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 Patrick Modiano

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Babelle
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MessageSujet: Re: Patrick Modiano   Mar 1 Avr 2008 - 19:53

Sophie a écrit:
DANS LE CAFE DE LA JEUNESSE PERDUE
... e voilà réconciliée avec Modiano qui a su me toucher grâce à l'histoire, bien anodine au départ et qui va crescendo dans les évènements. Le récit à 4 voix m'a plu, d'autant qu'on ne sait qu'au fur et à mesure de la lecture qui raconte
Merci Sophie! Je craignais pour ma part d'y retrouver ce qu'on connait déjà. Je vais peut-être m'y mettre, finalement.
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animal
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MessageSujet: Re: Patrick Modiano   Mer 23 Avr 2008 - 21:57

Fleurs de ruine

petite lecture... légère, pas désagréable, extrêmement décousue, sans finalité apparente, à part peut être ces petits hasards qui se croisent après coup. mieux vaut éviter d'essayer de recoudre autour de ces petits points ? est ce vraiment nécessaire ?

bizarre d'en avoir construit l'air de rien un petit ensemble, à suivre des chemins, des histoires, des personnes ... et les retrouver.

pas désagréable, flottement. diversion, pensée égarée. je ne vois pas quoi vous dire d'autre. il y a des petites phrases, moment ou petites phrases, j'ai moins relevé que dans les autres.

tout de même :

Citation :
Elle me souriat et ses yeux bleu pervenche se posaient sur moi.
- Sois tranquille, mon petit vieux...
Le bruissement doux et rauque de sa voix dissipait mon inquiétude.

ce que je retiendrais le plus, la voix de la Danoise...

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kenavo
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MessageSujet: Re: Patrick Modiano   Dim 24 Aoû 2008 - 23:52

surpris Le fil de Patrick Modiano se trouve sur la 2e page de nos auteurs français nonnon mais cela ne va pas Wink

Il y a bientôt (28/08/08 ) du nouveau - pas de lui - mais sur lui.. et comme il sera le sujet principal de ce livre, je le présente sur son fil Wink


Nadia Butaud, Patrick Modiano
Citation :
Résumé du livre
Nadia Butaud part en quête des échos qui traversent les romans de Patrick Modiano. Elle en dégage les lignes de force, les harmonies majeures et les thèmes du temps, du lieu et de l'identité qui mènent de 'La Place de l'étoile' au 'Café de la jeunesse'. A cet essai est joint un document sonore rare : 'Radioscopie' avec Jacques Chancel en 1972 : Patrick Modiano n'a alors que 25 ans...


