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 Alejandra Pizarnik

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bix229
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MessageSujet: Alejandra Pizarnik    Dim 27 Sep 2015 - 20:59



Alejandra Pizarnik

"Alejandra Pizarnik est née près de Buenos Aires le 29 avril 1936, à Avellaneda, dans une famille d’immigrants juifs de Galicie, arrivée en Argentine en 1934. Elle fait ses études sans vraiment trouver sa voie : de la faculté de Philosophie à celle des Lettres, de la faculté de journalisme à l’atelier de peinture de Juan Batlle Planas. Elle ne veut, elle ne peut qu’écrire. À 19 ans, elle publie son premier recueil de poèmes. Reconnue, admirée, amie de Jorge Luis Borges, Silvina Ocampo Bioy Casares, Olga Orozco, elle mène une vie littéraire et sociale intense, mais entrecoupée de hauts et de bas, et collabore à la fameuse revue SUR de Victoria Ocampo.
Entre 1960 et 1964, elle vit à Paris où elle est pigiste pour un journal espagnol et écrit dans plusieurs journaux et revues. Elle se lie d’amitié avec André Pieyre de Mandiargues, Octavio Paz, Julio Cortazar, Yves Bonnefoy, Henri Michaux… Elle traduit ses écrivains préférés : Artaud, Michaux, André Pieyre de Mandiargues, Breton, Éluard… Rentrée à Buenos Aires, sa vie se déroule entre les quatre murs de son petit appartement et les rues de la ville. Elle publie alors ses ouvrages les plus importants. En 1968, elle obtient une bourse Guggenheim et fait un bref séjour à New York. Après deux tentatives de suicide en 1970 et 1972 et un séjour à l'hôpital psychiatrique Pirovano de Buenos Aires, elle se donne la mort le 25 septembre 1972."

Chez Ypsilon, éditeur

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bix229
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MessageSujet: Re: Alejandra Pizarnik    Dim 27 Sep 2015 - 21:14

En l'honneur d'une perte
 
La certitude pour toujours d'être de trop à l'endroit où les autres respirent. De moi je dois dire que je suis impatiente qu'on me donne un dénouement moins tragique que le silence. Joie féroce quand je rencontre une image qui m'évoque. À partir de ma respiration désolante je dis : qu'il y ait du langage là où il doit avoir du silence.
Quelqu'un ne s'énonce pas. Quelqu'un ne peut pas s'assister. Et toi tu n'as pas voulu me reconnaître quand je t'ai dit ce qu'il y avait en moi qui était toi. La vieille terreur est revenue : n'avoir parlé de rien avec personne.

Le jour doré n'est pas pour moi. Pénombre du corps fasciné par son désir de mourir. Si tu m'aimes je le saurai même si je ne vis pas. Et je me dis : vends ta lumière étrange, ton enclos invraisemblable.
Un feu dans le pays non vu. Images de candeur proche. Vends ta lumière, l'héroïsme de tes jours futurs. La lumière est un excédent de trop de choses beaucoup trop lointaines.

Je réside dans d'étranges choses.
(Cahier Jaune © Ypsilon, traduit par Jacques Ancet)
 
Un jour, peut-être, trouverons-nous refuge dans la réalité véritable. En attendant, puis-je dire jusqu'à quel point je suis contre ?

Je te parle de solitude mortelle. Il y a de la colère dans le destin parce que s'approche, parmi les sables et les pierres, le loup gris. Et alors ? Parce qu'il brisera toutes les portes, parce qu'il jettera les morts pour qu'ils dévorent les vivants, pour qu'il n'y ait que des morts et que les vivants disparaissent. N'aie pas peur du loup gris. Je l'ai nommé pour vérifier qu'il existe et parce qu'il y a une volupté inexprimable dans le fait de vérifier.

Les mots auraient pu me sauver, mais je suis bien trop vivante. Non, je ne veux pas chanter la mort. Ma mort...le loup gris...la tueuse venue du lointain...N'y a-t-il âme qui vive dans la ville ? Parce que vous êtes morts. Et quelle attente peut se changer en espérance si vous êtes tous morts ? Quand cesserons-nous de fuir ? Quand tout cela arrivera-t-il ? Oui quand ? Où ça ? Comment ? Combien ? Pourquoi ? Et pour qui ?
(Cahier Jaune © Ypsilon, traduit par Jacques Ancet)

Sur le site Terres de femmes

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bix229
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MessageSujet: Re: Alejandra Pizarnik    Dim 27 Sep 2015 - 21:20

L’éveil


Je me souviens des noirs matins du soleil...


