Parfum de livres… parfum d’ailleurs

Littérature, forum littéraire : passion, imaginaire, partage et liberté. Ce forum livre l’émotion littéraire. Parlez d’écrivains, du plaisir livres, de littérature : romans, poèmes…ou d’arts…
 
AccueilRechercherS'enregistrerMembresConnexion

Partagez | 
 

 Leopold Andrian [Autriche]

Aller en bas 
AuteurMessage
bix229
Parfum livresque
avatar

Messages : 24644
Inscription le : 24/11/2007
Localisation : Lauragais (France)

MessageSujet: Leopold Andrian [Autriche]   Lun 18 Juil 2016 - 16:39



Leopold Andrian, 1875-1951.

Petit-fils du compositeur Meyerbeer, membre du cercle de La Jeune Vienne, il fit une carrière de diplomate au service de l' empire avant de
se retirer définitivement en 1918.

Andrian figure parmi une pléiade d' artistes autrichiens, mais aussi de philosophes, d'architectes, de musiciens, qui contibuèrent à forger
 une modernité qui reste fondamentalement la notre.
Il suffit de citer  Musil, Kafka, Karl Kraus, Hermann Broch, Wittgenstein, Rilke, Schnitzler,  Hofmansthal, Mahler, Freud, Schonberg, Klimt...

Andrian publie Le Jardin de la connaissance à vingt ans. Ce qui laisse pantois  en raison de la maitrise de sa langue, de la conduite de
son récit, de la profondeur des personnages.

Le livre eut  du succès et fut même considéré comme un véritable évènement.
L' auteur semblait promis à un bel avenir et tous attendaient qu' il devienne un très grand poète.
Mais Andrian étudia le droit et se lança dans une carrière diplomatique qui l' éloigna définitivement du monde des lettres.

_________________
L' imagination est l' histoire vraie du monde.
Roberto Juarroz
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
bix229
Parfum livresque
avatar

Messages : 24644
Inscription le : 24/11/2007
Localisation : Lauragais (France)

MessageSujet: Re: Leopold Andrian [Autriche]   Lun 18 Juil 2016 - 16:49



Leopold Andrian : Le Jardin de la connaissance. - Verdier


Erwin, un fils de prince autrichien, est un enfant solitaire mais. comblé.

"A cette époque-là, Erwin (il allait alors sur sa douzième année) était solitaire et se suffisant à lui-meme, comme jamais plus par la suite;
son corps et son ame vivaient mystérieusement, l' un contenant l' autre, d' une vie presque double ; les choses du monde extérieur avaient
pour lui la valeur qu' elles ont dans le reve."

Sa quete hors de la maison natale commence plutot bien pour lui, malgré sa nature duelle et sa sensibilité particulière.
Tout ce qu' il voit ou perçoit a de la sensibilité, de l' harmonie. Il éprouve de la curiosité pour les différences, pour la variété de
l' existence. Il se rend à Vienne et admire profondément les monuments, les fetes, les chevaux, l' art de vivre viennois.
Il apprécie la camaraderie, les plaisirs, les femmes, les jeunes hommes surtout.
Mais tout passe sans qu' il puisse rien retenir.

Le seul etre dont il est essentiellement proche, meme physiquement, est sa mère. Mais ces deux etres, si profondément semblables,
ne peuvent qu' échanger leur pessimisme quant au sens de l' existence. Ils se quittent malheureux faute de pouvoir s' entraider.
A la curiosité et au plaisir des premiers temps, succède un état qu' il nomme "désolation". L' impression de regarder dans le vide.
A vingt ans, il réalise qu' il n' a pas résolu l' énigme de la vie, en tout cas de la sienne.
Il finit par tomber malade.  Fiévreux, il est hanté par des visons horribles et meurt "sans avoir atteint la connaissance."

Tel pourrait etre le résumé de cette histoire, mais Francis Claudon, l' auteur de la postface, apporte un éclairage très perspicace et juste.

