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 Emmanuel Bove

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lekhan
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MessageSujet: Emmanuel Bove   Mar 11 Sep 2007 - 18:58




Emmanuel Bove, biographie:

Citation :
1898
(20 avril) Naissance d'Emmanuel Bobovnikoff (Bove) à Paris, 123, boulevard de Port-Royal. Père russe, sans profession ni revenus définis. Mère luxembourgeoise, domestique.
1905-1910
Scolarisation irrégulière. Etudes à l'Ecole Alsacienne (classe de 9e), rue d'Assas. Dès l'âge de 14 ans, décide qu'il sera romancier. Il n'aura pas d'autre activité régulière, si ce n'est, pour des raisons matérielles, celle de journaliste.

1910-1913
Son père, sans quitter tout à fait sa mère, vit avec une riche Anglaise, Emily Overweg. Emmanuel habite Genève en compagnie du couple et de Victor, son demi-frère. Léon, son frère vit avec leur mère dans une situation précaire. Emmanuel partage épisodiquement leur existence. L'opposition entre ces deux milieux joue un rôle déterminant dans l'oeuvre de Bove. Attachement d'Emmanuel à Emily et influence de celle-ci. Poursuit ses études au lycée Calvin de Genève.

1914
Lorsque la guerre éclate, les revenus d'Emily sont bloqués en Angleterre. Situation difficile pour la famille.

1915
(Mai) Emmanuel est envoyé en pension en Angleterre, où il achève ses études, notamment à l'île de Wight et à Southend on Sea. (Octobre) Mort du père de Bove (tuberculose). Emily s'installe à Menton avec Victor. Situation financière toujours plus difficile, d'autant qu'après la guerre le capital d'Emily aura perdu toute sa valeur. Elle peint, tâche de subvenir aux besoins de la famille en vendant ses tableaux.
1916
(Avril) Retour d'Emmanuel à Paris. Il y occupe divers emplois précaires : conducteur de tramway, garçon de café, manoeuvre chez Renault, chauffeur de taxi, etc. Il ne s'agit pas seulement de subsister mais d'accumuler des expériences qui lui serviront, pense-t-il, pour ses romans. Vit seul et misérablement, à Paris et Marseille. Puis à Versailles, avec sa mère et son frère Léon. Du vivant du père, les ressources étaient déjà très épisodiques. Après sa mort, elles deviennent plus qu'aléatoires. Expulsions fréquentes de la famille des logements qu'elle occupe.
1917
(Mai) Arrestation sous Clemenceau. Un mois de prison à la Santé. Motif : un patronyme douteux et des revenus incertains.
1918
(Avril) Service militaire. Fait ses classes jusqu'en novembre, à Guingamp (Côtes-d'Armor). Affecté ensuite à Troyes. La durée du service était alors de trois ans. Ne participe donc pas à la guerre. C'est durant cette période qu'il rencontre celle qui deviendra sa première femme.
1921

(Avril) Libéré de ses obligations militaires. Rappelé en mai-juin pour l'occupation de la Rhur. Emplois divers : inspecteur dans les assurances, courtier en publicité... (Décembre) Epouse Suzanne Vallois. Enseignante, milieu aisé. Le change favorable incite le couple à aller vivre en Autriche. Installation à Tulln, dans la banlieue viennoise. L'existence s'y révèle moins facile que prévu.

1922
(Mai) Naissance de leur fille Nora. C'est en Autriche que Bove commence ses premiers livres : Mes amis, et certaines nouvelles de Henri Duchemin et ses ombres. A ses débuts, il écrira également de nombreux romans populaires sous le pseudonyme de Jean Vallois. "J'ai commencé par une centaine de milliers de lignes de romans populaires. J'en faisais cent lignes à l'heure, huit cent lignes par jour, c'est-à-dire un volume en dix ou douze jours. Un travail absolument étranger à celui de l'écrivain. C'est comme si j'avais, à cette époque, exercé un autre métier." (Interview à Candide, février 1928.) (Octobre) Bove rentre seul à Paris, habite rue Berthollet.