Citation :
Retour sur l'oeuve de Patrick Modiano

"Comme tous les gens qui n’ont ni terroir ni racines, je suis obsédé par ma préhistoire. Et ma préhistoire, c’est la période trouble et honteuse de l’Occupation : j’ai toujours eu le sentiment pour d’obscures raisons d’ordre familial, que j’étais né de ce cauchemar." Né un 30 juillet 1945 au sortir de l’Occupation d’un père d’origine juive italienne et d’une mère belge qui avaient vécu dans la clandestinité, Patrick Modiano explore cette époque qu’il n’a pas connue mais qui l’a enfanté. La monographie de la collection Auteurs qui lui est consacrée revient sur l’œuvre romanesque et l’univers insolite de l’écrivain.
On pourrait l’accuser d’être passéiste et d’écrire sur une époque qui n’est pas vraiment la sienne. Ou voir en lui un auteur de romans historiques. Patrick Modiano n’est rien de tout cela. L’Occupation, cette période qui constitue pour lui "le filet de l’acrobate", est par essence propice à un exercice qu’il maîtrise à merveille : sonder de manière obsessionnelle les zones d’ombre d’un passé crépusculaire, projetant un éclairage toujours différent, découvrant de nouveaux indices sans pour autant percer à jour le véritable mystère. À la manière d’un artiste qui répète ses gestes à l’infini, affinant, modifiant sans cesse son travail, l’écrivain-investigateur sculpte "[ce] blanc, [ce] bloc d’inconnu et de silence" que constitue le passé, s’appuyant sur ses non-dits et ses énigmes qu’il se refuse à élucider. Les rares personnages héroïques ou épisodes glorieux de cette période ont peu d’intérêt : Modiano leur préfère "cette société interlope de trafiquants et de déclassés" dont il démontre "le pourrissement et la lâcheté". Tel un équilibriste, il progresse sur la corde raide de la mémoire, à cheval entre réalité et fiction, faisant du flou et de la dualité les ressorts de sa création.
Miroirs du temps qui reste le véritable fil conducteur de son œuvre littéraire, les années abyssales de l’Occupation dans lesquelles le romancier se plonge et semble avoir trouvé son point d’attache sont un tremplin vers les années 1950-1960 qu’il habite physiquement. Souvenirs d’enfance, relation difficile au père, interrogations et troubles identitaires sont autant d’étapes qui scandent la quête éternelle, transposée d’un roman à l’autre, à différentes époques. Au rythme de la mémoire qui défie linéarité et chronologie, l’écriture fouille le passé, brouillant les cartes par des effets récurrents de surimpression, reconstituant une réalité temporelle propre à partir des différentes strates du souvenir. S’il permet de redonner une actualité et une réalité au passé, le souvenir ne parvient toutefois pas à suspendre le temps qui passe et qui amène toute chose à son terme : comme l’écriture, il est aussi l’incarnation d’une conscience nostalgique mais aigue de la temporalité. Tantôt apaisant, tantôt dérangeant, il est cet instant furtif où se télescopent passé, présent et avenir, il reste cet entre-deux atemporel dans lequel une réalité refait surface à l’improviste et par bribes seulement, menaçant de resurgir encore pour projeter son ombre inquiétante sur l’avenir.
Ce huis clos du souvenir n’est borné qu’en apparence : à chaque tentative, la mémoire emprunte des voies nouvelles, explorant des brèches inédites. Et c’est là que réside le génie de l’auteur : chaque roman invite à un voyage unique à travers des paysages temporels et topographiques en apparence familiers, pourtant assez mystérieux pour fasciner le lecteur et lui faire perdre pied. Si les lieux, les personnages et les relations qu’ils entretiennent entre eux produisent quelques interférences autobiographiques avec l’auteur, l’œuvre de Modiano ne se réduit pas à une introspection ou à un simple témoignage de sa propre vie. Les thèmes qu’elle aborde sont infiniment plus larges.
Malgré leur port d’attache situé tantôt dans les années noires, tantôt dans les années 1950 et 1960, les romans ont tous un étrange caractère familier. Peut-être l’œuvre de Patrick Modiano doit-elle tout simplement son parfum d’universalité à la multitude de variations qu’elle compose sur un thème sans cesse renouvelé : celui de la quête identitaire et de la fuite du temps

Laure Gravier
Source: ICI

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MessageSujet: Re: Patrick Modiano   Mar 4 Nov 2008 - 13:25

ah. en attendant de trouver quelques mots pour ce soir, je reparcours le fil et m'aperçoit qu'il n'y a pas de commentaire sur Chien de printemps... huhu. suspens jusqu'à ce soir...

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MessageSujet: Re: Patrick Modiano   Mar 4 Nov 2008 - 22:07

Chien de printemps

Le narrateur, lui (qui dit je), se souvient, d'une période transitoire, d'un début d'âge adulte où il a fréquenté un temps un photographe, Jansen, un peu mystérieux, plus âgé et expérimenté, ayant bossé avec Capa et de passage à Paris, avant de disparaitre pour l'Amérique du sud, comme du jour au lendemain mais pas trop...


Une histoire de souvenirs dans Paris, de gens, de hasards, de recherches, de rangements, d'images, de dates, de lieux... comme d'habitude donc et avec cette même quête de soi. Variantes : un rapport plus léger à la seconde guerre mondiale et à l'occupation et d'autres choses mais j'y reviens. Plus léger et assez tranquille bizarrement, très doux, un peu dans le doute mais plus distancié, ce qui est un peu paradoxal. Il délaisse l'enfance pour se concentrer sur le début de vie d'adulte automne, se cherchant une voie. Ce Jansen, charismatique et énigmatique fait un peu office de mentor, on ressent assez bien le côté affectif de la relation. L'autre chose qui a titillé mon attention par rapport à mes autres lectures de Modiano, c'est que sa présence physique apparait. Il bouscule un bonhomme, se prend une claque ou un pain... du coup on tente d'imaginer à travers tous ses souvenirs, ses pensées, cet espèce de grand gars qui en risquerait presque de devenir palpable. C'est sans doute aussi dans ce texte là que je me suis le plus glissé dans le rapport aux lieux et à Paris peut-être.

Il semble que ce ne soit pas conseillé Chien de printemps pour faire connaissance avec l'auteur, c'est bien possible, n'empêche moins "marqué" que d'autres textes, c'est pour ses petites différences que je m'en souviendrais et pour les petites billes en plus qu'il semble donner sur cet univers.

