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 Daphné B.

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jack-hubert bukowski
Zen littéraire


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MessageSujet: Daphné B.   Jeu 19 Mai 2016 - 8:27



Daphné B. est assez avare de données autobiographiques. Je l'ai dit à propos de Zéa Beaulieu-April hier, mais Daphné B. suit la griffe de la maison d'édition L'Écrou. Quand j'ai recommencé à parler de poésie au début de l'année, je vous avais évoqué Daphnée Azoulay et la maison d'édition Les Herbes rouges. Daphné B. est un «fit» naturel avec la maison d'édition comme la plupart des auteurs de l'écurie. Je suis en train de commencer à lire Jean-Sébastien Larouche qui a réédité ses recueils dans la première anthologie présentée en recueil à L'Écrou. Souvent, les auteurs participent à des concours de SLAM Poésie.

Daphné B. vient de publier Bluetiful. Je l'ai lu il y a un bout. Je le gardais secrètement et en réserve lorsque je jugerais le moment opportun d'en parler, vu que je venais de parler de Daphnée Azoulay. Dans mon classement, je place L'Écrou en premier, L'Oie de Cravan en deuxième, Le Quartanier concluant le podium des trois premiers de classe, La Peuplade en quatrième place, Noroît à la 5e position, Poètes de brousse au 6e rang et Mémoire d'encrier en septième position. Il est encore trop tôt pour parler de La Tournure. Quant aux Herbes rouges, j'ai tendance à les placer hors-concours vu que c'est une maison d'édition généraliste, mais ils publient de bons recueils de poésie. Si La Peuplade dépasse Noroît, c'est surtout une question de nouveauté et même La Peuplade n'est pas à l'abri de quelques maladresses en ce qui a trait à la publication de recueils au cas-par-cas.

Place à Bluetiful.

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«L'amplitude des contradictions à l'intérieur d'une pensée constitue un critère de grandeur.»
De Gaulle, citant Nietzsche

Dixit celui qui écrivait plus vite que son ombre.


Dernière édition par jack-hubert bukowski le Jeu 19 Mai 2016 - 9:15, édité 2 fois
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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Daphné B.   Jeu 19 Mai 2016 - 9:00

Bluetiful (4e trimestre, 2015)



Comment se tuer à répéter que la poésie post-2010 a changé...

Daphné B., Bluetiful, 2015, Montréal : L'Écrou, p. 22. a écrit:
oh le party
le party pas de balloune

de la canette
vide
au sorrow
de dépanneur

le party gris
le party sale
le party debout sur les tables
je connais ça

je le sens à l'intérieur
combien il pèse
ce party-là

Avec Daphné B., la poésie est sans fioritures. Il est possible de le remarquer avec la griffe L'Écrou. Néanmoins, l'un des fondateurs de Poème sale, Charles Dionne, a publié à La Tournure. Nous pouvons sentir ici que la communauté de pensée n'est pas si éloignée, même si les pratiques éditoriales diffèrent.

Ibid., p. 28. a écrit:
dans les toilettes
elles vomissent
on leur a dit de fuir
mais à la place des jambes
les sirènes ont une queue

leur vie ici
ne vaut pas cher

leur coeur coûte
la ride de taxi

Il y a une certaine fantasmagorie présente. Ce n'est pas nécessairement celle qu'on pense...

Ibid., p. 32. a écrit:
je sais

que c'est pas moi
marilyn

ni moi
la joconde

mais je serai bluetiful

je ferai tout pour être celle-là
je vais me raser
me couper les pieds
me les vernir

tiens
tiens

tiens.

comme le rouge
de mon sourire

Il y a un sens du romantisme assez trash dans ce que Daphné B. évoque :

Ibid., p. 48. a écrit:
une journée dans la vie d'une barmaid

je coupe une lime
je pense à toi
je coupe un citron
je pense à toi

je pense à toi
je coupe mon doigt

Ça pourrait sembler apologie de la femme-objet, mais...

Ibid., p. 54. a écrit:
on me prend cute
pour ici
ou pour emporter

on me prend
par la main
en me disant
c'est incroyable

on me prend
pour des poèmes qui parlent
de d'autres filles que moi
qui disent que ses lèvres
c'est mille bonbons

on me prend
pour le resto le vino
le pique-nique

le brunch
où il n'y a rien à dire
tout à manger

on me prend
en amour non-stop
avec personne pantoute

On persiste et signe dans l'illusion du romantisme trash :

Ibid., p. 67. a écrit:
aujourd'hui ma noune rasée
à montréal-trudeau
devrais-je t'acheter une balloune?

Je vous invite à lire la poésie succulente à la page 72. Elle dit tout. Je vais vous laisser sur ce tease :

Ibid., p. 91. a écrit:
plus rien
qu'un porte-clés
des chutes
niagara

une flaque de ciel
le printemps
frais repassé

grand-maman
je t'invite
sur mon balcon

bring your own booze
bring your own wings

Elle parle de grand-maman dans un recueil de poésie trash. C'est pas rien. La tendresse, on va s'en rappeler...

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