu et de la beauté du paysage.

(et je pense que les décalages surréalistes sont de l'espèce réaliste).

je suis toujours deg' d'avoir pioncé la première demi-heure...

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MessageSujet: Re: Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski)   Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski) Icon_minitimeDim 26 Juil 2015 - 21:39

animal a écrit:
c'est marrant je le trouvais un peu détarkovskifié en fait, par rapport aux films de Zviaguintsev par exemple, une approche plus nature(l(le)) du lieu et de la beauté du paysage.

(et je pense que les décalages surréalistes sont de l'espèce réaliste).

je suis toujours deg' d'avoir pioncé la première demi-heure...
Je suis d'accord avec toi ; néanmoins, il se peut qu'il y ait des références plus ou moins cachées :
Citation :
La première séquence disloquée fait craindre le pire au son du Requiem de Verdi, citation musicale de Nostalghia de Tarkovski (le compositeur Artemiev, collaborateur de Tarkovski sur Solaris et Stalker est également crédité pour sa collaboration musicale au générique), et pourtant : on avoue être bercé par ce bref et doux rêve vite interrompu, citant sans conteste Le Miroir.
Source : http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/les-nuits-blanches-du-facteur.html

C'est vrai qu'il a été co-scénariste d'Andrey Roublev, notamment.
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MessageSujet: Re: Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski)   Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski) Icon_minitimeDim 26 Juil 2015 - 21:50

mouais mais à force c'est comme si un "bon film" russe ne pouvait pas exister sans faire du Tarkovski à un moment ou un autre, c'est un peu réducteur. d'autant plus que la nature et des lieux ça ne s'invente pas facilement à la différence de la façon de les montrer. c'est réducteur et malheureusement le créneau attendu puisque pour voir autre chose pas facile ! (une pensée pour Zhit/Vivre).

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MessageSujet: Re: Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski)   Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski) Icon_minitimeDim 26 Juil 2015 - 23:16

Disons que la référence à Tarkovski est discrète (il faut se souvenir de l'utilisation de tel passage du Requiem de Verdi), mais elle est sans doute réelle bien que probablement anecdotique.
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MessageSujet: Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski)   Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski) Icon_minitimeJeu 30 Juil 2015 - 23:38

eXPie a écrit:
Marko a écrit:
Ouf! Je vais enfin avoir un film motivant dans le coin, Les nuits blanches du facteur.. A suivre.
Nous sommes dans un coin assez tranquille, pour ne pas dire très isolé :
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Le début est lent tendance documentaire ostentatoire : oh, le facteur met en route le gaz pour son petit-dèj, oh le facteur s'assied pour prendre son petit-dès, oooh, le facteur va manger.
On note quand même le décalage surréaliste entre la nappe plastoc aux couleurs flashy et la grisaille du reste du décor. Ce genre de décalage, il y en aura souvent : les émissions de mode/le quotidien dans ce coin paumé ; les divers problèmes techniques/la fusée...
Les acteurs du film sont les vrais habitants du village ; le facteur est le vrai facteur. Tous les jours, il prend son bateau et traverse une partie du lac Kenozero.
Dès qu'on voit le lac, les images sont splendides.

L'intérêt du film tient à pas grand-chose : on suit le quotidien des gens, l'argent de la retraite ou de la pension qui passe dans la vodka, etc.
Comme le film risquait de se résumer à vraiment trop peu, le réalisateur a ajouté un peu de mystère signifiant (un chat).
C'est un curieux film, un documentaire avec un peu de scénarisation dedans pour intéresser le public.
 
Il y a de très bonnes scènes (dans le bateau avec le gosse ; la fusée ; l'administration russe), d'autres un peu lâches, mais c'est un film qui vaut le coup d'être vu.
Il y a des références Tarkovskiennes, mais je ne maîtrise pas assez le sujet pour en parler.

Bande-annonce :

Le projectionniste nous avait averti que les sous-titres étaient à moitié amputés sur la 2e ligne mais par chance le film n'est pas bavard et surtout on arrivait quand même à deviner ce qui était écrit. Pas hyper confortable mais j'ai enfin pu le voir.

Expie le résume bien. Il y a une lenteur documentaire qui peut rebuter mais elle fait partie intégrante du projet. Décrire la monotonie déprimante et répétitive de la vie de ces gens qui habitent des paysages splendides mais dans des conditions très archaïques. On comprend pourquoi ils boivent autant de Vodka et le film dit beaucoup de choses, par petites touches, sur les conditions de vie dans la Russie d'aujourd'hui. On est au bout du monde mais on y est tout autant vampirisé par la télé pour fuir la réalité, les téléphones portables, la consommation, l'industrie astronautique qui apporte une touche quasi fantastique bien que très réelle. Côté humanité, il y a de la solidarité mais aussi beaucoup d'égoïsme et du chacun pour soi.  La fin est assez désenchantée et ce personnage du voisin alcoolique, complètement déconnecté et dans une très grande solitude, m'a bouleversé. Il est un peu comme tous ces personnages de fous ou de simples d'esprit qui hantent le cinéma russe. Ce sont eux qui sont les plus proches de la nature, des choses essentielles, l'âme du peuple en quelque sorte. Un peuple qui va mal!

Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski) Nuits-10

Il y a aussi de belles choses comme cette séquence de transmission des vieilles légendes entre le facteur et l'enfant. Ils s'enfoncent en barque dans la forêt et le facteur évoque l'apparition possible d'une sorte de sorcière, esprit des eaux dont j'ai oublié le nom. Le désir, l'amour et donc ici la tradition orale et le surnaturel sont autant de substances vitales qui irriguent ce fil aride. Un concentré de vie qui a quelque chose d'universel.

Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski) 46827010

Et sans oublier les nappes synthétiques récurrentes (et trop rares) d'Edouard Artemiev, le compositeur de Tarkovski, qui créent un climat mystérieux et planant.

A l'arrivée un très beau film qui nécessite d'être un peu apprivoisé à cause de son minimalisme.

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
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MessageSujet: Re: Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski)   Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski) Icon_minitimeMar 4 Aoû 2015 - 23:06

Bizarre ! J'avais loupé tes commentaires, Animal. Je n'avais même pas vu que tu échangeais avec Expie... intense reflexion

En tout cas je partage ton plaisir pour ce film qui me poursuit et que je trouve chaque jour un peu plus beau. Pour une fois les critiques du masque ne sont pas passés à côté et étaient unanimes à le mettre tout en haut des priorités estivales. Même au-dessus du Gomes.

conciliabule J'ai failli m'endormir aussi au début mais heureusement je me suis vite ressaisi car ça en valait la peine.

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MessageSujet: Re: Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski)   Les nuits blanches du facteur (Andreï Kontchalovski) Icon_minitimeMer 9 Sep 2015 - 18:46

Les nuits blanches du facteur

A vrai dire oui, le début on a peur de sombrer dans l'ennui et on craint de s'endormir, la description d'eXPie est parfaite. Mais petit à petit la musique interne du personnage s'inscrit, ces petits faits qui font que la vie mérite d'être vécue, de renoncer à boire, de renoncer très vite à son choix de départ.
Il y a une proximité simple  un rapport de solidarité complète qui résiste à l'alcool et aux mauvais moments, une gaité fondamentale des moments joyeux et un vide abyssal de la déprime. Tout ça sous l'oeil déstabilisant du chat et celui sensément stabilisant de la fusée.
Ca a l'air tout simple, mais c'est bien plus élaboré que ça en a l'air, ce facteur est vraiment touchant.

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Vraiment un beau film, qui prend son temsp et montre sans forcément parler, mais où la transmission orale est aussi là. Tant pis pour des petites lourdeurs de gros plan, quelles merveilles de paysages, d'isbas à la Chagall!

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