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 Cesar Vallejo

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bix229
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MessageSujet: Cesar Vallejo    Mer 16 Sep 2015 - 16:43


VALLEJO CÉSAR (1892-1938)
Portrait par Picasso

PIEDRA NEGRA SOBRE UNA PIEDRA BLANCA


Me moriré en París con aguacero,
un día del cual tengo ya el recuerdo.
Me moriré en París ?y no me corro?
tal vez un jueves, como es hoy, de otoño.

Jueves será, porque hoy, jueves, que proso
estos versos, los húmeros me he puesto
a la mala y, jamás como hoy, me he vuelto,
con todo mi camino, a verme solo.

César Vallejo ha muerto, le pegaban
todos sin que él les haga nada;
le daban duro con un palo y duro

también con una soga; son testigos
los días jueves y los huesos húmeros,
la soledad, la lluvia, los caminos...

PIERRE NOIRE SUR PIERRE BLANCHE

Je mourrai à Paris, un jour d'averse,
un jour dont j'ai déjà le souvenir.
Je mourrai à Paris - je n'en ai pas honte -
peut-être un jeudi d'automne, comme aujourd'hui.

Un jeudi, oui; car aujourd'hui, jeudi, où j'aligne
ces vers, tant bien que mal j'ai endossé mes humérus,
et jamais comme aujourd'hui, je n'ai essayé,
après tout mon chemin, de me voir seul.

César Vallejo est mort, tous le frappaient
tous sans qu'il ne leur fasse rien ;
et tous cognaient dur avec un bâton et dur

encore avec une corde; en sont témoins
les jours jeudis et les os humérus,
la solitude, la pluie, les chemins...

Traduction François Maspero
In "Esprits nomades"


"Parmi les poètes de la littérature contemporaine d'Amérique latine, le nom de Vallejo est l'un des plus prestigieux. S'il n'a pas eu la chance d'obtenir la gloire internationale d'une Gabriela Mistral ou d'un Pablo Neruda, ce poète péruvien n'en doit pas moins être mis au rang des plus grands. Peu à peu déprise de la mélodie moderniste, sa voix a su éclater en accents insolites et bouleversants pour dénoncer la mort, le malheur, l'injustice ou pour clamer l'amour, la solidarité, l'espérance de l'âme. La grandeur de Vallejo est d'avoir pu assumer jusqu'à l'agonie et recréer en poésie à la fois son propre destin et le destin des opprimés, fussent-ils indiens, russes ou espagnols."

Notice biographique : Encyclopaedia Universalis

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Dernière édition par bix229 le Mer 16 Sep 2015 - 17:43, édité 2 fois
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bix229
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MessageSujet: Re: Cesar Vallejo    Mer 16 Sep 2015 - 17:29

[

Encore un écrivain, un poète,qui avait l' Espagne au cœur. Non celle de Franco, mais celle qui aurait pu surgir de l' horrible guerre civile.
Pas non plus celle des  communistes et des "évêques bolcheviques", mais celle des communistes en chair et en os de toutes les clandestinités antifascistes.
C' est ce qu' écrit Jorge Semprun dans la très belle édition publiée par La Librairie du XXIe siècle.
Il ajoute :

"Cesar Vallejo n' a cessé de m' accompagner tout au long de ma vie...
Si ce poète a eu une telle place dans ma biographie c' est sans doute en raison de l' histoire -et de "mon" histoire du communisme.
Cesar Vallejo, contrairment aux Neruda, Alberti, Aragon, était résolument du coté des communistes en chair et en os, alors que les autres
étaient cyniquement proches des "évêques bolcheviques"

Vallejo exprime avec une rare intensité la souffrance et la fraternité - deux espériences qui marquent toute l' œuvre de François Maspero.
Voilà pourquoi François Maspero était l' écrivain qu' il fallait pour permettre au lecteur de langue française un accès empathiques  aux
poèmes de Vallejo dans cette nouvelle édition merveilleusement bilingue.

Maspero est un traducteur à l' imagination juste. La sobriété anti rhétorique de Vallejo nous la retrouvons dans la langue si sensible
de François Maspero."


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Sigismond
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MessageSujet: Re: Cesar Vallejo    Mer 16 Sep 2015 - 19:51

Merci Bix, ça me plaît beaucoup !

Un vers comme:
Citation :
los días jueves y los huesos húmeros
traîne sa langueur, notez les sons "u" (à prononcer "ou") et la diphtongue glissée des "hu" (la lettre "h" se prononce en espagnol) - on est dans le chant profond (cante jondo, blues), la plainte contenue, non criée.
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bix229
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MessageSujet: Re: Cesar Vallejo    Mer 16 Sep 2015 - 20:34

Tant mieux ! Tu lis l' espagnol, je suppose ?
Tu peux essayer de te procurer cette édition, vraiment très belle. Moi, je me la suis procurée par la Médiathèque départementale.