1923

Retour de sa femme en France. Vivent à Paris, Blaye, Mareuil-en-Brie, Bove achève Mes amis. Débuts dans le journalisme (Service des faits divers au journal Le Quotidien). Envoie au journal Le Matin un premier texte, Nuit de Noël (qui deviendra le Crime d'une nuit). La nouvelle est remarquée par Colette, alors directrice des contes du journal. Elle propose à Bove de le publier dans la collection qu'elle dirige chez Ferenczi. Bove lui apporte Mes amis.
1924

(Février) Naissance de Michel. La sortie de Mes amis est un succès. Article enthousiaste de Sacha Guitry dans Candide et quelques voix au Femina.
1925

Habite La Ferté-sous-Jouarre, puis Paris. Rupture avec sa première femme, dont il divorcera en 1930. Liaison avec Henriette de Swetschine, jusqu'en 1927. Production débordante dans les années qui suivent.
1926-1927

Rilke souhaite connaître l'auteur de Mes amis, le rencontre lors de son dernier séjour à Paris. Bove habite Paris (change fréquemment d'appartement), puis Bécon-les-Bruyères. Ecrit abondamment, entre autres dans les cafés de Saint-Germain-des-Prés, au Dôme, etc. Jusqu'à la guerre, collabore parallèlement à divers journaux : Le Quotidien, Détective,Le Journal, Paris-Soir, Marianne, Vendredi et Regards (des revues proches du Front populaire). Reportages (notamment les faits divers) et feuilletons. Subvient dans la mesure du possible aux besoins de son premier foyer et à ceux de sa mère et de son frère Léon. L'irrégularité de ses revenus provoque de fréquentes tensions. Parution de son deuxième livre, Armand, ainsi que de Bécon-les-Bruyères et Un soir chez Blutel. Ecriture de la Coalition.
1928-1929

Rencontre Louise Ottensooser, qu'il épousera en 1930. Famille de banquiers, fortunée et mondaine. Bove est alors introduit dans les milieux artistiques. (Novembre) Prix Figuière : "Le romancier Emmanuel Bove remporte,sur 406 concurrents, le prix Figuière de 50 000 francs, l'épreuve la mieux dotée de la littérature." Habite à Paris, Bandol et Sanary. Période la plus féconde de l'écrivain.
1930

Avec Louise en Angleterre. Leur unique enfant y meurt à la naissance.
1931

(Mai) Retour en France. Jusqu'à la guerre, Louise et Emmanuel habiteront Paris, Compiègne (1931-1936) puis le Cap-Ferret (Gironde). Durant toute cette période, on dispose de peu de documents de première main sur la vie de l'auteur. Il semble qu'elle se confonde avec son oeuvre.
1936

Gravement malade (pleurésie).
1937

Mort de la mère de Bove.
1940

(Mars) Mobilisé comme travailleur militaire. Affecté à une fonderie dans le Cher. Démobilisé en juillet. Durant les deux années qui suivent, se réfugie avec sa femme dans la région lyonnaise, puis à Dieulefit (Drôme) et au Cheylard (Ardèche). Ils espèrent gagner Londres via L'Afrique du Nord. En dépit des sollicitations, refuse à cette époque de faire publier ses livres dans la France occupée.
1942

(Mars) Mort d'Émily. Le couple arrive en Afrique du Nord, une semaine avant le débarquement des alliés (8 novembre), et habite Alger pendant deux ans. Bove y écrit ses trois derniers romans (le Piège, Départ dans la nuit, Non-lieu). Contacts avec André Gide, Saint-Exupéry, Max-Pol Fouchet, le peintre Albert Marquet, Philippe Soupault, l'éditeur Edmond Charlot, Jean Gaulmier... Fait partie du Comité National des écrivains. C'est à Alger que l'auteur contracte la maladie qui l'emportera : "Bove menait une vie presque crépusculaire. Quelque fois il portait la main à son visage, non tant pour étouffer une quinte de toux que pour escamoter une grimace provoquée par la douleur. A l'apercevoir dans la rue, toujours pâle et émacié, on avait le sentiment qu'il allait disparaître, que demain il n'allait plus être parmi nous aux réunions de la revue Fontaine, de Renaissance, de l'Arche, des Cahiers antiracistes. Il s'absentait souvent pour des séjours à l'hôpital mais ne parlait pas de son mal." (Enrico Terracini)
1944

(Octobre) Retour en France.
1945

(Mai) Publication de son roman le Piège, suivi en juin de Départ dans la nuit.
(13 juillet) Décès à Paris à l'âge de 47 ans, 59 Avenue des Ternes.
"Monsieur Emmanuel Bove est décédé ce matin, vers 8 h, de cachexie et défaillance cardiaque faisant suite à une série d'accès palustres suraigus." (Docteur Louis Pictet) Inhumé à Paris, au cimetière Montparnasse, dans le caveau de la famille Ottensooser. Emplacement de la sépulture : 25 ème division israélite, 27 ème ligne Est, no 1 Sud.