Seigneur
j'ai vingt ans
Mes yeux aussi ont vingt ans
et cependant ils ne disent rien...


Seigneur
Ma vie s'est consumée en un instant
La dernière innocence s'en est allée
Maintenant c'est jamais pour toujours
ou simplement ce fut...


Comment ne pas me tuer dans un miroir
et disparaître et réapparaître dans la mer
où m'attend un grand bateau
avec toutes ses lumières allumées?


Comment puis-je me sortir les veines
et en faire une échelle
pour fuir à travers la nuit? ...

Mais mes bras veulent encore embrasser le monde
ils n’ont rien appris
il est trop tard....
(Fragments extraits du recueil  Les Aventures Perdues)

Site : Esprits nomades

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bix229
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MessageSujet: Re: Alejandra Pizarnik    Dim 27 Sep 2015 - 21:25

Alejandra Pizarnik
Madrugada

Desnudo soñando una noche solar.
He yacido días animales.
El viento y la lluvia me borraron
como a un fuego, como a un poema
escrito en un muro.

Alejandra Pizarnik
Madrugada

Tomado de «Los trabajos y las noches», en Obras completas. Poesía y Prosas, introducción de Silvia Baron Supervielle, Buenos Aires, Ediciones Corregidor, 1990, p. 248.

Centro virtual Cervantes

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Dreep
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MessageSujet: Re: Alejandra Pizarnik    Dim 27 Sep 2015 - 22:23

J'avais un peu feuilleté son Journal, c'est un auteur à découvrir, je pense.

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"Un instant, Ulrich hésita. Il était sans aucun doute un homme croyant, mais qui ne croyait à rien ; sa dévotion la plus totale à la science n'était même pas parvenue à lui faire oublier que la beauté et bonté des hommes proviennent de ce qu'ils croient, et non point de ce qu'ils savent." L'homme sans qualités, Robert Musil

Un long week-end avec Marcel Proust (Ronald Frame)
Le roman d'un enfant - Prime jeunesse (Pierre Loti)
La Trêve (Primo Levi)
Les Brigands (Friedrich von Schiller)
Les Fleurs du Mal (Charles Baudelaire) (relecture)
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bix229
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MessageSujet: Re: Alejandra Pizarnik    Dim 27 Sep 2015 - 22:52

D' après ce que j' ai appris, Alejandra Pizarnik est connue et reconnue non seulement dans son pays, l' Argentine, mais plus généralement
en Amérique Latine, et par le poète mexicain Octavio Paz.
La rançon de cette gloire posthume lui a valu d' etre imitée et plagiée.
L' ensemble de son œuvre a été traduite et éditée en France par José Corti. Mais je n' ai pas trouvé encore d' anthologie bilingue.

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Alejandra Pizarnik    Lun 28 Sep 2015 - 7:29

encore un être désespéré Bix !

(me souviens plus le titre du fil que tu avais ouvert)

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bix229
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MessageSujet: Re: Alejandra Pizarnik    Lun 28 Sep 2015 - 17:00

Bédoulène a écrit:
encore un être désespéré Bix !

(me souviens plus le titre du fil que tu avais ouvert)
Sur quel sujet ?

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Alejandra Pizarnik    Lun 28 Sep 2015 - 21:29

sur les auteurs désespérés il me semble, non ? (c'est peut-être un autre adjectif)

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MessageSujet: Re: Alejandra Pizarnik    Lun 28 Sep 2015 - 23:05

Bédoulène a écrit:
sur les auteurs désespérés il me semble, non ?  (c'est peut-être un autre adjectif)

Oui, OK ! C' est le fil "Personnages désespérés". J' avais emprunté le titre d' un roman de Paula Fox pour illustrer quelques personnages
vraiment dignes d' éloges et de respect...

