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 Pavan K. Varma

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shanidar
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MessageSujet: Pavan K. Varma   Ven 30 Sep 2016 - 11:46



Pavan K. Varma, né à Nagpur le 5 novembre 1953, est un diplomate, romancier et essayiste indien. Il est aussi élu au parlement pour le parti Janata Dal (United).

Bibliographie


2005 Le Défi indien. Pourquoi le XXIe siècle sera le siècle de l’Inde,
2007 Kama Sutra : Le livre secret,
2009 La Classe moyenne en Inde. Naissance d’une nouvelle caste,
2011 Devenir Indien. La Révolution inachevée de la culture et de l’identité,
2014 Les Falaises de Wangsisina,

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shanidar
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MessageSujet: Re: Pavan K. Varma   Ven 30 Sep 2016 - 11:53

Le Défi indien - Pourquoi le XXIème siècle sera le siècle de l'Inde

Dépoussiérer les idées reçues et repenser l'avenir de l'Inde, tels sont les objectifs de Varma. Le système de l'auteur est simple, il avance une idée reçue sur l'Inde, explique pourquoi cette idée doit être remise en question, donne des exemples (de la vie quotidienne, des extraits de journaux, des résultats d'enquêtes et de sondages) pour montrer le nouveau visage de son pays. Et il pose des questions :

L'Inde est la plus grande démocratie au monde, cela veut-il dire pour autant que les Indiens sont des gens particulièrement préoccupés d'égalité et du droit des peuples ?

L'Inde est réputée pour sa spiritualité et en particulier pour une forme de détachement des biens matériels mis en application par l'Ahimsâ du Mahatma Gandhi, qui a sans doute évité que la Partition ne soit encore plus sanglante qu'elle ne fût. Pourtant, la société indienne est aussi reconnue pour sa violence, en particulier à l'égard des plus pauvres, alors comment vivre, comprendre, assimiler ses deux réalités ?

L'Inde a été colonisée et décolonisée sans grands heurts, elle aime les conquérants, les chefs, l'élite, la richesse, devant laquelle elle s'incline. Est-ce une forme d'assimilation des héros ou de frustration voire de couardise ou même une impossibilité à prendre son destin en main ?

L'Inde est le deuxième pays le plus peuplé au monde et pourtant on parle rarement de cet Etat, comme s'il devait rester à tout jamais un émergent, cherchant par tous les moyens à effacer ce qui le rend opaque (les castes, les différentes ethnies, le nombre de langues…) pour ne mettre en avant que ce qui pourrait le faire entrer dans l'esprit du monde : le nucléaire, l'informatique mais aussi la recherche d'une culture commune malgré les distances (Bollywood, l'apprentissage systématique de l'anglais, le développement des études technologiques font de l'Inde un partenaire de plus en plus reconnu par les autres puissances)…

Il est pourtant impossible de trancher dans le vif d'un pays qui a l'échelle d'un continent, c'est pourquoi Varma cherche à mettre en perspective les éléments en sa possession, comme s'il cherchait à faire bouger les lignes, à remettre en question les mille et un clichés qui accompagnent notre connaissance (toujours partielle, toujours fluctuante) d'un pays impossible à cerner, condenser, résumer.

Tout en démontant un à un les lieux communs de et sur la société indienne, Varma offre un nouveau panorama, plus complexe, plus dense, plus affiné. En se plaçant à la fois à l'intérieur de son pays en tant qu'indien mais aussi en tant que chercheur extérieur il parvient à faire vaciller les idées préconçues.

Je vais vous proposer une lecture particulière de Varma, en cherchant à résumer sa pensée mais également à l'étayer avec ma propre 'curiosité' de l'Inde.

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MessageSujet: Re: Pavan K. Varma   Ven 30 Sep 2016 - 12:04

Varma consacre son premier chapitre à la question du pouvoir en Inde et en particulier à la démocratie.

Et il affirme que les Indiens ne sont pas de bons démocrates mais parce que la démocratie est apparue comme l'instrument le plus efficace pour la conquête complaisante du pouvoir, parce qu'elle permet à une corruption affichée de se déployer sereinement, parce qu'elle permet de maintenir les hiérarchies sociales inchangées, en particulier le système des castes, tout en offrant des possibilités d'ascension sociale, alors la démocratie a été adoptée par les Indiens.