Citation :
Vers la fin de la soirée, l'atmosphère s'est détendue. Il faisait encore jour et Eugène Deckers, qui essayait de mettre un peu d'animation, a proposé que nous prenions un verre dehors, sur le banc, devant l'atelier. Nous sommes tous sortis, en laissant la porte de l'atelier entrouverte. Aucune voiture ne passait plus rue Froidevaux. On entendait les feuillages frissonner sous la brise de printemps et la rumeur lointaine de la circulation vers Denfert-Rochereau.
Deckers apportait un plateau chargé d'apéritifs. Jansen, derrière lui, traînait l'un des fauteuils de l'atelier qu'il disposait au milieu du trottoir. Il le désignait à Mme de Meyendorff pour qu'elle y prenne place. C'était brusquementle Jansen d'autrefois, celui des soirées en compagnie de Robert Capa. Deckers jouait au maître d'hôtel, son plateau à la main. Lui aussi, avec ses cheveux bruns bouclés et sa tête de corsaire, on l'imaginait bien participant à ces soirées agitées que m'avait racontées Jansen et au cours desquelles Capa l'entraînait dans sa Ford verte. Le malaise du début de la soirée se dissipait. Le docteur de Meyendorff était sur le banc aux côtés de Jacques Besse et lui parlait de sa voix douce. Debout sur le trottoir, et tenant leur verre, comme pour un cocktail, Mme de Meyendorff, Jansen et Deckers poursuivaient une conversation. Mme de Meyendorff a fini par s'asseoir, là, en plein air, sur le fauteuil. Jansen s'est retourné vers Jacques Besse :
- Tu nous chantes Cambriole ?
Ce morceau composé à vingt-deux ans, avait jadis attiré l'attention sur Jacques Besse. Il avait même fait figure de chef de file d'une nouvelle génération de musiciens.
- Non. Je n'ai pas envie...
Il a eu un sourire triste. Il ne composait plus depuis longtemps.
Leurs voix se mêlaient maintenant dans le silence de la rue : celle, très douce et très lente, du docteur de Meyendorff, la voix grave de sa femme, celle, ponctuée de grands éclats de rire, de Deckers. Seul, Jacques Besse, son sourire aux lèvres, restait silencieux sur le banc à écouter Meyendorff. Je me tenais un peu à l'écart et je regardais vers l'entrée de la rue qui coupe le cimetière : peut-être le Mime Gil allait-il faire son apparition et se tenir à distance, les bras croisés, croyant que Nicole viendrait nous rejoindre. Mais non.
A un moment, Jansen s'est approché et m'a dit :
- Alors ? Content ? Il fait beau ce soir... La vie commence pour vous...
Et c'était vrai : il y avait encore toutes ces longues années devant moi.

Oui le côté "période de transition" est appuyé et on pourrait chipoter sans doute en se lançant dans une déconstruction. ça serait dommage, ces quelques pages sont attachantes, il le rend très bien cet attachement, encore.

Un quelque chose sur le détachement aussi en opposition avec son attachement, différent de celui de la phrase juste au dessus, quoique, au moins son attachement plus "factuel" au monde.

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MessageSujet: Re: Patrick Modiano   Mer 5 Nov 2008 - 18:21

Merci pour tes impressions Animal.. ce livre est un de mes favoris de Patrick Modiano oui, je vous entend dire - lequel ne l'est pas Wink mais il est vraiment extra.. et il se trouve entre ceux que je relis régulièrement de lui..

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MessageSujet: Re: Patrick Modiano   Jeu 27 Nov 2008 - 16:56

enthousiaste j'attendais ce livre.. Wink



Louis Malle, Patrick Modiano
LACOMBE LUCIEN
Citation :
Le scénario de ce film de Louis Malle a été écrit en collaboration avec Patrick Modiano. En juin 1944, dans le Sud-Ouest de la France, un jeune paysan de dix-huit ans va successivement partager la vie d'une bande d'auxiliaires français de la Gestapo et ensuite la bizarre vie de famille d'un tailleur juif parisien. Plus qu'un tableau de la France sour l'Occupation, c'est l'histoire d'une jeune garçon qui, avec son amoralité candide et son appétit de vivre, ignorant toute idéologie, pourrait être un jeune homme d'aujourd'hui.

