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 Xavier Boissel

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shanidar
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MessageSujet: Xavier Boissel   Mar 30 Aoû 2016 - 10:39



Xavier Boissel est un écrivain français né à Lille en 1967.

Il est agrégé de lettres modernes et enseignant dans le secondaire.

En 2012, avec la complicité du photographe Didier Vivien, il écrit Paris est un leurre, un essai consacré à la réplique de Paris, au carrefour de l’histoire, de l’anthropologie urbaine et de la sociologie, s'inspirant notamment de la dérive et de la psychogéographie chères à Guy Debord.

En 2013, il publie un premier roman, Autopsie des ombres, qui dépeint le retour d’un ancien casque bleu à la vie civile . Ce récit est issu d’une longue nouvelle, Debout parmi les ruines, initialement parue dans la revue Inculte et illustrée ensuite par le dessinateur Boris Hurtel aux éditions Une Autre Image.

En 2014, il publie un deuxième roman Rivières de la nuit, récit post-apocalyptique, fruit d’une collaboration avec le musicien Denis Frajerman.

Il est par ailleurs correspondant permanent de la plate-forme éditoriale en ligne D-Fiction. Il y dirige la collection de sciences humaines « Paralipomènes », où il a notamment publié deux ouvrages du philosophe Jean-Joseph Goux.

Bibliographie

2012 : Paris est un leurre, essai,
2012 : Debout parmi les ruines, nouvelle,
2013 : Autopsie des ombres,
2014 : Rivières de la nuit,


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shanidar
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MessageSujet: Re: Xavier Boissel   Mar 30 Aoû 2016 - 10:44

Autopsie des ombres

L'histoire d'un jeune homme casque bleu (sans doute pendant la guerre de Yougoslavie…) de retour parmi les 'vivants'.

Le projet de Xavier Boissel, contenu dans 150 pages est à la fois ambitieux, pas totalement abouti mais cependant suffisamment audacieux et travaillé pour être intéressant.

En découpant son récit en trois parties, soutenu par des citations nombreuses (de Rilke à Calasso en passant par Enzensberger), Boissel propose à son lecteur un cheminement à la fois simple et complexe, littérairement très construit et donnant par sa matière une sorte d'oscillation entre érudition poétique et recherches philosophiques (l'homme-l'animal ; le guerrier-le protecteur ; l'ermite-le soldat ; etc.).

La première partie (qui m'a semblé la moins pertinente ou disons la plus convenue) alterne des chapitres (extrêmement courts) entre Pierre Narval en soldat tueur d'animaux perdant un peu les pédales et un homme revenant de la guerre et passant son temps à boire en cherchant à tuer les ombres qui le retiennent du côté de l'obscurité. De cette lutte, Pierre Narval en une seconde partie qui s'adresse par le 'tu' directement au personnage (à l'instar de celui de L'homme qui dort de Perec, le procédé assez connu n'est d'ailleurs pas des plus réussi) ne s'en sort pas très bien. La troisième partie, à nouveau sous forme d'alternance de chapitres, montre le personnage en ermite, reclus dans une grange en ruine, et cherche, non pas à comprendre mais à définir, délimiter, circonscrire ce geste issu directement de son traumatisme guerrier (enfin non-guerrier serait plus juste désignant par là-même la vraie problématique du livre : comment revenir d'une guerre qu'on n'a pas faite mais que l'on a tout de même vécue comme une guerre ?). Cette dernière partie, dont on sent qu'elle a été écrite avec énormément d'attention et à l'aide d'un vocabulaire très recherché est sans doute la plus intéressante et la plus maîtrisée.

Parfois même, au chapitre de la catastrophe obscure qui l'habite -goût de cendre sur la langue, débâcle secrètement intime- d'abord confuse, peut-être même équivoque mais progressivement limpide jusqu'à son ultime nécessité, la décision de s'éclipser définitivement, de disparaître dans ces montagnes -de ne plus revenir-, est prise, car c'est au creux de ce retrait vécu comme un sacrifice un peu vaniteux que s'atteste l'agencement des choses -leur moment de vérité, comme l'instant qui précède la salve, face aux canons chargés jusqu'à la gueule du peloton d'exécution. Il lui arrive encore de pleurer. Tel donc, dans la ligne de mire des bouches à feu, le condamné qui anticipe sa propre mort : torsion soudain de son corps, mille brûlures dans la poitrine, cri sec absorbé par l'air, genoux au sol et bientôt visage contre terre, la vie quittant ce corps comme une courtisane impénitente, chétive et disgraciée. Il sent combien l'échec est depuis longtemps consommé, toute résistance disparue en langue, inscrite au registre des pertes, toutes les audaces, enfuies ; peut-être qu'il voit, en l'acquiescement tacite à sa propre exécution, les dernières formes de prières muettes qu'on puisse adresser à son bourreau -à ses démons. Tout l'art est de se persuader qu'il s'agit d'une victoire.


J'ai déjà beaucoup lu sur cette littérature guerrière (ou d'après-guerre) et il faut convenir que Boissel n'a rien d'extraordinaire à montrer, cependant son texte, très écrit, très tenu, retient l'attention, pointe certaines tournures d'esprit, interroge certains comportement et par son insistance sur le motif des ombres (et si Narval avait laissé son ombre dans ce supermarché où il vole une boite de thon qu'il finit par abandonner sur le cadavre d'un chien ?) ne laisse pas indifférent. On remarquera également le jeu sur les noms d'animaux affublés à des humains, etc.

Ce n'est pas le texte magistral promis par l'éditeur (Inculte) mais pour un premier roman il offre au lecteur une belle matière.

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topocl
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MessageSujet: Re: Xavier Boissel   Mar 30 Aoû 2016 - 11:14

shanidar a écrit:

J'ai déjà beaucoup lu sur cette littérature guerrière (ou d'après-guerre)

As-tu lu Après de Erich Maria Remarque? j'en garde un souvenir pénétrant.
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shanidar
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MessageSujet: Re: Xavier Boissel   Mer 31 Aoû 2016 - 9:08

Non, mais je note (le livre est non-rendu à la médiathèque mais je vais zieuter en bouquinerie !). Merci !

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