Je n'en dirais pas plus sur le romancier aux héros solitaires errant dans le Paris des années 30.

Le tableau n'en est déjà que trop dévoilé.

Je vous recommande néanmoins chaudement La dernière nuit, édité au Castor astral
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lekhan
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MessageSujet: Re: Emmanuel Bove   Dim 16 Sep 2007 - 22:50

Extraits:

Citation :
Les premières pages du roman Mes amis

Quand je m'éveille, ma bouche est ouverte. Mes dents sont grasses : les brosser le soir serait mieux, mais je n'en ai jamais le courage. Des larmes ont séché aux coins de mes paupières. Mes épaules ne me font plus mal.
Des cheveux raides couvrent mon front. De mes doigts écartés je les rejette en arrière. C'est inutile : comme les pages d'un livre neuf, ils se dressent et retombent sur mes yeux.
En baissant la tête, je sens que ma barbe a poussé : elle pique mon cou. La nuque chauffée, je reste sur le dos, les yeux ouverts, les draps jusqu'au menton pour que le lit ne se refroidisse pas.
Le plafond est taché d'humidité : il est si près du toit. Par endroits, il y a de l'air sous le papier-tenture. Mes meubles ressemblent à ceux des brocanteurs, sur les trottoirs. Le tuyau de mon petit poêle est bandé avec un chiffon, comme un genou. En haut de la fenêtre, un store qui ne peut plus servir pend de travers.
En m'allongeant, je sens contre la plante des pieds - un peu comme un danseur de corde - les barreaux verticaux du lit-cage. Les habits, qui pèsent sur mes mollets sont plats, tièdes d'un côté seulement. Les lacets de mes souliers n'ont plus de ferrets. Dès qu'il pleut, la chambre et froide. On croirait que personne n'y a couché. L'eau, qui glisse sur toute la largeur des carreaux, ronge le mastic et forme une flaque, par terre.
Lorsque le soleil, tout seul dans le ciel, flamboie, il projette sa lumière dorée au milieu de la pièce. Alors, les mouches tracent sur le plancher mille lignes droites.
Chaque matin, ma voisine chante sans paroles en déplaçant les meubles. Sa voix est amortie par le mur. J'ai l'impression de me trouver derrière un phonographe.
Souvent, je la croise dans l'escalier. Elle est crémière. A neuf heures, elle vient faire son ménage. Des gouttes de lait tachent le feutre de ses pantoufles. J'aime les femmes en pantoufles : les jambes n'ont pas l'air défendues.
En été, on distingue ses tétons et les épaulettes de sa chemise sous le corsage.
Je lui ai dit que je l'aimais. Elle a ri, sans doute parce que j'ai mauvaise mine et que je suis pauvre. Elle préfère les hommes qui portent un uniforme. On l'a vue, la main sous le ceinturon blanc d'un garde républicain.
Un vieillard occupe une autre chambre. Il est gravement malade : il tousse. Au bout de sa canne, il y a un morceau de caoutchouc. Ses omoplates font deux bosses dans son dos. Une veine en relief court sur sa tempe, entre la peau et l'os. Son veston ne touche plus les hanches : il ballotte comme si les poches étaient vides. Ce pauvre homme gravit les marches une à une, sans lâcher la rampe. Dès que je l'aperçois, j'aspire le plus d'air possible afin de le dépasser sans reprendre haleine.
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Marie
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MessageSujet: Re: Emmanuel Bove   Lun 17 Sep 2007 - 5:27

Nous sommes tous des isolés.
A un moment pourtant,
nous pouvons cesser de l'être.
Savez-vous à quel moment ? "

(La Dernière Nuit, 1927)

A quel moment, Lekhan?

