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 Emily St. John Mandel

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MessageSujet: Emily St. John Mandel   Emily St. John Mandel Icon_minitimeJeu 29 Sep 2016 - 7:32

Emily St. John Mandel Mandel10

Citation :
"Emily St. John Mandel, née en 1979 à Comox en Colombie-Britannique, est une romancière canadienne anglophone, spécialisée dans le roman policier. En 2014, elle aborde la science-fiction avec son roman Station Eleven qui est finaliste du National Book Award.

Elle passe son enfance sur l'île Denman. Elle s'inscrit à une école de danse de Toronto, puis vit un temps à Montréal, avant de s'installer à New York. Elle est aujourd'hui mariée et vit à Brooklyn.

Son premier roman, Dernière nuit à Montréal (Last Night in Montreal), raconte l'enquête de Christopher, un détective privé chargé de retrouver Lilia, enlevée à sept ans par son père et en cavale depuis son adolescence. En parallèle se développe l’histoire de Michaela, la fille de Christopher, qui rêve d’être funambule et celle d’Eli, qui a hébergé Lilia à New York. Publié en 2009, ce roman est traduit en français en 2012 par les éditions Payot & Rivages dans la collection Rivages/Thriller. [...]

On ne joue pas avec la mort (The Singer's Gun, 2010), son deuxième titre traduit en France, remporte le prix Mystère de la critique en 2014.

Son troisième roman, le premier à être publié au Canada, intitulé The Lola Quartet (2012) est traduit en français sous le titre Les Variations Sebastian en 2015.

Elle publie en 2014 Station Eleven, un roman dystopique se déroulant dans un monde post-apocalyptique après qu'un virus a ravagé la Terre. Cela lui vaut des nominations aux PEN/Faulkner Award et Baileys Women's Prize for Fiction, ainsi que d'être finaliste du National Book Award 2014."
(merci Wikipedia)
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MessageSujet: Re: Emily St. John Mandel   Emily St. John Mandel Icon_minitimeJeu 29 Sep 2016 - 7:33

Emily St. John Mandel Mandel11
En couverture : Michael Kenna : Upset Chair, Pompano, Florida, 1992.

- Station Eleven (Station Eleven, 2013). Traduit de l'anglais (Canada) par Gérard de Chergé. Rivages. 478 pages.

Le livre commence par une citation de Czeslaw Milosz :
"Le côté lumineux de la planète s'enfonce dans les ténèbres
Et les villes s'endorment, chacune à son heure
Et pour moi, aujourd'hui comme alors, c'en est trop.
Le monde est trop présent.
"

Au début du roman, nous assistons à une représentation du Roi Lear à l'Elgin Theatre de Toronto. C'est l'acte I. Le roi est joué par une star du cinéma un peu vieillissante, Arthur Leander. Il se sent mal, vacille et s'effondre.
Sa mort va coïncider (tout en n'ayant rien à voir) avec le début d'une apocalypse plus générale : une variante ultra-agressive de la grippe, appelée grippe de Géorgie, va tuer 99,99% de l'humanité en quelques jours.
Quelques années plus tard et progressivement, un petit groupe d'hommes et femmes, pour qui "survivre ne suffit pas", se sont réunis pour former une troupe : la Symphonie itinérante. Côté théâtre, ils jouent essentiellement du Shakespeare, et côté musique, pas mal de Beethoven. Shakespeare a bizarrement du succès auprès des survivants qui se sont regroupés en petites colonies. À un moment, une des actrices a tout de même envie de jouer autre chose.
Citation :
"Elle voulait écrire quelque chose de moderne, un texte qui s'adresserait à cette nouvelle ère dans laquelle ils avaient atterri. Survivre ne suffit peut-être pas, avait-elle dit à Dieter lors d'une de leurs discussions nocturnes, mais d'un autre côté, Shakespeare non plus. Il avait alors ressorti ses éternels arguments, comme quoi Shakespeare avait vécu dans une société ravagée par la peste, sans électricité, et que la Symphonie itinérante se trouvait dans une situation analogue. La grande différence, avait-elle répliqué, c'était qu'eux ils avaient connu l'électricité, ils avaient tout connu, ils avaient assisté à l'effondrement d'une civilisation, ce qui n'était pas le cas de Shakespeare." (page 413).
Certes, mais dans un monde où les gens nés après l'apocalypse ont même du mal à appréhender la notion d'état ou de frontière (sans compter un grand nombre d'autres concepts), que vont ils comprendre aux pièces de Shakespeare ?

On va donc assister à la chute de la civilisation, au désarroi de ceux qui vont mourir, à celui des survivants, à quelques interrogations sur ce qui est vraiment important dans la vie.

L'intérêt du livre repose toutefois principalement sur sa construction, faite de savants flash-backs, qui permettent de comprendre d'où vient tel ou tel objet, de revoir une scène deux ou trois fois avec le point de vue de protagonistes différents. Mais c'est aussi sa limite : une belle construction, plus qu'un propos vraiment fort (pourtant, avec le sujet, il y avait de quoi faire...). Des détails s'éclairent, des éléments incompréhensibles deviennent compréhensibles (mais il y a aussi des hasards incroyables, la probabilité pour que certaines personnes survivent et se rencontrent était quasiment nulle dans un monde qui est redevenu local...).

On est très loin de la puissance de l'Aveuglement de Saramago, ou même de La Route de McCarthy, ce dernier livre essayant de faire du fort avec une économie de moyens extrême (c'était sa principale originalité). Dans Station Eleven, ce n'est pas le cas. La construction est complexe, l'auteur ne nous révélant des détails qu'après coup. Cela crée de l'intérêt, sans doute. Mais on se dit aussi que si le livre ne comportait pas tous ces flash-backs, il serait nettement moins intéressant. Ce qui est caché relève finalement du détail qui éclaire psychologiquement tel ou tel personnage, mais ce type de construction ne se justifie pas vraiment, contrairement à la Tâche, de Philip Roth, ou de Memento, le film de Christopher Nolan.
Avec un sujet aussi fort que la quasi-disparition de la civilisation et toutes ses conséquences, c'est dommage qu'il ne reste finalement, une fois fini le livre, pas beaucoup plus que quelques destins individuels, des "réflexions" sur la notoriété (que de temps passé sur le blues de l'acteur star de cinéma, le problème de la notoriété... bof... ces passages sont trop, trop longs), et une petite histoire de Prophète (un peu cliché) qui règne sur un petit territoire (il fallait quand même qu'il y ait quelques péripéties dans l'histoire qui se passe au "présent"...). Il y avait pourtant tellement de thèmes à développer : ce qui fait une civilisation, l'importance de la culture, la transmission du savoir... Dommage.
De plus, l'auteure répète fréquemment ce qu'il faut pour que le lecteur ne soit pas perdu, elle met les points sur les "i"... quand on se souvient de ce qu'on a lu cent pages auparavant, c'est un petit peu agaçant.

Il y a quand même des bonnes choses, de bons passages (l'aéroport, par exemple), qui font qu'on lit le livre rapidement : on est intéressé.
Pourquoi ce livre a-t-il un aussi grand succès ? Il m'en rappelle un autre (outre La Route de McCarthy) : celui des Fils de l'Homme, de P.D. James. Dans les deux cas, une auteure de romans policiers se met à écrire de la SF, ce qui amène des lecteurs n'ayant jamais ouvert un livre de SF à en lire (d'autant plus qu'il est publié dans une collection de littérature générale). Et là, c'est le choc.

Le livre est donc bien construit et malgré des longueurs, on tourne les pages pour découvrir la suite. Mais pour un livre ayant été nominé en 2015 au PEN/Faulkner Award, qui a été finaliste du National Book Award (et qui a remporté le Prix Arthur C. Clarke 2015), j'en attendais plus. Avec Station Eleven, j'ai souvent eu l'impression de lire un livre écrit de façon très professionnelle.
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MessageSujet: Re: Emily St. John Mandel   Emily St. John Mandel Icon_minitimeMar 15 Nov 2016 - 11:22

eXPie a écrit:
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En couverture : Michael Kenna : Upset Chair, Pompano, Florida, 1992.

- Station Eleven (Station Eleven, 2013). Traduit de l'anglais (Canada) par Gérard de Chergé. Rivages. 478 pages.

Une couverture pareille. aime


Le roman s'ouvre sur le décès sur scène d'un célèbre comédien interprétant Le Roi Lear. Comme le Signe avant coureur de l'effondrement de la civilisation, le point névralgique de la tempête.

Le monde tel qu'on le connaît n'existe plus. Une terrible épidémie a décimé la plupart des humains, ceux qui restent vivent, ou plutôt survivent, dans une grande précarité. Sans eau courante, sans électricité, sans véhicule... un retour brutal à un temps ssas technologie.
Dans ce monde, une troupe itinérante va de "ville en ville", avec pour seul répertoire des pièces de Shakespeare et Beethoven. Parmi eux, on suivra surtout Kirsten. Cette jeune femme se souvient de moins en moins du monde d'avant (elle n'était encore qu'une très jeune enfant), est obsédée par Arthur Leander (le comédien décédé sur scène alors qu'elle était figurante dans la pièce) et par les restes du passé. Elle est le symbôle de cette nouvelle civilisation qui se construit petit à petit, en deuil d'un passé de plus en plus flou, avec des zones d'ombres qu'il est préférable d'oublier, en quête d'un futur stable et serein.

