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 Kathleen Raine

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bix229
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MessageSujet: Kathleen Raine    Jeu 8 Oct 2015 - 16:49



RAINE KATHLEEN (1908-2003)

"Même si elle est aussi l'admirable analyste d'elle-même dans son autobiographie, Kathleen Raine appartient aux terres violentes de la poésie. Son œuvre critique permet de mieux comprendre dans quelle tradition elle s'inscrit : Milton, Blake, Coleridge, Yeats, tels sont ses maîtres préférés.

Née en 1908 à la frontière de l'Écosse, profondément marquée par ce paysage sauvage où toute image participe aussitôt de l'intemporel pour prendre valeur de symbole, Kathleen Raine ressentira toute sa vie la nostalgie de ces terres synonymes pour elle de l'Éden perdu, où planaient le génie des ballades écossaises, la figure de la mère à qui elle doit son enfance resongée à travers l'écriture, l'autorité d'un père à qui elle sacrifia son « premier amour », le prestige de tout ce qui reste inaccessible, et le sentiment de l'« effroi sacré » dont elle s'imprègne dans ses lieux d'élection.

Ces lieux choisis, ce sont Bavington, tout d'abord, où elle passa son enfance pendant la Première Guerre mondiale ; Martindale, où elle vécut avec ses enfants dans le Cumberland pendant la dernière guerre ; Sandaig enfin, où elle connut une grande passion impossible pour le célèbre naturaliste Gavin Maxwell en l'honneur de qui elle écrivit ses poèmes les plus émouvants. Pour elle, l'amour est aussi une voie, une ascèse, comme il ressort de ses deux recueils The Year One, 1952 (Le Premier Jour, Paris, 1980) et On a Deserted Shore, 1973 (Sur un rivage désert, Paris, 1978), ainsi que des sept autres volumes publiés, parmi lesquels The Pythoness, 1949 (Isis errante, Paris, 1978) et The Hollow Hill, 1965.

Son autobiographie, longue entreprise en prose poétique, rappelle celle de Yeats en ce qu'elle recherche l'origine des hantises, des culpabilités de l'être à travers les images originaires, la persistance des fantasmes, l'importance des premiers paysages et la découverte de la cruauté."

Extrait de l' Ecyclopaedia Universalis

Je recommande Le Royaume invisible, traduit de l' anglais par Philippe Giraudon, François Xavier Jaujard, Pierre Leyris,
Jean Mambrino, Marie-Béatrice Mesnet. - Orphée/La Différence. Edition bingue. B

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Dernière édition par bix229 le Jeu 8 Oct 2015 - 17:07, édité 1 fois
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bix229
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MessageSujet: Re: Kathleen Raine    Jeu 8 Oct 2015 - 17:02

Archives de Tag: Kathleen Raine Poème d’amour
Kathleen Raine (1908 – 2003) : Poème d’amour / Love poem
6 juillet 2012 Par Lionel-Édouard dans D'une langue à l'autre Tags : Kathleen Raine Love poem (traduction française)



Ce visage il est tien, que la terre m’expose :

Derrière ses traits d’homme incessamment repose

Le modelé des monts contre ciel appuyés.

Par tes yeux le soleil, l’arc-en-ciel irisé,

Me regardent ; je suis des bois, fleurs, oiseaux, bêtes,

Connue, tenue à vie dans la pensée du monde,

Profond, calme reflet de la création.



Lorsque ta main touche la mienne, c’est la terre

Qui me saisit, et l’herbe verte

Et les rochers, et les cours d’eau ; les tombes vertes

Et les enfants à naître, et chacun des aïeux

Relaient de main en main l’amour venu de Dieu.

De l’univers créé procède ton amour,

De ces doigts paternels qui des nuées émergent

Et rompent de clarté la surface des mers.



En tout lieu qu’à la main je dessine ton corps,

L’amour est présence sans bords.

Aussi quand tu m’étreins le monde aussi m’étreint.

En nous nuages, continents, mers – tout rejoint

Nos êtres de hasard, jusqu’en la nuit, perdus

Dans le culte du cœur, et les corps étendus.



***



Traduction originale, due à  Lionel-Edouard Martin.

Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

lionel-edouard-martin.net/tag/kathleen-raine-poeme-damour/


*** Yours is the face that the earth turns to me,

   Continuous beyond its human features lie

   The mountain forms that rest against the sky.

   With your eyes, the reflecting rainbow, the sun’s light

   Sees me; forest and flower, bird and beast

   Know and hold me forever in the world’s thought,

   Creation’s deep untroubled retrospect.



   When your hand touches mine it is the earth

   That takes me–the green grass,

   And rocks and rivers; the green graves,

   And children still unborn, and ancestors,

   In love passed down from hand to hand from God.

   Your love comes from the creation of the world,

   From those paternal fingers, streaming through the clouds

   That break with light the surface of the sea.



   Here, where I trace your body with my hand,

   Love’s presence has no end;

   For these, your arms that hold me, are the world’s.

   In us, the continents, clouds and oceans meet

   Our arbitrary selves, extensive with the night,

   Lost, in the heart’s worship, and the body’s sleep.

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bix229
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MessageSujet: Re: Kathleen Raine    Mar 12 Jan 2016 - 16:53

The  Unloved


I am pure loneliness
I am empty air
I am drifting cloud.


I have no form
I am boundless
I have no rest.


I have no house
I pass through places
I am indifferent Wind.


I am the white bird
Flying away from land
I am the horizon.


I am a wave
Tha will never reach the shore.


I am an empty shell
Cast up on the sand.


I am the moonlight
On the cottage with no roof.


I am the forgotten dead
In the broken vault on the hill.


I am the old man
Carrying his water in a pail.


I am light
Travelling in empty space.


I am a diminishing star
Speeding away
Out of the universe.




La mal-aimée


Je suis pure solitude
Je suis l' air désert
Je suis un nuage errant.


Je n' ai pas de forme
Je suis sans limite
Je n' ai pas de havre.


Je suis sans demeure
Je passe à travers des lieux
Je suis le vent indifférent.


Je suis l' oiseau blanc
Qui s' envole loin de la terre
Je suis l' horizon.


Je suis une vague
Qui n' atteindra jamais le rivage.


Je suis la lumière de la lune
Sur la chaumière sans  toit.


Je suis le mort oublié
Dans le caveau en ruine sur la colline.


Je suis le vieil homme
Qui porte de l' eau dans un seau.


Je suis la lumière
Qui voyage dans l' espace désert.


Je suis une étoile qui diminue,
rapide s' éloigne
Et quitte l' univers.


Traduit par François Xavier Jaujard.
In : Le Royaume invisible. - Orphée/La Différence

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bix229
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MessageSujet: Re: Kathleen Raine    Lun 4 Avr 2016 - 22:19


LE ROYAUME INVISIBLE

NOTRE SAVOIR dépasse ce que nous savons
Nous qui voyons toujours la multiplicité déconcertante,
Foisonnante du spectacle commun.


Il vient à la main de l’artiste
De tels raffinements de forme, de lumière,
Jardins, présences,


Visages d’une si tendre beauté
Que nous nous demandons par quelle science jamais apprise on les voit,
Au-delà du lieu commun les aspects


Cachés du mystère, secrets
Que seule connaît l’âme,


Que seul connaît l’amour, incommensurable
Sagesse qui grandit par le labeur de nos propres mains,
Expression d’une connaissance qui ne nous est pas propre
Et cependant guide le pinceau et la plume, obéissant


À une omniscience que, bien qu’ignorants, nous partageons
Nous dont les coeurs réagissent et répondent
À la musique de Schubert, et à celle de Mozart, eux qui ne savent pas plus


Que nous des célestes harmonies
Qu’ils entendaient au-dessus de la continuelle dissonance
Que l’immédiat impose.


Cependant incessante
La musique des sphères, la magia de la lumière,
Connaissance de l’esprit en son flux


Renvoyant continuellement l’image du tout
Dont chaque instant est la présence
Se révélant à celui qui écoute, celui qui voit au coeur


Contemple dans le fleuve du temps
Le visage jamais changé qui toujours change.


***

THE INVISIBLE KINGDOM

WE KNOW more than we know
Who see always the bewildering proliferating
Multiplicity of the common show.


