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 Thierry Dimanche

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Thierry Dimanche   Mer 27 Avr 2016 - 7:09



Thierry Dimanche est un nom de plume. Dans sa vie de tous les jours il est aussi reconnu comme étant Thierry Bissonette. Depuis quelques années, il enseigne à l'Université Laurentienne de Sudbury. Il a publié un bon nombre de recueils de poésie touchant à différents registres d'écriture en plus de confonder la maison d'édition Le lézard amoureux. Il passe pour celui qui a contribué à la redécouverte des oeuvres d'Alexis Lefrançois, expatrié français au Québec. En outre, il a écrit un article sur Joël Pourbaix. Nous pouvons ressentir l'influence de Joël Pourbaix dans Théologie hebdo. J'ai particulièrement apprécié Autoportraits-robots. Il a publié à plusieurs maisons d'édition, ce qui témoigne de la versatilité de son parcours (Triptyque, L'Hexagone, Le Lézard amoureux, Le Quartanier et il a publié son dernier recueil à Prise de parole).

Oeuvres :

- Le thé dehors, 2002
- À ceux qui sont dans la tribulation, 2004
- De l'absinthe au thé vert, 2005
- L'aurore marâtre, 2006
- D'où que la parole théâtre, 2007
- Autoportraits-robots, 2009
- Avant le timbre, 2009
- Théologie hebdo, 2013
- Le milieu de partout, 2014

_________________
«L'amplitude des contradictions à l'intérieur d'une pensée constitue un critère de grandeur.»
De Gaulle, citant Nietzsche

Dixit celui qui écrivait plus vite que son ombre.
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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Thierry Dimanche   Mer 27 Avr 2016 - 8:12

Théologie hebdo (2013) :

Thierry Dimanche a tout d'un iconoclaste qui assume la marginalité d'une démarche qu'il chérit entre toutes. Son parcours tend à démontrer qu'il est resté fidèle jusqu'à maintenant à la maison d'édition L'Hexagone. Jusqu'à ce jour, il a publié cinq recueils à cette maison d'édition dont une trilogie qui comprend À ceux qui sont dans la tribulation, De l'absinthe au thé vert et D'où que la parole théâtre. Nous pouvons retrouver l'essence des démarches poétiques qu'il y mène dans Théologie hebdo.

La principale critique que j'ai pour Théologie hebdo, c'est que la poésie n'est pas vraiment en vers, même si elle comprend plusieurs séries de poèmes avec des vers libres. Thierry Dimanche est plus tourné vers la prose poétique et l'exposé des théories de son propre cru. Nous devons observer qu'il s'agit là d'une des lignes de force de sa démarche.

Je vous montre un premier extrait témoignant de cette démarche :

Thierry Dimanche, Théologie hebdo, 2013, Montréal : L'Hexagone, coll. «Écritures», p. 19. a écrit:
Que serait-ce qu'être à Son image, sinon créer sa propre figure au-delà des emboîtements court-circuités de la personne? Ne plus être à son image. Plus son image. Ne plus uniquement être. Appartenir au mouvement qui nous crée selon les noces de nécessité, de décision. À son défaut d'image, soyons.

En tant que flâneur, j'ai particulièrement apprécié un graffiti arborant un robot sur un mur de briques assez ancien dans le quartier Mile End. Je l'ai rapidement associé à la démarche de Thierry Dimanche :

Ibid., p. 69. a écrit:
Cette marche se contredit par essence, approfondit un rebours qui ne l'annule pourtant pas tout à fait. La tete annonce qu'on ne peut en rester là. Le reste du corps ne déteste pas ce gris, nourriture, drogue dont on n'a jamais goûté les semblables. Le moindre passant est un Christ qui s'ignore, un carnaval d'humanité rompue.

Je vais contredire mon exposé pour entrer de plain-pied dans une poésie versifiée :

Ibid., p. 85. a écrit:
Est-ce ainsi?
la déception le gain
venus dans le désordre
et notre amour
un meurtre involontaire
un sourire en fissure
les éléments ramifiés
de notre intoxication

la joie se veut
la joie se perd
sans errance
nous ne serions pas partis

désastre n'est pas mon nom
encore faut-il s'entendre
sur un certain retard

Revenons aux exposés d'une théorie :

Ibid., p. 98. a écrit:
Regardons. Regardons-nous. Regardons-nous nous observant dans les simulacres des chairs et hauts du corps où la vérité s'est mieux construite qu'ailleurs, c'est-à-dire dans l'autoportrait-robot raté qu'affirme la création conséquente, brandissant le théâtre épuisant d'exercer le lieu où l'on ne pourra pas se dire, où l'impossibilité de se dire a soudain pris consistance et enfilé une rage qui n'aura d'égal que l'inconfort de la naissance. À vrai peindre, à vrai dire, on sourit un peu mieux à cette musique qui nous défie, à la pointe trop aiguë de l'incarnation et de ses chutes - certaines aimables et qui nous escortent pour continuer d'être ici.

Quelque part dans un texte intitulé «Méditation du 93 novembre» :

Ibid., p. 121. a écrit:
Notre vraie peur se montre avec la variété des rêves et des espèces. Craindre de toutes les façons, c'est ce qui nous attend, nous étend, fonde et recouvre. La hache dans soi, l'esprit fendu, les retrouvailles avec un lest lâché dès l'origine. Impropre, impossédable, la frayeur angulaire nous nomme à la mesure d'un alphabet inutilisable, mais qu'on ne peut effacer.

Plus on lit Thierry Dimanche, plus le plaisir croît avec l'usage... J'ai l'impression de me retrouver dans une connivence avec les Hubert Aquin et Paul Chamberland...

Ibid., p. 138. a écrit:
Entretemps, comment distinguer ces fictions authentiques où s'élancer de ces fictions doublement irréelles qui ne tiennent pas debout, ne gardent pas la route, ne sont d'aucun intérêt concernant la reproduction de leurs producteurs? Une fiction nourrit, l'autre égare. L'une est secrètement conforme à l'irruption du sujet humain dans le monde, l'autre ne parvient pas à produire cet effet rétroactif. Entretemps, nous sommes dans un théâtre semblable. Exercices d'anéantissement et d'affection pour les légions nomades.

Thierry Dimanche prend sur lui de défier dangereusement les aléas de la poésie :

Extraits, p. 142 et 143. a écrit:
En poésie,
on doit couper
à tous les quatre ou dix mots

car il y a toujours quelqu'un sur l'autre ligne

[...]

Je suis un faux prophète

et la poésie québécoise est une superstition.

Qu'importe, ça ne m'empêchera pas de consulter l'un de ses recueils de poésie.

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