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Sorcière
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MessageSujet: Re: Cesar Vallejo    Mer 16 Sep 2015 - 23:34

Merci pour cette super découverte !
Je voulais essayer de lire de la poésie en espagnol (je suis pas forte, c’est encore très laborieux), et là je découvre un poème par lequel je suis absolument séduite, avec en plus une édition bilingue avec une belle traduction au niveau du sens et des sonorités.
Merci encore, je suis trop contente !
J’espère qu’elle est à la médiathèque, sinon je commande.
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bix229
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MessageSujet: Re: Cesar Vallejo    Jeu 17 Sep 2015 - 1:00

Merci pour ton enthousiasme ! Et puis, tu as raison, il faut commander des livres dans les biblioihèques publiques.

Amateurs de poésie en langue espagnole, je vous signale Roberto Juarroz. Je l' aime beaucoup aussi.
Vous pouvez jeter un coup d' œil sur son fil.

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Sorcière
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MessageSujet: Re: Cesar Vallejo    Jeu 17 Sep 2015 - 16:29

Trouvé !
Je commence tout doucement : quel bonheur, ce recueil !

Un extrait de El buen sentido/Le bon sens :

Citation :
Mi adiós partió de un punto de su ser, más externo que el punto de su ser al que retorno. Soy, a causa del excesivo plazo de mi vuelta, más el hombre ante mi madre que el hijo ante mi madre. Allí reside el candor que hoy nos alumbra con tres llamas. Le digo entonces hasta que me callo :

- Hay, madre, en el mundo un sitio que sa llama París. Un sitio muy grande y muy lejano y otra vez grande.


Et la traduction de Maspero :

Citation :
Mon adieu est parti d’un point de son être, plus extérieur que le point de son être où je reviens. Je suis, à cause de l’excessif délai de mon retour, plus l’homme devant ma mère que le fils devant ma mère. Là réside l’innocence qui aujourd’hui nous éclair de trois flammes. Alors je lui dis avant de me taire :

- Il y a, mère, dans le monde un endroit qui s’appelle Paris. Un endroit très grand et très lointain, et encore très grand.

aime

Je note Juarroz pour plus tard, merci mille fois.
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bix229
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MessageSujet: Re: Cesar Vallejo    Mar 13 Oct 2015 - 17:07

LE BON SENS



- Il y a, mère, un endroit dans le monde, qui s'appelle Paris. Un endroit très grand et très loin, et encore très grand.
      Ma mère ajuste le col de mon manteau, non parce qu'il commence à neiger, mais pour qu'il commence à neiger.
      La femme de mon père est amoureuse de moi, elle avance le dos tourné à ma naissance et la poitrine face à ma mort. Car je suis deux fois sien : par l'adieu et par le retour. Je la clos, en revenant. C'est pour cela que ses yeux voudraient tant me donner, innocente de moi, délictueuse de moi, se nourrissant des œuvres terminées, des pactes réalisés.    
     Ma mère ne se confesse que de moi, ne tient son nom que de moi. Pourquoi n'en accorde-t-elle pas autant à mes frères ? À Victor, par exemple, l'aîné qui est déjà si vieux que les gens disent : On dirait le petit frère de sa mère! Peut-être parce que j'ai beaucoup voyagé! Peut-être parce que j'ai davantage vécu!
     Ma mère m'accorde une lettre de crédit qui donne ses couleurs à mes récits quand je suis de retour. Devant ma vie quand je suis de retour, en se souvenant que j'ai voyagé durant deux cœurs dans son ventre, elle rougit et devient mortellement pâle, lorsque je dis, dans la paix de mon âme: cette nuit j'ai été heureux. Mais, elle s'attriste davantage; elle s'attristerait encore plus.


-        Mon enfant, comme te voilà vieux !
Et elle passe, défaite, par la couleur jaune pour pleurer, parce qu'elle me voit vieilli, dans la lame de l'épée, dans l'embouchure de mon visage. Elle pleure de moi, elle s'attriste de moi. En quoi peut lui manquer ma jeunesse, puisque je serai toujours son fils? Pourquoi les mères se
désolent-elles de voir vieillir leurs enfants, puisque jamais l'âge de leurs enfants ne rejoindra le leur ? Et pourquoi, puisque plus les enfants vont vers leur fin, plus ils se rapprochent de leurs parents ? Ma mère pleure parce que je suis vieux de mon temps et parce que jamais je ne pourrai vieillir du sien !
Mon adieu est parti d'un point de son être, plus extérieur que le point de son être où je reviens. Je suis, à cause de l'excessif délai de mon retour, plus l'homme devant ma mère que le fils devant ma mère. Là réside l'innocence qui aujourd'hui nous éclaire de trois flammes. Alors je lui dis avant de me taire :
- Il y a, mère, dans le monde un endroit qui s'appelle Paris. Un endroit très grand et très lointain, et encore très grand.
La femme de mon père, en m'entendant, mange, et ses yeux mortels descendent doucement le long de mes bras.


1923 Poèmes humains

Traduction François Maspero

Origine : Esprits Nomades

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bix229
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MessageSujet: Re: Cesar Vallejo    Dim 14 Fév 2016 - 19:09

Aujourd’hui j’aime beaucoup moins la vie



Aujourd’hui j’aime beaucoup moins la vie ,

mais toujours j’aime vivre : je l’ai déjà dit.