Pris sur le beau site consacré à Emmanuel Bove
http://www.emmanuel-bove.net/

Et dans le petit carnet de l'auteur de la biographie, Jean Luc Bitton entre autres citations ( de Pessoa, de Juliet) je retiens ceci:
"Chacun a ses mots qui l'humilient." E. Bove
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lekhan
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MessageSujet: Re: Emmanuel Bove   Lun 17 Sep 2007 - 16:37

Jean Luc Bitton qui est également le biographe de jacques Rigaut.

Je ne l'ai appris que récemment, et j'en étais tout heureux. Quoi que ces premiers écrits sur Rigaut me déplaisent un peu, mais il n'y a la, rien d'objectif.


Je crois que la dernière nuit a était publié en 1939 et non en 1927, mais peut être que je me trompe.

C'est un livre que j'ai, que j'ai lu et que je vous recommande chaudement.

Arnold seul dans Paris, amoureux d'une dame, joue avec le gaz de sa chambre miteuse. Il est pris comme dans un cercle, et se laisse séduire par son jeu, jusqu'au dernier moment il se dit qu'il pourra se lever d'un bond, éteindre le robinet de gaz, mais rien n'y fait il est scotché à son siège, ne peux plus bouger.
Que se passe-t-il dans sa tête?

A quel moment, je ne me rappelle pas exactement de ce passage, mais vu l'intrigue peut être la mort, je chercherais.

Citation :

Pris sur le beau site consacré à Emmanuel Bove
http://www.emmanuel-bove.net/

Merci, je n'avais pas mis la source de tout cela :)
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Constance
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MessageSujet: Re: Emmanuel Bove   Lun 3 Mai 2010 - 20:15

En 2005, Jean-Pierre Darroussin a réalisé le film "Le pressentiment" d'après le roman de Bove ... je suis allée voir ce film et, hors Darroussin, personnalité "bovienne" par excellence, qui tire son épingle du jeu en interprètant le rôle principal, les autres acteurs m'ont paru surjouer ...



Citation :
"Quel regard Emmanuel Bove porte-t-il, selon vous, sur la société ?

Jean-Pierre Darroussin : Emmanuel Bove est un romancier qui écrit des personnages romanesques. C’est un type qui s’inscrit dans la lignée des auteurs russes comme Tchekhov. Il est très imprégné par cela, mais avec un style très différent, très épuré. A travers tous ces personnages, il est toujours question de quelqu’un qui remet en cause son destin à travers les règles d’une communauté qui lui impose un destin. C’est quelqu’un qui essaye de remonter la pente de ce qui lui a été imposé, et de la fatalité dans laquelle il se trouve. Il essaie d’être à contre-courant et de se démarquer. Il se pose des questions auxquelles il est impossible de répondre, un questionnement universel qui est en quelque sorte “être ou ne pas être ?” Doit-on accepter ce que l’on est, ou peut-on accepter de n’être rien pour renaître à quelque chose qu’on ne connaît pas et qui va nous enrichir d’une autre façon ? Il y a également chez cet auteur un humour, une façon de choper tous les travers, tous les ridicules de l’humanité. Emmanuel Bove a vécu un très fort déclassement dans sa jeunesse. Il a été élevé par sa mère dans un taudis total avec des rats partout, mais son père s’est remarié avec une riche héritière qui avait une grande villa sur la Côte d’Azur. Il a donc connu ce grand écart et a mesuré la difficulté de trouver sa place quand on est déclassé, et donc inclassable."


Sinon, l'ouvrage "Monsieur Thorpe (référence absolue des boviens, car autobiographique), et autres nouvelles" (pour la plupart inédites) a été publié aux éditions "Le castor Astral" ...

Me concernant, je conseillerais d'aborder Bove par son roman "Mes amis" ...


"Si je ne sais pas raconter des histoires, je sais dire la vérité. Peut-être est-ce ma destination sur terre."
"Si le monde est une prison, il revient à chacun de lutter pour sortir de son cachot"

Emmanuel Bove


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colimasson
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MessageSujet: Re: Emmanuel Bove   Mer 31 Juil 2013 - 12:31

Mes amis (1924)




Mes amis, je vous écris pour vous dire que je ne vous aime plus, que vous ne m’aimez pas, ou que –si vous m’avez aimé-, je ne vous ai jamais aimés.