Le style romanesque d'Emily St. John Mandel est d'une fluidité addictive, elle mène parfaitement son récit, faisant se croiser ses personnages, ouvrant des portes de dialogues inattendues. Le lecteur est captivé par cette histoire, s'imaginant facilement dans quel état de fragilité pourrait se retrouver l'homme sans la technologie, se posant des questions sur le fondement de l'humanité, et la nécessité de l'art comme port d'attache.

Contrairement à eXPie, j'ai vraiment été accrochée par ce récit. J'ai aimé l'écriture, les flash backs, les va et viens, qui apportaient pour moi des éclairages, un rythme, et l'impression de sentir cet état psychologique des personnages - tellement paumés dans le présent qu'ils cherchent à se raccrocher à des repères du passé.

Cela dit, c'est vrai, ça n'a pas la force d'un McCarthy ou d'un Saramago. Je dirais qu'en fait, quelque part, c'est plus doux, plus humain, plus affectif. St. John Mandel aime ses personnages, il y a une vraie tendresse à vouloir les préserver, les guider doucement, et le lecteur avec.
Dans les autres livres cités, c'était plutôt de la dénonciation brute, violente, rude. Ici, ce sera plutôt la douce mélancolie des jours endeuillés avec l'espoir, le vrai, que tout est encore possible.

J'ai envie de tester ses polars, quelqu'un s'y est mis ?

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MessageSujet: Re: Emily St. John Mandel   Emily St. John Mandel Icon_minitimeMar 15 Nov 2016 - 17:15

J'ai lu "On ne joue pas avec la mort", c'est pas vraiment un polar type, mais il y a des ingrédients, j'ai beaucoup beaucoup aimé.

Et puis aussi "Dernière nuit à Montréal" qui n'est toujours pas un polar classique, celui-là m'a moins emballée, donc je recommande vivement "On ne joue pas avec la mort".

Elle est bien cette petite Emily.
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MessageSujet: Re: Emily St. John Mandel   Emily St. John Mandel Icon_minitimeMar 15 Nov 2016 - 17:19

D'acc.
Merci Darkanny.

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MessageSujet: Re: Emily St. John Mandel   Emily St. John Mandel Icon_minitimeMer 16 Nov 2016 - 16:07

François Guérif, fondateur de la collection Rivages Noirs parlait entre autres de cette auteure et d'autres de ses poulains écrivains sur France Culture l'autre jour. Il donnait drôlement envie.

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MessageSujet: Re: Emily St. John Mandel   Emily St. John Mandel Icon_minitimeMer 16 Nov 2016 - 18:53

Ce pitch (post-apocalyptique avec une troupe qui essaie de jouer Shakespeare devant des gens complètement amorphes qui sont dans la survie, ça me fait penser au film Postman avec Kevin Costner, bon je m'étais à moitié endormi mais il me semble que ça ressemblait en partie assez bien à ça !).

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MessageSujet: Re: Emily St. John Mandel   Emily St. John Mandel Icon_minitimeMer 16 Nov 2016 - 19:35

Pas vu Postman.

L'équipe de Rivages a l'air d'une équipe particulièrement passionnée (et passionnante) par leurs livres. Ils me donnent toujours envie de tout lire. (les fourbes)

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MessageSujet: Re: Emily St. John Mandel   Emily St. John Mandel Icon_minitimeMer 16 Nov 2016 - 19:59

j'en ai entendu un morceau, il parlait d'Ellroy et d'autres, et c'est clair qu'il donne envie de s'intéresser à ce qu'il publie !

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MessageSujet: Re: Emily St. John Mandel   Emily St. John Mandel Icon_minitimeSam 19 Nov 2016 - 23:59

Station Eleven

J'ai aimé le basculement constant entre une dimension poétique, fragile et une violence sèche et incertaine. Ce sont des moments comme suspendus, où les individus sont seuls face à leurs doutes, entre les souvenirs d'un passé évanoui et le poids d'un présent en lambeaux.

La construction du roman apparait tout de même trop pesante dans son ambition. La multiplication des intrigues secondaires et des flash-backs fragilisent un édifice narratif alors qu'Emily St. John Mandel est plus convaincante dans l'évocation d'une intimité. Le contexte théâtral, fil rouge symbolique, n'est souvent qu'un prétexte et la vision d'un monde plongé dans le chaos manque d'intensité dans l'écriture. Station Eleven est donc un roman intéressant mais inégal dans ses développements.
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MessageSujet: Re: Emily St. John Mandel   Emily St. John Mandel Icon_minitimeDim 20 Nov 2016 - 9:54

D'après vos commentaires, que j'ai lu attentivement parce que j'étais tentée, Station Eleven ne me semble pas pour moi, néanmoins j'essaierai de lire un de ses polars, pour voir .... jemetate

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