J’ai presque touché la part de mon tout et je me suis contenu

en me tirant une balle dans la langue derrière ma parole.







Aujourd’hui je me palpe le menton battant en retraite

et je me dis en ces pantalons momentanés :

Tant de vie et jamais !

Tant d’années et toujours mes semaines… !

Mes parents enterrés avec leur pierre

et leur triste rigidité qui n’en finit pas ;

portrait en pied des frères, mes frères,

et, enfin, mon être debout et en gilet.







J’aime la vie énormément

mais, bien sûr,

avec ma mort bien-aimée et mon café

à regarder les marronniers touffus de Paris

et disant :

Voici un œil, un autre ; un front, un autre… Et je répète :

Tant de vie et je pousse toujours la chanson !

Tant d’années et toujours, toujours, toujours !







J’ai dit gilet, j’ai dit

tout, partie, angoisse, j’ai dit presque, pour ne pas pleurer.

Car il est vrai que j’ai souffert dans cet hôpital, juste à côté,

et c’est bien et c’est mal d’avoir observé

de bas en haut mon organisme.







J’aimerai toujours vivre, même sur le ventre,

parce que, comme je le disais et comme je le répète,

tant de vie et jamais ! Et tant d’années,

et toujours, beaucoup de toujours, toujours toujours !





Poèmes humains recueil posthume (1939)



Traduction de Nicole Réda-Euvremer

Origine : Le toujours génial site "Esprits Nomades".

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Cesar Vallejo    Lun 15 Fév 2016 - 10:48

c'est ça la vie ! et ça me remue !


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MessageSujet: Re: Cesar Vallejo    Lun 15 Fév 2016 - 15:18

Bédoulène a écrit:
c'est ça la vie ! et ça me remue !


Tu pourrais jeter un coup d' œil à ta bibli pour voir s' ils n' ont pas l' édition que j' ai empruntée à a Médiathèque départementale.
Le titre est Poèmes humains, suivi de Espagne, écarte de moi ce calice.
Edité par le Seuil/La Librairie du XXIe siècle. Traduit magnifiquement par François Maspero et préfacé par Jorge Semprun.
Et c' est bilingue ! bravo

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bix229
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MessageSujet: Re: Cesar Vallejo    Ven 1 Avr 2016 - 16:30

FAUX PAS ENTRE DEUX ÉTOILES



Il est des gens si malheureux, qu'ils n'ont même pas
de corps ; quantitative est leur chevelure,
bas, calculé en pouces, le poids de leur intelligence ;
haut, leur comportement ;
ne me cherche pas, molaire de l'oubli,
ils semblent sortir de l'air, additionner mentalement les soupirs,
entendre de clairs claquements de fouet dans leur gosier.


Ils s'en vont de leur peau, grattant le sarcophage où ils naissent
et gravissent leur mort d'heure en heure
et tombent, au long de leur alphabet gelé, jusqu'à terre.


Pitié pour les « tellement » ! pitié pour les « si peu » ! pitié pour eux
Pitié, dans ma chambre, quand je les écoute avec mes lunettes !

Pitié, dans mon thorax, quand ils s'achètent des habits !
Pitié pour ma crasse blanche, solidaire dans leur ordure !


Aimées soient les oreilles martin,
aimées soient les personnes qui s'assoient,
aimés soient l'inconnu et sa femme,
notre semblable par les manches, le col et les yeux !


Aimé soit celui qui a des punaises,
celui qui porte un soulier percé sous la pluie,
celui qui veille le cadavre d'un pain avec deux allumettes,
celui qui se prend un doigt dans la porte,
celui qui n'a pas d'anniversaires,
celui qui a perdu son ombre dans un incendie,
l'animal, celui qui ressemble à un perroquet,
celui qui ressemble à un homme, le pauvre riche,
le vrai miséreux, le pauvre pauvre !



Aimé soit
celui qui a faim ou soif, mais n'a pas assez de faim
pour étancher toute sa soif
et pas assez de soif pour rassasier toute sa faim !


Aimé soit celui qui travaille à la journée, au mois, à l'heure,
celui qui sue de peine ou de honte,
celui qui se prend par la main pour aller au cinéma,
celui qui paye avec ce qui lui manque,
celui qui dort le dos tourné,
celui qui ne se souvient plus de son enfance ; aimé soit
le chauve sans chapeau,
le juste sans épines,
le voleur sans roses,
celui qui porte une montre et qui a vu Dieu,
celui qui a de l'honneur et ne meurt pas !
Aimé soit l'enfant qui tombe et pleure encore, et l'homme qui est tombé et ne pleure plus !
Pitié pour les « tellement » ! Pitié pour les « si peu » ! Pitié pour eux !

11 octobre 1937

Poèmes humains * Espagne, écarte de moi ce calice. - Seuil/La Librairie du XXIe siècle


Traduction François Maspero


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