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 Des nouvelles du Mexique - Collectif -

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Bédoulène
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Bédoulène

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MessageSujet: Des nouvelles du Mexique - Collectif -   Des nouvelles du Mexique - Collectif - Icon_minitimeMar 29 Déc 2015 - 1:03

Des nouvelles du Mexique
Avec une préface intéressante de Gaudry François sur les écrivains du Mexique, leur tendance par exemple la onda ou les écrivains du « crack »

Je ne suis pas fan des nouvelles mais  je reconnais avoir été impressionnée  agréablement par celles proposées par les écrivains. Certaines  ressortant du fantastique, du quotidien,  de l’érotisme, toujours  soutenu par de l’humour même grinçant.

Je ne peux commenter chaque nouvelle car il y en a une trentaine, cependant  j’en choisis quelques unes :

José de la Colina : Le voyage
C’est un bien étrange voyage que fait Ignacio Olguin en empruntant le métro pour suivre une jolie fille qu’il croise ; un parcours qu’il a quelquesfois fait mais curieusement il n’en reconnait pas les stations ; il descend donc à la même station qu’ elle. Elle ressemble à l’Elsa de son adolescence, là cet imeuble il le connait mais le croyait détruit depuis longtemps ; ce vieil homme il le reconnait aussi. Il aborde donc  Elsa car c’est bien elle, ils se remémorent leur jeunesse, il promet de revenir.
Mais un jeune homme le menace s’il revient : tu n’es plus d’ici !
Il retrouve son véhicule garé avant de prendre le métro  et dans le rétroviseur aperçoit le visage de l’homme menaçant, « C’est le visage d’un jeune homme mort qui le regarde fixement et le hait : c’est celui d’un garçon de 14 ou quinze ans, son propre visage, celui de Nacho Olguin,  celui d’ alors !
C’est une nouvelle fantastique, très bien amenée.

Rosa Beltran : Manuel d’auto-assistance à l’usage des Chinois

Une jeune femme qui appartient au « corps de police » propose à Huni, le roi des affaires louches  de partager avec lui le brevet  d’un  jouet qui devrait plaire aux femmes. Elle devient la maîtresse d’Huni  (d’ origine chinoise) qui apprend qu’elle est mariée avec le commandant  de police., ce qui refroidit  son humeur. Le père d’Huni  lui a demandé  de recruter des femmes pour l’exportation, devant sa réticence il assène un argument pour lui irréfutable :
« De nouveau il cite en exemple le citoyen chinois Wu Yon Lin, qui pour deux mille quatre cents pesos mexicains a obtenu le monopole de l’utilisation de la Vierge de Guadalupe. Si on a pu faire du commerce avec  la seule femme intouchable de ce pays, pourquoi on ne pourrait pas avec les autres !
Huni ruse et lorsque l’annonce de l’arrestation du commandant de police parait son associé préfère tout abandonner et le quitter. Huni se trouve donc débarassé de son associé et du mari de sa maîtresse. La voie est libre ;  mais il apprend alors par sa bouche qu’elle est séparée de son mari depuis longtemps et vit avec ………………………la commandante Dalia, bras droit du commandant.

Guillermo Fadanelli : Le jardin des aveugles

L’ Avenue est l’élément le plus emblématique de la ville, mais il semble aussi qu’elle soit  énigmatique,  d' une étrange réputation ; bien que les arbres soient imposants aucun oiseau ne s’y perche et les canards n’aiment pas vivre sur le lac du bois proche.
Le narrateur se prépare à la vieillesse en y  parcourant tous les jours 4 kms. Une construction  imposante est annoncée et déjà une grande excavation  s’est faite qui trouble le promeneur pas sa profondeur.
« Au fur et à mesure que l’ouvrage avançait  sa santé diminuait. »
C’est au 40ème étage de la construction  qu’il apprit l’assassinat de son frère. Il fait une dernière promenade dans le Jardin des Aveugles avant de s’enfermer des semaines chez lui.  Quand il ressort, et bien qu’il n’ait que 40 ans la glace lui renvoit l’image du vieillard qu’il est devenu en quelques mois. Il se contente donc de se promener, comme un vieux,  sur l’avenue, découvrant les étals. Il aperçoit alors l’imposante construction , le plus haut gratte-ciel du pays. C’est devant le lac aux eaux dormantes qu' il sent son squelette se briser. Il n’a jamais voulu connaître l’assassin de son frère et ne le saura jamais.

Encore un personnage esseulé, et  la course  inexorable du temps.

Eduardo Antonio Parra : Le plaisir de mourir

C’est à l’âge de  12 ans que Roberto découvre  les plaisirs du sexe avec la bonne de la maison. A la mort de ses parents son héritage lui permet d’assouvir son envie de liberté, «  le plaisir, jouir du maximum de plaisir que la vie puisse offrir à un homme. »
C’est ainsi donc qu’il avance dans l’âge toujours à la recherche du plaisir, conforté par les adjuvants qui lui permettent d’ assurer , de fantasmer sur la jouissance : l’alcool et la drogue. Cependant le souvenir de la première fois le hante, il n’est rien qu’il n' est tenté mais rien aussi qui n' ai  égalé ce premier plaisir. Il décide alors de trouver la jouissance inconnue « la seule, ce qu’il pourrait considérer comme son chef-d’œuvre : le plaisir de la mort. »
C’est  un fantasme qu’il connaîtra avec la mort, pas la sienne mais celle de sa partenaire car évidemment lui doit continuer à vivre pour jouir de ce souvenir.