"En réalité, l' interet du livre ne réside pas dans l' illustration d' une esthétique décadente que d' autres ont pu pousser plus loin.
Erwin ne sombre pas dans la folie, il ne connait pas la décomposition, ne sombre pas dans dans la drogue...
Erwin est un doux, presque un naif, mort trop tot pour avoir eu le temps de combattre ou d' adorer.
Pourtant la fascination narcissique de la mort qui sera la clé de Mort à Venise est en germe dans ce récit et dans cette méditation sur
l' étroite proximité du reve et de la mort.

Mais, et  c' est là ce qui lui confère sa véritable importance et constitue son originalité la plus remarquable, Le Jardin comporte un trait impressionnant et essentiel : la capacité de demeurer dans le silence, cette intériorisation exacerbée en chaque personnage, un vrai
refus de la parole impliquant au fond l' idée que traduire c' est trahir, que s' exprimer est vain, qu' il est vain d' analyser...
Il y a là un point commun avec l' Elève Torless, avec le héros du Chateau, avec Malte Laurids Brigge et les personnages de Hofmansthal.
Dans le crépuscule de l' Autriche et chez les Autrichiens les meilleurs de ce temps (le début du 20e siècle), git, à vrai dire, la conviction
très moderne que les langage sont épuisés, qu' on n' arrive plus à exprimer ce dont ont vécu les siècles précédents.
Les artistes...n 'ont plus désormais le choix qu' entre le silence ou la révolte."

Et tel est ce récit  -autobiographique- qui va au delà de ce qu' il raconte. Une écriture parfaite mais légère et exquise. Un état de grace insolite.
Un fragment de pur cristal.

_________________
L' imagination est l' histoire vraie du monde.
Roberto Juarroz
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
bix229
Parfum livresque
avatar

Messages : 24644
Inscription le : 24/11/2007
Localisation : Lauragais (France)

MessageSujet: Re: Leopold Andrian [Autriche]   Lun 18 Juil 2016 - 16:57

Au départ, j' ai classé ce livre dans "One shot". Mais le livre m' a fait une telle impression que j' ai pensé qu' il méritait une place bien
à lui.
Ne serait-ce que pour le découvrir ou le redécouvrir.

_________________
L' imagination est l' histoire vraie du monde.
Roberto Juarroz
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
shanidar
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 10518
Inscription le : 31/03/2010

MessageSujet: Re: Leopold Andrian [Autriche]   Lun 18 Juil 2016 - 17:03

Bédoulène demandait sur le one-shot s'il s'agissait d'un livre court, je remets sa question ici (sans pouvoir conserver le message d'origine publié avant la création du fil) bonjour

_________________
le mot silence est encore un bruit G. Bataille
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
bix229
Parfum livresque
avatar

Messages : 24644
Inscription le : 24/11/2007
Localisation : Lauragais (France)

MessageSujet: Re: Leopold Andrian [Autriche]   Lun 18 Juil 2016 - 17:13

shanidar a écrit:
Bédoulène demandait sur le one-shot s'il s'agissait d'un livre court, je remets sa question ici (sans pouvoir conserver le message d'origine publié avant la création du fil) bonjour

Oui, excuse moi, j' avais lu la question de Bédou. Le livre est très court : 60 pages, sans la postface qui est très éclairante.
J' ajoute que l'édition de Verdier en grand format est belle, la typographie aérée.

_________________
L' imagination est l' histoire vraie du monde.
Roberto Juarroz
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bédoulène
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 17271
Inscription le : 06/07/2007
Age : 73
Localisation : Provence

MessageSujet: Re: Leopold Andrian [Autriche]   Lun 18 Juil 2016 - 20:15

merci, je le lirai plus tard, c'est noté !

_________________
Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour soi est un esclave. » Friedrich Nietzsche
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Leopold Andrian [Autriche]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Leopold Andrian [Autriche]
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» En Autriche, on nage dans la bière
» Photos des travaux de modernisation du F930 LEOPOLD I
» 16ans pour les nouveaux voteurs d'autriche
» L'Alberta : Yacht Royal Leopold II
» (AUTRICHE)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Parfum de livres… parfum d’ailleurs :: Le cœur du forum : Commentons nos lectures en toute liberté… :: Littérature germano-néerlandaise (par auteur ou fils spécifiques)-
Sauter vers: