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 William Gaddis

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Dreep
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MessageSujet: William Gaddis   Mar 15 Sep 2015 - 3:33

William Gaddis





(1922 - 1998)

1955 - Les Reconnaissances
1975 - JR
1985 - Gothique charpentier
1994 - Le Dernier Acte
2002 - Agonie d'Agapè

On connaît William Gaddis pour JR ou Les Reconnaissances.

Les Reconnaissances :

Citation :
Ce roman cosmopolite est un répertoire de toutes les falsifications : faux tableaux, faux romans, fausses dédicaces, poèmes empruntés, fausses paternités, fausses monnaies, travestis, et même un faux Hemingway. Deux des personnages, seuls, sont de vrais artistes : Stanley le musicien et Wyatt chez qui l'art du faux est porté jusqu'au génie. Il ne copie pas, il recrée, il peint comme les grands peintres flamands jusqu'au jour où, las d'être méconnu, il veut se proclamer l'auteur de ces faux très admirés. Ce long roman, très riche, très touffu, écrit avec un art baroque, fait appel à toutes les cultures, toutes les littératures, toutes les mystiques, et mène le lecteur vers l'apothéose finale de la création authentique, celle qui détruit le créateur.

JR :

l'éditeur de Gaddis a écrit:
Au centre de ce conte d'un comique colossal sur la libre entreprise se tient JR, un gamin de onze ans aux baskets élimées devenu, incognito, un empereur du capitalisme. Obsédé par l'argent, monomane du dollar, acharné du billet vert, JR est la victime tragi-comique de son propre mythe, qui est aussi celui de l'Amérique. Incontournable, inclassable, JR est le chef d'œuvre de William Gaddis. Déferlante de mots, oscillant sans choisir entre bouffonnerie et satire, cette fable géante et protéiforme possède le coffre, la force et la férocité des modèles littéraires dont on ne finit jamais d'hériter.

Je viens de finir Agonie d'Agapè

"Chant du cygne" dans lequel Gaddis s'emploie à créer un personnage à l'article de la mort, décrivant sur 90 pages une société moderne, technique, abrutie par le divertissement et les prix. Gaddis se serait inspiré de Thomas Bernhard, servi par un ressentiment qui traverse son monologue, il repose la lecture, la culture tout en attaquant le rapport de la société à celles-ci.
J'avais très envie de découvrir Gaddis, j'en ai parlé une ou deux fois ici. Cette première lecture met en bouche pour la suite.

_________________
"Un instant, Ulrich hésita. Il était sans aucun doute un homme croyant, mais qui ne croyait à rien ; sa dévotion la plus totale à la science n'était même pas parvenue à lui faire oublier que la beauté et bonté des hommes proviennent de ce qu'ils croient, et non point de ce qu'ils savent." L'homme sans qualités, Robert Musil

Un long week-end avec Marcel Proust (Ronald Frame)
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bix229
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MessageSujet: Re: William Gaddis   Mar 15 Sep 2015 - 16:56

Je le lirai sans doute. Je te conseille aussi Gothique charpentier, un livre d' une grande maitrise.

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L' imagination est l' histoire vraie du monde.
Roberto Juarroz
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Dreep
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MessageSujet: Re: William Gaddis   Mar 15 Sep 2015 - 16:58

Je penche plus pour Les Reconnaissances, pour l'instant, mais pourquoi pas ?

Qu'est-ce que tu peux me dire sur Gothique charpentier, autrement ?

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"Un instant, Ulrich hésita. Il était sans aucun doute un homme croyant, mais qui ne croyait à rien ; sa dévotion la plus totale à la science n'était même pas parvenue à lui faire oublier que la beauté et bonté des hommes proviennent de ce qu'ils croient, et non point de ce qu'ils savent." L'homme sans qualités, Robert Musil

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bix229
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MessageSujet: Re: William Gaddis   Mar 15 Sep 2015 - 17:20

Que je l' ai lu il y a longtemps, plus de 15 ans. Que c' est une chronique de famille plutôt explosive et que Gaddis mérite une sérieuse
[re] découverte. Il était admiré et considéré par ses pairs comme un écrivain novateur.

Ci dessous un article de Libération paru après sa mort.

"Jusqu'à mardi dernier, William Gaddis était un des plus grands

romanciers américains vivants. Mais l'auteur des Reconnaissances, de JR, Gothique charpentier et le Dernier acte est mort mercredi à 75 ans à East Hampton, lieu résidentiel de Long Island, pas loin de New York, où il vivait la majeure partie de l'année.