Non les Indiens ne sont pas détachés des contingences matérielles et ils comprennent le capitalisme mondial comme une accumulation de richesses. Varma remet en question la politique socialiste qui a été celle de l'Inde de l'Indépendance jusqu'en 1991, affirmant qu'il ne s'agit plus pour son pays de découper le gâteau en parts égales mais bien plutôt de le faire grossir pour que chacun puisse se régaler. Alors que l'Occident pose et se pose le problème de la croissance éternelle, de l'épuisement des richesses terrestres et de la violence du mot d'ordre : consommation ; Varma semble ignorer ces nouvelles injonctions et ne voir dans l'Inde qu'un pays en voie d'intégration aux grandes puissances, avec ce que cela comporte de déchets, de capitalisme sauvage et de compromission car comme le souligne l'auteur, ce qui compte aujourd'hui pour les Indiens c'est le résultat, peu importe la manière dont on l'obtient. C'est pourquoi, affirme Varma, la corruption est si forte en Inde et si peu contrôlée par une quelconque morale ; l'indien fait sa cuisine en silence, paie celui qui peut l'aider et tend par tous les moyens à atteindre une certaine aisance sociale. Peu importe les moyens.

De plus en plus les castes sont remises en question par la société indienne, comprenant bien que le poids insoutenable de la hiérarchie sociale empêche tout un chacun de progresser et de sortir de son carcan. Varma donne systématiquement et de manière alerte des exemples pour chaque idée qu'il combat ou expose. Ici, l'idée de liberté (voire de libéralisme) se heurte, comme nulle part ailleurs à la problématique des castes, lesquelles imposent aux hommes et aux femmes des comportements particulièrement contraignants et qu'il est pratiquement impossible de transgresser (sous peine de mort, de lapidation, répudiation, etc.). Peu à peu l'Inde se défait des lourdes chaînes qui entravent ses membres mais le chemin est encore long avant que l'énorme poids de la hiérarchie soit effacé au profit de la valeur individuelle.

On lira à ce titre, l'article très documenté d'Arundhati Roy paru dans Le Débat (juillet-août 2016) et intitulé : La honte de L'Inde, qui explique très clairement que si l'Inde ne parvient pas à mettre à bat le régime des castes, elle ne parviendra pas à échapper à cette pauvreté qui l'étrangle.

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MessageSujet: Re: Pavan K. Varma   Ven 30 Sep 2016 - 12:07

A l'opposé de ce que pense les Occidentaux, les Indiens sont donc avides de biens de consommation et à peu près prêts à tout pour les obtenir. Cependant, Varma reconnaît que les Indiens ne sont ni des conquérants, ni des bellicistes. Dans son histoire, l'Inde n'a jamais pris les armes pour conquérir un autre pays et quand elle se défend, en général (c'est en tout cas ce qui s'est passé avec le Pakistan) l'Inde préfère la négociation et rend très volontiers les terres conquises. Le compromis a également été choisi face à la colonisation anglaise, l'indépendance a été donnée au Bangladesh et l'armée indienne n'est pas considérée comme une force politique (ce qui est le cas pour d'autres démocraties comme la Turquie, par exemple). Est-ce à dire que l'Inde est un pays éminemment pacifiste ? Sans doute mais en nuançant le propos car c'est aussi l'un des pays les plus pauvres du monde, souffrant d'un manque d'eau chronique (même à Dehli), de coupures récurrentes d'électricité (même à Dehli) et d'énormes problèmes sanitaires. Les Indiens sont tellement habitués à cette misère endémique qu'ils ne la voient même plus, explique Varma et qu'ils sont capables de passer à côté d'un mourant sans lui venir en aide. Cette violence-là est naturelle pour un peuple par ailleurs dépouillé de toutes velléités conquérantes.

J'aimerais d'ailleurs aller un peu plus loin dans cette réflexion, que ne l'a fait Varma. En effet, je trouve particulièrement intéressant de se poser la question de ces deux modes de penser qui s'accouplent en Inde (cette violence et cette aménité ; cette frénésie et ce flegme, qui étonnent et parfois inquiètent le voyageur). L'Inde compte (en 2013) 1,252 milliards d'habitants contre 742,5 millions en Europe , c'est dire le poids énorme de cette population. Et si on lit par exemple que 30% des médecins aux Etats-Unis sont d'origines indiennes, alors il faut convenir que les Indiens ont un certain goût pour le challenge, le dépassement de soi et donc la compétition. Or, quand on regarde les résultats de l'Inde aux J.O. de Rio (2016) force est de constater que le combattif ici s'épuise, l'Inde est classée 67ème avec l'obtention de deux médailles (une d'argent et une de bronze). A quoi attribuer ce piètre résultat ? Je me dis que peut-être cette pauvreté dont j'ai parlé plus haut, la malnutrition et les carences alimentaires peuvent être un facteur, à savoir qu'un corps en souffrance ne peut pas se dépasser. Mais alors pourquoi voit-on autant de formidables athlètes africains, lesquels viennent de pays dans lesquels la faim est également une réalité. Il faut donc envisager une autre raison au déficit sportif de l'Inde… Varma nous répète que les jeunes indiens veulent gagner de l'argent, mais pourquoi alors ne deviennent-ils pas joueurs de foot ? Qu'est-ce qui empêche les indiens de devenir de grands sportifs ? Varma souligne que les Indiens ont une résistance physique et mentale qui dépasse la moyenne, qu'ils sont entreprenants mais qu'ils ne sont pas créatifs, se sont des suiveurs, ils aiment les compromis et détestent les conflits, ils sont capables de tout pour gagner et conserver une forme de sérénité. Et j'ajoute : ils n'ont pas l'esprit sportif ! Pourtant, ils sont joueurs, car si les jeux d'argent sont officiellement interdits en Inde, ils fleurissent un peu partout et de manière totalement illégale !