« Certains hommes forts ne sont pas seuls dans la solitude, mais moi, qui suis faible, je suis seul quand je n’ai point d’amis »


L’écriture d’Emmanuel Bove est dépouillée mais lancinante. Elle sent la fatigue et nous fait craindre l’abandon d’une lutte désespérée que l’écrivain a menée pour se lier à ses semblables –ne serait-ce qu’avec un seul d’entre eux. Tout est misérable dans ces pages, à commencer par le narrateur. Des descriptions déplorables de sa condition sociale –sans ami, sans famille, sans profession, sans argent- à son apparence physique –pouilleuse, négligée, morbide-, le plaisir sadique de l’autodestruction transperce entre des lignes plaintives. Par impossibilité pécuniaire et par négligence, le narrateur pense qu’il lui est impossible de remédier à cette identité misérable, et sans doute ne veut-il pas s’en débarrasser car il s’y est attaché et parce qu’elle constitue un passe-droit pour atteindre ceux qui lui semblent les plus intéressants –parce qu’ils lui ressemblent ?- les misérables, les malheureux, ceux qui n’ont plus d’espoir mais qui continuent tout de même à traîner leur tristesse sans oser l’abréger trop tôt.


« A peine sorti des draps, je m’assois sur le bord du lit. Mes jambes pendent à partir du genou. Les pores de mes cuisses sont noirs. Les ongles de mes doigts de pied, longs et coupants : un étranger les trouverait laids »


Le comportement du narrateur vis-à-vis des inconnus qu’il essaie d’attirer à lui est malsain. Derrière ses revendications d’amour et d’attention, on se rend compte très rapidement qu’une volonté de provoquer les conventions sociales domine. La quête amicale répond à un véritable besoin de compassion mais s’apparente également à une expérience sociologique dont les résultats ne surprennent jamais le narrateur : la pitié des uns pour les autres est nulle, personne ne se préoccupe d’autrui, sinon pour son intéressement personnel et, partant de cette conclusion, le but du jeu social est de faire miroiter en soi ce que les autres sont en possibilité d’attendre. Mais que peut-on attendre d’un pauvre gueux ? En pleurant au désespoir, en revendiquant l’amitié pure et gratuite, le narrateur brandit un orgueil démesuré ; son apparente faiblesse devient signe de supériorité morale et lui donne la permission de se montrer brutal dans sa revendication d’amitié.


« Pour un peu d’affection, je partagerais ce que je possède : l’argent de ma pension, mon lit. Je serais si délicat avec la personne qui me témoignerait de l’amitié. Jamais je ne la contrarierais. Tous ses désirs seraient les miens. Comme un chien, je la suivrais partout. Elle n’aurait qu’à dire ma plaisanterie, je rirais ; on l’attristerait, je pleurerais.  
Ma bonté est infinie. Pourtant, les gens que j’ai connus n’ont pas su l’apprécier. »



Nous rencontrerons quelques-unes de ces personnes dans les différentes nouvelles qui constituent Mes amis. Chacune d’entre elles retrace le parcours du narrateur dans son choix d’une nouvelle proie amicale, dans les techniques de capture mises en œuvre, dans les désillusions réciproques –quoiqu’elles soient presque nulles du côté de « l’ami » qui n’a rien demandé- puis dans la séparation finale, qui se conclut avec une indifférence opposée à la quantité d’espoir investie par le narrateur lors de la rencontre. On se demande sans cesse ce que cherche vraiment celui-ci. Veut-il fuir l’ennui (« Je déjeune à une heure : l’après-midi me semble moins longue ») ? la solitude ? Cherche-t-il réellement l’affection d’autrui ? ou se contenterait-il seulement d’un peu de reconnaissance ?


« Mon imagination me crée des amis parfaits pour l’avenir, mais, en attendant, je me contente de n’importe qui »


Cet étrange roman de la prostitution amicale mettra peut-être en position dérangeante. Emmanuel Bove décrit tous les mécanismes –parfois inconscients- déployés par l’individu pour s’intégrer en société. Peut-être parce que son personnage en est trop conscient et qu’il en use sans aucune parcimonie, ses tentatives répétées de se lier à autrui échouent. Mes amis ne devrait pas être le titre d’un roman consacré à la solitude et pourtant, ne sommes-nous pas aussi contradictoires lorsque nous utilisons abusivement de ce qualificatif pour des personnes qui ont cessé d’être nos amies mais vis-à-vis desquelles nous continuons de feindre l’attachement par habitude ou par sécurité ? Le narrateur ne s’arrête pas à de pareilles craintes et se détache d’autrui sans douleur autre que celle qu’il éprouve pour lui-même et pour la solitude monadique que nous ressentons tous, dans une proportion inverse au nombre d’amis que nous croyons sincèrement pouvoir revendiquer.


« Je m’assois sur une chaise –une chaise de jardin qui se plie- et je pense à l’avenir.
Je veux croire qu’un jour je serai heureux, qu’un jour quelqu’un m’aimera.
Mais il y a déjà si longtemps que je compte sur l’avenir ! »



Sur ces réflexions vagues et incertaines, Emmanuel Bove signe la fin de nouvelles troublantes qui oscillent entre cruauté et abandon. Mieux vaut être seul que mal accompagné… même si tout le monde préfère malgré tout être accompagné.





Citation :
J’avais un mal de tête violent. Je songeai à ma vie triste, sans amis, sans argent. Je ne demandais qu’à aimer, qu’à être comme tout le monde. Ce n’était pourtant pas grand-chose.
Puis, subitement, j’éclatais en sanglots.
Bientôt, je m’aperçus que je me forçais à pleurer.
Je me levai. Les larmes séchèrent sur mes joues.
J’eus la sensation désagréable qu’on éprouve quand on s’est lavé la figure et qu’on ne se l’est pas essuyée.


*peinture de George Grosz

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shanidar
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MessageSujet: Re: Emmanuel Bove   Mer 31 Juil 2013 - 23:18

Oui mais... tu as aimé Coli ?
C'est très étrange, je suis absolument sûre d'avoir déjà lu Emmanuel Bove mais je suis incapable de retrouver le titre du recueil de nouvelles que j'ai lu...

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MessageSujet: Re: Emmanuel Bove   Jeu 1 Aoû 2013 - 14:35

après Béatrix Beck, c'est Emmanuel Bove qu'on recommande chez le Nouvel Observateur pour lecture d'été...
il y aurait un parfumé qui travaille chez eux?? Wink

La bibliothèque de l'été : «Mes amis», ça fait un effet Bove !

source et suite

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MessageSujet: Re: Emmanuel Bove   Ven 2 Aoû 2013 - 15:09

shanidar a écrit:
Oui mais... tu as aimé Coli ?
C'est très étrange, je suis absolument sûre d'avoir déjà lu Emmanuel Bove mais je suis incapable de retrouver le titre du recueil de nouvelles que j'ai lu...

Oui ! J'ai adoré ! Oh, ne me dis pas que ça ne se ressent pas dans ce que j'ai écrit ! Very Happy

kenavo a écrit:
après Béatrix Beck, c'est Emmanuel Bove qu'on recommande chez le Nouvel Observateur pour lecture d'été...
il y aurait un parfumé qui travaille chez eux?? Wink

La bibliothèque de l'été : «Mes amis», ça fait un effet Bove !

source et suite

Marrant, je m'intéressais justement à Béatrix Beck également, après avoir lu qu'elle avait été édité par le même homme que Jean-Pierre Martinet...
De bons conseils pour cet été dans le Nouvel Obs on dirait...

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Constance
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MessageSujet: Re: Emmanuel Bove   Mar 6 Aoû 2013 - 15:06

@ Coli

Après lecture de ton commentaire de "Mes amis", je ne comprends pas en quoi le comportement de Victor Bâton serait "malsain", d'autant qu'à aucun moment, Bove ne porte un jugement moral sur son anti-héros.
Par ailleurs, peut-être faudrait-il préciser que l'action ou plutôt l'inaction se situe en 1921, soit trois ans après la fin de la guerre de 14-18, dans une société à peine convalescente, et que Victor Bâton est un mutilé de guerre qui survit avec une pension d'invalidité. Du début à la fin du roman, le traumatisme autant psychologique que social et économique de cette guerre apparaît d'ailleurs en filigrane.
De même, le rôle des femmes en est totalement occulté, alors que la construction rigoureuse du roman les met en scène dans chaque "aventure" de Bâton. Que recherche Bâton ? L'amitié ou l'amour ?
L'affaire n'est pas si simple qu'il y paraît. sourire 
Quant à l'écriture de Bove, chaque mot, chaque phrase sont pesés, pensés, pour parvenir à une implacable concision. Par l'analyse subjective sur le regard que porte Bâton sur lui-même, mais aussi et surtout par le regard qu'il porte sur les autres, Bove a apporté un souffle nouveau qui a révolutionné la psychologie du personnage romanesque.  
Sinon, il est effectivement le romancier de la défaite sociale, de la faillite intime, avec un sens aigu de l'observation. Néanmoins, son humour raffiné ne peut échapper à qui sait lire entre les lignes.
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MessageSujet: Re: Emmanuel Bove   Jeu 8 Aoû 2013 - 20:45