Réputé, pas vendeur. Quoique ses livres soient très drôles et que deux (JR et le Dernier acte) aient reçu le prestigieux National Book Award, il était considéré comme un auteur difficile. Il n'a écrit que quatre romans en presque cinquante ans. Sa réputation croissait d'année en année mais son monde littéraire n'était pas celui des best-sellers. Il avait au mur de son bureau un poster de Thomas Bernhard et disait qu'il aurait pu mettre en épigraphe à chacun de ses romans les phrases de Henry David Thoreau à Ralph Waldo Emeron qu'il avait placées en tête du dernier: «Ce que vous recherchez en vain, la moitié de votre vie, un jour vous tombez pile dessus, toute la famille à table. Vous le recherchez comme un rêve, et dès que vous l'avez trouvé vous en devenez la victime.»

William Gaddis est né en 1922 à New York. Après le divorce de ses parents quand il a trois ans, il vit d'abord avec sa mère avant de passer son enfance en pension, dans le Connecticut. Il entre en 1941 à Harvard d'où il sera exclu avec un camarade de beuverie après quelques incidents. Il décide d'être écrivain. Après la guerre, il est un pilier de Greenwich Village avec la bande de Jack Kerouac. Il voyage énormément au Panama, au Costa Rica, au Mexique, au Guatemala, en Espagne, au Maroc, en France, et on trouve trace de toutes ces expériences dans les Reconnaissances qu'il publie en 1955 après cinq ans de travail.

Ambitieux. Ce roman de mille pages d'un homme de trente-trois ans est déjà une somme et gêne beaucoup de lecteurs. C'est un livre sur l'apprentissage de l'art, puisque divers artistes, dont un copiste, en sont les héros. C'est un livre sur le faux sous toutes ses formes, toutes fausses valeurs et fausses monnaies (y intervient même fugitivement un faux Hemingway). Pour Pierre-Yves Pétillon dans son Histoire de la littérature américaine, les Reconnaissances «est une Odyssée sans Ulysse». «Quand le livre est paru, j'avais de grandes ambitions, je croyais qu'il allait changer le monde. Mais non», dit au début de l'année William Gaddis à Libération (Libération du 15 janvier 1998). En 1955, il pensait que le roman allait bouleverser le monde, ou du moins les lecteurs. Il prétendra par la suite qu'il n'aurait pas été surpris de recevoir le Nobel de littérature pour cet unique roman. Mais les choses se passent différemment. Ce n'est même pas l'indifférence qui accueille les Reconnaissances mais l'hostilité. On le critique pour sa prétention d'avoir voulu écrire un chef-d'oeuvre sans lui savoir gré d'y être parvenu.

Les Reconnaissances est un désastre commercial et William Gaddis doit gagner de l'argent. «Ce ne fut pas une bonne période», disait-il il y a quelques mois. Il va être attaché de presse pour une firme pharmaceutique puis s'occuper des films documentaires de l'armée américaine, poste dont il démissionne en 1964 après la mort de Kennedy et l'intensification de la guerre du Viêt-nam. Il va aussi écrire des discours pour les dirigeants de Kodak. Selon la phrase de Pierre-Yves Pétillon, il illustre «ainsi ironiquement par sa vie un thème majeur de son oeuvre: la corruption de l'artiste par le marché». Car JR, son second roman (qui paraît en 1975, vingt ans après le premier), se nourrit de ce background.

Mille pages en dialogues. Le héros est un garçon de onze ans qui pirate le système financier américain, comme d'autres gamins jouent aujourd'hui à s'introduire sur les programmes informatiques secrets du Pentagone. Ce roman de mille pages est entièrement constitué de dialogues. A sa parution, Saul Bellow, lauréat l'année suivante du prix Nobel de littérature, écrit: «La renarde d'Esope, fière de sa nombreuse portée, demanda à une lionne combien elle avait de rejetons. Celle-ci lui répondit: "Un seul. Mais c'est un lion. Gaddis a publié deux romans, dont chacun est un lion.»

Gothique charpentier paraît dix ans plus tard, en 1985, après que William Gaddis a séjourné à l'Académie américaine de Rome. Ce troisième roman est le plus court. Il se déroule dans une maison de l'état de New York, il met en scène (et en cause) l'ensemble des médias et se passe la plupart du temps au téléphone, instrument privilégié de toutes les tractations, qu'elles concernent l'argent, la religion ou le pouvoir. L'héroïne est une femme autour de qui gravitent un mari, un frère, un inconnu, un amant et une femme de ménage.

