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 Martha Gellhorn

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Chamaco
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MessageSujet: Re: Martha Gellhorn   Martha Gellhorn - Page 3 Icon_minitimeSam 30 Avr 2016 - 11:56

Parcouru succintement "La guerre de face", elle y traite de la Guerre d'Espagne, la Guerre en Finlande, la Guerre en Chine, la Deuxième Guerre Mondiale qui se termine par un chapitre sur Dachau, elle relate ce qu'elle a vu et il n'y a pas de mots pour qualifier l'inqualifiable, le mot horreur semble dérisoire et bien petit, la seule chose que je puis en dire après avoir lu ces huit pages :quel salaud il faut être pour nommer ces atrocités "un détail de l'histoire" on devrait mettre le livre de Gellhorn entre toutes les mains et le recommander en cours d'histoire au lieu de faire des ronds de jambes, excusez moi mais je suis révolté....
reprennons : la Guerre à Java, la Guerre au Vietnam, la Guerre des Six Jours,les Guerres en Amérique Centrale...Comment cette femme a t'elle pu faire pour tenir le coup...?
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shanidar
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MessageSujet: Re: Martha Gellhorn   Martha Gellhorn - Page 3 Icon_minitimeSam 30 Avr 2016 - 12:05

Peut-être est-ce sa propre 'révolte' qui la conduisait vers les points chauds de la planète et que le filtre du journalisme l'aidait à garder une certaine objectivité ??

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Martha Gellhorn   Martha Gellhorn - Page 3 Icon_minitimeMer 31 Aoû 2016 - 19:06

Chamaco a écrit:
Ce qu'en dit l'éditeur :

Citation :
Avec une qualité littéraire indéniable et une immense liberté de ton, Martha Gellhorn raconte, dans Mes saisons en enfers, ses pires épopées.

Premier voyage : en 1941, Martha Gellhorn est missionnée sur le front chinois entre Hong Kong et Canton par le magazine Collier’s pour couvrir la guerre sino-japonaise. Elle est accompagnée par un « compagnon réticent », qui n’est autre qu’Ernest Hemingway, avec qui elle était alors mariée. Ballottée de conférences en cérémonies officielles, dans un pays hostile et détrempé, elle rencontre aussi bien Tchang Kaï-Chek que Zhou Enlai.

Deuxième voyage : Martha Gellhorn se lance à la poursuite des U-Boots nazis dans les Caraïbes, passant d’île en île, dans une quête incessante du sous-marin ennemi.

Troisième voyage : il relate le lent naufrage d’un grand rêve — la traversée d’ouest en est de l’Afrique, le long de l’équateur. Périple tant espéré et tant idéalisé, qui sombre dans une terrible confrontation avec la dure réalité du terrain.

Quatrième voyage : Martha Gellhorn se rend à Moscou, dans la Russie soviétique, pour rencontrer Nadejda Mandelstam, la veuve du poète Ossip Mandelstam.

Cinquième voyage : Martha Gellhorn raconte l’un de ses nombreux séjours en Israël, et y disserte, avec esprit, sur la notion d’ennui — l’ennui chez soi, comme moteur au voyage, l’ennui en voyage, comme moteur pour rentrer chez soi.

Dans chacun de ces récits, Martha Gellhorn déploie, avec une joyeuse fureur et une écriture des plus toniques en même temps qu’élégante, toute l’ampleur de son humour noir, de son ironie désabusée, sans concession pour elle-même, ni pour la marche du monde.
Cet ouvrage est comme un flamboyant résumé d’une vie faite d’écriture, de voyages et de reportages. Pour le lecteur français, il sera une idéale introduction au travail d’un des plus éminents écrivains et reporters de guerre du vingtième siècle."
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Devant patienter dans un hôtel aux portes du Luberon dans l’attente de signer mon bail,  et d’obtenir les clés,  j’ai ouvert le livre de Martha Gellhorn pour occuper les heures, bien m’en a pris  :

j’ai terminé le premier voyage de cette auteure intitulé « les tigres de Monsieur Ma» relation de son expédition dans la Chine de Tchang Kaï-Chek, maître de guerre dans l’épisode sino-japonais.
Martha correspondante du magazine Collier’s y a entrainé Hemingway visiblement contre le gré de ce dernier :
il ne se gênera pas de le lui rappeler, leur voyage consiste à se rendre auprès des autorités militaires chinoises sur un front qui en fait ne sera jamais palpable, l’activité japonaise consistant principalement en des bombardements à périodes régulières.
Cependant Martha Gellhorn accomplira sa mission dans un voyage effroyable et dans les pires conditions, voyage agrémenté cependant par le comportement particulier de son compagnon réticent.