There come to the artist’s hands
Such subtleties of form, of light,
Gardens, presences,


Faces so tenderly beautiful
We wonder with what untaught knowledge seen,
Beyond the commonplace the hidden


Aspects of mystery, secrets
Known only to the soul,
Known only to love, immeasurable


Wisdom from our own hands’work grown,
Expression of a knowledge not our own
Which yet guides brush and pen, obedient


To an omniscience we, though ignorant, yet share
Whose hearts respond and answer
To Schubert’s music, and Mozart’s, they knowing no more


Than we of the celestial harmonies
They heard above the continual dissonance
The immediate imposes.


Yet unceasing
The music of the spheres, the magia of light,
Spirit’s self-knowledge in its flow


Imaging continually the all
Of which each moment is the presence
Telling itself to the listener, the seer in the heart


Contemplates in time’s river
The ever-changing never-changing face.




In : "La Présence", 1987

Traduit par Philippe Giraudon

Le Royaume invisible. - Orphée/La Différence

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Kathleen Raine    Lun 4 Avr 2016 - 23:04

Bix n'a pas son pareil pour déterrer les poètes et poétesses qui méritent le coup d'oeil en des coins... reculés dira-t-on...? Je vois en tout cas que la longueur des poèmes est inconstante, mais peut être conséquente d'une démarche tangible. Je verrai si ça me tente de creuser davantage cette piste...

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De Gaulle, citant Nietzsche

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bix229
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MessageSujet: Re: Kathleen Raine    Mar 5 Avr 2016 - 17:03

jack-hubert bukowski a écrit:
Bix n'a pas son pareil pour déterrer les poètes et poétesses qui méritent le coup d'oeil en des coins... reculés dira-t-on...? Je vois en tout cas que la longueur des poèmes est inconstante, mais peut être conséquente d'une démarche tangible. Je verrai si ça me tente de creuser davantage cette piste...
Là, Jack Hubert, tu charries ! Shocked Kathleen Raine est loin d' etre  inconnue. Elle est considérée comme la meilleure poétesse de langue anglaise du 20e siècle.

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Kathleen Raine    Mar 5 Avr 2016 - 20:58

S'il fallait que je charrie, faisons le bellement. J'ai repéré un site qui contenait plusieurs poèmes de Katleen Raine. Je l'ai perdu de vue. J'ai toutefois trouvé ceci que j'apprécie beaucoup :

Citation :
«Invocation»


Il y a un poème en route,
il y a un poème tout autour de moi,
le poème est au futur proche,
le poème est dans les hauteurs
au-dessus du brouillard,
il plane, esprit
que je voudrais faire s’incarner.
Que mon corps sue
que des serpents tourmentent mon sein,
que mes yeux soient aveugles, mes oreilles
sourdes,
[mes mains tremblantes,
ma bouche desséchée, mon utérus arraché,
mon ventre tailladé, mon dos flagellé,
ma langue lacérée en longes de cuir,
mes seins transpercés par la grêle,
ma tête tranchée,

si seulement les lèvres pouvaient parler,
et le dieu, venir.



© Stone and Flowers, 1943.
Traduction originale, Paul Guillon.

Source : http://www.paul-guillon.fr/accueil/sanscadre/raine.htm

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MessageSujet: Re: Kathleen Raine    Mar 5 Avr 2016 - 21:03

bix229 a écrit:
jack-hubert bukowski a écrit:
Bix n'a pas son pareil pour déterrer les poètes et poétesses qui méritent le coup d'oeil en des coins... reculés dira-t-on...? Je vois en tout cas que la longueur des poèmes est inconstante, mais peut être conséquente d'une démarche tangible. Je verrai si ça me tente de creuser davantage cette piste...
Là, Jack Hubert, tu charries ! Shocked Kathleen Raine est loin d' etre  inconnue. Elle est considérée comme la meilleure poétesse de langue anglaise du 20e siècle.
Elle a effectivement deux de ses poèmes (La Pythonisse et Retard) présents dans l'Anthologie bilingue de la poésie anglaise de La Pléiade.
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bix229
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MessageSujet: Re: Kathleen Raine    Mar 5 Avr 2016 - 21:15



 A Jack -et tous ceux qui seraient interessés par Kathleen Raine- je conseille ce livre. Et aussi cette collection  -Orphée- tout entière consacrée
à la poésie. En plus, bilingue et bon marché !


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