Des mots sans  contrainte mais utile à ce sujet.

Ignacio Padilla : Symptômes d’un mal patibulaire

Un  adolescent est instruit par son père du devoir de bourreau, car il doit lui succéder, cette charge est  un héritage de famille.  L’ angoisse de l’enfant est insoutenable car il rejette l’idée.
« La nuit seulement Andreas pouvait s’abandonner à la douleur, alors seulement il pouvait se soumettre à la métaphore effroyable de son souffle pour que personne ne puisse jamais corrompre les règles et le destin  que mon père s’acharnait à lui imposer. »

La rebellion d’Andreas se manifesta en étant cruel envers les animaux, ce qui m’éloigna de lui dit le narrateur, en  lisant des auteurs interdits dans la maison et autres  délits, lesquels conduisirent à son arrestation. Le père fit tout ce qu’il pu pour  obtenir son amnistie, en vain, d’ailleurs Andreas ne la réclamait pas.
Le cadet, c’est—dire le narrateur , atteignit à cette époque l’âge de prendre la relève du métier. C’est ainsi qu’après les recommandations du père il  abaissa pour la première fois le levier de la potence .
« Voici comment je commençais mon idylle avec la mort, tandis que mon père s’arrachait l’âme d’une balle dans le cœur de son labyrinthe.

Jorge Volpi : La voix d’Orson Welles et le silence de Don Quichotte

« Dans un coin perdu de la manche dont je ne veux pas me rappeler le nom… «  ainsi commence et fini le récit.

L’auteur fait une analyse intéressante  et comparative entre les versions cinématographiques de Don Quichotte ; la version d’Orson Wells, celle de  Jésùs Franco qui a cru devoir  se servir des notes d’Orson Welles  pour présenter son film et celle de Terry Gilliam qui  n’ a pu aboutir à cause des conditions climatiques et de l’ hospitalisation de Jean Rochefort, lequel était pourtant le Quichotte le plus vraisemblable.
Il y a eu plusieurs versions de Don Quichotte mais Welles lui voulait un personnage muet, il serait la voix qui raconte car en fait c’ était Cervantès qui l’intéressait, c’était un projet intéressant mais inachevé.

En résumé il semble que les personnages de Cervantès doivent rester des créatures littéraires, art où elle s'expriment avec bonheur !

Les autres nouvelles diverses et intéressantes étaient écrites par :

Jorge Ibargüengoitia -  José Agustin – Antonio Sarabia – Luis Arturo Ramos – Guillermo Samperio – Elmer Mendoza – Paco Ignatio Taibo II – Eusebio Ruvalcaba – Alberto Ruy Sanchez – Daniel Sada – Monica Lavin – Fabio Morabito – Juan Villoro – Xavier Velasco – Enrique Serna – Mauricio Molina – Mario Bellatin – Ana Garcia Bergua – Ana Clavel – David Toscana – Mario Gonzalez Suarez -  Eloy Urroz – Alvaro Enrique – Fernando de Leon – Socorro Venegas – Miguel Tapia Alcaraz


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shanidar
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MessageSujet: Re: Des nouvelles du Mexique - Collectif -   Des nouvelles du Mexique - Collectif - Icon_minitimeMar 29 Déc 2015 - 10:40

Merci Bédou, je connais quelques uns des noms que tu cites ; mais tu me redonnes envie d'aller visiter l'Amérique Centrale !! Arriba !

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MessageSujet: Re: Des nouvelles du Mexique - Collectif -   Des nouvelles du Mexique - Collectif - Icon_minitimeMar 29 Déc 2015 - 15:15

Des nouvelles du Mexique - Collectif - Mexiqu10

Je suppose qu' il s' agit bien de l' édition de Métailié publiée en France en 2009. C'est une bonne initiative, d' abord parce qu' Anne-Marie
Métailié est une excellente éditrice et qu' elle connait bien ce dont elle parle et ce qu' elle édite.
Enfin, parceque la littérature mexicaine n' est que partiellement traduite et connue en France.



Pour ceux qui  seraient interessés, Babélio a sélectionné 94 titres sur le thème de la littérature mexicaine.

www.babelio.com/livres-/litterature-mexicaine/16088

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MessageSujet: Re: Des nouvelles du Mexique - Collectif -   Des nouvelles du Mexique - Collectif - Icon_minitimeMar 29 Déc 2015 - 16:13

oui il s'agit de ce livre Bix

merci pour le lien


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MessageSujet: Re: Des nouvelles du Mexique - Collectif -   Des nouvelles du Mexique - Collectif - Icon_minitimeDim 3 Avr 2016 - 19:09

Eduardo Antonio Parra : Le plaisir de mourir

Je l'ai lu dans les Limites de la nuit, édition Zulma.
C'est sûrement une de mes nouvelles préférée du recueil, le lecteur plaçait comme voyeur face au couple et aussi dans les souvenirs de Roberto, c'est sensuel, enivrant, c'est celle qui m'a fait penser à Bukowski.
Citation :
Les doigts de Roberto parcourent la peau et s'arrêtent sur une fesse, ils se crispent en un pincement lubrique, elle gémit et relève son derrière pour qu'il puisse atteindre son objectif.
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MessageSujet: Re: Des nouvelles du Mexique - Collectif -   Des nouvelles du Mexique - Collectif - Icon_minitimeLun 4 Avr 2016 - 0:44

je vais jeter un oeil sur le livre que tu cites, merci !

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