Au cours de cette lecture j’ai aimé l’écriture et surtout l’humour qui se dégage de ce récit, humour qui m’a amené à rire tout seul en pleine nuit, au risque de reveiller les voisins, je vous livre un de ces passages :

Citation :

«...je ne me rendis pas compte que la réception avait tourné au concours d’alcool. CR (Hemingway) seul contre quatorze officiers chinois. L’un d’eux se leva et porta un toast auquel CR répondit ; puis deux autres vidèrent leur verre cul sec. L’épouvantable alcool de riz jaunâtre, la vodka des Chinois. Quand l’un des officiers se rasseyait, un autre se levait, obligeant CR à cracher une poignée de grands mots, puis à vider un nouveau verre. Une fois que les quatorze officiers eurent achevé la première salve, il repartirent aussitôt au combat, CR, passablement essouflé, ressemblait à un homme en passe de gagner une bagarre pourtant perdue d’avance.
Peu à peu, certains des officiers écarlates, se mirent à glisser sous la table ; d’autres viraient au blanc verdâtre, et s’écroulaient d’un coup, comme frappé par une balle. CR restait planté sur ses jambes, tel Atlas. Je grommelai entre mes dents qu’il allait avoir une attaque, cela en valait il la peine, le patriotisme n’est pas tout, souviens-toi d’Edith Cavell. Mais il étincelait de la fierté du combat. Il n’était pas question ici de l’honneur des Etats-Unis : c’est son honneur personnel qui était en jeu, il était bien décidé à prouver qu’il tenait mieux l’alcool que tous ces hommes, dût-il en mourir. Le Général Wong était devenu violet, ses yeux étaient humides et il avait de la peine à se concentrer, si bien que lorsqu’il se levait en vacillant, il n’adressait plus ses toasts à CR, mais au mur.....»

j'ai vraiment aimé ce premier voyage cauchemardesque. Et de fait le Compagnon Réticent a été un atout pour Martha (il ne s'est pas tapé que l'alcool mais aussi bien plus qu'elle a été présent aux multiples obligations de civilité). Que de moments difficiles dans la Chine d'alors, sale, nauséabonde, incompréhensible. Martha et CR ne verront rien du front puisqu'effectivement il n'y a pas vraiment d'affrontements entre les armées de Tchang KaÏ Chek et les Japonais, lesquels trouvent leurs positions suffisantes et se contentent de jeter quelques bombes comme pour confirmer qu'ils sont les ennemis. Martha comprendra des décennies plus tard que le Généralissime craignait plus les Communistes qui avaient la faveur du Peuple que les Japonais.
Martha est effarée devant le dénuement du Peuple, son ignorance, les conditions de vie déplorables. Si ce voyage est un enfer cela le doit notamment au manque de moyens de transports, à l'absence d' infrastructure qui vaudront au couple des moments mémorables, et le "secours" de leur idiot d'interprète.
Heureusement que l'humour fait passer beaucoup de maux.
CR dira par exemple à la sortie d'un vol tumultueux, à Martha : "Tu sais M pour quelqu'un qui ne croit pas en Lui, tu as quand même été en contact sacrément étroit avec le Seigneur depuis ton arrivée en chine."

En effet, chaque délivrance amenait M à : Dieu merci !

Parlant du Généralissime Tchang KaÏ Chek : "Il ne m'inspira aucune sympathie, mais plutôt de la compassion : il n'avait plus de dents. Lorsque j'en parlai par la suite à l'un des pontes de l'ambassade américaine, celui-ci s'émerveilla de l'insigne honneur qui nous avait été fait : c'était le plus grand des hommages que d'être reçu par le Généralissime sans son dentier.

M. conclut ce chapitre : J'avais raison sur un point, en Orient un monde était en train de disparaître. (en Chine, à Singapour etc...)

le prochain voyage plus tard (pas question de quitter M !)

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Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour soi est un esclave. » Friedrich Nietzsche
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MessageSujet: Re: Martha Gellhorn   Martha Gellhorn - Page 3 Icon_minitimeMer 31 Aoû 2016 - 19:42

Bonsoir, quel plaisir d'apprendre que tu abordes les rivages de Martha, tu y verras de belles lectures
amitiés
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