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 Živko Čingo [Macédoine]

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kenavo
Zen Littéraire
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MessageSujet: Živko Čingo [Macédoine]   Jeu 30 Juin 2016 - 9:05



Živko Čingo (prononcer Jivko Tchingo), né en 1935 à Velgochti, en Macédoine, et mort en 1987, s’est consacré — hormis deux récits qui se suivent, Les Neiges argentées, La Grande Eau, et des romans jeunesse — à l’écriture théâtrale.

Comparé à Isaac Babel pour la vivacité du regard qu’il porte sur la période post-révolutionnaire, Čingo offre un témoignage historique de la répression totalitaire.

La Grande Eau, traduit en anglais, en russe, en serbe et en français, fut adapté au cinéma en 2004 par Ivo Trajkov sous le titre anglais The Great Water.

Source : Editeur

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kenavo
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MessageSujet: Re: Živko Čingo [Macédoine]   Jeu 30 Juin 2016 - 9:06


La grande eau
Citation :
Présentation de l’éditeur
Deux enfants, Lem et Isaac, vivent dans un orphelinat cerné de murs montant jusqu’au ciel. Ils tentent d’apercevoir à travers un trou du mur la Grande Eau, symbole pour eux de toutes les libertés. Nous sommes au lendemain d’une guerre, dans un établissement régi par quelque dictateur, sans autre espace laissé à l’imaginaire que ce trou, qui canalise espoirs, paroles et prières.
Lem nous raconte ce cauchemar éveillé, frénétiquement, comme s’il n’y avait pas de lendemain, comme si les adultes ne pouvaient les croire, comme si tout était trop irréel pour être vrai. Les enfants rêvent que la Grande Eau se rapproche, absorbe les étoiles, qu’elle les embrasse et les enveloppe comme une mère en recouvrant tout sur son passage. Mais peu à peu, les murs se recouvrent de lettres rouges, le ciel devient de flammes, le vent rouge emporte les étoiles, et la sécheresse menace.
La prose répétitive et incantatoire de Živko Čingo déchire la norme, perce le cœur, et transcende d’une manière hallucinée la malédiction de Lem et d’Isaac.

Un conte, mais pas un qu’on lit pour se réconforter. Un conte noir.

Un livre qui m’a pris plusieurs semaines pour arriver à la fin. Un texte dense et souvent triste, même si l’écriture est tellement jolie.

Un récit dont on doit s’approprier, qui demande l’attention du lecteur.

La réalité accablante de ces orphelins mènent à une rêverie intense qui leur donne une source de subir toutes les mauvaises expériences.

La grande eau devient leur seul point de mire pour envisager de survivre à ce cauchemar.


Chapeau bas pour Le nouvel Attila de publier ce livre.




Giovanna Ranaldi

Le nouveal Attila a écrit:
Bravo à Giovanna Ranaldi qui a gagné un Merit Award pour ses illustrations de "La Grande Eau" qui seront publiées dans le magazine 3x3 !


Mes propres mots ne peuvent pas rendre justice à ce texte, voici un commentaire beaucoup plus étoffé


Extrait

Les nuits passées au grenier étaient les meilleures heures à l’orphelinat. Là-haut, en liberté, avec des milliers de sons, de couleurs et de désirs. Tu ressens cela, tu l’absorbes en toi et d’escargot rampant et noir tout d’un coup tu deviens quelque chose de grand, de merveilleux, de vivant. Dans ton petit cœur effrayé se meut une vague géante. Tu vois le mur s’écrouler ; dans ton âme naît le sentiment joyeux que tes désirs seront réalisés. Tu pousses un cri intérieur, ta maigre poitrine s’ouvre et d’elle un magnifique oiseau s’envole vers le ciel, avec des plumes dorées. Puis pendant des heures, sans que quelqu’un puisse vous le défendre, vous volez au-dessus de l’eau. Vos ailes sont robustes comme celles d’un jeune pigeon né ici, dans les nids chauds des vieux rochers. Le grondement terrible des vagues, la tempête puissante de cette nuit où vous êtes venus au monde, cette grande peur, cette incertitude disparaissent dans la seconde où votre aile claire et légère touche l’étendu magique de l’infini. Tu voles sans fatigue, sans fin. Follement. Des paysages féeriques, jamais vus, t’envoûtent, tous plus jolis les uns que les autres, plus brillants. Tes yeux n’ont encore jamais vu quelque chose de semblable, ils t’attirent comme un aimant vers quelque chose de toujours plus beau, toujours plus brillant. Éternel. Éternel ou que je sois maudit. Dans ta personne tu rencontres la mort. Tu entends dans la nuit sourde et calme le cri d’un enfant qui dort comme si on lui avait mis un couteau sur la gorge. Tu vois des visages aux yeux écarquillés sur de petits lits malpropres, des visages encore endormis, somnolents. Fiévreux. Alors, comme un fou, je courais vers cet endroit, au grenier. Je me demandais en me faufilant parmi les grosses toiles d’araignée : où est donc cette colline, cette maudite colline que l’un des enfants avait nommée le mont Senterlev ?

Traduit du macédonien par Maria Béjanovska, source: son blog

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Sénèque
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