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MessageSujet: Re: Alejandra Pizarnik    Dim 1 Mai 2016 - 17:41



Celle des yeux ouverts

la vie joue dans le jardin
avec l'être que je ne fus jamais

et je suis là

danse pensée
sur la corde de mon sourire

et tous disent ça s'est passé et se passe

ça va passer
ça va passer
mon cœur
ouvre la fenêtre

vie
je suis là

ma vie
mon sang seul et transi
percute contre le monde

mais je veux me savoir vivante
mais je ne veux pas parler
de la mort
ni de ses mains étranges

L'amoureuse

cette lugubre manie de vivre
cette obscure extravagance de vivre
t'entraîne alejandra ne le nie pas.

aujourd'hui tu t'es regardée dans la glace
et ce fut triste tu étais seule
la lumière hurlait l'air chantant
mais ton aimé n'est pas revenu

tu enverras des messages tu souriras
tu agiteras tes mains ainsi il reviendra
ton aimé tant aimé

entends-tu la démente sirène qui l'enleva
le bateau aux barbes d'écume
où moururent les rires
te souviens-tu de l'ultime étreinte
ô pas d'angoisses
ris dans le mouchoir pleure aux éclats
mais ferme les portes de ton visage
pour qu'après on ne dise pas
que cette femme amoureuse c'était toi

les jours te rongent
les nuits t'accusent
la vie te fait tant tant de mal
désespérée, où vas-tu ?
désespérée, c'est tout !

Chant

le temps a peur
la peur a du temps
la peur

se promène dans mon sang
arrache mes meilleurs fruits
dévaste ma pitoyable muraille

destruction de destruction
rien que destruction

et peur
beaucoup de peur
peur

Cendres

La nuit se fendilla d’étoiles
en me fixant hallucinée
l’air lance de la haine
son visage embelli
de musique.

Bientôt nous partirons

Rêve secret
ancêtre de mon sourire
le monde est décharné
et il y a un cadenas mais pas de clefs
et il y a la frayeur mais pas de larmes.

Que ferai-je de moi-même ?

Parce qu’à Toi je te dois ce que je suis

Mais je n’ai pas de lendemain

Parce qu’à Toi je te…

La nuit souffre.

Nuit

Peut-être que cette nuit n'est pas nuit
mais un soleil horrible, ou
autre chose, ou n'importe quoi…
Que sais-je ! Manquent des mots
manque de la candeur, de la poésie
lorsque le sang pleure et pleure !

Je pourrais être si heureuse cette nuit
Si seulement je pouvais palper
les ombres entendre des pas,
dire «bonne nuit» au premier venu
qui promènerait son chien,
je regarderais la lune, dirais son
étrange lactescence, trébucherais
sur des pierres, au hasard, comme ça se fait.

Mais quelque chose déchire la peau,
une furie aveugle
qui court dans mes veines.
Je veux sortir ! Cerbère de l'âme:
laisse, laisse-moi traverser ton sourire !

Je pourrais être si heureuse cette nuit !
Il y a encore des rêves en retard.

Et tant de livres ! Et tant de lumières !
Et mes brèves années ! Pourquoi pas ?
La mort est lointaine. Elle ne me regarde pas.
Tant de vie Seigneur !
Pourquoi faire tant de vie ?

Seulement

je comprends déjà la vérité

elle éclate dans mes désirs

et dans mes détresses
mes déceptions
mes déséquilibres
mes délires

je comprends déjà la vérité

à présent
chercher la vie

Dans l’attente de l’obscurité

Cet instant qui ne s’oublie pas
Si vide renvoyé par les ombres
Si vide refusé par les pendules
Ce pauvre instant adopté par ma tendresse
Dénudé dénudé de sang et d’ailes
Sans yeux pour se rappeler les angoisses de naguère
Sans lèvres pour recueillir le suc des violences
Égarées dans le chant des clochers glacés.

Protège-le fillette aveugle d’âme
Donne-lui tes cheveux gélifiés par le feu
Embrasse-le petite statue de terreur
Montre-lui le monde convulsé à tes pieds
A tes pieds où meurent les hirondelles
Grelottantes de frayeur face au futur
Dis-lui que les soupirs de la mer
Humectent les seuls mots
Pour lesquels vivre vaut la peine.

Mais cet instant en sueur de rien
Recroquevillé dans la caverne du destin
Sans mains pour dire jamais
Sans mains pour offrir des papillons
Aux enfants morts

Poème pour Emily Dickinson

De l'autre côté de la nuit
son nom l'attend,
son désir subreptice de vivre,
de l'autre côté de la nuit !

Quelque chose pleure dans l'air,
les sons dessinent l'aube.