Constance, je suis tout à fait d'accord avec toi... Mes amis est un livre qui doit aussi se lire entre les lignes, et c'est la raison pour laquelle je l'ai trouvé génial. Que le comportement de Victor Bâton soit "malsain" (d'après mes termes) n'est pas une critique... on peut être malsain, et avoir de bonnes raisons de l'être, en l'occurrence, comme tu le précises, le contexte historique, politique et social des années d'après guerre.

Quant à ce que recherche précisément Victor... amour ou amitié ? amour-propre ou véritable altruisme ? On ne le sait jamais... cela contribue aussi à cette atmosphère "malsaine", en tout cas ambiguë, qu'on peut également ressentir quotidiennement soi-même dans ses relations à autrui.

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MessageSujet: Re: Emmanuel Bove   Sam 10 Aoû 2013 - 10:05

Il me semble que toute innovation dans l'histoire de la littérature, s'inscrit dans un contexte historique, d'ailleurs, en 1920, bien que le soit procédé narratif fût différent, Georges Duhamel fit paraître un roman dans la même veine que "Mes Amis", intitulé "Confession de minuit" (premier tome de "Vie et aventure de Salavin", qui en compte cinq)
L'on y retrouve un également un anti-héros, vivant dans la marginalisation, et s'auto-analysant de l'extérieur comme de l'intérieur
Après la première guerre mondiale, la crise de la foi religieuse provoqua une vacuité comblée par une introspection mettant à nu la condition humaine, ce dont Bove et Duhamel se firent l'écho. Ils furent en quelque sorte les précurseurs de l'existentialisme et du théâtre de l'absurde.

Voici comment le Salavin de Duhamel nous tend un miroir, qui nous renvoie à nous-mêmes. sourire 

"Ah ! monsieur, si je trompais le plus cruel de mes adversaires avec la moitié de la perfidie que j'apporte à me duper moi-même, je serais, en vérité, une canaille" (p.80)

"Je suis incapable d'amour, incapable d'amitié, à moins qu'amour et amitié ne soient de biens pauvres sentiments" (p.178)

"Ce n'est pas ma faute : je ne suis pas le maître. Ne m'accusez pas avant d'avoir fait un retour sur vous-mêmes" (p.179)


Pour info, il existe une adaptation cinématographique de "Confession de minuit" : ICI

Enfin, il serait injuste de ne pas citer Edouard Dujardin qui, en 1887, inventa le monologue intérieur dans son roman "Les lauriers sont coupés". Joyce, Fuentes, Faulkner, Queneau, Woolf, Beckett, et nombres d'auteurs reprirent ce procédé qui modifia en profondeur la littérature mondiale.
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Marko
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MessageSujet: Re: Emmanuel Bove   Lun 12 Aoû 2013 - 0:45



Je vois Bove comme un précurseur de Patrick Modiano, avec son goût pour les quartiers périphériques, pour les marginaux discrets, qui ne sont pas tant des anti-héros que des déserteurs. De magnifiques êtres de refus, un refus d'autant plus formidable qu'il est sans effet, sans esbroufe - refus même de convaincre ou de s'expliquer (...) La fameuse "petite musique" de ces auteurs discrets devient une ligne de basse qui accompagne chaque phrase et qui, l'air de rien, fait trembler les mots. Une langue souterraine, puissante sous son silence apparent. Peu de métaphores, pas de "poésie", pas de recherche narrative "visible", mais une sorte d'antidote à tout discours conventionnel. De ces livres-là, dépourvus d'emphase, il reste un goût, un poids, une douceur triste, et quelque chose comme de l'amour et de l'innommé.
Marie Darrieussecq (préface du roman "Le pressentiment")