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MessageSujet: Re: Patrick Modiano   Mer 14 Jan 2009 - 11:53

Parution du poche Wink



Dans le café de la jeunesse perdue

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MessageSujet: Re: Patrick Modiano   Mer 14 Jan 2009 - 22:45

kenavo a écrit:
Parution du poche Wink



Dans le café de la jeunesse perdue

Très beau roman...typiquement modianesque... content
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MessageSujet: Re: Patrick Modiano   Sam 7 Mar 2009 - 10:48

Dora Bruder



Citation :
Il y a huit ans, dans un vieux journal, Paris Soir, qui datait du 31 décembre 1941, je suis tombé à la page trois sur une rubrique : « D' hier à aujourd' hui ». Au bas de celle-ci, j’ai lu :

« Paris

On recherche une jeune fille, Dora Bruder, 15 ans, 1m55, visage ovale, yeux gris-marron, manteau sport gris, pull-over bordeaux, jupe et chapeau bleu marine, chaussures sport marron. Adresser toutes indications à M. et Mme Bruder, 41 boulevard Ornano, Paris. »

C’est avec ces quelques phrases que débutent le roman et la quête de Patrick Modiano : retrouver les traces d’une jeune fille anonyme disparue dans les rues de Paris de l’Occupation.

Revenir sur les pas de cette jeune fugueuse permet non seulement à l’auteur de faire resurgir certains résonances personnelles mais également de ressusciter quelques-uns parmi cette foule d’anonymes broyés par la bureaucratie, les ordonnances, les autorités de l’occupation, les bourreaux, les camps, par le cours de l’Histoire, tout simplement.

Citation :
« Il faut longtemps pour que resurgisse à la lumière ce qui a été effacé. Des traces subsistent dans des registres et l’on ignore où ils sont cachés et quels gardiens veillent sur eux et si ces gardiens consentiront à vous les montrer. Ou peut-être ont-ils oublié tout simplement que ces registres existaient. »

C’est en arpentant les pavés de Paris que Patrick Modiano se souvient des rues qui ont aujourd’hui changé d’aspect : habitations délabrées, établissements disparus, que reste-t-il de toutes ces personnes aujourd’hui disparues, si ce n’est qu’une simple précision topographique correspondant à une banale adresse ?

Citation :
« Ce sont des personnes qui laissent peu de traces derrière elles. Presque des anonymes. Elles ne se détachent pas de certaines rues de Paris, de certains paysages de banlieue, où j'ai découvert, par hasard, qu'elles avaient habité. Ce que l'on sait d'elles se résume souvent à une simple adresse. Et cette précision topographique contraste avec ce que l'on ignorera pour toujours de leur vie - ce blanc, ce bloc d'inconnu et de silence. »

Citation :
« On se dit qu’au moins les lieux gardent une légère empreinte des personnes qui les ont habités. Empreinte : marque en creux ou en relief. Pour Ernest et Cécile Bruder, pour Dora, je dirai : en creux. J’ai ressenti une impression d’absence et de vide, chaque fois que je me suis trouvé dans un endroit où ils avaient vécu. »

L’errance dans les rues de Paris, l’angoisse du vide que l’on éprouve devant ce qui n’est plus aujourd’hui, le flux et le reflux des souvenirs, l’importance des traces et des empreintes de ce qui fut, le devoir de mémoire, la lutte contre l’oubli, tous ces éléments qui, accumulés, redonneront une certaine identité à toutes ces personnes – mortes ou vivantes – que l’on range aujourd’hui dans la catégorie des individus non identifiés.

Les thèmes de Modiano me touchent, forcément j’ai envie de dire : comment être insensible à cette peur du vide, à cette angoisse de l’absence, à cette envie de faire sortir de l’anonymat ces hommes et ces femmes de tous les jours, pris dans la tourmente de l’histoire, à cette quête de l’identité ?

J’ai tout de même toujours un peu de mal avec son procédé d’écriture. J’ai expliqué ci-dessus les raisons qui font que Modiano accorde tellement d’importance aux noms des rues, aux changements d’aspect, à l’évolution des quartiers, tous ces élément tangibles qui marquent de leur empreinte des événements passés et aujourd’hui disparus, seul vestige et seule preuve de ce qui a été, une sorte de carte d’identité topographique objective d’expériences vécues et éphémères.

Du coup, Modiano ne peut s’empêcher d’énumérer avec une grande précision tous les noms des rues de Paris que ses pas empruntent chaque jour. J’avoue que cela m’agace dans la mesure où ces noms de rues ne me disent rien. J’ai chaque fois le sentiment d’être coupée dans mon élan, avec l’impression de trébucher sur un caillou le long de ma route chaque fois que je tombe sur ces descriptions lassantes qui entravent ma lecture. Ce procédé répétitif m’agace vraiment, j’ai même tendance à sauter ces descriptions qui ne m’apportent plus rien à partir du moment où j’ai compris leur intention. Mais je passe outre ces petits désagréments tant l’univers de Modiano apporte d’autres agréments et de plaisirs de lecture !