Elle pense à l'éternité

La de los ojos abiertos

la vida juega en la plaza
con el ser que nunca fui

y aquí estoy

baila pensamiento
en la cuerda de mi sonrisa

y todos dicen esto pasó y es

va pasando
va pasando
mi corazón
abre la ventana

vida
aquí estoy

mi vida
mi sola y aterida sangre
percute en el mundo

pero quiero saberme viva
pero no quiero hablar
de la muerte
ni de sus extrañas manos.

La enamorada

esta lúgubre manía de vivir
esta recóndita humorada de vivir
te arrastra alejandra no lo niegues.

hoy te miraste en el espejo
y te fue triste estabas sola
la luz rugía el aire cantaba
pero tu amado no volvió

enviarás mensajes sonreirás
tremolarás tus manos así volverá
tu amado tan amado

oyes la demente sirena que lo robó
el barco con barbas de espuma
donde murieron las risas
recuerdas el último abrazo
oh nada de angustias
ríe en el pañuelo llora a carcajadas
pero cierra las puertas de tu rostro
para que no digan luego
que aquella mujer enamorada fuiste tú

te remuerden los días
te culpan las noches
te duele la vida tanto tanto
desesperada ¿adónde vas?
desesperada ¡nada más!

Canto

El tiempo tiene miedo
el miedo tiene tiempo
el miedo

pasea por mi sangre
arranca mis mejores frutos
devasta mi lastimosa muralla

destrucción de destrucciones
sólo destrucción

y miedo
mucho miedo
miedo.

Cenizas

La noche se astilló de estrellas
mirándome alucinada
el aire arroja odio
embellecido su rostro
con música.

Pronto nos iremos

Arcano sueño
antepasado de mi sonrisa
el mundo está demacrado
y hay candado pero no llaves
y hay pavor pero no lágrimas.

¿Qué haré conmigo?

Porque a Ti te debo lo que soy

Pero no tengo mañana

Porque a Ti te…

La noche sufre.

Noche

Tal vez esta noche no es noche,
debe ser un sol horrendo, o
lo otro, o cualquier cosa.
¡Qué sé yo! Faltan palabras,
falta candor, falta poesía
cuando la sangre llora y llora!

¡Pudiera ser tan feliz esta noche!
Si sólo me fuera dado palpar
las sombras, oír pasos,
decir “buenas noches” a cualquiera
que pasease a su perro,
miraría la luna, dijera su
extraña lactescencia tropezaría
con piedras al azar, como se hace.

Pero hay algo que rompe la piel,
una ciega furia
que corre por mis venas.
¡Quiero salir! Cancerbero del alma.
¡Deja, déjame traspasar tu sonrisa!
¡Pudiera ser tan feliz esta noche!

Aún quedan ensueños rezagados.
¡Y tantos libros! ¡Y tantas luces
¡Y mis pocos años! ¿Por qué no?
La muerte está lejana. No me mira.
¡Tanta vida, Señor!
¿Para qué tanta vida?

Solamente

ya comprendo la verdad

estalla en mis deseos

y mis desdichas
en mis desencuentros
en mis desequilibrios
en mis delirios

ya comprendo la verdad

ahora
a buscar la vida

A la espera de la oscuridad

Ese instante que no se olvida
Tan vacío devuelto por las sombras
Tan vacío rechazado por los relojes
Ese pobre instante adoptado por mi ternura
Desnudo desnudo de sangre de alas
Sin ojos para recordar angustias de antaño
Sin labios para recoger el zumo de las violencias
perdidas en el canto de los helados campanarios.

Ampáralo niña ciega de alma
Ponle tus cabellos escarchados por el fuego
Abrázalo pequeña estatua de terror.
Señálale el mundo convulsionado a tus pies
A tus pies donde mueren las golondrinas
Tiritantes de pavor frente al futuro
Dile que los suspiros del mar
Humedecen las únicas palabras
Por las que vale vivir.

Pero ese instante sudoroso de nada
Acurrucado en la cueva del destino
Sin manos para decir nunca
Sin manos para regalar mariposas
A los niños muertos

Poema para Emily Dickinson

Del otro lado de la noche
la espera su nombre,
su subrepticio anhelo de vivir,
¡del otro lado de la noche!
Algo llora en el aire,
los sonidos diseñan el alba.

Ella piensa en la eternidad

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