Citation :
A Paris, dans les années 30, Charles Benesteau décide de quitter famille, amis, situation et richesse pour chercher la liberté dans la solitude et l'exil intérieur. Il rejette un monde cruel et incapable d'un geste désintéressé. En rompant avec son passé, il rompt avec son milieu social, mais changer de vie ne parait extraordinaire que pour les autres. Ceux qui l'entourent ne sont guère différents du monde qu'il a quitté, ils sont seulement plus pauvres. Pris dans une spirale infernale, Charles Benesteau - antihéros emblématique de l'œuvre d'Emmanuel Bove - ne pourra échapper à la méchanceté et à la cruauté qu'il a voulu fuir.
Il trouvait le monde méchant. Personne n'était capable d'un mouvement de générosité. Il ne voyait autour de lui que des gens agissant comme s'ils devaient vivre éternellement, injustes, avares, flattant ceux qui pouvaient les servir, ignorant les autres. Il se demandait si vraiment, dans ces conditions, la vie valait la peine d'être vécue et si le bonheur n'était pas plutôt la solitude que ces misérables efforts qu'il lui fallait pour tromper son entourage.

L'excellente préface de Marie Darieussecq exprime bien la singularité, la simplicité en même temps que la force de ce court roman au style épuré qui a séduit des auteurs comme Peter Handke ou le cinéaste Wim Wenders. Charles Benesteau fait partie de ces personnages qui semblent en décalage avec le monde, observateurs devenus trop lucides d'une réalité humaine apparaissant soudainement ou insidieusement avec une terrible évidence. Comme en font souvent l'expérience bien des personnes traversant une dépression ou les anti-héros de ces romans au bord de l'inquiétante étrangeté qui peuplent les oeuvres de Camus, Kafka, Melville (Bartleby), Topor (Le locataire chimérique) ou Handke. Darrieussecq cite aussi Hawthorne avec la nouvelle Wakefield.

On pourrait croire au départ que le roman est une charge contre les codes de la société bourgeoise que Benesteau rejette. Mais les milieux plus défavorisés n'offrent pas davantage de libération ou d'espoir. Les mêmes schémas se répètent et la tranquillité tant recherchée semble impossible. Les plus généreux en apparence masquant un besoin de reconnaissance ou une volonté de domination tyrannique sur les autres sous couvert de bons sentiments.  L'égoïsme et l'intolérance se révélant très rapidement. Même la gamine qu'il tente de sortir de la misère se montre indifférente et ingrate.

Cette vision désenchantée du monde pourrait sembler caricaturale s'il n'y avait l'écriture d'Emmanuel Bove qui rend le glissement progressif de ce personnage vers l'effacement particulièrement évident. Car ce fameux "pressentiment" que la famille envisage comme l'explication de son comportement (une anticipation supposée de sa mort prochaine) peut aussi se voir comme la prise de conscience du vide existentiel absolu que constitue la vie de chacun dans sa plus totale solitude. Le lien à l'autre semblant toujours une illusion décevante. Je ne peux pas m'empêcher de voir dans le discours mélancolique des dépressifs la prise de conscience effrayante que le monde et les autres n'ont pas de sens. Et que pour être heureux il faut accepter la folie que représente l'organisation sociale dans ses conventions absurdes. Mais j'extrapole un peu. Benesteau n'est pas présenté comme un dépressif mais bien comme ce "déserteur" dont parle Marie Darrieussecq, celui qui ose s'affranchir et qui dérange. Un livre implacable dans sa linéarité transparente.

En rompant avec le passé, il s'était imaginé qu'aucun de ses gestes aurait de conséquences, qu'il serait libre, qu'il n'avait plus jamais de comptes à rendre. Or, il s'apercevait à présent qu'il lui était impossible de ne pas se singulariser, où qu'il se trouvât. Chacun de ses actes continuait d'être l'objet d'un examen. Pourtant on ne pouvait rechercher l'effacement plus qu'il ne le faisait.

A noter que le livre a été adapté au cinéma avec Darroussin...

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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MessageSujet: Re: Emmanuel Bove   Lun 12 Aoû 2013 - 1:26

Darroussin a écrit une préface vraiment belle au Préssentiment. Du moins dans l' édition que j' ai,
Le Castor astral...
J' en citerai quelques extraits...

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MessageSujet: Re: Emmanuel Bove   Lun 12 Aoû 2013 - 10:21

Documentaire sur la vie d'Emmanuel Bove:


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