On notera par ailleurs que l'Inde est détentrice de l'arme nucléaire et qu'elle vient de passer une commande conséquente d'avions rafales... S'agit-il uniquement d'une manière d'appartenir aux quotas des pays détenant la bombe atomique ou quelque chose d'autre ?

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MessageSujet: Re: Pavan K. Varma   Ven 30 Sep 2016 - 12:10

Varma poursuit son exposé en interrogeant l'éducation indienne. Il reconnaît avec plaisir que l'Inde est un pays qui a particulièrement développé les études technologiques, ce qui lui permet de lorgner avantageusement vers le marché des nouvelles technologies. Si en Inde, il est possible de faire fortune très jeune, avec une bonne idée, nombre d'indiens vivent également le rêve de la Silicon Valley et monte en un tour de mains des Start up qui fonctionnent. A cela, deux explications, propose Varma, d'abord la relation intime, ancienne, passionnelle des indiens avec les mathématiques (ce sont eux qui ont inventé le zéro) et leur aptitude à parler anglais, ce qui facilite leur intégration dans des milieux cosmopolites. Ajouté à ça le désir permanent de réussir sa vie (c'est-à-dire pour Varma, de gagner de l'argent) et le cocktail vitaminé permet aujourd'hui aux Indiens d'être particulièrement compétitifs dans le domaine des nouvelles technologies, aussi bien chez eux (voir par exemple le nombre de délocalisations vers des plates-formes téléphoniques indiennes) qu'à l'étranger. Cependant, l'Inde reste l'un des pays avec le plus fort taux d'analphabètes (en particulier pour les filles) et les écoles primaires et secondaires ont pâti des budgets majoritairement alloués aux écoles techniques. Le rêve technologique se heurte là encore à la réalité d'une société pauvre, ne favorisant qu'une frange de sa population au détriment de sa majorité.

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MessageSujet: Re: Pavan K. Varma   Ven 30 Sep 2016 - 12:13

Mais pour que l'Inde devienne à part entière un pays capable de parlementer les yeux dans les yeux avec les grandes puissances mondiales, il faut aussi qu'elle se dote d'une culture commune, d'un socle de connaissance (et de reconnaissance) qui fasse d'elle un pays uni. Varma, ici encore, insiste en se reposant sur des chiffres pour remettre en question l'idée d'une haine séculaire et indépassable entre les Hindous et les Musulmans (lesquels sont à peu près 15 % de la société totale indienne). Bien sûr il y a des drames, des violences, des incompréhensions mais globalement les Hindous comme les Musulmans sont capables de se parler s'ils développent des intérêts communs. D'autre part, l'industrie du cinéma indien (et pas que Bollywood) a créé des modes qui se sont répandues du nord au sud et d'est en ouest en dépassant les frontières idiosyncrasiques et générant des modèles auxquels les Indiens aiment se référer. Les musiques de films passent ainsi d'Etat en Etat en se jouant des différentes langues et chacun se reconnait dans son acteur préféré.