Autres extraits :

Citation :
« Beaucoup d’amis que je n’ai pas connus ont disparu en 1945, l’année de ma naissance. »

Citation :
« D’autres, comme lui, juste avant ma naissance, avaient épuisé toutes les peines, pour nous permettre de n’éprouver que de petits chagrins. »

Citation :
« La fugue –paraît-il- est un appel au secours et quelquefois une forme de suicide. Vous éprouvez quand même un bref sentiment d’éternité. Vous n’avez pas seulement tranché les liens avec le monde, mais aussi avec le temps. Et il arrive qu’à la fin d’une matinée, le ciel soit d’un bleu léger et que rien ne pèse plus sur vous. Les aiguilles de l’horloge du jardin des Tuileries sont immobiles pour toujours. Une fourmi n’en finit pas de traverser la tache de soleil. »
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MessageSujet: Re: Patrick Modiano   Sam 7 Mar 2009 - 16:58

sentinelle a écrit:
Du coup, Modiano ne peut s’empêcher d’énumérer avec une grande précision tous les noms des rues de Paris que ses pas empruntent chaque jour. J’avoue que cela m’agace dans la mesure où ces noms de rues ne me disent rien. J’ai chaque fois le sentiment d’être coupée dans mon élan, avec l’impression de trébucher sur un caillou le long de ma route chaque fois que je tombe sur ces descriptions lassantes qui entravent ma lecture. Ce procédé répétitif m’agace vraiment, j’ai même tendance à sauter ces descriptions qui ne m’apportent plus rien à partir du moment où j’ai compris leur intention. Mais je passe outre ces petits désagréments tant l’univers de Modiano apporte d’autres agréments et de plaisirs de lecture !
oui.. en effet.. il aime refaire la mappe-monde de Paris.. des quartiers qu'il a connus.. parfois il y a dans ses livres des numéros de téléphone auxquels il donne une telle importance qu'on peut croire qu'ils existent encore.. tout cela fait en effet partie de son univers.. comme s'il arrvait avec ces "données" de garder aussi la mémoire de ce qu'ils voulaient dire dans le temps.. comment ces rues ce présentaient à ce moment..

J'ai lu ce livre il y a tellement longtemps.. et tu me donnes envie de le relire (Modiano est un des rares auteurs, sinon le seul dont je relis toutes les années au moins 2 à 3 livres) - contrairement à toi je me régale avec ces descriptions.. je partage sa passion pour garder en mémoire les jours passés.. il le fait en énumérant des rues qu'on ne connaît pas.. mais je le suis quand même.. sa voix m'enchante.. n'importe ce qu'elle me dit :heart:

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MessageSujet: Re: Patrick Modiano   Sam 7 Mar 2009 - 17:56

Dans le café de la jeunesse perdue.... un très bon souvenir. Very Happy
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MessageSujet: Re: Patrick Modiano   Sam 7 Mar 2009 - 18:05

Eve Lyne a écrit:
Dans le café de la jeunesse perdue.... un très bon souvenir. Very Happy
Wink
pour moi ce sera plutôt:
Citation :
1968 : La Place de l'Étoile (Prix Roger Nimier).
1969 : La Ronde de nuit
1972 : Les Boulevards de ceinture (Grand prix du roman de l'Académie française)
1975 : Villa triste
1977 : Livret de famille
1978 : Rue des boutiques obscures (Prix Goncourt)
1981 : Une jeunesse
1981 : Memory Lane (avec des dessins de Pierre Le-Tan)
1982 : De si braves garçons
1985 : Quartier perdu
1986 : Dimanches d'août
1988 : Catherine Certitude (avec le dessinateur Sempé)
1988 : Remise de peine
1989 : Vestiaire de l'enfance
1990 : Voyage de noces
1991 : Fleurs de ruine
1992 : Un cirque passe
1993 : Chien de printemps
1996 : Du plus loin de l'oubli
1997 : Dora Bruder
1999 : Des inconnues
2001 : La Petite Bijou
2003 : Accident nocturne
2004 : Un pedigree. Récit autobiographique dans lequel il évoque son pensionnat.
2007 : Dans le café de la jeunesse perdue
tous de très bons moments aime

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MessageSujet: Re: Patrick Modiano   Sam 7 Mar 2009 - 18:14

Il ne m'en reste que 24 à lire. joie
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MessageSujet: Re: Patrick Modiano   Sam 7 Mar 2009 - 18:18

Eve Lyne a écrit:
Il ne m'en reste que 24 à lire. joie
laugh

et je t'envie Wink

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MessageSujet: Re: Patrick Modiano   Aujourd'hui à 0:57

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