T.S. Eliot, Flaubert" En 1994, est publié le Dernier Acte, qui parle de la loi, c'est-à-dire de l'argent, du langage et de l'exaspération. Tous les personnages sont perpétuellement au bord de la crise de nerfs et ne cessent de s'engager dans d'interminables procès. Il y est énormément question de plagiat, de responsabilité, de cupidité et de religion. William Gaddis avait dans son bureau les quatre-vingt-deux énormes tomes (160 000 pages) de la jurisprudence américaine pour mieux écrire ses propres jugements. Un morceau de bravoure du Dernier acte est l'arrêt rendu dans l'affaire du petit garçon noyé par un charlatan qui le baptisait dans une rivière devenue soudain impétueuse. Quels dommages et intérêts accorder aux parents dès lors que «les survivants ne sont pas autorisés à chercher à obtenir réparation de la souffrance mentale ou de la douleur»? Que serait devenu le petit garçon? «Il est tout à fait possible que le coût d'élevage, d'entretien et d'éducation d'un enfant dépasse les bénéfices escomptés, le laissant sans valeur du point de vue pratique.» Le juge recommande de débouter la mère soupçonnée, après divers remariages, d'avoir «repris le nom du père du garçon dans le seul but de participer à cette procédure». Le prix des vêtements de l'enfant «plus un dollar au titre du préjudice moral» devrait être attribué au père «dont la déposition ordurière et le comportement impie tout au long du procès ne permettent pas de douter que le consentement au baptême de son fils, en eût-il eu conscience, eût été la dernière chose à lui traverser ce qu'on nous permettra d'appeler par convention l'esprit».

Mais le Dernier acte est surtout, à travers l'éventualité du plagiat, la suite de la réflexion de William Gaddis sur l'art amorcée dès les Reconnaissances. On y retrouve aussi cette singularité de toute son oeuvre, à savoir des dialogues extrêmement nombreux mais où les locuteurs ne sont pas précisés. «Je ne dis pas qui parle dans les dialogues mais un bon lecteur peut identifier les personnages car ils ont des tics de langage», expliqua-t-il à Libération. T. S. Eliot est sans doute l'écrivain qui l'a le plus influencé, mais aussi Flaubert, dont il avait un peu repris la méthode de tout lire sur un sujet avant de s'y attaquer, et dont il semblait partager le «mépris de la bourgeoisie». Parfois décrit comme étant d'extrême gauche, William Gaddis avait précisé: «Je ne suis pas contre le système mais contre les abus du système. Que penser d'une société qui offre dix-sept millions de dollars à un basketteur pour publier un livre? Ma mère disait qu'il y a plus de stupidité que de méchanceté dans le monde et je crois que c'est vrai.» Après le Dernier acte qu'il avait annoncé comme son dernier roman («Je ne suis plus assez jeune, je ne crois pas que j'ai la mission d'en écrire dix»), il travaillait à un livre «entre fiction et histoire sociale» sur «l'histoire secrète du piano mécanique» .
Mathieu Lindon

Tu sais quoi, je crois que je vais relire Gothique charpentier. Agape, un peu trop morbide pour moi en ce moment...

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Dreep
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MessageSujet: Re: William Gaddis   Mar 15 Sep 2015 - 17:43

Oui, et d'ailleurs son livre «entre fiction et histoire sociale» sur «l'histoire secrète du piano mécanique» : "La fausse démocratisation des arts dans le divertissement, et l'élimination de l'artiste individuel en tant que menace pour la société." est devenu l'Agonie d'Agapè : Gaddis voulait écrire à ce sujet, mais il aurait découvert que le sujet l'intéressait moins que sa propre "raillerie", qui se lit comme de la poésie, presque. Ce n'est pas si morbide, même si ça va saigner dentsblanches

On peut lire dans la postface d'Agonie d'Agapè par son fils, que Gaddis aurait été déconcerté d'avoir cette réputation d'auteur "difficile à lire.". Et de citer cette phrase de Hume : "quelle est la nature de cette évidence qui nous assure de la réalité d'une existence et d'un fait au-delà du témoignage actuel des sens ou des rapports de notre mémoire." et je me demande pas si la "difficulté" de certains livres ne réside pas qu'ils se comprennent tout simplement d'une autre manière ?

En tout cas, s'il mérite une sérieuse redécouverte, c'est bien d'en parler. Wink

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"Un instant, Ulrich hésita. Il était sans aucun doute un homme croyant, mais qui ne croyait à rien ; sa dévotion la plus totale à la science n'était même pas parvenue à lui faire oublier que la beauté et bonté des hommes proviennent de ce qu'ils croient, et non point de ce qu'ils savent." L'homme sans qualités, Robert Musil

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