Varma appelle donc à un panindianisme, à une lutte plus efficace contre la corruption, à une fiscalité allégée envers les entreprises individuelles, à un renforcement de la démocratie. Pour se faire, il recommande à chaque indien de tendre vers l'excellence et de se donner les moyens de réussir. Oubliant peut-être un peu trop vite l'immense pauvreté indienne, Varma lorgne vers les classes moyennes de plus en plus fournies et de plus en plus désireuses d'atteindre le statut supérieur. Il convoque également les indiens vivant à l'étranger qui alimentent en partie l'économie indienne en réinjectant des sommes considérables dans leur pays. Désireux de faire une comparaison avec la Chine, laquelle est aujourd'hui une puissance économique supérieure à celle de l'Inde, il avance que l'économie indienne est plus solide que la chinoise parce que l'Inde est une démocratie et que le jour où la Chine voudra se débarrasser de son système totalitaire, elle fera obligatoirement plonger son économie. Cependant, Varma se garde bien de dire que la Chine est en train de se transformer d'une façon spectaculaire grâce à l'augmentation des salaires (qui devraient dans quelques années atteindre les niveaux européens). Ainsi la Chine ne sera plus l'atelier du monde avec ses petites mains besogneuses mais le plus grand marché économique du monde avec des foyers avides de consommer.

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MessageSujet: Re: Pavan K. Varma   Ven 30 Sep 2016 - 12:13

Tout cela, vous l'aurez sans doute compris me laisse fort songeuse. Je comprends parfaitement qu'un habitant d'un pays émergent désire que ses compatriotes puissent atteindre les mêmes seuils de richesse que les Occidentaux. Pourquoi, nous, qui ne produisons pratiquement plus rien, devrions rester riches et regarder les autres se débattre dans leur marasme économique ? Cependant, l'idée que l'Inde s'engouffre dans cette mascarade de la consommation outrancière me laisse passablement amère. Espérons donc que l'Inde rejoigne la mondialisation sans trop abîmer sa population et ses territoires et qu'elle saura préserver ce qui fait d'elle un monde absolument unique.

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MessageSujet: Re: Pavan K. Varma   Ven 30 Sep 2016 - 20:44

En parlant du poids du pays ... J'avais vu un documentaire assez effrayant sur les effets de l'arrivée massive des fast food dans les grandes villes indiennes. Le pire étant, qu'il n'y a aucune réglementation dans le pays à ce sujet, et les taux de gras / sucre outrepassent ceux des mêmes chaînes de malbouffe dans d'autres pays. Les locaux n'ont tout simplement aucune conscience des méfaits d'une telle nourriture, dans leur idée c'est tout à fait sain, limite symbole de réussite de mode de vie à l'occidental. Les conséquences sont la multiplication de poses d'anneaux gastriques, notamment sur des ados.

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MessageSujet: Re: Pavan K. Varma   Ven 30 Sep 2016 - 21:27

je reviendrais te lire plus longuement.

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MessageSujet: Re: Pavan K. Varma   Ven 30 Sep 2016 - 21:46

Oui Arturo, et c'est d'autant plus dramatique que les indiens sont génétiquement fragiles face au diabète. Cela avait peu de conséquences jusqu'à présent car l'alimentation indienne traditionnelle comporte peu de sucre. Mais la consommation massive de sodas, symbole de réussite pour une certaine classe moyenne, va créer des générations de malades.
J'avais vu dans un documentaire un médecin spécialiste qui expliquait que la proportion d'enfants atteints de diabète insulino-dépendant augmente de façon exponentielle et annonce une réelle "épidémie" à venir si rien n'est fait.

Shanidar, il faut que je lise Le défi indien, qui avait beaucoup fait parler à sa sortie.
J'en ai lu un autre de l'auteur, consacré aux classes moyennes. C'est trop éloigné pour que je m'en souvienne précisément, mais j'avais trouvé que, malgré des idées intéressantes, il enfilait pas mal de lieux communs. Cela dit, les commentaires d'autres lecteurs disaient que c'était loin d'être son meilleur ouvrage.

On peut regretter en effet que les pays émergents (Chine, Inde, etc…) reproduisent allègrement nos erreurs, s'enfonçant dans un capitalisme sauvage et une course au profit, au lieu d'inventer un autre modèle, plus équitable. Il y a 50 ans, nombre d'intellectuels indiens ont prôné la juste mesure, le confort sans ostentation, l'amour des arts, suivant le modèle créé par Gandhi et Nehru. J'ai lu que la génération actuelle s'inscrit souvent en faux contre cette éducation, préférant le profit immédiat. Dans l'ère du bling bling mondialisé, ça n'a rien d'étonnant...
Cela dit, pour la grand majorité de la population indienne, la réalité quotidienne c'est la lutte pour une vie meilleure, et une sortie de la pauvreté, de la stigmatisation pour certains. Cette légitime aspiration à un avenir meilleur occulte ce que le système a de perverti.
Espérons effectivement que l'uniformisation de la culture mondiale avec invasion du modèle américain ne nuise pas trop aux spécificités de l'Inde...


Dernière édition par Armor-Argoat le Sam 1 Oct 2016 - 4:45, édité 2 fois
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shanidar
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MessageSujet: Re: Pavan K. Varma   Ven 30 Sep 2016 - 22:19

Merci Armor, tu résumes parfaitement les propos de Varma, avec ce qu'ils ont de profondément positifs et d'en même temps douteux.

Arturo, je n'ai pas vu le reportage dont tu parles, mais je pense qu'il se consacre à une part infime (et pourtant bien vivante) de la population indienne, laissant de côté ceux dont parle Armor : les pauvres, les démunis, les 365 millions d'indiens (selon le journal économiste La Tribune) faisant de l'Inde le pays avec le taux de croissance le plus élevé et en même temps celui où le nombre de pauvres est le plus important. C'est à ceux-là qu'il faut penser en priorité même si en effet, les ravages de la mondialisation et en particulier alimentaires n'en sont malheureusement qu'à leur début. Et c'est bien le paradoxe terrible auquel ce pays, ses dirigeants, ses intellectuels, ses habitants sont confrontés.

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MessageSujet: Re: Pavan K. Varma   Sam 1 Oct 2016 - 5:06

Le souci avec les livres (romans ou essais) sur l'Inde auxquels nous avons accès en traduction française, c'est qu'il me semble qu'ils nous livrent une vision "tronquée" de l'Inde. Dans leur immense majorité, ils traitent de la classe moyenne (dont les auteurs sont souvent issus), frange de la population très dynamique mais minoritaire. Ou alors, ils se concentrent sur les dalits, ces intouchables aux conditions de vie intolérables.
Malheureusement, nous n'avons que de trop rares aperçus de ce qu'est la vie des petits paysans, des épiciers village, des ouvriers et serviteurs, etc… Tous ces êtres qui, sans être misérables, n'en mènent pas moins une existence précaire, et constituent l'immense majorité de la population indienne…

Sinon, Pavan K. Varma évoque-t'il dans son livre les possibles conséquences de l'éclatement de la famille indienne ?
Désormais, l'on voit de moins en moins de grandes familles vivant à plusieurs générations sous le même toit, et accueillant régulièrement un proche venu pour une visite de quelques semaines. L'éloignement familial pour le travail, les logement exigus dans les métropoles, ou encore la réduction drastique du nombre d'enfants dans les famille de la classe moyenne, tous ces faits concourent à changer en profondeur les habitudes ancestrales.
Quel effet cela aura-t'il sur la culture et les coutumes ? Je serais vraiment curieuse de savoir ce qu'en pensent les sociologues indiens.
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MessageSujet: Re: Pavan K. Varma   Sam 1 Oct 2016 - 8:41

j'ai lu ton commentaire argumenté en totalité Shanidar, bravo et merci. Je comprends que le discours de Varma t'ai interpellée, ton septicisme sur certaines idées avancées et sa comparaison avec la Chine.

l' intéressant message d'Armor et Arturo. J'ai vu plusieurs reportages à la TV, notamment je me souviens de gens qui passaient sans s'inquiéter d'un gisant dans la rue, les femmes vitriolées etc............

Les conditions de travail épuisantes et dangereuses rappelées par les travailleurs qui teignent les tissus, ceux de la couture (incendie dramatique) etc.............

Une vie pour beaucoup misérable.

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MessageSujet: Re: Pavan K. Varma   Sam 1 Oct 2016 - 11:09

Non, Armor, Varma ne parle pas de l'éclatement des familles dans son livre, il met vraiment l'accent sur la tentation de la réussite sociale, de l'ascension sur l'échelle des gains et peu importe qui est écrasé en cours de route. Je pense que son livre a été une petite bombe parce qu'il remet en cause pas mal d'idées pré-conçues sur l'Inde (sa philosophie non-violente, son détachement envers les réalités matérielles, son incapacité à entrer dans le jeu diplomatique malgré son poids économique...). Il est donc le reflet d'une certaine classe moyenne et d'une volonté farouche de devenir acteur du monde, laissant de côté (mais il est tellement compliqué de 'tout' dire de l'Inde) certains autres aspects. Néanmoins c'est un livre intéressant qui replace les éléments de la société indienne dans une perspective mondiale et qui surtout veut croire que l'Inde est l'un des grands leviers économiques de demain. A savoir ce qu'elle fera de cette puissance...

et merci de m'avoir lue.

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MessageSujet: Re: Pavan K. Varma   Sam 1 Oct 2016 - 13:49

dans les services je ne sais plus quelle grosse boite est indienne maintenant et côté industrie il y a l'exemple de Jaguar qui fait partie de Tata depuis quelques années.

et pour le sport (même si c'est incompréhensible) ?


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